La vague arrêtée de Juan Carlos Méndez Guédez, une enquêtrice sorcière dans Caracas

La vague arrêtée de Juan Carlos Méndez Guédez

D’une terrasse d’Aix-en-Provence à un vol pour Caracas

Un dessert qui glisse entre les lèvres comme une caresse, des touristes photographiant une fontaine tiède, le vent qui hérisse les branches : Juan Carlos Méndez Guédez installe son héroïne dans une douceur provençale si convaincante qu’on en oublierait presque qu’elle vient d’y échouer en fuyant quelque chose. Magdalena savoure son café, hésite à en commander un troisième, plaisante intérieurement sur l’ironie qu’il y aurait à mourir d’une montée de caféine après avoir échappé à des rafales de mitraillette. Ce décalage entre la sérénité du décor et le passé qui affleure donne le ton d’un roman qui n’avancera jamais tout à fait là où on l’attend.

La mécanique du récit se met en place avec une élégance de vieux routier. Un jeune homme en sueur s’assied à sa table et parle un espagnol parfait, elle riposte, s’enfuit, invente des itinéraires en trompe-l’œil entre Marseille et la Provence, déchire des billets de train dans une gare, se réfugie du côté de Noailles où les odeurs d’épices lui rappellent les quartiers populaires de son pays. Ces pages françaises sont un pur plaisir de lecture, avec leur bouillabaisse commentée à travers Hemingway, leurs musées entrevus et jamais visités, leur Tristram Shandy que Magdalena traîne partout sans parvenir à dépasser deux chapitres, gag récurrent d’une délicatesse imparable.

Puis vient Madrid, un bureau de la rue Serrano, un immense crucifix accroché au mur, un homme politique aux yeux de husky sibérien dont l’étoile a pâli après un micro resté ouvert au sénat. Il faut retrouver une jeune femme partie à Caracas et dont les retraits bancaires se sont brutalement interrompus. Méndez Guédez soigne cette scène d’engagement comme une négociation de western, avec ses honoraires doublés, son mépris réciproque et sa méfiance élégante. Le contrat signé, le roman bascule vers l’autre rive de l’Atlantique et change de température. Le lecteur comprend qu’il a quitté le confort d’une terrasse ombragée pour entrer dans un territoire où chaque geste engage bien davantage que sa réputation professionnelle.

Magdalena Yaracuy, enquêtrice et fille de María Lionza

Elle a la cinquantaine, la peau pâle, des boucles soignées, des yeux verts et une presbytie qui transforme les lettres des journaux en traits flous. Elle fume des Camel, s’inquiète de sa tension, garde un revolver dans son appartement madrilène et porte à la taille une ceinture de cuir achetée à Sayula dont la boucle décrochée devient un couteau. Magdalena Yaracuy compte parmi ces figures d’enquêtrices que l’on n’oublie pas, non pas parce qu’elle accumule les prouesses, mais parce que l’auteur lui accorde une épaisseur intime rare dans le genre : une mère disparue au fin fond du Brésil, un père resté seul à Barquisimeto avec sa voix caverneuse, un amant envahissant qui inonde sa boîte mail de messages et transforme sa porte en boutique de fleuriste.

Sa singularité tient évidemment à sa foi. Servante de María Lionza, la déesse vénézuélienne qui règne sur la montagne de Sorte entourée de ses cours spirituelles, elle prie, tire les cartes, se purifie à l’ammoniaque et à la liqueur d’agave, porte au cou un crucifix et un ruban tricolore que personne d’autre n’a le droit de toucher. Méndez Guédez prend cette croyance au sérieux sans jamais la caricaturer ni la transformer en gadget exotique. Il explique les rituels, distingue le spiritisme lumineux de son enfance des dérives sanglantes qu’elle observe aujourd’hui sur la montagne, et laisse Magdalena affirmer tranquillement qu’elle croit ce qu’elle voit et surtout ce qu’elle ne voit pas.

Reste que cette femme est aussi une professionnelle redoutable, capable de faire craquer un menteur en repérant une crème anticernes sur une liste de courses. Elle aime les hommes, le disait sans détour, savoure le désir comme elle savoure une chicha morada ou un croissant au sucre, et refuse de mélanger travail et plaisir avec une discipline qu’elle s’impose de mauvaise grâce. Cette combinaison de sensualité assumée, de lucidité froide et de tendresse pour les faibles compose une héroïne dont on suit les décisions avec une confiance amusée, y compris quand elles semblent parfaitement déraisonnables.

