Le secret 23 de Neit Sabes : un thriller psychologique au cœur des silences du Bassin

Le secret 23 de Neit Sabes

Sur le Bassin d’Arcachon, un amour qui tient malgré tout

Il est 20h02 quand Enzo pousse la porte de la maison, et l’odeur de basilic frais flotte déjà dans la cuisine. Ce détail domestique, presque anodin, résume la manière de Neit Sabes : poser un quotidien tiède, rassurant, pour mieux laisser apparaître les lézardes qui le traversent. Enzo est photographe de mode, lassé de capturer des sourires lisses et des regards sans profondeur. Charlie, sa femme, reçoit des couples en consultation dans son cabinet de psychothérapeute. Ils se connaissent depuis les bancs du collège, se sont embrassés pour la première fois en classe de première, et partagent une complicité que le temps semblait avoir scellée pour toujours.

Seulement voilà, Charlie trompe Enzo. Pas par lassitude, ni par passion pour un autre, mais à la manière d’une fièvre qui monte et qu’elle ne sait pas éteindre autrement. Des inconnus, des bars discrets, des chambres impersonnelles, puis le retour au foyer, la honte collée à la peau. Et Enzo sait. Il a toujours su. Toute la singularité du couple tient dans ces deux mots qu’il souffle un soir dans l’obscurité, à la place d’un reproche : « je sais ». L’auteur construit ainsi un duo atypique, loin des schémas habituels de la trahison conjugale, où celui qui encaisse reste par loyauté autant que par amour, porté par une raison qu’il garde pour lui.

Autour d’eux, le Bassin respire. Les plateaux d’huîtres partagés chez Hortense face au large, la jetée balayée par le vent, le marché où l’on choisit deux côtes de bœuf maturées pour recevoir les amis, les pins maritimes qui bordent la route du retour. Neit Sabes ne se contente pas d’un décor de carte postale : il fait de cette douceur de vivre un contrepoint permanent, une lumière dorée qui rend les ombres plus nettes encore. Plus la table est belle, plus le silence pèse quand les invités sont partis. Cette tension entre la sérénité apparente d’une villa au bord de l’eau et le désordre intérieur de ceux qui l’habitent installe une atmosphère feutrée, où chaque soirée réussie ressemble à une trêve signée au bord d’un champ de bataille.

Charlie, celle qui soigne les couples sans se comprendre elle-même

Le paradoxe est vertigineux, et Neit Sabes l’exploite avec finesse : Charlie passe ses journées à démêler les nœuds des autres, à nommer leurs blessures narcissiques, leurs mécanismes de protection, leurs pulsions de contrôle, tout en restant aveugle à la source de ses propres dérives. Lorsqu’un jeune couple de vingt-trois ans franchit la porte de son cabinet, Chloé et Lucas, ensemble depuis leurs quinze ans, la thérapeute entend dans la bouche du garçon sa propre confession. Le besoin de séduire, l’acte expéditif, l’autre qu’on empêche de toucher, la pensée obsédante de la personne aimée pendant la trahison même. Le miroir est cruel, et l’écrivain le tend sans ménagement.

Ce face-à-face professionnel devient le déclencheur d’une démarche personnelle. Charlie confie ses tourments à Lana, sa sœur, psychologue elle aussi, qui lui recommande un confrère. Le roman prend alors un tour passionnant : on suit une spécialiste de l’écoute contrainte de changer de fauteuil, de passer du côté de celle qui parle, qui hésite, qui ne sait pas par où commencer. Sa boutade lancée à Enzo, cherchant comment se présenter à un psy quand on couche avec des inconnus tout en aimant son mari plus que tout, dit beaucoup de cette lucidité teintée d’autodérision qui la rend profondément attachante.

L’auteur évite soigneusement deux écueils : la caricature de la femme fatale et le jugement moral. Charlie n’est ni prédatrice ni victime complaisante. Elle est une femme qu’on a toujours trouvée « trop » : trop belle, trop vive, trop intuitive, trop fragile, et qui a appris à compresser ce débordement jusqu’à ce qu’il explose ailleurs. Neit Sabes la regarde avec une forme de tendresse clinique, documentée, attentive aux contradictions. Le lecteur ne l’excuse pas toujours, mais il la comprend, et c’est précisément là que se loge la force de cette héroïne : dans cette humanité fissurée qui refuse de se laisser résumer à ses actes.

