Fils de flic de Fabien Richard : un récit intime sur la transmission et le silence

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Fils de flic de Fabien Richard

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Fils de flic : une identité en héritage

Il y a des noms qu’on porte comme un blason, d’autres comme une blessure. Celui de fils de flic, Fabien Richard en fait quelque chose de plus complexe et de plus vaste : une matière vivante, un prisme à travers lequel se lisent à la fois l’intime et le collectif. Le récit s’engage par un prologue d’une intensité rare, où l’auteur se remémore l’enfance comme on fouille un décombre, à mains nues, avec la certitude que quelque chose d’essentiel est enfoui là. Un enfant de cinq ans dans une caserne de CRS, des hommes en uniformes perçus comme des super-héros, une peur diffuse et déjà logée dans le ventre : l’identité se construit ici à coups de sensations brutes, pas de définitions.

Ce qui frappe dans la démarche de Richard, c’est le refus de tout manichéisme confortable. Le père n’est ni héros absolu ni monstre caricatural : il est un homme pris dans l’étau de son époque et de son métier, traversé par des contradictions que le fils observe avec une lucidité qui n’exclut pas l’affection. La figure paternelle rayonne et écrase tout à la fois, présente jusque dans ses absences, enveloppée dans cet uniforme qui fait de lui, selon les mots mêmes du narrateur, « un être inaccessible, protégé derrière une vitre pare-balles. » Cette image dit tout : la protection et la distance sont ici une seule et même chose.

L’identité en héritage, c’est précisément cela : recevoir de l’autre quelque chose qu’on n’a pas demandé, et devoir décider ce qu’on en fait. Richard pose cette question dès l’ouverture sans jamais y apporter de réponse simple. Le livre entier sera la tentative, patiente et courageuse, d’y répondre par la traversée plutôt que par la déclaration. Et c’est dans cet espace tendu entre le fils qui regarde et le père qui ne sait pas se montrer que le texte trouve son énergie propre : celle d’une parole longtemps retenue qui, enfin, s’autorise à exister.

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Les racines du Nord : la chair et l’histoire

Condé-sur-l’Escaut, le Valenciennois, la frontière belge qu’on traverse à vélo un matin de brume sans même s’en rendre compte. Fabien Richard ancre son récit dans une géographie charnelle, celle du Nord ouvrier, avec ses pavés gras, ses odeurs de charbon mouillé, ses femmes qui font bouillir le linge dans la cour en fredonnant des chansons apprises pendant la guerre. Ce territoire n’est pas un décor planté derrière les personnages : il est une force agissante, une matière qui façonne les corps et les caractères bien avant que la vie ne commence à distribuer ses propres coups.

La généalogie que déroule l’auteur, des Richard venus de Belgique en 1766 jusqu’au grand-père Charles né en 1924 à Villers-Pol, n’a rien d’un exercice d’état civil. C’est une archéologie des silences, une façon de comprendre pourquoi les hommes de cette lignée parlent peu, tiennent beaucoup, et portent leur fierté comme on porte une vieille veste : sans l’exhiber, sans la quitter. Le père a quitté cette terre à six ans, mais elle ne l’a jamais quitté, elle, glissée dans sa manière d’être droit sans se justifier, dans ses silences longs comme les hivers du Hainaut. Richard dit cela avec une précision d’orfèvre : le Nord n’est pas un endroit qu’on décrit, c’est un endroit qu’on respire.

Ce chapitre de l’œuvre révèle l’une des ambitions profondes du texte : montrer que l’identité individuelle ne flotte pas dans le vide, qu’elle est toujours le produit d’une histoire collective, d’un sol, d’une météo, d’une mémoire de classe. Les familles qui « se perpétuaient par le geste, la routine, la fatigue partagée » dessinent en creux le portrait d’une France populaire qui ne se raconte pas elle-même, qui transmet sans commenter. Fabien Richard, lui, commente. Il nomme. Il restitue à ces existences tues leur poids exact, leur densité, leur dignité tranquille. Et dans ce geste d’écriture, quelque chose se répare sans fracas.