Lire le tabac, le marc de café et les bruits de fond

L’un des grands plaisirs du livre tient à la façon dont l’auteur fait cohabiter deux méthodes d’investigation qu’on croirait incompatibles. D’un côté, la divination : le cigare qu’on allume avec trois allumettes pour demander l’autorisation aux esprits, la pointe qui doit s’ouvrir comme une fleur, le visage entrevu dans le marc de café, les cartes distribuées sur sept rangées dans une chambre d’hôtel. De l’autre, un travail d’enquête d’une patience toute classique : croiser des témoignages, payer des informateurs, comparer des photographies, revenir sur les lieux au bon moment de la journée. Magdalena ne choisit jamais entre les deux, et cette double allégeance est le moteur secret du récit.

La séquence où elle écoute et réécoute des messages vocaux est à cet égard un modèle de construction. Elle efface mentalement les mots pour ne garder que l’ambiance sonore, isole des annonces de haut-parleur, un slogan publicitaire crié par des enfants, une chanson de reggaeton, et remonte ainsi jusqu’à une station de métro précise. Méndez Guédez y démontre une chose que les meilleurs romans noirs savent depuis toujours : c’est dans la banalité répétée que les gens laissent les traces les plus lisibles. Ici, aucune magie ne vient court-circuiter le raisonnement, seulement une oreille attentive et une connaissance intime du terrain.

Le trait le plus fin du portrait, c’est que ces pouvoirs sont intermittents. L’auteur file une image mémorable, celle d’un vieux poste de télévision capté par une adolescente à Barquisimeto, avec son écran de sable, ses voix sans images, ses silhouettes fantomatiques et, parfois, la netteté inespérée d’un documentaire. Magdalena vit dans cette incertitude, sans jamais savoir si la Reine répondra. Elle en parle avec une modestie qui la rend infiniment attachante et qui installe une tension supplémentaire : rien ne garantit que le don arrive au moment où il faudrait, et le roman en tire un suspense d’une nature très inhabituelle.

Caracas au rythme des files d’attente et du reggaeton

Le retour dans la ville quittée vingt ans plus tôt produit une émotion contradictoire que Méndez Guédez restitue avec une justesse remarquable. Magdalena se jette sur le lit de sa chambre et se met à ronronner de bonheur, puis écarte le rideau et découvre une file interminable de gens à la tête baissée devant une pharmacie. Tout le livre tient dans cet écart. La ville de la mémoire, celle des concerts à l’Université centrale, des séances à la cinémathèque, des bus brinquebalants qui menaient partout, ne recouvre plus exactement celle qu’elle arpente aujourd’hui. Une formule superbe traverse ces pages : impossible de retourner dans la ville que l’on a aimée, car les villes partent avec vous.

L’écrivain excelle dans la notation concrète, celle qui dit une société entière en trois détails. Le jour de la semaine où l’on peut acheter, déterminé par le dernier chiffre de la carte d’identité. Le déodorant pour femmes qu’un ami corpulent se résigne à porter faute de mieux. Les cafards derrière une reproduction de Canaletto dans une pizzeria où trois saveurs sur quatre manquent à l’appel. Les rayons remplis de flacons blancs pour masquer le vide. Rien de démonstratif là-dedans, jamais de leçon, seulement une accumulation patiente qui finit par produire un effet de réel saisissant.

Et pourtant, la beauté résiste. Les arbres continuent de murmurer sous la brise, des perroquets colorés traversent le ciel, la lumière tombe en pluie de cristaux, une odeur de manguier endort les passagers d’un taxi. Magdalena caresse le tronc d’un arbre à Los Palos Grandes et sent que la ville lui adresse un salut silencieux. Le campus universitaire, avec la sculpture de Baltasar Lobo et la fresque de Wilfredo Lam qu’elle rêve de revoir, devient un musée vivant traversé à la hâte. Cette tendresse obstinée pour un lieu abîmé donne au roman sa chaleur particulière et le préserve du misérabilisme.

Collectifs, motos et chemises rouges dans l’ombre du pouvoir

Le monde dans lequel Magdalena avance est régi par des règles que personne ne formule à voix haute. Un informateur le lui rappelle avec une brutalité amicale : il vaut mieux être concrète, ne pas emprunter de chemins détournés, ne pas nourrir de curiosité pour ce qui ne vous regarde pas, car si l’on doit se faire descendre, autant que ce soit précisément à cause de ce qui vous intéressait. Cette phrase résume l’éthique de survie d’une société où se taire est devenu une compétence. Les chaînes diffusent des telenovelas pendant que la moitié du pays proteste, les journaux se censurent, un journaliste qui parle trop rencontre un motard muni d’une barre de fer.

