Un thriller numérique aux frontières du réel
Christine Adamo plonge son lecteur dans un univers où le clavier devient une arme et l’écran un théâtre macabre. « Web mortem » s’inscrit dans cette lignée de récits qui interrogent notre rapport à la technologie, mais avec une singularité remarquable : l’auteure ne se contente pas d’utiliser Internet comme simple décor, elle en fait le système nerveux même de son intrigue. Le roman déploie un dispositif narratif où le virtuel et le réel s’entrelacent jusqu’à devenir indissociables, créant une atmosphère de malaise qui épouse parfaitement les angoisses de notre ère numérique.
L’histoire se construit autour d’un jeu en ligne mystérieux, sorte de damier mortel où chaque mouvement de pion correspond à une existence humaine. Cette mécanique ludique, loin d’être un simple artifice scénaristique, devient le moteur d’une réflexion plus profonde sur le pouvoir de la distance virtuelle. Le « meneur de jeu », figure centrale et obscure du récit, orchestre depuis l’ombre une vengeance méthodique qui transforme les internautes en complices involontaires. La toile mondiale devient ainsi un labyrinthe où chaque clic peut conduire vers l’irréparable, où la curiosité se mue en participation criminelle.
Ce qui frappe dans l’approche d’Adamo, c’est sa capacité à ancrer son thriller dans une réalité tangible tout en explorant les zones grises du monde connecté. Les victimes ne sont pas de simples silhouettes numériques : elles possèdent une histoire, une chair, une présence qui contraste violemment avec l’abstraction du jeu. L’auteure parvient à maintenir cette tension entre deux dimensions – celle des écrans bleutés et celle du sang qui coule – créant un effet de vertige qui accompagne le lecteur tout au long de sa lecture. Le roman interroge ainsi notre rapport au spectacle de la violence médiatisée, à cette fascination trouble qui nous pousse à cliquer, à regarder, à participer, même passivement, au malheur des autres.
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L’architecture narrative du jeu de mort
La construction du roman repose sur un échafaudage temporel sophistiqué qui segmente le récit en semaines, puis en journées, enfin en heures précises. Cette fragmentation chronologique mime le décompte implacable d’une partie d’échecs mortelle, où chaque unité de temps devient une case du plateau. Adamo organise son thriller selon une logique ludique rigoureuse : le lecteur découvre simultanément les investigations menées par différents protagonistes et les étapes d’un jeu qui se déroule dans les profondeurs du web. Cette architecture narrative crée un rythme syncopé, alternant entre les scènes d’action physique et les interactions virtuelles, entre le monde tangible d’Édimbourg et l’espace immatériel de la toile.
Le dispositif du jeu ancestral, inspiré des tablettes sumériennes, offre un cadre structurant particulièrement efficace. Les pions blancs et noirs ne représentent pas de simples abstractions : ils incarnent des vies humaines connectées par un fil invisible traversant les millénaires. Cette correspondance entre les joueurs en ligne et leurs victimes potentielles instaure une mécanique de suspense où chaque mouvement sur le plateau résonne comme une sentence. L’auteure parvient à maintenir plusieurs fils narratifs en parallèle sans que le lecteur ne perde le fil conducteur, tissant progressivement une toile où convergent destins individuels et machination collective.
Les chapitres consacrés au « meneur de jeu » introduisent une dimension introspective qui contraste avec le rythme haletant des enquêtes policières. Ces passages, marqués par une typographie distincte et des références historiques plongeant jusqu’en Mésopotamie ancienne, créent des respirations dans la narration tout en approfondissant le mystère central. La structure du roman épouse ainsi la dualité de son propos : d’un côté, la course contre la montre des enquêteurs ; de l’autre, la méditation vengeresse d’une conscience torturée. Cette double temporalité, l’une urgente et l’autre mémorielle, génère une tension narrative qui propulse le récit vers son dénouement.
Quand l’Antiquité rencontre le virtuel
L’une des trouvailles les plus audacieuses du roman réside dans ce pont jeté entre la Mésopotamie du troisième millénaire avant notre ère et notre monde hyperconnecté. Adamo ne se contente pas d’un simple parallèle historique : elle établit une correspondance vertigineuse où chaque victime contemporaine trouve son double dans un personnage de l’ancienne Ur. Le scribe Nabheel, le cavalier amorrite Hakhan, ces figures extraites des tablettes d’argile sumériennes, deviennent les reflets ancestraux de nos contemporains. Cette mise en miroir temporelle suggère que les pulsions humaines – la violence, la vengeance, la quête de pouvoir – demeurent inchangées malgré les millénaires écoulés.