L’uniforme et ses fantômes : quand le père portait la loi

C’est l’un des chapitres les plus saisissants du livre, celui où Richard convoque son père dans une scène reconstituée, mi-réelle mi-hallucinatoire, face à des images télévisées de décembre 1986. La mort de Malik Oussekine, les discours de Pandraud et Pasqua, les cars de CRS chauffés à blanc : l’Histoire avec sa majuscule s’invite brutalement dans l’intime, et le père, verre de rouge à la main, cigarette au bec, devient soudain un témoin gênant de sa propre époque. Richard ne cherche pas à accabler, il cherche à comprendre. La différence est énorme, et elle se sent à chaque ligne.

Ce que le texte met au jour avec une franchise remarquable, c’est le mécanisme de délitement qui opère à l’intérieur des institutions quand l’obéissance remplace la conscience. L’alcool distribué par les gradés avant les interventions, les mots de haine qui circulaient dans les vestiaires comme une monnaie courante, le silence imposé à ceux qui auraient voulu parler : Richard laisse son père confesser tout cela, dans une langue âpre et sans apprêt, qui porte la culpabilité autant que la colère. « J’ai rien dit. J’avais l’impression qu’on m’arrachait un morceau de tripes. Mais j’ai rien dit. » Cette phrase résonne bien au-delà du cadre familial.

La force du procédé narratif tient à ce double mouvement constant : le fils qui interroge, le père qui résiste puis cède, et entre eux cette tension qui n’est jamais résolue par un verdict mais toujours maintenue dans sa complexité vivante. Fabien Richard ne fait pas le procès de son père, il fait quelque chose de plus difficile : il lui laisse la parole, entière, contradictoire, parfois insupportable, et il l’écoute vraiment. L’uniforme, dans ce chapitre, cesse d’être un symbole abstrait pour redevenir ce qu’il a toujours été : une peau supplémentaire, avec tout ce qu’une peau peut cacher de fissures et de douleur retenue.

Grandir dans le gris : l’enfance entre cité et silence

La ZUP Europe de Saint-Quentin, ses immeubles numérotés comme des dossiers, ses cages d’escalier où siffle le vent, ses silhouettes fatiguées qui rentrent de l’usine ou du poste : c’est dans ce décor de béton têtu que se construit l’enfance du narrateur. Richard en restitue la texture avec une précision qui n’a rien de nostalgique. Ce n’est pas la cité fantasmée des sociologues ni celle magnifiée par la mémoire, c’est un espace concret, vivant, traversé de contradictions, où des rapatriés, des pieds-noirs, des immigrés et des fonctionnaires modestes cohabitent dans une promiscuité qui oblige à inventer des règles de vie en commun. « On nous a donné des clés, pas des promesses », écrit-il, et cette phrase dit mieux qu’un long développement ce que fut cette enfance : reçue telle quelle, sans illusions, mais pas sans ressources.

Ce qui se transmet dans ce milieu-là, ce ne sont pas des discours sur les valeurs, ce sont des gestes, des phrases courtes plantées dans le crâne par les anciens, des leçons apprises à la friction du réel. « Regarde avant de savoir. » « La peur existe, mon petit. Le courage, c’est de ne pas la refiler aux autres. » Richard recueille ces sentences avec le soin d’un ethnographe et la sensibilité d’un fils attentif. Le gris du titre n’est pas une couleur de renoncement : c’est une teinte lucide, celle d’un monde qui refuse aussi bien l’angélisme que le catastrophisme, et qui apprend à l’enfant que tenir debout ne requiert ni héroïsme ni capitulation.

L’originalité formelle du chapitre mérite d’être soulignée : Richard y glisse une séquence en « texte à deux voix », dialogue entre le père et le fils où les répliques s’échangent comme des passes, courtes, précises, sans fioritures. « Les nuits t’ont appris quoi ? Que le noir n’est pas un vide. C’est une matière. » Ce dispositif dépouillé touche juste, parce qu’il donne à entendre ce que la prose narrative ne peut qu’approcher : la cadence particulière d’une relation père-fils où l’essentiel se dit toujours de biais, entre deux silences, dans l’espace étroit que laissent les mots trop chargés pour être prononcés autrement.