Quand le corps se souvient de ce que l’esprit a rangé

Le cabinet du docteur Christian Porte sent la lavande. Fauteuils gris perle, lampe en tissu clair, un grand miroir sans cadre dans la salle d’attente, et ce praticien à la présence tranquille qui ne prend jamais de notes avant que sa patiente ait parlé. C’est dans ce huis clos que le roman trouve l’une de ses plus belles respirations. Séance après séance, Charlie met des mots sur ce qu’elle appelle une anesthésie émotionnelle, une façon de quitter son corps pour ne plus rien ressentir. Le psychiatre, lui, parle de dissociation partielle, de stratégie de survie plutôt que de pathologie.

Car ici, la mémoire ne fonctionne pas comme un album qu’on feuillette. Elle surgit par fragments sensoriels : un goût de fer sur la langue au réveil, un mur sale aperçu l’espace d’une seconde, une lumière verte, une brûlure froide qui traverse le sommeil. Charlie se met à écrire chaque matin, quelques phrases à peine, parfois une seule griffonnée sans y penser : « Souviens-toi. Ou pas. Mais sens. » Le docteur Porte lui propose d’imaginer un lieu sûr, et elle choisit un jardin clos aux murs couverts de lierre, avec une fontaine et un vieux banc de pierre. Ces exercices d’ancrage, décrits avec précision, donnent au récit une texture presque documentaire, sans jamais alourdir la progression.

Neit Sabes fait le pari d’un suspense intérieur, où l’énigme ne se cache pas dans une pièce fermée à clé mais dans les replis d’une psyché qui se protège. La tension ne naît pas d’une course-poursuite, elle naît d’une respiration qui s’accélère sur un canapé beige, d’une chair de poule inexplicable, d’une colère sourde qui cherche son récit. L’auteur restitue avec justesse cette idée que le corps garde les empreintes là où l’esprit a fermé la porte, et qu’il finit toujours par réclamer son dû. Pour le lecteur, chaque séance fonctionne comme un palier de décompression : on avance lentement, mais on sent la pression monter, inexorablement, à mesure que le verrou commence à céder.

Un ruban mal renoué, une présence dans la maison

Un soir où le couple dîne en terrasse face à l’océan, quelqu’un franchit le portail de la villa. À leur retour, rien n’a disparu, aucun tiroir n’est renversé, mais Charlie s’immobilise sur le seuil de la chambre. Une odeur flotte dans l’air, des notes de cèdre et de vétiver avec une touche citronnée, qui n’appartiennent pas au Bleu de Chanel d’Enzo. Puis vient ce détail infime que n’importe qui aurait ignoré : le ruban de la boîte en cuir où dorment ses journaux intimes d’adolescente n’est plus noué de la même façon. Neit Sabes signe là l’une des séquences les plus réussies du livre, une violation de l’intime racontée sans fracas, à hauteur de frisson.

Le lecteur, lui, en sait davantage que l’héroïne, et l’auteur joue habilement de cette ironie dramatique. Pendant que Charlie doute de son instinct et qu’Enzo tente de la rassurer, les carnets photographiés page après page commencent à parler à un autre. Le roman insère alors des extraits de ces journaux datés de 2002 et 2003, écrits par une jeune fille fatiguée « d’être en elle », hantée par des cauchemars de pièce blanche et par le sentiment d’avoir une faille invisible. Ces fragments, d’une sincérité désarmante, forment un contre-chant bouleversant à la voix de la Charlie adulte, comme un écho venu de vingt ans plus tôt qui chercherait enfin un destinataire.

