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Une voix qui interpelle : l’art du narrateur cynique
Dès les premières lignes, Raphaël Quenard impose une voix narrative qui ne laisse aucun répit au lecteur. Son protagoniste se présente sans fard, installé dans une existence parasitaire auprès d’une octogénaire, et assume cette position avec un détachement glaçant. Ce narrateur à la première personne déploie un cynisme jubilatoire, maniant l’autodérision comme une arme de défense tout autant qu’un mode d’expression. L’auteur fait le pari audacieux de confier son récit à un personnage profondément ambigu, dont la lucidité sur ses propres turpitudes crée un trouble fascinant. Cette franchise brutale, loin de susciter la répulsion, capte l’attention par son absence totale de complaisance envers lui-même.
La langue déployée participe pleinement de cette singularité. Quenard orchestre un registre qui oscille entre familiarité mordante et envolées littéraires inattendues. Les références culturelles surgissent au détour d’une phrase, de La Fontaine au général de Gaulle, créant des échos qui enrichissent le propos sans jamais peser. L’argot côtoie des tournures plus soutenues dans une alchimie qui reflète la complexité du narrateur : cultivé mais désabusé, observateur acéré mais acteur médiocre de sa propre existence. Cette tension linguistique transcrit avec justesse le chaos intérieur d’une conscience qui refuse toute forme d’embellissement.
Ce qui frappe particulièrement, c’est la capacité de l’auteur à maintenir un équilibre délicat entre légèreté du ton et gravité du propos. Le narrateur raconte sa déchéance morale sur le mode de la plaisanterie grinçante, mais cette distance ironique laisse transparaître, par intermittence, une souffrance réelle. Quenard parvient ainsi à rendre attachant un protagoniste qui devrait nous repousser, créant une proximité troublante avec ce personnage aux antipodes du héros traditionnel. Cette voix narrative constitue indéniablement l’un des atouts majeurs du roman, installant d’emblée une relation singulière entre le texte et son lecteur.
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La rencontre improbable avec Liliane
Le personnage de Liliane s’impose comme une figure aussi complexe que le narrateur lui-même. Quenard dessine le portrait d’une femme de quatre-vingt-deux ans dont le passé tumultueux affleure à chaque conversation. Ancienne productrice de cinéma, elle traîne derrière elle une existence jalonnée de ruptures et de duretés assumées. L’auteur refuse toute sentimentalité dans la description de cette octogénaire diminuée par l’âge, préférant exposer crûment les réalités du grand âge sans chercher à les adoucir. Cette rencontre entre deux êtres aussi peu recommandables l’un que l’autre génère une dynamique narrative captivante, où la manipulation côtoie une forme inattendue de complicité.
La construction du duo fonctionne précisément parce qu’elle échappe aux schémas convenus. Aucune idéalisation d’une relation intergénérationnelle, aucune leçon de vie édifiante : Quenard préfère explorer les zones grises de la cohabitation entre un jeune homme en dérive et une femme au crépuscule de son existence. Les dialogues entre les deux protagonistes révèlent progressivement leurs failles respectives, leurs mensonges, leurs tentatives maladroites de connexion humaine malgré tout. Liliane raconte son parcours de « virago » décomplexée, ses relations toxiques, sa carrière en dents de scie, tandis que le narrateur écoute avec cette distance ironique qui le caractérise, tout en s’attachant malgré lui.
Ce qui émerge de cette relation, c’est la manière dont Quenard parvient à tisser une authentique tension dramatique à partir d’éléments apparemment statiques. Le huis clos entre ces deux personnages, ponctué par les rituels quotidiens et les confidences nocturnes, devient le théâtre d’une observation mutuelle impitoyable. L’auteur capte avec finesse ces moments où le masque tombe, où la vulnérabilité perce sous le cynisme affiché. La scène nocturne aux toilettes, évoquée avec une crudité troublante, cristallise cette ambivalence : le narrateur y découvre la détresse brute de la vieillesse, ce « naufrage » qui transforme chaque geste quotidien en combat. Dans cet instant de nudité émotionnelle, le roman dévoile sa véritable profondeur.