La vérité dite, le silence reçu

Treize ans. C’est le poids exact que porte ce chapitre : treize ans écoulés depuis que Fabien Richard a dit la vérité à son père, et pour seule réponse, des larmes et un silence. Pas d’embrassade, pas de questions, pas de mots tendus comme une main. Juste cette parole lâchée dans le vide et l’autre qui se referme. Richard restitue cette scène non pas comme une accusation mais comme une énigme qu’il continue de retourner, une plaie qui ne s’infecte plus mais ne se referme pas tout à fait non plus. Le chapitre intitulé « Le petit garçon à la chemise verte » porte en lui quelque chose d’universel : ce moment où l’on choisit enfin de se montrer tel qu’on est, et où l’on découvre que l’autre n’avait pas les bras assez grands pour recevoir ça.

Ce que Richard fait ici avec une rare habileté, c’est rejouer la scène, la reprendre, la rembobiner comme on retourne une phrase dans sa bouche pour en tester le goût. Il s’installe en face du père imaginaire, lui pose les questions que le père réel n’a jamais su entendre. Ce procédé de reconstruction dialoguée, déjà présent dans les chapitres précédents, atteint dans cette séquence une intensité particulière, parce que l’enjeu n’est plus politique ou historique : il est nu, personnel, charnel. Il s’agit d’un fils qui veut être reconnu par son père, et d’un père qui ne dispose pas des outils pour accomplir ce geste pourtant si simple.

La sobriété de l’écriture sert ici à merveille la violence contenue du propos. Richard ne dramatise pas, ne sature pas la scène d’effets. Il laisse le silence du père exister sur la page avec toute sa densité, toute son ambiguïté, sans chercher à le condamner ni à l’excuser. Cette retenue narrative est en elle-même une forme d’élégance : elle fait confiance au lecteur pour mesurer ce que coûte une vérité offerte et non reçue, pour comprendre que certaines blessures ne réclament pas de coupable désigné, seulement d’être vues, nommées, et enfin, portées à deux.

La fraternité du bitume : flics, gamins et zones grises

Avec le chapitre « Bande de hmars ! », Richard change de registre et de tempo. Là où les séquences précédentes travaillaient dans la durée, dans l’épaisseur mémorielle, ici le texte se resserre, devient scénique, presque théâtral. William et Lawson, deux figures de terrain présentées comme fictives mais dont la vérité sonne à chaque réplique, incarnent cette police de proximité qui opère dans l’interstice entre la règle et l’humain, entre le code pénal et la réalité d’un gamin coincé entre sa fierté et ses erreurs. La scène s’ouvre sur une interpellation tendue, et ce qui aurait pu rester un affrontement classique devient quelque chose de plus subtil : une négociation, presque une leçon de vie dispensée à voix basse.

Ce que Richard observe avec acuité dans cette séquence, c’est la marge de manœuvre que certains flics choisissent d’exercer, ou pas. William comprend que le chiffre ne dit pas tout, que ramener du résultat statistique n’est pas toujours la même chose que rendre justice à une situation. Lawson, lui, incarne une douceur ferme, cette capacité à rester humain sans renoncer à l’autorité. Entre eux deux, et face au gamin qu’ils ont en face, se joue quelque chose qui échappe aux procédures : une forme de fraternité rugueuse, peu loquace, mais réelle. « On ne sauve pas les gens malgré eux. On leur laisse la porte ouverte. On se tient sur le seuil. » Cette phrase, énoncée ailleurs dans le livre, pourrait servir d’épigraphe à tout ce chapitre.

L’intelligence de Richard est de ne jamais idéaliser ces figures. William a ses mauvais jours, ses colères, ses raccourcis. Le chef hiérarchique qui ferme la porte derrière lui en haussant les épaules dit tout d’un système qui préfère le résultat à la complexité. Mais dans cet espace imparfait, quelque chose de tenace résiste : la conviction que le métier peut encore se faire autrement, que le bitume n’oblige pas à devenir dur comme lui. Cette zone grise là, ni naïve ni cynique, est peut-être l’une des plus honnêtes que le livre explore.

Les blessures de la nuit : alcool, deuil et failles intimes

Un téléphone qui sonne à la première minute d’une nuit de printemps, un foyer éteint, pas une braise. Richard sait poser une atmosphère en deux coups de pinceau, et le chapitre « Nuit de cendres » s’ouvre sur cette image d’une économie redoutable : quelque chose vient de basculer, et le froid dans la cheminée dit déjà tout avant même que les mots arrivent. Le deuil traverse ce livre comme une nappe souterraine, sourd, constant, affleurant parfois à la surface dans des scènes d’une intensité sobre. Ce n’est pas la mort spectaculaire des romans noirs, c’est la mort réelle, celle qui sonne sur un téléphone portable un dimanche soir et qui réorganise silencieusement tout ce qui vient après.

