« Moustache foireux tourne en gens-de-lettres » : l’espion, romancier qui s’ignore
Il y a des maximes qui piquent comme une aiguille de seringue, et celle du capitaine Tolstoï se plante dans la mémoire du lecteur pour ne plus en ressortir. « Moustache foireux tourne en gens-de-lettres » : c’est ainsi que l’officier, homonyme sarcastique du géant de Iasnaïa Poliana, raillait les comptes rendus trop léchés de son subalterne. Dix ans après avoir jeté aux orties son « manteau couleur muraille », Kiril Volsky donne raison à son ancien supérieur et prend la plume pour raconter une affaire qui le travaille encore. Vladimir Volkoff dédie ce récit « à tout seigneur, tout honneur » à Graham Greene, et cette révérence placée sur le seuil sonne comme une déclaration de filiation : nous voici dans l’univers des services secrets où la morale se négocie au comptoir et où chaque sourire cache un double fond.
Le narrateur avance une thèse aussi séduisante que provocante : le maître-espion serait un romancier rentré. L’un compose des intrigues, l’autre combine des montages ; l’un invente des noms, l’autre fabrique des pseudonymes ; l’un fait vivre une langue, l’autre la code. Tous deux jettent sur le monde un filet impalpable et le tirent à eux, tous deux s’émeuvent devant un troisième acte bien ficelé. Volkoff, qui a connu de l’intérieur le monde du renseignement, file cette analogie tout au long du livre avec une constance d’orfèvre, et les guillemets qui encadrent sans cesse le mot « romancier » deviennent une signature, un clin d’œil adressé au lecteur complice.
Cette complicité naît aussi d’une narration qui ne cache jamais ses coutures. Volsky avoue reconstituer les dialogues, colmater ses ignorances par des intuitions, juxtaposer l’authentique et le reconstitué, comparer toute œuvre d’art à une Carcassonne où le granit d’origine voisine avec le plâtre rapporté. Loin de fragiliser le récit, cette lucidité lui donne une profondeur de miroir. On lit une histoire d’espionnage tout en assistant à la fabrique d’un roman, et l’imparfait du subjonctif, manié avec une coquetterie délicieusement surannée, achève de donner à cette voix son timbre d’élégance ironique, celui d’un dandy qui se regarde écrire sans jamais cesser de s’interroger.
Le GEST, une Boutique des Invalides peuplée d’officiers et de traducteurs savoureux
Derrière les façades majestueuses de l’Hôtel des Invalides, là où des couleuvrines et des canons de Gribeauval somnolent dans une cour aux proportions sublimes, végète le Groupe d’études scientifiques et techniques, alias le GEST, alias « la Boutique ». Volkoff en dresse un tableau d’une drôlerie ravageuse : couloirs au dallage du XVIIe siècle et au lino rose du XIXe, néon blanc lilas, portes dont les numéros changent périodiquement « pour tromper l’ennemi ». La bureaucratie militaire y déploie ses rites avec une gravité de liturgie, entre chronos, circulaires, tampons « Ne pas communiquer aux Alliés » et classeurs COSMIC, et l’on rit souvent de cette mécanique absurde qui tourne à vide avec un sérieux imperturbable.
La galerie des officiers vaut à elle seule le voyage. Le lieutenant-colonel Rat, dit le Boutiquier, voûté sur son petit bureau de tôle, lèvre décollée du dentier, lunettes jaunes et « sensualité de l’hypocrisie », pressent toujours les têtes qui vont tomber, à commencer par la sienne. Le général Silbert, surnommé Paille-de-fer, applique des recettes de commandement apprises dans un manuel et se retranche derrière des verres bleus. Le général Poirier, retraité ressuscité par l’odeur de la poudre administrative, engloutit des tripes à la mode de Caen avec un « sourire à tirette ». Quant au capitaine Tolstoï, porte toujours ouverte et regard de loup de mer, il domine le narrateur dans toutes les hiérarchies avec une aisance qui exaspère et fascine.