Entre artifice et authenticité : le jeu des apparences
L’un des fils conducteurs du roman réside dans cette tension permanente entre ce que les personnages donnent à voir et ce qu’ils sont réellement. Le narrateur se présente d’emblée comme un imposteur conscient de ses artifices : il se forge un passé d’aventurier pour séduire Liliane, invente des périples en Amazonie et dans le désert de Gobi avec un aplomb désarmant. Quenard explore ici un thème universel, celui du mensonge comme stratégie de survie sociale, mais le traite avec une franchise qui démystifie le processus. Son protagoniste ne se contente pas de mentir, il commente ses propres mensonges, exposant les rouages de la manipulation tout en continuant à l’exercer.
Cette stratégie narrative crée un effet de mise à nu fascinant. Le lecteur assiste en temps réel à la fabrication des faux-semblants, observe comment le narrateur soigne méticuleusement son apparence physique par calcul plutôt que par coquetterie, conscient du pouvoir que confère une « agréable physionomie ». L’auteur met en lumière ces petits arrangements quotidiens avec la vérité, ces performances sociales que chacun déploie à des degrés divers. Mais là où le roman gagne en subtilité, c’est dans sa manière de montrer comment ces masques finissent par se fissurer. Le narrateur lui-même reconnaît sentir naître « un attachement pour Liliane qu’il sait trompeur », avouant sa méfiance envers ses propres émotions.
Quenard interroge ainsi la possibilité même d’une relation authentique lorsque tout repose initialement sur le mensonge. Le narrateur veut « se garder de tout emportement », préfère « envelopper ce qu’il s’apprête à conter dans les draps soyeux de la fiction » plutôt que de se livrer complètement. Cette prudence révèle paradoxalement une forme de sincérité : celle de quelqu’un qui connaît sa propre versatilité et refuse de s’illusionner. Le roman suggère que la lucidité sur nos artifices constitue peut-être la seule authenticité accessible, une vérité inconfortable mais libératrice qui traverse l’ensemble du récit.
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La vieillesse comme miroir de nos contradictions
Quenard aborde le grand âge avec une audace rare dans la littérature contemporaine. Plutôt que d’édulcorer ou de romantiser la déchéance physique, il la confronte frontalement, dans ce qu’elle a de plus trivial et dérangeant. Le corps de Liliane devient le terrain d’une bataille quotidienne où chaque fonction élémentaire se transforme en épreuve. L’auteur n’hésite pas à décrire l’incontinence, les odeurs, la perte progressive d’autonomie avec une crudité qui pourrait sembler cruelle mais qui relève plutôt d’un réalisme salutaire. Cette approche sans fard permet au roman d’échapper aux poncifs habituels sur la sagesse des aînés pour révéler une vérité plus dérangeante : vieillir, c’est avant tout lutter.
Ce qui rend le traitement particulièrement juste, c’est la conscience aiguë que Liliane conserve de sa propre décrépitude. Quenard lui épargne la cruauté supplémentaire de l’inconscience : elle « fane lucidement », contemple ses anciennes photographies « avec l’œil indifférent d’une étrangère qui ne se reconnaît pas ». Cette lucidité transforme la vieillesse en expérience philosophique involontaire, en confrontation permanente avec la vanité de toute chose. Le narrateur observe ce processus avec une fascination morbide mais aussi une forme d’apprentissage : Liliane lui « enseigne la lutte », celle d’une existence réduite à sa plus simple expression, dépouillée de tout artifice.
Le roman établit ainsi un parallèle implicite entre la jeunesse désœuvrée du narrateur et la vieillesse diminuée de Liliane. Tous deux se trouvent en marge, exclus du flux normal de l’existence productive. Cette symétrie permet à Quenard d’explorer comment deux formes apparemment opposées de marginalité peuvent se rejoindre dans une même sensation d’inutilité sociale. La citation du général de Gaulle sur la vieillesse comme « naufrage » résonne d’autant plus fort qu’elle s’applique également, sous une forme différée, à la vie du narrateur. Dans cette maison isolée au bord de la Méditerranée, deux êtres échoués se rencontrent, chacun miroir déformant de l’autre.
