VanDeath RedAngel : Alexandre Fourtoy lance une héroïne inoubliable

VanDeath RedAngel de Alexandre Fourtoy

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Un roman sur la route : voyage initiatique entre Suisse et péninsule ibérique

Lausanne, le 1er janvier. Pendant que la fête bat encore son plein au D!Club sur les notes solaires de Purple Disco Machine, une jeune femme reçoit un colis qui va faire basculer son existence. C’est sur cette ouverture que VanDeath RedAngel installe son dispositif narratif avec une précision d’horloger : la géographie n’est pas un décor, elle est une dramaturgie. Alexandre Fourtoy structure son roman autour d’un itinéraire précis, balisé kilomètre par kilomètre, de Lausanne à Étagnières, d’Étagnières à Orense, d’Orense à Madrid. Ces distances, inscrites en tête de chaque partie comme des jalons d’un carnet de bord, 50,4 km, puis 1881 km, puis 539 km, donnent au récit une dimension presque cartographique, une façon de matérialiser l’avancée intérieure du personnage principal sur le bitume européen.

Le roman s’inscrit dans une tradition littéraire bien identifiable, celle du road novel, mais le revisite avec une modernité assumée. Le véhicule au cœur du voyage n’est pas une voiture ordinaire : c’est un Mercedes Sprinter aménagé en véritable habitat roulant, avec ses écrans, son lit escamotable, ses rangements secrets. Baptisé « le Che » par sa conductrice, ce van est à la fois instrument d’enquête, refuge intime et symbole d’une liberté chèrement conquise. Fourtoy lui accorde une présence romanesque à part, presque une personnalité propre, qui confère à chaque étape du périple une tonalité particulière : la plaine française avalée sous l’autoroute, le désert minéral des Bardenas Reales traversé de nuit sous un vent glacial, les routes galiciennes qui mènent vers Orense et ses secrets enfouis.

Ce qui rend ce voyage initiatique convaincant, c’est la cohérence entre la géographie traversée et les révélations qui s’accumulent au fil des kilomètres. Chaque frontière franchie correspond à un palier émotionnel supplémentaire pour la protagoniste. L’Espagne n’est pas choisie au hasard : c’est le pays de l’origine, de la mémoire familiale enfouie, d’une enfance madrilène reconstituée par bribes dans les chapitres en flash-back. Fourtoy joue habilement sur cette double temporalité, le présent du road trip et le passé reconstitué, pour tisser une intrigue dont la route est à la fois le prétexte et la métaphore.

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VanDeath RedAngel Alexandre Fourtoy
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Europe Kaz, alias RedAngel : portrait d’une héroïne en quête de racines

Elle s’appelle Europe Kaz, elle a vingt ans, elle vit dans un T3 sur les hauteurs de Lausanne avec son amie Esperanza, et elle ne sait presque rien de son père. Ce prénom composite, Europe pour l’identité officielle, Kaz pour l’intime, dit déjà beaucoup sur la construction fragmentée de ce personnage. Fourtoy prend le temps d’installer son héroïne avant de la lancer sur la route : on la découvre d’abord dans sa vie quotidienne lausannoise, ses finances mystérieusement assurées depuis l’Andorre par un cabinet d’avocats, son passeport andorran qu’elle n’a jamais vraiment cherché à comprendre, sa mère internée dans un sanatorium à Gland. Tout en elle signale une identité construite sur des fondations fragiles, et c’est précisément cette instabilité qui rend son élan vers la vérité si crédible.

Sous le pseudonyme RedAngel, Kaz existe sur les réseaux sociaux comme créatrice de contenu, une facette moderne du personnage qui ancre le roman dans le présent sans jamais verser dans l’effet de mode. Ce double nom, cette double identité, fonctionne comme un miroir de sa quête : qui est-elle vraiment quand on ignore de qui l’on vient ? La relation qu’elle noue avec Écho, le chien adopté au fil du roman, ajoute une dimension touchante à ce portrait. Dans un récit où la confiance se mérite difficilement et où les adultes censés la protéger ont soigneusement entretenu le flou, l’animal représente la seule présence inconditionnelle, celle qui ne trahit jamais.

