Cyril Carrère, quand la plume française s’empare du Japon
Écrivain et scénariste français installé à Tokyo, Cyril Carrère insuffle à ses thrillers un rythme cinématographique et une précision chirurgicale. Son parcours atypique nourrit profondément son écriture : ancien pharmacologue reconverti dans les nouvelles technologies, il met aujourd’hui son expertise au service du monde de l’édition en tant que scout littéraire. Une trajectoire singulière, à la croisée de la science, de la technologie et de la littérature.
C’est au Japon, pays où il réside depuis 2018, que Carrère a trouvé le terrain de jeu idéal pour son imagination. Sa série phare, Les enquêtes de la Cellule Sakura, s’impose comme une référence du polar contemporain, offrant une immersion psychologique et culturelle au cœur d’un Japon organique et authentique. Loin des clichés touristiques, il y dépeint une société traversée par des tensions bien réelles : harcèlement, poids des traditions, crime organisé, dérives du darknet.
Entre mythologie japonaise et thriller contemporain, Cyril Carrère explore les dérives d’une justice expéditive dans une société où les institutions semblent impuissantes face à certaines formes d’injustice. Ses intrigues, construites autour de duos d’enquêteurs atypiques et complémentaires, sont saluées par les lecteurs pour leurs rebondissements, leurs personnages fouillés et leur écriture à la fois limpide et addictive.
À ce jour, il compte plusieurs romans à son actif, dont La colère d’Izanagi et Le Crépuscule de la veuve blanche pour la série Cellule Sakura, ainsi que des one-shots comme Avant de sombrer et Le quatrième rassemblement, sans oublier quelques nouvelles. Grand Froid, l’un de ses premiers romans, sortira en poche en mai 2026, tout comme Le Glad de l’innocence (juin 2026).
Ses titres sont disponibles en collection Folio, signe d’une reconnaissance bien méritée dans le paysage du polar francophone.
L’interview questionnaire de Cyril Carrère
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Les deux, en général ! Côté recherches, brainstorming… je préfère tout noter à la main. J’ai tout un tas de cahiers pour ça. Ensuite, quand vient le moment d’écrire mon histoire, je passe au clavier :).
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Couche-tard ! Mais je me soigne et petit à petit, je découvre que se lever plus tôt, c’est pas mal aussi :).
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
L’envie, la passion de créer des intrigues, de mettre en lumière des sujets qui m’intéressent.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
Je sors en gros un roman tous les 18 mois.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Mon tout premier prix, à Ormesson, en 2024, pour la Colère d’Izanagi, après une vingtaine de nominations pour mes précédents romans !
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Il y en a pas mal, mais parmi les plus récents, je dirais Les Guerriers de l’Hiver d’Olivier Norek.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Il y en a tellement… Si les USA vérifient vraiment l’historique internet des voyageurs, je suis fichu ! 🙂 Allez, une de mes recherches les plus récentes : le trafic d’êtres humains dans un univers underground que je ne citerai pas pour le moment (on en parlera dans quelques années :))
Votre lieu de crime idéal ?
Le sommet d’une montagne. Isolement, froid, conditions extrêmes, c’est parfait.
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Votre arme du crime préférée ?
Les mots ? Sinon, toute substance volatile, indétectable…
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non, j’ai plutôt peur de ce moi qui aime ces intrigues 🙂
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Resté bloqué dans l’écriture ! Ou faire un méga badbuzz !
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Un profil scientifique, comme un médecin par exemple.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Surgelés 🙂 Et je partirais en faisant un détour par le rayon des viennoiseries/pâtisseries, parce que bon, toutes ces émotions, ça creuse ! 🙂
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
La SF m’attire (pour le côté création de l’univers narratif). Sinon, la littérature blanche (pour l’exploration des émotions, entre autres)
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Le Crépuscule de la Veuve blanche, sans aucun doute celui qui m’a poussé le plus loin dans mes retranchements, sur une thématique difficile au Japon qui m’a demandé des années de recherches et collaborations. La Colère d’Izanagi aussi, qui marque un vrai tournant dans mes écrits, en acceptant enfin d’écrire sur le pays où je vis depuis si longtemps (et dont je suis résident permanent).
Où vous sentez-vous chez vous ?
Là où se trouvent les personnes que j’aime.
Sinon, dans mon quartier d’Itabashi, à Tokyo. Un vrai havre de paix!
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
Cette année, je passe deux semaines en France avec en point d’orgue les Quais du Polar (3-4-5 avril). Plus rien ensuite jusqu’à la parution du tome 3 des enquêtes de la cellule Sakura, début 2027 !
Mais je n’en aurais pas fini pour autant avec 2026. Deux parutions poche sont au programme : Le Glas de l’innocence (Folio), le 11 juin, et Grand Froid (l’Oiseau Noir) le 28 mai.
Côté rééditions, Folio a revisité les couvertures de mes romans. La nouvelle version d’Avant de sombrer est en librairie depuis février, et celle de la Colère d’Izanagi le sera d’ici juin, je crois !
Côté projets perso : je développe une activité de veille littéraire (Literary scouting) au Japon, qui consiste à dénicher des romans japonais qui pourraient intéresser les éditeurs français. Beaucoup de boulot, mais je progresse vite (et bien!)
Plus d’infos sur Instagram : @cyril.carrere
Page officielle : cyrilcarrere.org
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
