Le temps éclaté : de Paris à Tataouine
Quenard orchestre son récit selon une architecture temporelle qui joue habilement de la fragmentation. Le roman s’ouvre à Tataouine en novembre 2024, installant d’emblée le cadre de la cohabitation avec Liliane, avant de basculer brutalement vers un prologue daté de janvier de la même année, situé à Paris. Ce retour en arrière révèle un narrateur au bord du suicide, les pieds sur l’arête d’un immeuble, contemplant le vide avec un mélange de terreur et d’exaltation. L’auteur crée ainsi une tension narrative immédiate : comment ce jeune homme qui envisageait de se jeter dans le vide s’est-il retrouvé quelques mois plus tard dans cette maison méditerranéenne, aux côtés d’une octogénaire ?
Cette construction en puzzle temporel permet à Quenard de distiller progressivement les clés de compréhension du parcours de son protagoniste. Le lecteur devine que le manuscrit mentionné à la fin du premier chapitre, celui que le narrateur tend à Liliane, contient vraisemblablement le récit de ces mois écoulés entre le moment suicidaire parisien et l’arrivée à Tataouine. La mention des « mémoires » déguisées en fiction ajoute une strate supplémentaire de complexité, brouillant les frontières entre vécu et invention. L’auteur inscrit ainsi son roman dans une tradition de mise en abyme où l’écriture elle-même devient personnage, moteur de l’intrigue et refuge du narrateur.
La structure en actes que laisse entrevoir le texte suggère une organisation théâtrale, renforçant l’impression que chaque moment de vie est une performance, une scène jouée devant soi-même et les autres. Cette fragmentation formelle sert admirablement le propos : elle mime les ruptures biographiques du narrateur, ses changements d’avis permanents, son incapacité à suivre une ligne droite. Quenard fait du désordre apparent une logique narrative cohérente, transformant l’instabilité psychologique de son personnage en principe structurant du récit.
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L’écriture comme échappatoire et confession
Le geste d’écrire traverse le roman comme une nécessité vitale autant qu’une stratégie de survie. Le narrateur révèle à Liliane que ses promenades quotidiennes au bord de la mer cachaient en réalité un rituel solitaire : assis sur un banc, il consignait « l’affreux paysage d’une histoire qui flotte en lui ». Quenard met en scène l’acte créateur non pas comme une vocation glorieuse mais comme un exutoire pour des tourments que le personnage ne parvient pas à évacuer autrement. L’écriture devient alors ce lieu paradoxal où l’on peut simultanément se dissimuler et se révéler, envelopper la vérité « dans les draps soyeux de la fiction » tout en la dévoilant malgré soi.
Cette dimension méta-littéraire enrichit considérablement la lecture. Le manuscrit que le narrateur confie à Liliane contient vraisemblablement une part de ce que nous lisons, créant un vertige où le roman se regarde lui-même s’écrire. Quenard interroge ainsi la fonction cathartique de la littérature : peut-on se libérer d’un passé en le transcrivant ? Le narrateur affirme qu’il s’agit de ses mémoires tout en se hâtant de les qualifier de fiction, comme si cette ambiguïté générique le protégeait d’une exposition trop brutale. Cette hésitation entre confession et invention traduit une pudeur paradoxale chez un personnage par ailleurs si prompt à étaler son cynisme.
L’auteur suggère également que l’écriture permet de donner forme au chaos intérieur. Le narrateur qui se vante de « dire tout et son contraire », qui célèbre la contradiction comme « le début de la transparence », trouve dans l’exercice littéraire un moyen d’organiser ce désordre mental. Écrire devient l’acte de « dépeindre », de transformer l’informe en tableau visible, de donner une cohérence narrative à une existence qui en manque cruellement. Quenard explore ainsi une question fondamentale : l’écriture peut-elle sauver celui qui l’entreprend, ou ne fait-elle que différer l’inévitable confrontation avec soi-même ?