Ce qui retient l’attention dans la construction de ce personnage, c’est l’équilibre entre vulnérabilité et détermination. Kaz n’est ni une super-héroïne blindée ni une jeune femme passive emportée par les événements. Elle tremble, elle hésite, elle a peur dans le désert des Bardenas quand les phares d’une silhouette inconnue percent l’obscurité. Mais elle conduit quand même. Elle franchit les frontières, elle pose les questions que personne avant elle n’avait voulu poser. Fourtoy lui confère une psychologie cohérente, sans fioriture, construite par accumulation de petits détails justes plutôt que par grandes déclarations, ce qui rend son évolution au fil du récit d’autant plus naturelle et engageante.

Madrid, 1989 : les fantômes du passé comme moteur de l’intrigue

L’été madrilène de 1989 est étouffant. Le bitume renvoie la chaleur accumulée de la journée, les rues sont quasi désertes, et un fourgon blindé fait sa ronde habituelle entre les commerçants du quartier de Chamartín. C’est dans cette atmosphère lourde et précise qu’Alexandre Fourtoy installe ses chapitres en flash-back, qui forment l’une des strates narratives les plus soignées du roman. Le lecteur est projeté dans une Madrid d’avant l’euro et des téléphones portables, reconstituée avec un souci du détail qui va du score de la Liga au nom exact des banques de l’époque. Ces séquences passées ne sont pas de simples retours en arrière décoratifs : elles sont le carburant de l’intrigue, la source de tout ce que Kaz cherche à comprendre dans le présent.

La structure temporelle du roman repose sur un jeu d’échos savamment orchestré. D’un côté, janvier 2025 et une jeune femme qui roule vers l’Espagne avec son chien et ses questions. De l’autre, l’été et l’automne 1989 à Madrid, où un enfant solitaire de huit ans rentre seul de l’école avenue de Concha Espina, et où des hommes commettent des actes dont les conséquences traverseront les décennies. Fourtoy ne livre pas ces deux temporalités en blocs séparés mais les entrelace avec méthode, laissant chaque séquence passée apporter un éclairage nouveau sur ce que Kaz découvre au fil de sa progression vers le sud. Le procédé crée une tension de lecture continue, une curiosité que le roman alimente avec parcimonie.

Ce qui frappe dans le traitement de cette dimension historique, c’est la sobriété. L’auteur ne cherche pas à faire de 1989 un prétexte folklorique ni à surcharger ses flash-back d’atmosphère nostalgique. Madrid est restituée avec précision, le Real Madrid champion, la chaleur de juillet, l’architecture des avenues, mais toujours au service du récit plutôt qu’en concurrence avec lui. Les personnages de ces séquences passées existent avec leur propre logique, leurs propres motivations, et c’est cette cohérence qui rend le dispositif efficace : le passé n’est pas un décor figé mais un espace vivant, dont les lignes de force remontent inexorablement vers la surface du présent.

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Le van, le chien et la liberté : une esthétique du road trip contemporain

Il y a dans VanDeath RedAngel une façon de décrire le van qui dépasse la simple fonction utilitaire. Ce Mercedes Sprinter aménagé avec soin, ses deux écrans, son lit escamotable qui descend du plafond d’une simple pression de bouton, ses rangements conçus pour cacher autant que pour ranger, est décrit avec une précision qui trahit une vraie familiarité avec la vie nomade. Fourtoy s’attarde sur les sensations physiques de la conduite, le silence du moteur qui avale les kilomètres, la puissance des quatre roues motrices sur les pistes du désert, la chaleur de l’habitacle contre le froid de janvier. Le véhicule finit par fonctionner comme un espace mental autant que physique, une bulle mobile où Kaz peut à la fois fuir et réfléchir, avancer et se reconstruire.