Le jeu lui-même puise ses règles dans ces civilisations disparues, transformant un passe-temps antique en instrument de mort moderne. Les références au « Théodicée », ce texte babylonien interrogeant la justice divine, résonnent avec une acuité particulière dans un univers où la technologie confère aux individus un sentiment de toute-puissance. L’auteure tisse ces fils historiques avec une précision qui témoigne d’une recherche documentaire substantielle, sans jamais verser dans l’étalage érudit. Les passages consacrés à l’empire d’Ur, aux ziggurats et aux conflits entre Sumériens et Élamites, s’intègrent organiquement au thriller contemporain, créant des échos troublants entre passé et présent.
Cette dimension historique enrichit considérablement la portée philosophique du récit. En superposant 2009 après Jésus-Christ et 2009 avant Jésus-Christ, Adamo interroge la notion même de progrès civilisationnel. Le numérique, loin d’avoir élevé l’humanité, reproduit les schémas ancestraux de domination et de cruauté. Les pixels remplacent l’argile, les algorithmes succèdent aux scribes, mais la barbarie demeure. Cette réflexion implicite confère au thriller une profondeur inattendue, transformant ce qui aurait pu n’être qu’un polar technologique en méditation sur la permanence de la violence humaine à travers les âges.
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Les personnages au cœur de la toile
Hammond Mac Leod incarne cette figure ambivalente du scientifique brillant dont l’arrogance le rend à la fois fascinant et dérangeant. Doyen d’une école prestigieuse, spécialiste en biologie synthétique, il navigue entre ses ambitions professionnelles et une vie sentimentale chaotique qui révèle ses failles. Adamo construit ce personnage avec une complexité remarquable, refusant de le cantonner au rôle du héros irréprochable. Ses liaisons adultères, son cynisme assumé, sa quête effrénée de pouvoir composent le portrait d’un homme profondément imparfait, ce qui paradoxalement renforce sa crédibilité. Sa relation tumultueuse avec Sara, marquée par une passion physique intense mais dénuée d’illusions romantiques, illustre cette modernité des rapports humains où l’affectif se heurte constamment au pragmatisme.
L’inspecteur Barney offre un contrepoint intéressant à cette galerie de personnages. Lui aussi porte ses contradictions : homosexuel menant une double vie, partagé entre son compagnon Trevor et sa maîtresse Maggy, il incarne ces zones grises où se débat l’identité contemporaine. Son enquête sur les meurtres le confronte à une horreur qui dépasse l’entendement, mais c’est son humanité fragile, ses doutes et ses compromissions qui donnent chair au personnage. Martha, l’assistante effacée d’Hammond, représente quant à elle ces existences discrètes qui trouvent refuge dans les espaces numériques. Son addiction au web, sa conscience aiguë de sa propre insignifiance sociale, sa dévotion silencieuse envers son patron : autant de traits qui dessinent une solitude moderne amplement répandue.
Le meneur de jeu demeure la figure la plus énigmatique du récit, présence spectrale dont on devine progressivement les motivations sans jamais pénétrer entièrement sa psyché. Cette entité masquée, oscillant entre douleur existentielle et froideur calculatrice, hante le roman de sa présence obsédante. Les joueurs recrutés malgré eux sur la toile forment un collectif involontaire, chacun apportant sa pierre à l’édifice macabre sans mesurer l’ampleur de sa participation. Christine Adamo parvient ainsi à orchestrer un ballet de destins entrecroisés où victimes, bourreaux et témoins perdent leurs contours distincts dans la brume du virtuel.
Une écriture au service de la tension
Le style d’Adamo se caractérise par une précision clinique qui sert admirablement son propos. Les descriptions techniques, qu’elles concernent les manipulations informatiques ou les procédures d’enquête policière, s’intègrent naturellement au flux narratif sans jamais ralentir le rythme. L’auteure maîtrise l’art du détail significatif : une ampoule rougeoyante dans une cave, des vers télescopiques grouillant dans l’obscurité, un lambeau de papier plastifié accroché aux poils d’un torse. Ces éléments visuels créent une atmosphère oppressante qui imprègne progressivement la lecture, installant un malaise diffus mais persistant.
