Interview de Leo Giorda auteur italien

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Interview de Leo Giorda auteur italien

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Leo Giorda : Le renouveau du giallo romain

Leo Giorda est né en 1994 à Rome, où il a grandi avant d’entreprendre de nombreux voyages à travers l’Italie et l’Europe. Diplômé en patrimoine culturel avec une spécialisation en histoire de l’art, il a exercé divers métiers tout en nourrissant obstinément son rêve d’écriture. Ce jeune trentenaire incarne une nouvelle génération du polar italien, alliant ironie douce et prose vivante.

Avec L’Ange gardien, son premier roman, Giorda installe son intrigue dans une Rome authentique, loin des clichés touristiques. Il déroule l’enquête d’un duo aussi improbable qu’efficace : Giacomo Chiesa, vice-commissaire ambitieux, et Woodstock, détective amateur aux méthodes peu conventionnelles dont les capacités cognitives se démultiplient sous l’influence de drogues. L’auteur tisse une réflexion sociale sur les invisibles de la société italienne contemporaine, tout en maîtrisant les codes du giallo avec une sensibilité résolument actuelle.

L’Âge d’or, sa deuxième enquête, confirme le talent de Giorda pour construire des intrigues labyrinthiques et créer des personnages complexes. La critique italienne salue sa capacité à écrire sur l’être humain avec la précision d’un véritable écrivain, tout en maintenant une tension narrative qui rend la lecture addictive. Publié en France chez Gallmeister, Leo Giorda s’impose comme un nom à suivre dans le paysage du thriller européen.

L’interview questionnaire de Leo Giorda

Vous écrivez à la main ou au clavier ?
J’écris sur mon ordinateur portable. Je suis généralement nostalgique des anciennes méthodes, par exemple je ne passerai jamais à la lecture sur Kindle, j’aime ce sentiment de posséder un livre, dans sa forme physique, le papier et tout le reste. Cela dit, écrire un roman au stylo est franchement inimaginable de nos jours.

Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Je me couche très tard et me lève très tard également. J’essaie de changer cela et de m’établir sur des horaires plus humains, mais ce n’est pas facile, un jour vous dérapez et tout le cycle redevient bizarre.

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
C’est toute la beauté de la chose, je pense que j’écris pour créer des mondes différents, des réalités différentes. À travers l’écriture et la lecture, on peut vivre mille vies. Je ne me considère pas vraiment comme un écrivain, plutôt comme un conteur. Raconter des histoires, des aventures, c’est ce qui me pousse.

À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
J’essaie d’écrire un nombre défini de mots à chaque fois que je m’installe pour travailler. C’est un plaisir et quelque chose que je fais pendant mon temps libre pour le pur plaisir, donc tout cela considéré, j’écris beaucoup. J’essaie de produire un livre par an, et jusqu’à présent j’ai réussi à faire même un peu plus que cela. Mais tous ne sont pas publiés.

Votre plus belle émotion d’auteur ?
Je n’essaie pas d’être mielleux envers le public français, mais je pense que la publication en France a été ma plus grande fierté. Ma petite amie est française, la famille de mon père est originaire de Savoie, je ressens un grand lien. Et c’est aussi un succès incroyable pour un auteur italien. Donc ça, et les mots d’éloges de l’un de mes idoles littéraires, Antonio Manzini, qui a vraiment aimé les personnages et écrit une excellente critique.

Le livre qui vous a le plus marqué ?
Eh bien, ce n’est pas nécessairement mon livre préféré, bien qu’il entre dans le top cinq, mais l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Le recueil trône sur ma table de nuit depuis des années.

Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
C’est une excellente question. Eh bien, à part les morbides comme « combien de temps faut-il pour qu’un corps se décompose ? », je pense que les plus drôles/bizarres sont peut-être les linguistiques. Je ne suis pas sûr que cela se traduise en français, mais en Italie nous avons une telle variété de dialectes, et pour trouver les bons mots pour chaque personnage, je dois en tenir compte.

Votre lieu de crime idéal ?
Je pense que j’aime vraiment les décors de petites villes. Je sais qu’étant donné que j’ai situé mon premier roman à Rome, cela semble bizarre, mais honnêtement j’aime vraiment les décors où il y a comme un village où tout le monde se connaît et où le crime vient bouleverser la vie tranquille des gens.

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Votre arme du crime préférée ?
Celle à laquelle personne ne s’attend, la plus étrange. Comme une grenouille venimeuse ou quelque chose comme ça. Blague à part, je ne me soucie pas vraiment de l’arme, c’est ce qui se passe après la mort qui m’intéresse davantage, vous savez, comme la mise en scène, cacher, dissimuler le corps…

Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non, pas du tout. Pour être honnête, je suis privilégié. La violence et le crime semblent si loin de ma vie, ils ne restent que sur le papier. J’ai plus peur de choses banales, comme faire des erreurs dans ma vie quotidienne, blesser involontairement les sentiments de quelqu’un et des choses comme ça.

Votre pire cauchemar d’auteur ?
Rester coincé dans l’univers du genre. Ne jamais arriver à écrire quelque chose de différent.

Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Un écrivain, évidemment.

Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Le rayon du papier toilette. Tout le monde s’y déplace vite, personne ne veut laisser les autres savoir qu’ils vont aux toilettes.

Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
Une sorte de biographie ou d’autobiographie. Le genre qu’écrivent Emmanuel Carrère ou Romain Gary. Je pense que c’est là que réside la vraie littérature. C’est honnête et on doit affronter sa propre honte et ses propres pensées.

Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Un qui malheureusement mettra longtemps à voir le jour. Il n’est même pas à la moitié, mais il va raconter l’histoire de notre futur proche du point de vue d’un historien futuriste.

Où vous sentez-vous chez vous ?
Ok, laissez-moi vous brosser un tableau. Je suis dans un joli bar à vins, dans une petite ville au bord de la mer, il se fait tard, presque le coucher du soleil. J’écris, en sirotant du vin et en mangeant du fromage avec ma magnifique petite amie. Elle écrit aussi, il y a un homme qui joue de la musique dans la rue, du jazz doux et mélancolique, ou du Pink Floyd. Demain je n’ai rien à faire, sauf répéter cette merveilleuse routine.

* Entretien réalisé en anglais et traduit en français par mes soins.


En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?

À mes lecteurs français, je veux dire merci. Non pas d’avoir acheté les livres, ni même de les avoir lus, mais de m’avoir donné la chance de partager l’un de mes univers avec vous. Pouvoir raconter des histoires au loin et toucher un public différent, une culture différente, c’est mon moment de plus grande fierté. J’ai hâte de vous retrouver à Lyon pour Quais du Polar et en Bretagne pour le Goéland masqué.

Plus d’infos sur Instagram de @leo.giorda_

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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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