Écho, le chien adopté dans un refuge de Nyon en tout début de récit, complète ce tableau avec une évidence désarmante. Sa présence aux côtés de Kaz n’est jamais anecdotique. Dans les longues heures de route solitaire, dans les nuits passées sur des chemins vicinaux à l’écart des grandes voies, il incarne cette forme de compagnie silencieuse et absolue que rien d’autre ne peut offrir. Fourtoy glisse de petits détails justes sur leur relation, les coups de langue au réveil, le ronronnement du chien endormi dans la niche formée par le lit abaissé, la façon dont Écho a compris son nom presque instantanément, qui donnent à leur duo une crédibilité immédiate. Cette connexion entre la jeune femme et l’animal dit en creux ce que le roman dit en plein : la difficulté de faire confiance aux êtres humains quand toute votre histoire est faite de silences et de secrets.

L’esthétique du road trip dans ce roman est résolument contemporaine, sans être ostentatoire. Kaz écoute Doechii pour s’endormir, gère sa présence en ligne sous le pseudonyme RedAngel depuis ses écrans embarqués, utilise NotebookLM pour compiler des recherches en route. Ces références au présent ne sont pas des clins d’œil gratuits mais des éléments qui ancrent le voyage dans une réalité reconnaissable pour le lecteur d’aujourd’hui. Entre les plaines françaises de l’autoroute du soleil, les paysages lunaires des Bardenas Reales et les routes galiciennes qui serpentent vers Orense, le roman construit une cartographie sensorielle de l’Europe du sud qui donne au périple une texture presque cinématographique.

Secrets de famille, manuscrit médiéval et faux-semblants : l’art du puzzle romanesque

Un trousseau de clés avec un logo Mercedes. Un passeport andorran. Une allocation mensuelle versée depuis des années par un cabinet d’avocats installé en Principauté. Alexandre Fourtoy construit son intrigue par accumulation d’objets et de détails dont la signification se révèle progressivement, comme les pièces d’un puzzle dont on ne verrait le motif complet qu’à la toute fin. À ces premiers éléments s’ajoute, découvert dans les entrailles du van, un manuscrit médiéval d’une facture exceptionnelle, couverture de cuir gravé, pages de papier-tissu épais enluminées à la feuille d’or, texte en vieux français mêlé de latin. L’objet est traité avec sérieux : Fourtoy décrit sa matière, son poids, ses illustrations anatomiques et botaniques, sans jamais verser dans le mystérieux de pacotille. Le manuscrit existe d’abord comme objet physique avant d’exister comme énigme.

Ce qui rend le dispositif narratif particulièrement efficace, c’est la façon dont chaque révélation en appelle une autre sans jamais tout livrer d’un coup. Kaz avance dans sa quête comme on démêle un fil : tirer sur un bout ne fait qu’en dégager un autre, plus profond, plus inattendu. Les figures qui gravitent autour d’elle, l’avocat Antonio Brunner, la tutrice Mireille Rochat, la mère internée à Gland, participent toutes à cette économie du secret. Aucune n’est franchement mensongère, mais aucune non plus ne dit tout ce qu’elle sait. Fourtoy distribue ses informations avec une maîtrise calibrée, maintenant le lecteur dans un état de curiosité active tout au long du récit.

Les faux-semblants constituent l’autre versant de cette mécanique romanesque. Des personnages qui semblent bienveillants révèlent des intérêts cachés, des objets apparemment anodins s’avèrent porteurs d’enjeux considérables, des coïncidences qui paraissent fortuites s’inscrivent dans une logique plus ancienne et plus lourde. Le chapelet, la grille dissimulée dans le livre, le nom du père enfin révélé : chaque élément s’emboîte dans le suivant avec une cohérence qui témoigne d’un vrai travail de construction. Le roman ne triche pas avec ses propres règles, et c’est cette honnêteté structurelle qui rend la progression de l’intrigue pleinement satisfaisante.