Les dialogues portent la marque d’une observation aiguë des rapports humains contemporains. Les échanges entre Hammond et Sara, mélange d’affection rugueuse et de cynisme désabusé, sonnent juste dans leur brutalité émotionnelle. L’auteure n’hésite pas à confronter le lecteur à une sexualité crue, dépouillée de tout romantisme, qui ancre ses personnages dans une réalité charnelle loin des conventions romanesques habituelles. Cette franchise dans la description des corps et des désirs contribue à l’authenticité générale du récit, même si elle peut bousculer les attentes d’un lectorat habitué à plus de pudeur.
La multiplication des points de vue constitue un autre atout stylistique majeur. Adamo passe avec fluidité d’une conscience à l’autre, du scientifique arrogant au policier tourmenté, de l’assistante effacée au mystérieux meneur de jeu. Cette polyphonie narrative enrichit considérablement la texture du roman, permettant d’appréhender l’intrigue sous des angles multiples. Les passages rédigés en italiques, consacrés aux réflexions intérieures ou aux messages virtuels, créent des ruptures graphiques qui soulignent les glissements entre réel et digital. Le recours aux références musicales, du Messie de Haendel aux titres de rock alternatif, dresse également un paysage sonore qui accompagne la lecture, chaque chapitre portant en exergue une chanson qui en colore subtilement l’atmosphère. Cette écriture chorale et kaléidoscopique fait du roman une expérience immersive où le lecteur devient lui-même un observateur piégé dans la toile narrative.
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La dimension philosophique du récit
Sous l’apparence du thriller technologique, « Web mortem » interroge des questions métaphysiques fondamentales qui transcendent largement le cadre du polar classique. La citation du Théodicée babylonien, ce texte millénaire questionnant la justice divine face au mal, traverse le roman comme un leitmotiv obsédant. L’auteure confronte le lecteur à cette énigme éternelle : pourquoi les innocents souffrent-ils tandis que les méchants prospèrent ? Cette interrogation prend une résonance particulière à l’ère numérique, où la distance virtuelle abolit la responsabilité morale et transforme chacun en démiurge potentiel. Le meneur de jeu incarne cette figure du vengeur qui, face à l’injustice subie, décide de se substituer à une providence défaillante.
La notion de mémoire occupe également une place centrale dans la réflexion d’Adamo. En établissant des correspondances entre victimes contemporaines et figures historiques sumériennes, le roman suggère que l’oubli constitue une seconde mort, peut-être plus définitive que la première. Ressusciter les spectres du passé, ramener à la vie ceux qui ont sombré dans l’indifférence collective : tel semble être le mobile profond du criminel. Cette quête mémorielle, aussi tordue soit sa manifestation, pose la question du devoir de souvenir et du poids que les morts exercent sur les vivants. Internet devient alors ce paradoxe moderne, à la fois archive infinie de notre histoire collective et machine à amnésie instantanée où l’information se noie dans son propre flux.
Le roman explore aussi notre rapport ambivalent à la technologie, cette extension de nous-mêmes qui nous aliène tout en nous donnant l’illusion de la maîtrise. Les personnages vivent dans une dépendance quasi organique aux écrans, aux connexions, aux flux numériques qui régissent désormais leur existence. Martha trouve dans le virtuel un refuge contre sa propre réalité, Hammond consulte compulsivement ses mails, les joueurs cliquent sans mesurer les conséquences de leurs actes. Adamo dessine ainsi le portrait d’une humanité captive de ses propres créations, prisonnière d’une toile qu’elle a elle-même tissée et qui désormais l’enserre de toutes parts.
Le suspense et la mécanique du thriller
Adamo déploie une stratégie narrative redoutablement efficace en révélant d’emblée l’existence du meneur de jeu tout en maintenant son identité dans l’ombre. Cette technique permet au lecteur d’assister en témoin impuissant au déroulement méthodique de la vengeance, créant une tension particulière où l’on sait qu’un drame se prépare sans pouvoir ni l’empêcher ni en deviner tous les contours. Le prologue plonge immédiatement dans l’horreur avec Hammond prisonnier, menotté à un radiateur, confronté à sa mort imminente. Ce choix d’ouverture in medias res génère un effet d’aspiration puissant : le lecteur se retrouve projeté au cœur de l’action avant même de comprendre les enjeux, puis doit remonter le cours des événements pour reconstituer le puzzle.
