La Suède sous le vernis : un décor nordique au service du roman noir
Patrick Collignon plante son décor avec une précision cartographique qui n’a rien d’anodin. Djursholm, quartier cossu du nord-est de Stockholm où les villas quattro stagioni se mirent dans un bras de la Baltique, Rinkeby et ses blocs de béton hérités des années 1970, Strandvägen et ses immeubles haussmanniens du dix-neuvième siècle : la géographie stockholmoise devient ici une dramaturgie à part entière. En douze kilomètres de bitume, l’inspecteur Törnqvist passe d’une enclave à l’autre, séparées par ce que l’auteur appelle lui-même « une muraille d’argent ». Ce contraste saisissant entre l’opulence résidentielle et la pauvreté des banlieues nord n’est pas un simple décor peint à la bombe, c’est le squelette idéologique du roman.
Ce que Collignon réussit particulièrement bien, c’est d’utiliser l’hiver scandinave non pas comme accessoire pittoresque, mais comme personnage silencieux. La pluie qui tombe dru sur les toits en pente, le givre qui croustille sur les pelouses, la lumière blafarde qui « fait ressortir les couleurs sans les mettre en valeur » : chaque description météorologique porte une charge narrative. Le froid nordique n’est pas ici une couleur locale convoquée pour l’exotisme du genre, il épouse les tensions de l’enquête, alourdit les silences, accentue l’isolement des personnages. L’atmosphère scandinave, telle que Collignon la travaille, colle à la peau de l’intrigue comme de la buée sur une vitre.
Mais la force véritable du roman tient à ce que ce décor soigneusement construit ne sert pas qu’à l’esthétique : il révèle une société suédoise fissurée de l’intérieur. Le « modèle suédois », cette promesse d’harmonie collective, est ici convoqué non pour être célébré mais pour être ausculté. Tyko lui-même, dans un échange avec Sonia, lâche que « le modèle suédois est en train de pourrir de l’intérieur », et cette sentence résonne bien au-delà du dialogue. Entre les panneaux de surveillance de quartier brandis comme des amulettes par les riverains de Djursholm et les ruelles de Rinkeby où un adolescent peut mourir sur un couteau à trois cents mètres du commissariat, Collignon dessine une Suède à deux vitesses, civilisée en surface, travaillée en profondeur par des tensions que le roman policier excelle, depuis Sjöwall et Wahlöö, à mettre en lumière.
Tyko Törnqvist : portrait d’un flic qui n’a pas froid aux yeux
Il y a des enquêteurs de fiction qui existent par leur fonction. Tyko Törnqvist, lui, existe par ses contradictions. Vingt-neuf ans, cheveux en pétard, converses noires et chemise de bûcheron à carreaux, il débarque sur la scène du crime en week-end raté, extirpé d’un stage de tantra qu’il n’avait aucune intention d’apprécier. Ce détail inaugural dit tout du personnage : un homme que la vie réelle rattrape toujours au mauvais moment, et qui ne s’en porte pas plus mal. Derrière la désinvolture affichée, le parcours est béton. Master de criminologie avec mention excellent, premier de promotion à l’école de police, une ambition décennale condensée en un mantra obsessionnel. Collignon prend soin de ne pas faire de son héros un surhomme immaculé, mais un jeune loup encore rugueux, impatient, parfois borderline dans ses méthodes, toujours animé par une conviction profonde que la justice mérite qu’on se batte pour elle.
Ce qui rend Törnqvist attachant sur la durée, c’est l’épaisseur psychologique que l’auteur lui concède sans en faire étalage. La relation avec Sonia, professeure de yoga rencontrée dans des circonstances cocasses, constitue un fil rouge intime qui court en parallèle de l’enquête. Ces deux univers, le badge et les tapis de méditation, l’adrénaline criminelle et la douceur d’un corps enlacé, ne cohabitent pas sans frictions. Collignon tient là quelque chose d’assez rare dans le polar nordique : un personnage dont la vie sentimentale n’est ni un prétexte ni une béquille scénaristique, mais un vrai révélateur de caractère. Tyko aime Sonia. Il ne sait pas encore s’il est capable de construire quelque chose avec elle. Et cette incertitude-là humanise davantage que n’importe quelle scène d’action.