L’alcool, lui, n’est jamais traité comme un vice mais comme un symptôme, ce que le texte permet de comprendre sans jamais le formuler comme une thèse. Il est là depuis l’enfance du narrateur, compagnon fidèle des nuits impossibles, solvant pour des images qu’on ne peut pas regarder en face : un corps d’enfant brûlé, des visages d’interpellés qui souriaient encore quelques heures avant le drame, la violence ordinaire d’un métier qui broie ses hommes de l’intérieur. « Dans la maison bleue », ce bar hors du temps où le père et le fils se retrouvent dans une autre séquence onirique, les fantômes des femmes de policiers prennent la parole, elles qui ont tout encaissé en silence pendant que les hommes buvaient pour oublier. Richard leur rend ici une forme de justice narrative, discrète mais réelle.

Ce chapitre du livre touche à quelque chose que peu de textes sur la police osent vraiment regarder : l’effondrement intérieur de ceux qui font métier de tenir. Les failles intimes ne sont pas pudiquement esquivées, elles sont traversées, habitées, portées sur la page avec une honnêteté qui n’a rien de complaisant. Entre les cercueils alignés du chapitre « Un épouvantail dans le BAC à sable » et les radios qui saturent dans la nuit, Richard dessine le portrait d’une génération de policiers consumés par ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont tu, et ce qu’ils n’ont jamais su demander. Le deuil, ici, a plusieurs visages, et aucun d’eux ne ressemble à la paix.

Tenir la ligne : réconciliation, mémoire et transmission

Au terme de ce voyage traversé de nuits et de silences, de cendres et de répliques jamais dites au bon moment, Richard ne cherche pas la clôture facile. « Fils de flic » ne se referme pas sur une réconciliation à l’eau de rose, un repas de famille où tout serait pardonné d’un geste. Ce qui se joue dans les dernières séquences du livre est bien plus exigeant : une transmission, celle d’une mémoire imparfaite, portée par un homme qui a appris à tenir debout non pas malgré les fissures mais avec elles. « Tchao Pantin », « Des chiffres et des maîtres », les titres eux-mêmes sonnent comme des héritages, des références culturelles et sociales qui ancrent le récit dans une histoire plus large que celle d’un seul homme ou d’une seule famille.

La transmission, dans ce livre, ne passe pas par la leçon ni par le sermon. Elle passe par la présence, par le fait de rester sur le seuil quand l’autre vacille, par ces gestes minuscules qui disent « je t’ai vu » sans jamais l’articuler. Alain, figure des chapitres finals, incarne cette usure des hommes que le système a vidés de leur raison d’être à coups de formulaires et de réunions, remplaçant la fraternité par la concurrence et l’honneur par l’obéissance. Sa colère tremblante dans le PMU de quartier est peut-être la plus lucide du livre : « Vous avez créé des monstres, et ces monstres portent encore l’uniforme. » Richard laisse cette phrase vibrer sans l’étouffer, parce qu’elle dit vrai, et que dire vrai est la seule forme de respect qui vaille.

Ce dernier chapitre est aussi, en creux, une réponse à la question posée dès le prologue : que fait-on de ce qu’on a reçu ? Richard choisit l’écriture, cette mise en ordre patiente du chaos hérité, non pour s’en délivrer mais pour le rendre lisible, transmissible, humain. « Tenir la ligne » ne signifie pas ne jamais chanceler : cela signifie reprendre sa marche après. Le livre se referme sur cette conviction tranquille, gagnée phrase après phrase, que la mémoire n’est pas un fardeau quand on accepte d’en faire une matière vivante. Et c’est précisément ce que « Fils de flic » accomplit, avec une intégrité qui force le respect.

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Mots-clés : policier, père, transmission, identité, mémoire, enfance, récit autobiographique


Extrait Première Page du livre

« PROLOGUE

Je ne sais plus vraiment… J’avais peut-être cinq ans. À cette époque, mon père travaillait dans un endroit qui, pour moi, ressemblait à un gros château, un lieu où je pouvais admirer des tas de héros.