À partir de là, le récit glisse vers le thriller psychologique sans renoncer à sa veine intimiste. Filatures, jumelles braquées depuis une voiture aux phares éteints, carnet couvert d’initiales et d’horaires, conversations avec d’anciens élèves : une enquête parallèle s’enclenche, menée avec une obstination presque inquiétante. Neit Sabes alterne les points de vue avec une belle souplesse, faisant passer le lecteur d’une cuisine baignée de lumière à l’habitacle sombre d’un guetteur. Ce montage en chapitres courts entretient une curiosité constante, d’autant que les motivations de celui qui observe restent longtemps énigmatiques, ouvrant des hypothèses qui se croisent, se contredisent et relancent sans cesse l’envie de tourner la page.

La bande du lycée Montesquieu et ses silences partagés

Ils étaient six sur les photos de classe, et vingt ans plus tard, ils se retrouvent toujours autour de la même table. Dylan et Julia, installés eux aussi à Arcachon, Liam le dentiste méthodique et Sasha la lumineuse, venus de Bordeaux, sans oublier Lana et Maël, sœur de Charlie et frère d’Enzo, réunis en couple pour faire de cette amitié une véritable famille. Les dîners s’enchaînent avec leurs lasagnes saumon-épinards, leurs bouchons de champagne et leurs bouteilles de Château La Tour Carnet. On rit beaucoup, notamment lorsqu’Enzo raconte ses séances avec des influenceuses qui veulent poser en talons dans une salle de sport ou effacer un ex de leur regard.

Pourtant, sous la légèreté des anecdotes, quelque chose crisse. Une plaisanterie de Charlie fige le sourire d’Enzo, un regard s’attarde un peu trop longtemps de l’autre côté de la table, une remarque anodine sur un vieux carnet du collège fait naître un malaise que personne ne nomme. Neit Sabes excelle dans l’art de distiller ces dissonances, ces fausses notes au milieu d’une mélodie joyeuse. Le lecteur comprend peu à peu que certains convives en savent plus qu’ils ne le disent, et que la bienveillance du groupe repose sur un pacte ancien dont les termes restent dans l’ombre. Cette loyauté silencieuse, à la fois protectrice et étouffante, constitue l’un des fils les plus intrigants du roman.

L’auteur donne à chacun sa propre fêlure, sa part de doute, ses scènes de couple où les certitudes vacillent. Julia observe Dylan avec une inquiétude grandissante, Liam se fait le confident lucide d’un ami épuisé, Sasha déploie une douceur instinctive qui apaise les tensions. Le roman prend ainsi des allures de fresque chorale, où chaque voix éclaire un angle différent de la même histoire. Cette construction polyphonique enrichit la lecture : le mystère ne repose plus sur les épaules d’une seule héroïne, il circule de foyer en foyer, se loge dans des conversations de voiture ou des confidences sur l’oreiller, et finit par interroger une question délicate : jusqu’où peut-on se taire par amour sans finir par blesser celui qu’on voulait épargner ?

Des scènes d’intimité qui disent la faille plus que le désir

Le lecteur doit le savoir : « Le secret 23 » ne détourne pas le regard des corps. Les étreintes y sont nombreuses, décrites avec une sensualité franche, parfois crue, qui pourrait surprendre ceux qui viennent chercher un thriller pur. Mais chez Neit Sabes, l’érotisme n’est jamais un simple ornement. Dans la cuisine, ce premier soir où Charlie s’empare d’Enzo avec une intensité féroce, la vague qui jadis les submergeait « semblait domptée », et cette retenue en dit plus long sur l’état du couple que n’importe quelle dispute. L’acte amoureux devient un baromètre, un sismographe qui enregistre les secousses souterraines.

Le contraste se révèle saisissant entre les nuits conjugales, où les deux amants tentent de réapprendre un langage oublié geste après geste, et les rencontres anonymes de Charlie, mécaniques, sans tendresse, menées comme une tentative d’extinction. L’auteur décline ce motif chez d’autres protagonistes avec la même logique : une caresse qui devient possessive sur un canapé, une urgence qui ressemble davantage à une lutte qu’à un jeu, un fantasme si puissant qu’il obsède celui qui l’a rêvé. Partout, le désir sert de symptôme. Il trahit le vide, la colère enfouie, le besoin de contrôle ou de disparition, et transforme chaque chambre en cabinet d’analyse où le corps avoue ce que la bouche refuse de formuler.