Sur le terrain, son instinct fonctionne comme un sixième sens calibré par l’expérience de la rue, celle de Rinkeby et ses trottoirs sous tension, où il a appris à lire les gens avant qu’ils ouvrent la bouche. Face aux puissants, il ne se laisse ni impressionner ni manoeuvrer, jonglant avec une aisance tactique entre séduction et fermeté. Sa capacité à décoder les jeux de pouvoir, à pressentir où se terrent les non-dits, en fait un adversaire redoutable pour tous ceux qui croient que la hiérarchie suffit à protéger les secrets. Tyko Törnqvist n’est pas encore une légende. Il est mieux que ça : un personnage en train de se construire, sous nos yeux, page après page.
Une mort au boudoir : quand le fait divers politique vire au polar
Une villa de luxe à Djursholm. Des draps de soie bleu nuit. Une ministre retrouvée sans vie, en lingerie, les yeux grands ouverts sur un plafond qui ne lui répondra plus. Le point de départ de SexOD frappe par sa brutalité tranquille : pas d’explosion, pas de sang sur les murs, juste le silence d’une chambre trop parfaite et une mort qui soulève infiniment plus de questions qu’elle n’en résout. Collignon choisit délibérément de ne pas ouvrir sur le fracas, mais sur le malaise. Karin Roslin-Svensson, ministre de la Santé et des Affaires sociales, figure publique connue pour ses combats en faveur de l’égalité des genres, gît là comme un paradoxe incarné, entre l’image officielle soigneusement construite et la réalité charnelle que personne n’avait prévu de découvrir.
Ce qui fait la force du ressort narratif, c’est la collision frontale entre deux mondes que tout oppose. D’un côté, l’appareil d’État avec ses protocoles, ses gardes du corps de la SÄPO, son procureur sourcilleux et ses conseillers en communication déjà sur le pont. De l’autre, une équipe de police criminelle de province, celle de Täby, propulsée sur une affaire qui dépasse de loin son périmètre habituel. Cette dissymétrie crée une tension permanente, moins spectaculaire qu’une course-poursuite, mais infiniment plus corrosive. Le lecteur comprend rapidement que l’enquête ne se jouera pas seulement sur les indices techniques, mais sur les rapports de force, les informations retenues, les vérités qu’on préfère ne pas entendre trop fort.
Collignon a l’intelligence de ne pas réduire son affaire à un simple whodunit. La question n’est pas seulement de savoir ce qui s’est passé dans cette chambre, mais pourquoi tant de gens semblent avoir intérêt à ce que la réponse reste floue. Le contexte politique affleure à chaque page sans jamais parasiter la dynamique policière : la vie privée d’une ministre, les arrangements discrets d’un couple de la haute société, les marchés d’armement qui gravitent autour du nom Svensson, tout cela s’imbrique avec une cohérence qui donne au roman sa densité particulière. Le fait divers devient radiographie, et la mort au boudoir se révèle, progressivement, symptôme d’un corps social bien plus malade qu’il n’y paraît.
L’équipe de Täby : une brigade de personnages bien campés
Le commissaire Klas Söderlund est de ces supérieurs hiérarchiques que la fiction policière affectionne : usé mais pas éteint, cynique mais pas corrompu, avec ses bajoues à la Droopy, son veston aux coudes rapiécés et ses poches trop pleines qui semblent porter le poids accumulé de vingt ans de dossiers non résolus. Trois mariages ratés, une pension alimentaire qui grève sa solde, une cigarette fumée jusqu’au mégot avant chaque mauvaise nouvelle : Söderlund n’est pas un héros de cinéma, il est quelque chose de plus précieux, un être humain reconnaissable, dont la fatigue institutionnelle cache une loyauté à toute épreuve envers son équipe. Collignon le dessine avec une affection discrète qui transparaît dans chaque réplique désabusée, chaque soupir calculé face aux manœuvres des services concurrents.
Face à lui, Gabriella Ekdhal constitue l’autre pilier de la brigade. Trente-huit ans, un mètre quatre-vingt-quatre, des yeux bruns espiègles attachés en chignon avec une baguette de traiteur chinois, elle incarne cette énergie particulière des femmes qui ont appris à exister dans un univers conçu sans elles. Mère célibataire à mi-temps, engagée sur le front de l’égalité des genres avec la même intensité qu’elle met à résoudre une affaire criminelle, elle est le contrepoids naturel de Tyko : là où il esquive, elle insiste ; là où il séduit, elle confronte. Leurs échanges dans la Volvo qui fend la banlieue stockholmoise comptent parmi les moments les plus vivants du roman, mélange de joutes verbales professionnelles et de confidences qui débordent sans crier gare sur le personnel.