Une langue vivante au service d’une introspection brutale
La prose de Quenard se distingue par sa capacité à conjuguer oralité nerveuse et images frappantes. L’auteur manie les registres avec une aisance déconcertante, passant d’expressions familières à des formulations plus recherchées sans que la transition ne paraisse artificielle. Cette souplesse linguistique reflète la personnalité composite du narrateur, à la fois érudit et vulgaire, capable de citer La Fontaine avant de glisser vers des tournures argotiques. Le rythme des phrases épouse les mouvements de la pensée, alternant périodes longues et assertions tranchantes qui claquent comme des verdicts.
Les métaphores surgissent avec une inventivité constante, renouvelant le regard sur des situations pourtant triviales. Lorsque le narrateur se compare au « premier coquelicot qui fait surface sur le champ de bataille encore fumant », il transforme son arrivée chez Liliane en événement quasi épique tout en conservant cette autodérision qui le caractérise. Les images liées au corps vieillissant frappent par leur crudité assumée : la culotte de Liliane devient « une benne à ordure laissée à l’abandon », formule brutale mais qui traduit sans détour la réalité physiologique du grand âge. Quenard refuse l’euphémisme, préférant le choc d’une langue qui nomme frontalement les choses.
Ce qui impressionne particulièrement, c’est la justesse des dialogues et la variété des voix narratives. Liliane s’exprime avec une verdeur qui trahit son passé de battante, lâchant des répliques cinglantes sur son fils ingrat ou son parcours mouvementé. Le narrateur lui-même module constamment son discours, passant de la confidence intime aux digressions philosophiques, des souvenirs douloureux aux observations sarcastiques sur son propre comportement. Cette polyphonie intérieure crée un effet de densité psychologique remarquable. Quenard prouve qu’une langue bien maîtrisée peut devenir l’instrument d’une exploration intérieure sans concession, où chaque phrase creuse un peu plus profond dans les strates de la conscience et du mensonge à soi-même.
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La force d’un premier roman sans concession
« Clamser à Tataouine » s’impose par son refus catégorique de la complaisance, qualité rare pour une première œuvre. Raphaël Quenard évite avec une habileté certaine les écueils habituels du roman d’apprentissage ou du récit autobiographique déguisé. Son narrateur n’entreprend aucune quête rédemptrice, ne promet aucune transformation édifiante. L’auteur assume de placer au centre de son dispositif narratif un protagoniste profondément antipathique, manipulateur conscient de ses méfaits, et de le maintenir dans cette posture jusqu’au bout. Ce parti pris exigeant témoigne d’une maturité littéraire qui dépasse largement le cadre d’un coup d’essai.
La construction du roman révèle également une maîtrise narrative affirmée. Quenard tisse des correspondances subtiles entre les différentes strates temporelles, dose avec précision les révélations sur le passé de ses personnages, ménage des zones d’ombre qui maintiennent la curiosité du lecteur. La « mise en garde de l’auteur » placée en ouverture fonctionne comme un pacte de lecture où Quenard annonce la couleur : son protagoniste n’est pas « un exemple à suivre », formule qui libère paradoxalement l’écriture de toute obligation morale. Cette lucidité initiale autorise ensuite toutes les audaces, tous les écarts.
Ce qui frappe surtout, c’est la capacité de l’auteur à créer une œuvre profondément contemporaine dans ses thématiques tout en s’inscrivant dans une tradition littéraire solide. Les échos aux moralistes classiques, la référence à la fable, les questionnements existentiels nourrissent un texte ancré dans son époque mais qui dialogue avec des préoccupations intemporelles. Quenard parvient à rendre attachant ce qui devrait rebuter, à extraire de l’humanité de situations sordides, à faire surgir des moments de grâce inattendue au cœur de la médiocrité. Pour un premier roman, « Clamser à Tataouine » démontre une ambition littéraire qui mérite l’attention et annonce un auteur dont il sera intéressant de suivre le parcours.