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Benposta, le Circo de los Muchachos : quand la fiction s’ancre dans l’Histoire

Il existe, à Orense en Galice, un endroit réel dont peu de romans francophones se sont emparés : Benposta, la République des enfants, fondée par le Père Jesús Silva et connue dans le monde entier pour son cirque, le Circo de los Muchachos. Ce foyer pour enfants abandonnés, qui vivait de ses représentations circassiennes itinérantes et avait acquis une réputation internationale dans les années 1970 et 1980, constitue l’un des ancrages historiques les plus originaux de VanDeath RedAngel. Fourtoy ne l’invente pas, ne le romanise pas à l’excès : il le restitue avec la rigueur documentaire de quelqu’un qui a fait son travail de recherche, depuis la photo en noir et blanc du Père Silva jusqu’à la description précise du grand chapiteau rayé rouge et blanc qui surplombait le village hétéroclite de roulottes et de containers.

La façon dont Benposta s’insère dans la trame narrative est particulièrement habile. Kaz découvre ce lieu par bribes, d’abord comme une piste dans sa quête des origines de son père, puis comme un endroit qu’elle va physiquement rejoindre après des centaines de kilomètres de route. Le roman propose une double temporalité sur ce lieu précis : d’un côté Kaz qui arrive dans un Benposta désolé de janvier 2025, le petit musée fermé, le vent qui siffle dans les fissures du chapiteau abîmé ; de l’autre, des séquences restituant l’été 1989 et le cirque en pleine activité, avec ses enfants acrobates et son énergie particulière. Ce contraste entre la vivacité du passé et la mélancolie du présent donne au lieu une densité émotionnelle réelle.

Ce choix d’ancrer une part de l’intrigue dans un fait historique authentique et méconnu révèle une ambition qui dépasse le simple thriller de facture courante. En convoquant Benposta, Fourtoy inscrit son roman dans une mémoire collective espagnole que le lecteur français n’a généralement pas, ce qui crée un effet de découverte stimulant. La fiction devient ainsi un vecteur de connaissance sans jamais sacrifier le rythme narratif sur l’autel de la leçon d’histoire. Le passé de Benposta infuse le roman de sa singularité, donnant à la quête de Kaz une résonance qui déborde largement le cadre du secret familial pour toucher à quelque chose de plus universel, la mémoire des enfants sans attaches et des communautés improbables.

Tension et suspense : de la traque dans les Bardenas au bunker de la Marañosa

Le désert des Bardenas Reales, en Navarre, est l’un des paysages les plus photogéniques et les plus inhospitaliers de la péninsule ibérique. Fourtoy en fait le théâtre d’une séquence de traque nocturne qui constitue l’un des moments de tension les plus aboutis du roman. Kaz, seule sur les pistes, les phares de son van perçant l’obscurité, une silhouette immobile à la limite de la lumière devant elle, une voiture inconnue dans son rétroviseur depuis des heures : la scène est construite avec économie, sans effets de manche, et c’est précisément cette sobriété qui la rend efficace. Le cierzo, ce vent glacé caractéristique de la région, les pitons rocheux qui surgissent dans le halo lumineux, la respiration saccadée de la jeune femme qui forme de petits nuages de buée dans l’air froid, chaque détail physique contribue à installer une atmosphère de menace concrète et localisée.

Les antagonistes que le roman met progressivement en scène participent à cette montée en pression. Raúl et Miguel, les hommes à la Mercedes qui traquent Kaz à travers l’Espagne, ne sont pas des figures archétypales du mal mais des individus avec leurs propres contradictions, leurs hésitations, leurs calculs mal assurés. Fourtoy leur accorde suffisamment d’épaisseur pour qu’ils existent au-delà de leur seule fonction menaçante. Au-dessus d’eux, Juan Seguidor Montiel, figure froide et méthodique, représente une tout autre catégorie de danger, celui de l’intelligence au service d’intérêts obscurs. La confrontation finale dans le bunker militaire de la Marañosa, à la périphérie de Madrid, réunit ces lignes de force dans un espace clos et chargé, où l’air humide et le silence pèsent autant que les menaces explicites.