Valdemar Schneider, enfin, est la surprise du casting. Cet Allemand naturalisé, quarante-huit ans, silhouette de moine bénédictin voûté surmonté d’une couronne de boucles folles, a transformé son cagibi en forteresse numérique tapissée de posters d’Iron Maiden et de bouteilles d’Absolut. Polyglothe, philosophe, encyclopédie vivante citant Hegel et Schopenhauer entre deux shots de vodka, il représente ce type de personnage secondaire que certains romans laissent à l’état d’esquisse et que Collignon, lui, prend le temps de véritablement habiter. Ensemble, ces trois-là forment une brigade dont l’alchimie repose moins sur la complémentarité des compétences que sur la somme de leurs singularités, et c’est précisément ce qui les rend inoubliables.
Sex, drugs & high society : les dessous d’une Suède qui fissure
Le titre du roman n’est pas une provocation gratuite. SexOD désigne littéralement une overdose de sexe, et Collignon assume pleinement cette formulation clinique qui, sous sa brutalité apparente, cache une réflexion bien plus subtile sur les corps, le désir et le pouvoir. La sexualité traverse le roman comme une ligne à haute tension : elle n’est jamais anecdotique, jamais décorative, toujours révélatrice. Ce que les personnages font de leur corps, ce qu’ils en dissimulent, ce qu’ils en réclament ou s’en interdisent, dit autant sur eux que n’importe quel interrogatoire. Magnus Svensson qui évoque avec un détachement aristocratique les arrangements intimes de son couple, Karin Roslin-Svensson dont la vie publique vertueuse contraste avec une liberté privée farouchement gardée : Collignon utilise l’intime comme un outil de radiographie sociale d’une redoutable efficacité.
Derrière le vernis de la haute société stockholmoise affleure quelque chose de plus sombre, une corruption tranquille des élites qui ne se manifeste pas forcément par des mallettes de billets mais par des arrangements, des silences achetés, des loyautés monnayées. L’industrie de l’armement, les réseaux de protection des dignitaires, les sociétés-écrans domiciliées dans des îles anglo-normandes : Collignon tisse une toile où chaque fil tiré en révèle trois autres, sans jamais basculer dans le complotisme de pacotille. Le roman garde les pieds sur terre, ancré dans une vraisemblance sociologique qui rend ses révélations d’autant plus inconfortables. On ne lit pas SexOD en se disant « ça n’arrive que dans les livres ».
Ce qui achève de conférer au roman sa dimension critique, c’est la manière dont Collignon met en regard les débats politiques du moment avec les agissements souterrains de ceux qui les incarnent. Un parlementaire qui plaide pour la protection psychologique des enfants de divorcés à la télévision pendant que les cercles du pouvoir règlent leurs affaires dans l’ombre : l’ironie n’est jamais appuyée, jamais soulignée d’un trait rouge, mais elle imprègne chaque page d’une amertume sourde. La Suède de SexOD est un pays qui se raconte une belle histoire sur lui-même, et le roman policier est précisément l’outil littéraire le mieux armé pour en gratter la surface.
Une intrigue en couches : filatures, faux-semblants et jeux de pouvoir
La construction narrative de SexOD fonctionne à la manière d’un oignon qu’on épluche méthodiquement : chaque couche retirée en révèle une autre, plus serrée, plus tenace. Collignon ne livre pas ses vérités en bloc. Il les distille, les fragmente, les répartit entre les déductions de Tyko, les analyses de Valdemar, les intuitions de Gabriella et les conclusions du médecin légiste, qui arrivent toujours au moment précis où l’on croyait avoir cerné le problème. Cette architecture d’ensemble tient à une discipline d’écriture rigoureuse : les indices ne sont jamais plantés au hasard, les fausses pistes ne sont jamais de simples remplissages, et le lecteur, embarqué dans le sillage de l’équipe de Täby, partage genuinement la frustration de ne pas voir ce qui se cache derrière la prochaine porte.
Les jeux de pouvoir constituent le vrai moteur de l’intrigue. La SÄPO qui refuse de transmettre les relevés téléphoniques, le procureur Nyman qui arbitre en sous-main, Magnus Svensson qui reçoit les policiers comme s’il leur accordait une audience, l’homme aux jumelles Leica posté dans les sous-bois de la réserve naturelle : autour de l’enquête gravitent des forces centrifuges qui cherchent toutes, pour des raisons différentes, à en contrôler le périmètre. Collignon excelle à rendre palpable cette pression invisible qui pèse sur Söderlund et son équipe, cette sensation d’avancer sur un terrain miné où chaque pas correctement posé peut déclencher une explosion venue d’un endroit inattendu. La métaphore des oeufs fragiles, répétée comme un leitmotiv entre le commissaire et ses inspecteurs, finit par sonner comme un avertissement adressé au lecteur lui-même.