La découverte du premier cadavre dans la cave inondée constitue un moment clé de la machinerie suspensive. L’accident du bulldozer, l’effondrement progressif des sous-sols, l’eau qui monte puis se retire brutalement : Adamo orchestre cette scène avec une maîtrise certaine du tempo narratif. L’apparition du corps nu et incisé, portant d’étranges marques sur le torse, déclenche l’enquête policière tout en soulevant une série d’interrogations inquiétantes. Qui est cette victime ? Pourquoi ces mutilations ? Quel lien avec l’université ? Ces questions s’accumulent sans trouver de réponses immédiates, alimentant la progression du récit.
Le dispositif du jeu en ligne ajoute une dimension interactive au suspense traditionnel. Les joueurs qui se connectent ignorent qu’ils participent à un crime réel, créant une forme de complicité involontaire particulièrement dérangeante. Chaque mouvement sur le plateau virtuel correspond à une action concrète dans le monde physique, abolissant les frontières entre simulation et réalité. Cette mécanique ludique transforme le lecteur lui-même en spectateur complice, témoin d’une partie où les enjeux dépassent infiniment le cadre du divertissement. Les comptes à rebours qui scandent les chapitres, les horodatages précis des scènes, les alternances entre différents foyers narratifs maintiennent une pression constante qui propulse la lecture. Le roman fonctionne ainsi comme une machine bien huilée où chaque rouage contribue à l’inexorable progression vers le dénouement.
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Un roman précurseur de notre époque connectée
Publié en 2009, « Web mortem » anticipait avec une acuité remarquable les dérives de notre société numérique. À l’époque de sa parution, les réseaux sociaux en étaient encore à leurs balbutiements, les smartphones commençaient à peine leur conquête massive, et la notion de vie privée numérique ne suscitait pas encore les débats passionnés qu’elle engendre aujourd’hui. Pourtant, Christine Adamo saisissait déjà les mutations profondes à l’œuvre dans nos rapports sociaux, notre rapport à la violence et notre relation à l’information. Le roman décrit un monde où les écrans médiatisent chaque interaction, où la frontière entre spectateur et acteur s’estompe dangereusement, où un simple clic peut avoir des conséquences irréversibles. Cette vision prémonitoire résonne avec une force décuplée quinze ans plus tard, à l’heure où les algorithmes régissent nos choix et où la viralité d’un contenu peut détruire une existence en quelques heures.
L’addiction aux mondes virtuels, incarnée par le personnage de Martha qui trouve refuge dans la toile pour échapper à sa réalité décevante, préfigurait l’isolement numérique devenu phénomène de masse. L’auteure percevait déjà comment Internet, promesse d’une connexion universelle, pouvait paradoxalement engendrer des solitudes amplifiées. La figure du meneur de jeu anonyme, orchestrant sa vengeance depuis l’obscurité du web, annonce ces criminels 2.0 qui opèrent dans les zones grises du darknet, hors d’atteinte des autorités traditionnelles. Les joueurs involontairement complices rappellent ces internautes qui, par leurs clics, leurs partages, leur participation passive aux phénomènes viraux, alimentent des mécaniques dont ils ne mesurent pas toujours la portée.
« Web mortem » demeure ainsi un témoignage précieux sur les angoisses nées de la révolution numérique. Le roman capte ce moment charnière où l’humanité basculait définitivement dans l’ère connectée, perdant certaines certitudes sans avoir encore établi les codes de ce nouveau monde. Les questionnements soulevés par Christine Adamo – responsabilité morale dans l’espace virtuel, permanence de la mémoire numérique, pouvoir conféré par la technologie – n’ont cessé de gagner en actualité. Relire ce thriller aujourd’hui offre le vertige de constater combien ses intuitions se sont vérifiées, confirmant que la littérature, lorsqu’elle saisit l’esprit d’une époque, transcende son moment de parution pour dialoguer avec l’avenir.