Ce qui distingue la gestion du suspense dans VanDeath RedAngel, c’est le refus de l’inflation. La violence n’est jamais complaisante, la menace reste précise plutôt qu’omniprésente, et les moments de répit entre deux séquences tendues laissent au lecteur le temps de reprendre souffle avant la prochaine accélération. Fourtoy dosage son intensité dramatique avec méthode, alternant les séquences de route apaisée, les rencontres qui livrent des informations nouvelles et les pics de danger qui font basculer le récit vers sa conclusion. Ce rythme maîtrisé est l’une des marques d’un auteur qui connaît son histoire et sait où il emmène son lecteur.

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VanDeath RedAngel : un premier roman qui s’installe dans le paysage du polar

Ce qui frappe, au moment de refermer les vingt-sept chapitres disponibles de VanDeath RedAngel, c’est la cohérence d’ensemble d’un projet romanesque qui ne ressemble pas vraiment à ce qui se publie habituellement dans le polar francophone. Alexandre Fourtoy ne cherche pas à imiter les codes du thriller scandinave ni à singer les architectures du roman noir américain. Son territoire est européen, son héroïne est jeune et connectée, son intrigue mêle enquête familiale, objet patrimonial mystérieux et thriller de poursuite avec une aisance qui témoigne d’une vision claire du roman qu’il voulait écrire. Cette singularité de positionnement est en soi une qualité rare pour un premier roman.

La construction des personnages secondaires mérite également d’être soulignée dans ce bilan. Esperanza, l’amie mexicaine restée à Lausanne, assure un rôle de contrepoint lumineux sans jamais être réduite à une simple fonction narrative. Antonio Brunner, l’avocat andorran, est traité avec une ambiguïté contrôlée qui maintient le doute sur ses véritables motivations jusqu’au bout des chapitres disponibles. Damián, le jeune homme madrilène croisé dans la troisième partie, apporte une perspective nouvelle sur les enjeux de l’intrigue avec une économie de moyens appréciable. Fourtoy peuple son roman de figures qui existent en dehors des scènes où elles apparaissent, ce qui donne au récit une densité de monde convaincante.

Avec VanDeath RedAngel, Alexandre Fourtoy signe un premier roman ambitieux dans sa conception et solide dans son exécution. L’itinéraire de Kaz, de Lausanne aux faubourgs de Madrid, est aussi bien un voyage géographique qu’une traversée intime, une plongée dans les strates d’un passé soigneusement dissimulé dont les révélations, distillées avec patience, maintiennent l’intérêt du début à la fin des chapitres accessibles. Le roman pose les bases d’un univers suffisamment riche pour que la curiosité du lecteur survive bien au-delà de cette première aventure. En cela, VanDeath RedAngel tient sa promesse fondamentale : celle de donner envie de savoir ce qui vient ensuite.

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Mots-clés : polar français, road trip, thriller européen, quête identitaire, Espagne, premier roman, secrets de famille


Extrait Première Page du livre

 » PROLOGUE
UN ENFANT SEUL

Madrid – Le 1er octobre 1989

L’enfant était seul.

Il portait encore son uniforme du Colegio San Augustin où il était à l’école.

Il était petit pour ses huit ans. Comme tous les jours, il était rentré à pied, accompagné par la maman d’Ignacio qui habitait un immeuble deux blocs plus bas que le sien, sur l’avenida de Concha Espina.

Il avait huit ans mais il affichait, pour son âge, un air sérieux, un intérêt pour les jeux calmes, un vrai amour pour l’école qui le rendait un peu plus mûr que ses camarades.

Et donc, à cet âge où les talents au foot sont un marqueur social avancé de la cour d’école, il était un peu plus seul que les autres.

Ignacio était celui avec lequel il passait le plus de temps, surtout à cause des trajets du matin et de l’après-midi, que sa maman, qui était femme au foyer, assurait pour eux.

Mais une fois rentré chez lui, au sixième étage de son immeuble du 7 avenida de Concha Espina, il s’enfermait à double tour et restait seul encore pour deux longues heures jusqu’au retour de sa mère du supermarché Mercadona, à quelques rues de là, où elle travaillait comme chef de rayon.