Mots-clés : cynisme, vieillesse, écriture, authenticité, introspection, narrateur antipathique, premier roman
Extrait Première Page du livre
» Tataouine, novembre 2024
Je coule les jours les plus doux de mon existence. J’ai trouvé la parade ultime. Vivre aux crochets d’une octogénaire, c’est quand même le pied. J’y invite tous mes camarades chromosomiques. Ou du moins ceux qui parmi eux ont l’heur d’être gérontophiles. Bienheureux ceux pour qui la flétrissure n’est pas un frein. Liliane a 82 ans. Liliane dégouline de rides. Liliane a des trous de mémoire béants. Liliane ne se déplace qu’avec le secours d’une canne. Malgré tout, Liliane partage ma couche. Ou plutôt je partage la sienne puisque c’est moi qui suis chez elle.
Que la vie peut être agréable quand on est épargné par les problématiques bassement pécuniaires. L’habit et le logis m’étant fournis, me voilà sans grand souci, comme dirait La Fontaine (l’auteur, pas la femme). Ma tranquillité se double d’un autre privilège. Avec elle, j’en apprends beaucoup sur l’art suprême, celui dont la maîtrise est la plus périlleuse, l’art de vivre.
Liliane m’enseigne la lutte. Car si Liliane a pu reluire par le passé, aujourd’hui, son quotidien est loin d’être une partie de plaisir. Le temps rend obéissant. Sa vie s’est transformée en un inéluctable affrontement. L’âge transfigure toutes les tâches, y compris les plus élémentaires, en un duel avec la mort. Marcher, parler, boire, écouter, penser, pisser, lire, manger, dormir, jouer, rire… Tout devient l’objet d’une lutte. Le dérèglement est complet. Même avoir faim ne figure plus au rang des automatismes. Plus rien qu’une désespérante léthargie. Plus d’amis, plus de mari, et des enfants partis suffisamment loin pour qu’on ne puisse les sonner qu’en cas de pépin.
J’ai débarqué chez elle comme une fleur, à point nommé. J’aime à me comparer au premier coquelicot qui fait surface sur le champ de bataille encore fumant des combats qui s’y sont livrés. Elle a dû me voir arriver comme le Messie. Mes pérégrinations m’avaient amené ici, sur cette côte méditerranéenne perdue au milieu de nulle part. Je m’y étais rendu en compagnie d’un ami quand j’avais 20 ans et m’étais promis d’y revenir. Ça faisait, une petite heure que j’avais posé le pied sur la terre ferme quand j’ai croisé le regard de Liliane pour la première fois. Elle végétait dans la cuisine vétuste d’une bâtisse qui borde le chemin côtier. «
- Titre : Clamser à Tataouine
- Auteur : Raphaël Quenard
- Éditeur : Flammarion
- Nationalité : France
- Date de sortie : 2025
Résumé
Un jeune homme à la dérive débarque dans une petite maison d’hôte au bord de la Méditerranée, tenue par Liliane, une octogénaire diminuée par l’âge. Ce qui devait être une location d’une semaine se transforme en cohabitation prolongée. Le narrateur, cynique et manipulateur assumé, s’installe aux crochets de cette ancienne productrice de cinéma au passé tumultueux. Entre eux naît une relation ambiguë, faite de confidences nocturnes et d’observations impitoyables sur la vieillesse et ses cruautés.
Pendant que Liliane livre les fragments d’une existence jalonnée de ruptures et de duretés, le narrateur dissimule sa véritable activité : écrire. Chaque jour, installé sur un banc face à la mer, il consigne ce qu’il présente comme ses mémoires, transformées en fiction. Le roman bascule entre plusieurs temporalités, révélant progressivement le parcours qui a conduit ce jeune homme de Paris à Tataouine, d’un toit d’immeuble où il envisageait le suicide à cette maison isolée où il cherche peut-être une forme de rédemption par l’écriture.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
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