Je me souviens de moi, grimpant les marches pour atteindre ce bureau gigantesque, où se mêlaient cris, rires, hurlements et appels radio. Les sons s’entremêlaient comme les souvenirs. Un homme en rangers, uniforme de CRS impeccable : dans mes yeux d’enfant, il avait l’allure d’un G.I. Joe. Certains portaient des vêtements civils, d’autres la tenue des POLICIERS.

Oui, pour moi, ils étaient tous POLICIERS. Je ne faisais pas de différence entre celui qui arrêtait les gens au quotidien et celui qui, le week-end, « donnait de la matraque » dans les stades… enfin, c’est l’image que vous vous en faites.

C’était le matin. Mon père m’avait conduit dans cet endroit étrange avant de repartir pour de longs mois. Je savais que je grandirais encore un peu seul, avec mon frère et ma mère. Dès le lendemain soir, il ne serait plus là pour nous border ou nous dire qu’il nous aimait. Ces mots-là, il ne les disait pas facilement… et nous non plus. Comme si son uniforme faisait de lui un être inaccessible, protégé derrière une vitre pare-balles.

Nous avons traversé un grand bar. Il n’était pas encore midi. Certains buvaient un café, d’autres une bière — parfois depuis la veille. Certains affichaient un sourire, d’autres un visage fermé. Tous pensaient à leurs familles, à leurs enfants. Tous savaient que demain, ils seraient ailleurs.

J’avais cinq ans, et je comprenais déjà que je n’avais pas ma place dans ce monde- là. Je sentais que tout pouvait arriver. Que ces « super-héros » pouvaient tomber sous les balles ou sous les pavés. Je n’avais pas encore les mots, mais j’avais déjà la peur.

J’aurais plus de dix ans quand le CRS deviendrait flic, quittant la caserne pour le commissariat. Rien ne changea vraiment. L’arme toujours à la ceinture. L’alcool toujours là pour oublier. Les drames à affronter : un corps d’enfant brûlé, un accident qu’on ne peut effacer. Et le soir, les disputes avec ma mère, encore et encore, parce qu’il avait bu. Parce qu’il avait essayé de ne plus se souvenir. »


  • Titre : Fils de flic
  • Auteur : Fabien Richard
  • Éditeur : Hello Editions
  • Nationalité : France
  • Date de sortie : 2026

Résumé

Fils de flic de Fabien Richard est le récit d’un homme qui remonte le fil de son enfance pour comprendre ce que signifie grandir dans l’ombre d’un père policier. De Condé-sur-l’Escaut aux cités de Saint-Quentin, en passant par les nuits de CRS et les événements de décembre 1986, le livre traverse quatre décennies d’histoire familiale et collective avec une franchise qui n’épargne personne, à commencer par le narrateur lui-même.
Porté par une écriture aux multiples registres, entre prose narrative, dialogues reconstitués et séquences oniriques, le texte interroge la transmission, le silence, la culpabilité et la réconciliation. Richard ne cherche pas à juger ni à absoudre : il cherche à comprendre, et c’est cette quête patiente, menée avec une lucidité rare, qui fait de Fils de flic bien plus qu’un simple portrait de famille.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


2 réflexions au sujet de “Fils de flic de Fabien Richard : un récit intime sur la transmission et le silence”

  1. Merci à Manuel pour cette magnifique chronique et cette analyse très pointue de « Fils de Flic ». Rares sont les chroniqueurs à mettre autant de cœur et de précision dans la découverte d’un auteur et d’une œuvre, et j’ai été très touché de ces mots sur mes maux, c’est grâce à des passionnés comme Manuel comme la littérature fait vibrer les amoureux de lecture.

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    • Ces mots me vont droit au cœur, Fabien, merci ! Mais c’est vous qui rendez le travail du chroniqueur facile : quand un roman est porté par une telle sincérité, l’analyse coule de source. « Fils de Flic » est exactement le genre de livre pour lequel on fait ce travail, celui qui rappelle pourquoi la littérature noire peut toucher là où rien d’autre n’atteint. À très bientôt, j’espère, pour la suite de votre parcours ☺️☺️☺️
      Manuel

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