Ce qui distingue la mécanique narrative de Collignon d’un simple thriller à rebondissements, c’est la patience avec laquelle il laisse ses personnages réfléchir à voix haute. Les séquences de débrief au commissariat de Täby, vodka et pizza froide comprises, ne sont pas des temps morts entre deux scènes d’action : elles sont le coeur battant du roman, le lieu où l’intelligence collective de l’équipe se déploie, où les hypothèses s’affrontent, où la citation philosophique de Valdemar éclaire parfois mieux une situation qu’une heure de surveillance vidéo. SexOD est un roman policier qui fait confiance à l’intelligence de ses personnages, et par extension, à celle de son lecteur.
L’écriture de Collignon : rythme, dialogues et sens du détail
La construction narrative de SexOD fonctionne à la manière d’un oignon qu’on épluche méthodiquement : chaque couche retirée en révèle une autre, plus serrée, plus tenace. Collignon ne livre pas ses vérités en bloc. Il les distille, les fragmente, les répartit entre les déductions de Tyko, les analyses de Valdemar, les intuitions de Gabriella et les conclusions du médecin légiste, qui arrivent toujours au moment précis où l’on croyait avoir cerné le problème. Cette architecture d’ensemble tient à une discipline d’écriture rigoureuse : les indices ne sont jamais plantés au hasard, les fausses pistes ne sont jamais de simples remplissages, et le lecteur, embarqué dans le sillage de l’équipe de Täby, partage genuinement la frustration de ne pas voir ce qui se cache derrière la prochaine porte.
Les jeux de pouvoir constituent le vrai moteur de l’intrigue. La SÄPO qui refuse de transmettre les relevés téléphoniques, le procureur Nyman qui arbitre en sous-main, Magnus Svensson qui reçoit les policiers comme s’il leur accordait une audience, l’homme aux jumelles Leica posté dans les sous-bois de la réserve naturelle : autour de l’enquête gravitent des forces centrifuges qui cherchent toutes, pour des raisons différentes, à en contrôler le périmètre. Collignon excelle à rendre palpable cette pression invisible qui pèse sur Söderlund et son équipe, cette sensation d’avancer sur un terrain miné où chaque pas correctement posé peut déclencher une explosion venue d’un endroit inattendu. La métaphore des oeufs fragiles, répétée comme un leitmotiv entre le commissaire et ses inspecteurs, finit par sonner comme un avertissement adressé au lecteur lui-même.
Ce qui distingue la mécanique narrative de Collignon d’un simple thriller à rebondissements, c’est la patience avec laquelle il laisse ses personnages réfléchir à voix haute. Les séquences de débrief au commissariat de Täby, vodka et pizza froide comprises, ne sont pas des temps morts entre deux scènes d’action : elles sont le coeur battant du roman, le lieu où l’intelligence collective de l’équipe se déploie, où les hypothèses s’affrontent, où la citation philosophique de Valdemar éclaire parfois mieux une situation qu’une heure de surveillance vidéo. SexOD est un roman policier qui fait confiance à l’intelligence de ses personnages, et par extension, à celle de son lecteur.
SexOD, ou comment réinventer le roman policier scandinave
Le polar scandinave traîne avec lui un héritage encombrant. Depuis Sjöwall et Wahlöö jusqu’à Stieg Larsson, en passant par Henning Mankell, le genre s’est construit sur des codes devenus presque des obligations : l’enquêteur solitaire et meurtri, la météo comme métaphore morale, la critique sociale en filigrane, le rythme lent et contemplatif. Patrick Collignon connaît visiblement ces fondations sur le bout des doigts, mais choisit de les habiter autrement. SexOD s’inscrit dans cette tradition sans s’y dissoudre. Il en reprend les marqueurs géographiques et sociologiques tout en y injectant une énergie narrative plus nerveuse, des dialogues qui crépitent, une sexualité assumée comme outil d’analyse et non comme simple condiment, et une galerie de personnages secondaires suffisamment denses pour porter le roman à plusieurs épaules simultanément.