Le bureau des traducteurs offre un contrepoint plus burlesque encore. Pouzo, de son vrai nom Poudélévitch, interprète de premier ordre en physique nucléaire, signe sous le pseudonyme de Quatre-Étoiles des romans érotiques baroques et voue au chef de l’État une dévotion qui frôle l’extase mystique. M. Alexandre, courtois comme un seigneur d’Ancien Régime, rêve tout haut de la disparition prématurée de son collègue, tandis que le jeune Divo décoche des remarques taillées en pointe. Mme Krebs, la secrétaire aux ongles cerise, feint de ne jamais comprendre les galanteries qu’on lui adresse. Volkoff croque ce petit monde avec une tendresse moqueuse qui transforme la satire en comédie humaine.
Couleuvrine, une opération née d’un coup de bluff
Tout part d’un déjeuner arrosé. Chaque mardi, Volsky retrouve à la Cuisse de grenouille le major Lester, Texan de la CIA aux oreilles triangulaires qui rougissent à mesure que coulent les martinis, et les deux hommes échangent des tuyaux crevés contre des confidences inexploitables, selon les règles d’un troc aussi codifié que l’équitation. Ce jour-là, Lester laisse échapper une révélation sur Igor Popov, nouveau responsable soviétique du renseignement scientifique à Paris. Piqué au vif, Volsky se lance dans une filature improvisée jusqu’à Orly, au prix d’un taxi arraché à une vieille dame dont le regard dédaigneux le poursuivra davantage, confesse-t-il, que les hommes morts par sa faute.
La suite tient du numéro de funambule. Convoqué par Silbert, menacé d’être renvoyé surveiller l’astiquage des croquenots à Ouagadougou, Volsky dégaine l’opération Couleuvrine, qu’il vient d’inventer sur-le-champ, et place l’ordre de mission sous la bannière d’un « Là-haut » qui fait trembler toutes les carrières. Le mensonge prononcé, il faut désormais lui fabriquer un passé. Les plus jubilatoires passages du roman racontent cette falsification méthodique des archives : chronos réécrits, carbones escamotés, fiche d’un informateur fantôme, et une incursion nocturne dans le bureau d’un adjudant, exécutée en deux cent dix secondes chronométrées, qui tient le lecteur en apnée comme un casse de film noir.
Une fois l’affaire lancée, la machine se met à tourner avec une logique propre. Un diplomate en gilet jaune pastel fournit des notes confidentielles bourrées de litotes, un officier britannique à la pipe en S décrit Popov comme « l’Eau lourde », et un vieux cavalier tsariste, sourd comme un pot mais lecteur de lèvres hors pair, s’installe dans une chambre de bonne surplombant le jardin de l’ambassade soviétique. Volkoff montre avec un humour acide comment, dans l’armée, une opération devient irréversible dès le premier franc dépensé, et comment une fiction administrative finit par engendrer une réalité aux conséquences imprévisibles.
Kiril Volsky et Igor Popov, le chasseur face à son double
L’adversaire se dessine d’abord par fragments, comme une silhouette qui sort du brouillard. Des photos qui ne disent rien, un front haut labouré de plis, un menton en galoche, des yeux d’une pâleur inexpressive. Puis des articles parus dans Science et Religion, où le vulgarisateur athée cogne sur Dieu avec le poing, et des témoignages qui esquissent un « guébiste à réaction », ascète buveur d’eau minérale, admirateur de Beethoven et de Netchaïev. Lorsque Volsky l’aperçoit enfin dans ses jumelles, arpentant le jardin de l’ambassade en pantalon de golf et sermonnant le jardinier d’un « Tout compte, Fédoritch, chez nous tout compte », le fantôme prend une épaisseur saisissante.
Volkoff a l’intelligence de ne pas réduire Popov à un épouvantail. Il lui prête une parole torrentielle, nourrie d’images fulgurantes, où le bolchevisme devient non pas une doctrine mais une poussée perpétuelle, une addition sans fin, un signe plus brodé sur un drapeau. Cette rhétorique, servie par un français truffé d’idiotismes, possède une force de séduction dérangeante, et le lecteur mesure à quel point l’ennemi est taillé à la démesure de son ambition. L’antagoniste n’en devient que plus redoutable, et le duel plus captivant.