Au centre du dispositif figurent les Collectifs, ces groupes armés en chemise rouge, foulard au cou, circulant en essaim sur leurs motos. Méndez Guédez les décrit avec une précision documentaire qui ne pèse jamais sur le récit : leurs immeubles occupés, leurs loyers extorqués, leurs entrepôts, leurs codes de mobilisation, leurs conflits de territoire déguisés en querelles idéologiques. Un détail glace plus que les autres, ce malaise qu’éprouve Magdalena devant des adultes vêtus à l’identique et posant de la même manière devant l’objectif. La sérialisation des corps lui semble plus menaçante encore que les armes qu’ils tiennent.

Autour de cette réalité gravitent des services de renseignement venus de partout, attirés par le pétrole comme des mouches par le sucre, des avocats qui ouvrent les portes moyennant finances, des policiers qui regardent ailleurs, des intermédiaires spécialisés dans la mise en relation des familles et des ravisseurs. Chacun de ces seconds rôles est croqué en quelques lignes d’une netteté épatante, du gros bavard et gourmand jusqu’au motard aux yeux jaunes dont le visage ne trahit jamais rien. L’intrigue progresse dans ce feuilletage d’intérêts contradictoires où l’alliée d’un matin devient la menace du soir, et où Magdalena comprend vite que sa propre sécurité n’est la priorité de personne.

Un humour charnel qui tient tête à la peur

Ce qui rend ce roman si vivant, c’est sa voix. Traduit par René Solis dans une langue orale, drue, pleine de bifurcations, le texte épouse le monologue intérieur de Magdalena avec ses jurons, ses digressions gourmandes, ses jugements définitifs sur les hommes bien habillés ou les banquiers voleurs. Elle commente le monde comme on commente un match, s’énerve, se pardonne, se moque d’elle-même avec une lucidité désarmante. Une réflexion revient souvent, formulée à sa manière : la vie est un vice qui s’aggrave avec l’âge, ce sont les vieux qui ont le plus envie de vivre. Cette gaieté têtue traverse les pages les plus sombres.

Le corps occupe une place centrale, jamais complaisante, toujours joyeuse. Magdalena considère la chair comme le plus grand bonheur offert aux humains pour atténuer les souffrances terrestres, et elle applique ce principe avec une liberté qui fait un bien fou. Elle détaille ses appétits avec la même ferveur qu’elle décrit un croissant au sucre, une glace au citron rapportée en courant dans l’enfance, un asado negro caramélisé ou cette chicha morada dont elle transporte des dizaines de sachets et qu’elle boit comme on entre dans un roman réjouissant, à la saveur violette et douce.

L’auteur fait circuler dans cette matière populaire une culture qui ne se donne jamais des airs. Paganini et Bazzini voisinent avec la Dimensión latina, Clara Schumann avec les Terrícolas, Barthes acheté sur un marché entre les fromages avec un manga japonais et un roman de Greene. Cette porosité produit des scènes savoureuses, comme cette conversation où l’on explique l’histoire politique d’un pays entier à partir d’un président du dix-neuvième siècle enfui sur un âne. L’humour ne sert jamais à esquiver la peur, il la regarde en face et refuse de lui céder la dernière réplique.

L’Ávila, la vague que personne n’a vue retomber

Le titre trouve son origine dans une légende racontée sur une terrasse d’hôtel, face à la montagne qui vire du bleu sombre au gris électrique puis à l’ébène. Une trombe marine s’apprêtait à engloutir la ville, ses habitants demandèrent secours, et un dieu pétrifia l’eau. Depuis, la vague veille sur Caracas tout en demeurant à ses côtés, protection et menace confondues, rappel permanent que la beauté et la catastrophe habitent le même horizon. Méndez Guédez a dédié son livre à l’ami qui lui transmit cette histoire, et il en fait la clef de voûte discrète de tout l’édifice romanesque.

L’image irrigue chaque strate du récit. Elle dit une ville suspendue entre l’éblouissement et l’effondrement, un pays où la vie continue sous une masse immobile que personne ne regarde plus. Elle dit aussi quelque chose de Magdalena, de ses pouvoirs qui s’allument et s’éteignent, de son exil, de cette part d’ombre qu’elle refuse d’éclairer parce que tout savoir, dit-elle, c’est commencer à mourir. Le polar et le roman de l’intime se rejoignent là, dans cette suspension prolongée où rien n’est jamais tout à fait tombé, ni la vague, ni la ville, ni la femme qui la parcourt.

Voilà pourquoi ce livre laisse une empreinte durable bien après la dernière page. Méndez Guédez y réussit un équilibre délicat, celui d’un thriller mené tambour battant, d’une chronique sociale d’une acuité redoutable et d’un portrait de femme d’une générosité peu commune. Le lecteur français y découvrira une héroïne dont il aura envie de suivre les enquêtes suivantes, et une écriture qui sait passer en une phrase du fou rire au frisson. La montagne, elle, reste là où elle a toujours été, immense, verte, retenue dans son élan, prête à retomber le jour où quelqu’un cessera de la regarder.