Ce qui singularise Collignon dans ce paysage littéraire balisé, c’est aussi sa manière de traiter l’humour. Non pas le cynisme désabusé qui sert souvent de couverture émotionnelle aux héros du genre, mais quelque chose de plus vivant, une ironie situationnelle qui surgit aux moments les moins attendus et qui, loin de désamorcer la tension, la rend paradoxalement plus supportable. Tyko extirpé d’un stage de tantra pour rejoindre une scène de crime d’État, Klas Söderlund lâchant un trait d’humour dévastateur en pleine conférence de presse officielle, Valdemar Schneider citant Goethe à deux heures du matin entre deux tranches de pizza froide : ces instants de comédie humaine constituent la respiration d’un récit qui saurait sinon devenir étouffant.
Avec SexOD, Patrick Collignon signe un roman qui tient ses promesses de bout en bout. L’intrigue, construite sur plusieurs niveaux de lecture, satisfait autant le lecteur qui cherche un thriller efficace que celui qui y débusque une critique sociale acérée. Les personnages, servis par une écriture qui ne lésine ni sur le détail physique ni sur la profondeur psychologique, s’imposent durablement dans la mémoire. Törnqvist, Gabriella, Valdemar et les autres ne ressemblent à personne d’autre dans la production policière contemporaine, ce qui est, en définitive, la marque des séries romanesques appelées à durer. On referme ce livre avec l’impatience bien installée de retrouver l’équipe de Täby dans une prochaine affaire.
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Mots-clés : polar nordique, thriller politique, Suède, inspecteur Törnqvist, crime d’État, société suédoise, Patrick Collignon
Extrait Première Page du livre
« 1
La paume de son amant descendit entre ses seins puis suivit l’ar-rondi du globe gauche en prenant bien soin de ne pas le toucher, juste le frôler.
Le désir qui lui brûlait la peau s’aiguisa.
Fsshh…
Sa mémoire voulait à tout prix graver chaque détail de ce moment; son épiderme, chaque caresse de chaque doigt. Des cen-taines d’avions miniatures avaient déposé sur son corps la signa-ture de leur passage, entrelacs de traînées de condensation dans un ciel de printemps. Elle les ressentait toutes, piquantes, puis expan-sives, puis vaporeuses. La rémanence des plus anciennes était ravivée par le jeu digital de Sven. Il revenait dans chaque trace, facétieux, méthodique. S’amusait de ses réactions. De sa chair de poule. Des ondes de chaleur qui la parcouraient. L’index descendit et alla se perdre entre ses cuisses sans rien toucher, juste effl eurer.
Fsshh…
Allongé sur le côté, il jouissait du spectacle de son regard un peu absent. Il prenait un malin plaisir à réveiller chaque recoin de son être et systématiquement s’arrêtait à quelques distances des points les plus sensibles. À quelques millimètres de ses lèvres. Ou pas… Ou plutôt si… Il jouait avec ses nerfs. A rapant sa nuque pour la ramener tout entière vers lui, il caressa au passage son sein de toute la longueur de son avant-bras ferme, à peine duveteux. Elle se cambra et s’entendit gémir. Le désir la submergeait pour la première fois depuis… elle ne savait même plus. Longtemps. Trop longtemps… »
- Titre : SexOD
- Auteur : Patrick Collignon
- Éditeur : Patchenco Éditions
- ISBN : 9782960334470
- Format : Broché
- Nationalité : Belgique
- Langue : Français
- Date de publication : sous forme (13/10/2016)
- Nombre de pages : 368 pages
- Genre : Thriller
Résumé
Un samedi matin de novembre, le corps de Karin Roslin-Svensson, ministre suédoise de la Santé et des Affaires sociales, est découvert sans vie dans une villa de luxe du quartier résidentiel de Djursholm, aux portes de Stockholm. L’inspecteur Tyko Törnqvist, arraché à un week-end de tantra qu’il n’avait de toute façon aucune intention d’apprécier, est rappelé d’urgence par son supérieur. Rapidement, ce qui ressemble à une mort naturelle révèle des contours bien plus troublants : une société secrète louée sous couverture, un colis livré le soir même, des gardes du corps qui en savent manifestement plus qu’ils ne le disent.
Entouré de sa brigade atypique, le commissaire Söderlund en tête, l’inspectrice Gabriella Ekdhal et l’inclassable Valdemar Schneider, Törnqvist remonte un fil qui conduit droit au coeur des élites suédoises. L’enquête dévoile progressivement les arrangements secrets d’un couple de la haute société, les connexions troubles entre monde politique et industrie de l’armement, et une vérité toxicologique aussi inattendue que dérangeante. Dans une Suède qui se raconte une belle histoire sur elle-même, SexOD explore avec acuité ce que le pouvoir, le désir et l’argent font aux hommes quand personne ne regarde.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