Car c’est bien d’un duel qu’il s’agit, et d’un duel en miroir. Les deux hommes sont issus du même peuple, ont à peu près le même âge, pratiquent chacun à leur manière le métier de « romancier ». Seul dans son bureau la nuit, Volsky se demande pourquoi il est lui et non l’autre, pourquoi ce visage reflété dans la vitre n’a pas un front en dôme, et se surprend à imaginer qu’il franchit la porte de l’ambassade pour aller s’offrir à son ennemi. Ces pages vertigineuses, où le tutoiement imaginaire se mêle aux méditations sur le « je », comptent parmi les plus singulières du livre. Elles transforment la traque en une quête d’identité où le chasseur ne cesse de s’interroger sur son propre reflet.
Marina Raevsky, une comédienne lancée dans le grand jeu
Elle surgit un soir de pluie au fond d’un bar souterrain du Pont-Royal, nimbée de Mitsuko, son sourire répandu « sous » ses traits comme une huile doucement luisante. Volsky l’a aimée, l’a affublée d’une ribambelle de surnoms, Petite Houle, Goutte d’Huile, Joconde slave, Éternel Féminin, et leur histoire s’est achevée sur une déroute intime qu’il raconte avec une franchise désarmante. Volkoff décrit Marina Raevsky avec une sensualité précise : une femme sans angles, dont les mouvements se propagent dans le corps par ondes, comme en milieu liquide, et dont la main potelée ressemble à son visage en forme de cœur.
Comédienne débutante, abonnée aux films publicitaires et nourrie de Stanislavski, Marina accepte d’entrer dans la partie avec une gourmandise de joueuse. Le roman en tire des scènes d’une grande drôlerie. Il faut voir l’état-major discuter de son costume pour une réception au Lutetia, le général Poirier réclamant des cartouchières là où elle propose un sarafan, avant qu’on n’aboutisse à une toque bordée de lapin et à des bottes rouges à haut talon. Il faut la suivre ensuite, métamorphosée en militante en blue-jean dans une école de Boulogne-Billancourt, endossant chaque rôle avec une conscience professionnelle qui force l’admiration de son traitant autant qu’elle l’inquiète.
La relation entre l’officier et son informatrice forme l’un des fils les plus subtils de l’intrigue. Volsky applique les leçons apprises en stage, mettre en confiance, tenir la bride courte, éprouver assez de sympathie pour prévoir sans jamais adhérer, et pourtant tout lui échappe à mesure qu’il croit tout contrôler. Jalousie, rancune, désir de revanche se glissent dans ses calculs sans qu’il ose les nommer. Marina, elle, garde ses mystérieux samedis et son regard doré, plus insaisissable que n’importe quel agent adverse. Volkoff tisse autour d’elle un halo d’ambiguïté qui maintient le lecteur dans une curiosité constante, sans jamais trahir ce qui se joue réellement derrière ce sourire de sphinx.
Blancs et Rouges, la fracture russe transplantée dans le Paris des années soixante
Officier français aux origines russes, Volsky se décrit comme « daltonien pour les ascendants », indifférent aux couleurs de peau comme aux querelles de classes. Une seule nuance échappe pourtant à cette indifférence : il existe des Blancs et des Rouges, et la conciliation entre eux lui paraît impossible. Il le dit avec une formule d’une brutalité magnifique, si on les lâchait tous deux dans un cirque, Popov et lui se sauteraient dessus « à l’odeur ». Cette fracture, héritée d’une guerre civile perdue avant sa naissance, irrigue le roman en profondeur et donne à la traque une résonance presque ancestrale.
Le décor parisien vibre de son époque. Barbouzes dynamitées par le ministère de l’Intérieur, tueurs de l’OAS, enlèvement d’Argoud évoqué à demi-mot, rivalités féroces entre la « Grande Maison », la Surveillance du territoire et les services militaires, Alliés américains aussi protecteurs qu’encombrants : Volkoff restitue l’atmosphère de la France gaullienne sans jamais nommer le chef de l’État, présence tutélaire que chacun révère ou redoute. Les rues prennent vie sous sa plume, de la rue de Grenelle où l’hôtel d’Estrées abrite l’ambassade soviétique jusqu’aux quais battus par la neige, en passant par les bistrots des Halles où se trament les conseils de guerre.