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Mots-clés : La vague arrêtée, Juan Carlos Méndez Guédez, polar vénézuélien, Magdalena Yaracuy, Caracas, María Lionza, Éditions Métailié


Extrait Première Page du livre

« Trente-cinq. Trente-six. Trente-sept. Trente-huit.

– C’est bon là. Faut qu’on y aille.

Trente-neuf. Quarante. Quarante et un.

– Ta gueule. C’est moi qui décide.

Quarante-deux. Quarante-trois.

– Mais regarde dans quel état il est, mec. C’est dégueulasse.

Quarante-quatre.

Il s’arrêta enfin.

Il voulut s’essuyer le front avec le bras et son visage se transforma en masque suant et sanglant.

– On se tire, dit la femme à sa droite tout en s’appuyant contre une armoire en bois. Ça fait longtemps qu’il a son compte.

L’homme lui fit signe de se calmer. Il contempla le corps. On aurait dit un pantin cassé. Il saisit la tête par les cheveux. Il faillit cracher sur la protubérance qui une demi-heure plus tôt avait été un nez, mais il finit par empoigner la main droite, coupa l’index avec le couteau et l’enfonça dans la bouche du cadavre.

– Dis aux gars de prendre ce qu’ils voudront et de préparer les motos. Cette fois, oui, on se tire.

Le dessert glissait entre ses lèvres comme une caresse. Magdalena ne le connaissait pas et avait suivi la recommandation du serveur. Elle le savoura longtemps. “Café Gourmand1”, murmura-t-elle.

Elle regarda l’avenue d’un air serein : des touristes tranquilles en train de photographier la Fontaine d’eau chaude avant de vérifier du bout des doigts la tiédeur de l’eau. À côté d’eux, le vent hérissait les branches d’arbres et ralentissait la lumière tombant sur la ville comme une pluie de cristaux.

Au fil des minutes, elle observa des filles aux yeux bridés en train de manger des pizzas, des chevelus jouant faux de la flûte andine, des cadres pressés, des familles se promenant sans hâte et s’arrêtant régulièrement pour calmer les pleurs d’un bébé porté dans les bras.

Elle respira profondément.

Après les journées qu’elle venait de vivre, le corps exigeait cette détente.

Elle s’arrêta à une terrasse de la rue Espariat. Elle commanda un autre café. Puis elle le regretta. Elle en avait déjà bu deux dans la journée. Est-ce que ça ne ferait pas trop ? Et si cela lui déclenchait de la tachycardie ? Ou une poussée de tension ? Elle soupira et se ressaisit. Un autre café, et voilà. C’est vrai que les années commençaient à peser mais mourir d’une montée de caféine à la terrasse d’un café d’Aix-en-Provence n’était pas une si mauvaise fin. Ces derniers temps, elle avait failli mourir dans des endroits sinistres. Une fin plan-plan pouvait être amusante ; il y avait un petit côté ironique à ce qu’une femme comme elle, qui avait échappé à des rafales de mitraillette, des explosions variées et plusieurs coups de couteau, tombe raide dans une rue arpentée par des étudiants et des hommes à l’allure de fonctionnaires. »


  • Titre : La vague arrêtée
  • Titre original : La ola detenida
  • Auteur : Juan Carlos Méndez Guédez
  • Éditeur : Éditions Métailié
  • ISBN : 9791022611619
  • Format : Broché
  • Nationalité : Venezuela
  • Langue : Français
  • Traduction : René Solis
  • Date de publication : 14/10/2021
  • Nombre de pages : 304 pages
  • Genre : Roman noir, polar
  • Sujets traités : Disparition, enquête privée, Caracas, Venezuela contemporain, culte de María Lionza, violence politique, exil, services de renseignement

Résumé

Magdalena Yaracuy a quitté le Venezuela pour Madrid où elle s’est fait un nom comme enquêtrice. Servante de la déesse María Lionza, elle tire les cartes, lit dans le tabac et le marc de café, et s’appuie sur des intuitions dont elle sait qu’elles ne répondent pas toujours à l’appel. Réfugiée dans le sud de la France pour échapper à un amant devenu encombrant, elle est retrouvée par l’assistant d’un homme politique espagnol qui lui propose une mission urgente et grassement payée.
La fille de ce dernier a pris un vol pour Caracas et n’a plus donné signe de vie depuis un mois. Magdalena retourne alors dans une ville qu’elle avait quittée vingt ans plus tôt et qu’elle reconnaît à peine, entre files d’attente devant les pharmacies, groupes armés en chemise rouge et services de renseignement de tous les pays. Ses recherches la conduisent à croiser des informateurs douteux, des policiers vénaux et des interlocuteurs dont les intentions changent d’un jour à l’autre.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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