Mots-clés : Thriller numérique, Jeu en ligne, Mésopotamie, Vengeance, Internet, Suspense technologique, Roman visionnaire
Extrait Première Page du livre
» Prologue
Semaine 5. This is the end1
Mercredi, 14:46 (UTC −52)
IL ÉTAIT AGITÉ par un sombre cauchemar dans lequel il lui semblait s’entendre crier, comme en écho au fond d’un gouffre. Crier. Puis hurler. Mais personne ne l’entendait. Personne ne l’entendrait plus jamais. Ses seuls compagnons étaient désormais ces vers répugnants qui se tortillaient à côté de lui.
Son corps s’éveilla. Il grelottait.
Son esprit sortit des ténèbres. Il vacillait.
Hammond regarda autour de lui. Peut-être aurait-il mieux fait de rester plongé dans son rêve. Loin de ce trou infâme.
Il se souleva à moitié. Mais ses bras furent tirés en arrière par les menottes qui soudaient ses poignets au vieux radiateur. Irradiant immédiatement une violente douleur dans sa nuque déjà raide et endolorie.
Il ferma les yeux, les rouvrit aussitôt. Leva la tête.
Une minuscule fenêtre. Une lumière rougeoyante qui tombait de l’ampoule vissée au-dessus de sa tête, sur le plafond carrelé, le noyant dans un halo pourpre et noir. Pourtant, cette lueur mettait du relief sur tout ce qui se trouvait autour de lui. Ce qui équivalait à pas grand-chose. Le vieux seau placé contre le mur et qui exhalait une faible odeur âcre. Une étagère métallique au sommet de laquelle étaient empilés des bocaux poussiéreux. Le vieux radiateur auquel il était attaché. Les restes d’un lavabo, abandonnés à même le sol, à côté d’une porte métallique fermée. Et pas un bruit, si ce n’était celui du liquide qui, filtrant de l’un des bocaux, tombait goutte à goutte dans le seau.
Hammond sentit sa gorge se serrer d’un coup. Il allait crever. Et il croyait savoir comment. La panique le submergea.
Il se redressa, se propulsa vers l’avant.
Putain de tuyau.
Il allait lâcher, c’était sûr. Mais les menottes raclèrent le métal, ramenant brutalement le prisonnier vers le conduit, avec pour seule conséquence de lui déchirer les muscles des épaules et des bras, la peau des poignets.
Hammond se laissa retomber contre le mur, tenta de maîtriser son envie de hurler.
Compter.
Il fallait continuer de compter.
Les pattes des bestioles. Ou autre chose.
Il prit une longue inspiration, baissa les yeux en direction des vers qui grouillaient. Se rapprochaient du récipient métallique. Hammond ne pouvait voir ce qui se trouvait à l’intérieur. Et qui les attirait. «
- Titre : Web mortem
- Auteur : Christine Adamo
- Éditeur : Albin Michel
- Nationalité : France
- Date de sortie : 2009
Page officielle : christineadamo.net
Résumé
Sois le bienvenu numéro un. Au hasard de la toile tu as su te frayer un chemin. Au hasard du jeu des carrés tu vas appliquer le talion. Dans le temps tu vas aviver la mémoire des spectres oubliés. Dans le sang tu vas laisser ton empreinte… Dans la lignée de Fred Vargas, Christine Adamo nous embarque dans un thriller fascinant et un troublant jeu sur la Toile où l’étude des langues oubliées de l’ancienne Mésopotamie peut se révéler fatale.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
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Wow ! Quelle chronique ! A te lire, Manuel, j’ai l’impression (fugitive, heureusement pour mes chevilles) d’avoir vu (presque) juste lorsque j’ai écrit Web Mortem… en sus d’avoir assisté à la dissection minutieuse de ce qui se passait dans ma tête à l’époque où je travaillais sur ce roman. Merci infiniment pour ta lecture, pour ce que tu en as tiré, qui tient presque autant de la discussion métapsychologique que de l’analyse littéraire ! Merci infiniment !
Merci mille fois, Christine, pour ce commentaire si généreux qui me touche profondément et me pousse à continuer ce que je fais sur ce blog. Si ma chronique a su restituer ne serait-ce qu’une partie de la richesse de ce qui se tramait dans ta tête pendant l’écriture, alors j’en suis doublement heureux. C’est exactement ce genre de dialogue entre l’œuvre et le lecteur qui rend la lecture (et la chronique) si passionnante. Merci à toi pour ce roman captivant ☺️☺️☺️