Il aimait ces deux heures. Elles ne le rendaient pas triste. Il savait que papa et maman devaient travailler dur.

L’appartement était petit mais bien arrangé. Il avait sa propre chambre et comme il n’avait pas de frère ou de sœur, ses parents lui achetaient souvent des Playmobil, ses jouets préférés, et des livres d’aventures qu’il dévorait avec avidité.

Quand il terminait un volume de son auteur favori, le Coronel Ignotus, il rejouait les scènes de science-fiction avec ses figurines en plastique. Ses parents avaient trouvé tout un carton de vieux livres dans un marché aux puces de Chamartin et ils lui avaient abandonné les recueils à l’odeur de vieux papier.

Non, vraiment, il adorait ces deux heures qui n’étaient rien qu’à lui. « 


  • Titre : VanDeath RedAngel
  • Auteur : Alexandre Fourtoy
  • Éditeur : Kaz Inc
  • Nationalité : France
  • Date de sortie : 2025

Page officielle : vandeath.world

Résumé

Europe Kaz, vingt ans, vit à Lausanne sous un pseudonyme de créatrice de contenu, RedAngel, avec une identité lacunaire : un passeport andorran, une allocation mystérieuse versée par un cabinet d’avocats, une mère internée et un père dont elle ignore tout. Un colis reçu le jour de son anniversaire va tout changer : des clés de van, une lettre, et le début d’une piste qui mène vers l’Espagne.
Seule au volant d’un Mercedes Sprinter aménagé, accompagnée de son chien Écho, Kaz traverse la France et franchit les Pyrénées pour remonter le fil d’une histoire familiale enfouie depuis 1989. Entre le désert des Bardenas, les ruines d’un cirque pour enfants abandonnés en Galice et les tours de verre de Madrid, la jeune femme va découvrir que les secrets de son père ont fait des ennemis bien réels, et que certains sont prêts à tout pour que la vérité reste enfouie.

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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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Les avis

Un road trip littéraire entre fiction et réalité ! Pour Samuel

février 28, 2026

Merci Samuel pour ce commentaire aussi vivant que le roman lui-même ! Vous résumez parfaitement l’essence de VanDeath RedAngel : ce road trip haletant entre Suisse et Espagne, avec Kaz en guide sonore et une héroïne qui se construit au fil des kilomètres. Alexandre Fourtoy a réussi quelque chose de rare, un récit qui embarque vraiment. Merci pour cette belle recommandation !

Avatar de Manuel
Manuel

Un livre qui laisse sa marque ! Pour Jimenez

février 28, 2026

Merci beaucoup Jimenez pour ce commentaire qui fait chaud au cœur ! Savoir que la chronique reflète fidèlement ce que le livre procure à la lecture, c’est exactement ce qu’on cherche. Alexandre Fourtoy signe un roman qui méritait qu’on lui rende justice. Bonne continuation dans vos lectures !

Avatar de Manuel
Manuel

Une héroïne qui marque les esprits ! Pour Roberto.

février 28, 2026

Merci Roberto pour ce retour enthousiaste ! Red Angel a effectivement ce quelque chose d’irrésistible qui donne envie de la suivre encore et encore. Alexandre Fourtoy a su créer un personnage fort et nuancé, et la suite s’annonce prometteuse. Restez connecté !

Avatar de Manuel
Manuel

Addictif

février 28, 2026

Plonger dans Vandeath: RedAngel d Alexandre Fourtoy c est partir dans un road trip entre fiction et réalité, entre suisse et Espagne, au son des Mix de Kaz une jeune héroïne attachante, femme en devenir, qui remonte le fil de son histoire personnelle, au fil des km, allant de surprises en périls. C est très bien écrit, c est captivant. un livre à lire ou à offrir urgemment !

Avatar de Samuel Villain
Samuel Villain

Un excellent polar road trip

février 27, 2026

Bravo pour cette critique et analyse particulièrement soignée, qui rend parfaitement compte de l’effet produit par ce livre que viens de terminer. À découvrir absolument !

Avatar de Zorglub Jimenez
Zorglub Jimenez