En filigrane palpite le monde de l’émigration. Le vieux Lissitchkine, avec son icône vert-de-grisée, son portrait de Nicolas II et ses mémoires inachevés, en incarne la grandeur déchue et le comique pathétique. Les baronnes nonagénaires du Conservatoire russe distillent leurs commérages entre deux pirojki. Surtout, la langue russe devient un enjeu dramatique : pour Volsky, elle est la langue de la vérité, maternelle et sacrée, qu’il ne supporte pas d’entendre profaner, tandis que le français reste celle des choses agréables et sans conséquence. Volkoff fait de ce bilinguisme intime une véritable ligne de faille, d’une finesse psychologique remarquable, où chaque changement d’idiome trahit un déplacement du cœur.
Volkoff, ou l’espionnage comme examen de conscience
Sous la mécanique d’horlogerie d’un roman d’espionnage brillamment agencé bat un autre cœur, plus grave et plus inquiet. La voix de Volsky, rétrospective et lucide, ne cesse de se juger tout en racontant. Il revient sur ses mépris d’antan, sur sa froideur envers les êtres qu’il manipulait, sur ses calculs de jeune officier persuadé de tirer toutes les ficelles. Cette dimension confessionnelle confère au récit une tension morale constante : chaque ruse savourée sur le moment se voit éclairée, des années plus tard, par une conscience qui en mesure le poids.
Le titre lui-même mérite qu’on s’y attarde. Dans le jargon du renseignement, « retourner » un agent signifie le faire passer au service du camp adverse, et c’est bien l’ambition affichée de Couleuvrine. Mais Volkoff joue avec les sens du mot comme un prestidigitateur avec ses foulards, et le lecteur avisé aura tout intérêt à guetter quel renversement se prépare réellement au fil des pages. L’auteur mêle à son intrigue une érudition foisonnante, proverbes russes, citations latines, allusions à Dostoïevski, à Kant ou à Retz, sans jamais alourdir le rythme, et cet alliage d’humour féroce et de profondeur spirituelle place son livre dans le sillage revendiqué de Graham Greene.
Le Retournement s’adresse ainsi à deux familles de lecteurs qui trouveront chacune leur compte. Les amateurs de manipulations, de filatures et de coups tordus y savoureront une partie d’échecs menée avec une précision jubilatoire et peuplée de figures inoubliables. Ceux qui cherchent dans le roman un miroir des âmes y découvriront une méditation sur l’identité, la loyauté et la fidélité, sur ce qui sépare deux hommes que tout semblait rapprocher. Volkoff signe une œuvre d’une rare densité, où le monde de l’ombre devient le théâtre d’une interrogation profondément humaine, et dont l’écho continue de résonner bien après qu’on a quitté les couloirs feutrés des Invalides.
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Mots-clés : Vladimir Volkoff, Le retournement, roman d’espionnage, KGB, guerre froide, émigration russe, Paris années 1960
Extrait Première Page du livre
« 1
« Moustache foireux tourne en gens-de-lettres », constatait Tolstoï chaque fois qu’un de mes comptes rendus lui paraissait verbeux ou léché.
Je n’ai jamais pu savoir s’il était parent du gens-de-lettres son homonyme. Sur quiconque le lui demandait il posait son regard de loup de mer avant de répondre, d’un ton courtoisement obtus :
– Je ne vois pas qui vous voulez dire.
Quand le curieux était général ou sous-secrétaire d’État, cela valait le spectacle.
Tolstoï avait-il raison ?
Il est vrai que plusieurs officiers spécialisés dans ce qu’on appelle globalement le Renseignement se sont fait un nom dans ce qu’on appelle non moins globalement la Littérature. Il est vrai aussi que M. Philby, aux mémoires duquel M. Greene a eu l’indulgence d’épingler une préface, porte un jugement défavorable sur les talents d’espion de l’écrivain. Mais rien ne prouve que l’orfèvre ait bien jugé, ni que MM. Rémy, Nord, Fleming, Le Carré n’aient pas réussi dans le froid avant de triompher au soleil. Philby esquire lui- même, le modèle des agents de pénétration, n’a-t-il pas laissé tomber le masque pour la plume ? J’aurais donc tendance à attribuer le refrain de Tolstoï à la malveillance plutôt qu’à la perspicacité. Un fait demeure : j’ai, pour ma part, justifié ses prédictions ; ayant jeté aux orties le manteau couleur muraille, je ne résiste pas, après dix ans, à la démangeaison de m’en expliquer par moyens typographiques.
Aussi bien y a-t-il, je crois, entre les deux métiers, un rapport plus profond que Tolstoï, avec son esprit exclusivement pragmatique, n’était capable de l’entrevoir. Je ne fais pas allusion au réflexe de compensation : oui, le silence pèse lourd à notre bouche scellée aux armes de l’État et lorsque, enfin, la cire s’écaille de nos lèvres soit que nous recevions l’ordre de la rompre et d’emboucher le mirliton de la propagande, comme ce fut le cas pour M. Philby, soit que le temps l’ait usée, comme pour M. Popov (pas le mien, l’autre, Dusko), soit que nous allions jusqu’à trahir pour arracher le bâillon, comme M. Agee – la logorrhée qui s’en échappe prend spontanément la forme d’un livre : plus nous froid avant de triompher au soleil. Philby esquire lui- même, le modèle des agents de pénétration, n’a-t-il pas laissé tomber le masque pour la plume ? J’aurais donc tendance à attribuer le refrain de Tolstoï à la malveillance plutôt qu’à la perspicacité. Un fait demeure : j’ai, pour ma part, justifié ses prédictions ; ayant jeté aux orties le manteau couleur muraille, je ne résiste pas, après dix ans, à la démangeaison de m’en expliquer par moyens typographiques.
Aussi bien y a-t-il, je crois, entre les deux métiers, un rapport plus profond que Tolstoï, avec son esprit exclusivement pragmatique, n’était capable de l’entrevoir. Je ne fais pas allusion au réflexe de compensation : oui, le silence pèse lourd à notre bouche scellée aux armes de l’État et lorsque, enfin, la cire s’écaille de nos lèvres soit que nous recevions l’ordre de la rompre et d’emboucher le mirliton de la propagande, comme ce fut le cas pour M. Philby, soit que le temps l’ait usée, comme pour M. Popov (pas le mien, l’autre, Dusko), soit que nous allions jusqu’à trahir pour arracher le bâillon, comme M. Agee – la logorrhée qui s’en échappe prend spontanément la forme d’un livre : plus nous nous sommes tus en profondeur, plus il nous démange de grimper haut sur notre fumier pour nous faire entendre. Mais cela ne me paraît qu’une manifestation adventice de la symétrie essentielle qui existe entre l’homme des mots et l’homme du silence, entre cet histrion et ce spadassin à qui le masque est commun. Pour ma part, j’irais presque jusqu’à renverser la formule tolstoïenne pour affirmer qu’un maître-espion réussi est un romancier rentré. »
- Titre : Le retournement
- Auteur : Vladimir Volkoff
- Éditeur : Julliard
- ISBN : 9782260003038
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 01/01/1979
- Nombre de pages : 376 pages
- Genre : Roman d’espionnage
- Sujets traités : Espionnage, Guerre froide, KGB, Renseignement militaire français, Émigration russe, Manipulation, Identité, Paris des années 1960
Résumé
Dans le Paris des années 1960, le lieutenant Kiril Volsky, officier d’origine russe affecté à un obscur service scientifique des Invalides, assure la liaison avec les services alliés autour de déjeuners bien arrosés. Menacé d’être renvoyé dans son arme par un général soucieux de « bilan », il improvise un coup de bluff : l’opération Couleuvrine, destinée à retourner Igor Popov, major du KGB récemment arrivé à l’ambassade soviétique.
Pour donner corps à cette invention, il doit truquer les archives, rassembler des renseignements sur sa cible et recruter Marina Raevsky, comédienne issue de l’émigration russe et ancienne passion jamais éteinte. Entre filatures, manipulations et rivalités de services, la traque prend une tournure de plus en plus intime, opposant deux hommes que tout sépare et que tout rapproche.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.