Cette approche s’accorde avec une plume volontiers lyrique, qui affectionne les phrases nominales, les rythmes ternaires et les images de feu, de marée ou de braise à protéger. En contrepoint, Neit Sabes offre à Enzo une autre issue que la chair : l’écriture. Le photographe rouvre un vieux carnet noir, se lève à l’aube et bâtit un roman intitulé « L’étreinte originelle », l’histoire d’Emma et Alex, deux âmes traversées par des réminiscences venues d’autres époques. Cette mise en abyme discrète, où un personnage écrit pour dire ce qu’il n’ose pas avouer, prolonge la réflexion du livre : on peut fuir par le corps ou par les mots, mais quelque chose finit toujours par chercher à se raconter.

Des racines à nu, comme l’arbre du docteur Porte

Au-dessus du canapé beige, dans le cabinet du psychiatre, est accroché un tableau qui bouleverse Charlie dès sa première visite. Un arbre isolé au milieu d’un champ nu, sous un ciel d’aube, dont les immenses racines sont arrachées de la terre et déployées en éventail. Et pourtant, il tient debout, plus solide encore d’avoir exposé ce qui le fonde. On ne saurait trouver meilleure clé de lecture pour ce roman. Tout le livre tend vers ce moment où l’on cesse de dissimuler ses racines, aussi sombres soient-elles, pour découvrir qu’elles peuvent devenir une force plutôt qu’une honte.

Neit Sabes interroge avec constance le prix du silence. Celui qu’on garde pour protéger, celui qu’on impose par peur, celui qui s’installe dans une institution, une famille ou un groupe d’amis jusqu’à devenir une seconde peau. Les révélations des derniers chapitres, qu’il serait criminel de dévoiler ici, rebattent les cartes avec une ampleur inattendue et obligent à relire mentalement bien des scènes anodines. L’auteur ne referme pas tout pour autant : un épilogue malicieux entrouvre une porte que l’on aurait crue scellée, de quoi laisser le lecteur en alerte bien après la dernière ligne. Le chiffre du titre, lui, prend tout son sens au fil de la lecture, comme une date gravée qui attendait son heure.

Ce troisième roman s’adresse à celles et ceux qui aiment les thrillers psychologiques ancrés dans l’intime, où l’enquête se mène autant dans les consciences que dans les couloirs. On y trouve une atmosphère arcachonnaise palpable, une héroïne complexe, un sens certain de la construction chorale et une réflexion sincère sur la mémoire traumatique, la culpabilité et la loyauté. Neit Sabes propose une histoire d’amour, de secrets et de reconstruction, portée par des personnages qui cherchent tous, à leur façon, à respirer de nouveau. Une lecture intense, dont on ressort avec l’image tenace de cet arbre aux racines offertes au jour, debout malgré tout.

À lire aussi

Mots-clés : Le secret 23, Neit Sabes, thriller psychologique, mémoire traumatique, Arcachon, psychothérapie, secrets enfouis


Extrait Première Page du livre

« PROLOGUE

Elle n’avait pas prévu de mourir ce soir-là. Elle y avait songé, parfois, dans les nuits trop longues où l’angoisse prenait toute la place. Elle y avait pensé, oui, comme on pense à un refuge lointain, inaccessible, une échappatoire que l’on garde au fond de soi comme un secret inavouable. Mais elle ne s’était pas levée ce matin-là en décidant de mourir. Non.

Elle n’avait même pas laissé de mot. Pas adressé un dernier message. Non. Elle s’était juste laissée glisser. Épuisée. Vidée. Usée par quelque chose de plus fort qu’elle. Quelque chose d’invisible, d’impalpable, mais qui la rongeait depuis toujours.
Ce n’était pas un chagrin, ni même une rupture. C’était plus profond, plus sale, plus ancien. Un poison injecté dans son âme bien avant qu’elle n’en ait conscience. Une douleur qui n’avait pas de nom, pas de visage, mais qui la suivait partout, dans chaque geste, chaque souffle, chaque nuit trop longue.

Elle vivait avec un manque. Un gouffre. Un trou noir qui aspirait tout : l’amour, le désir, la paix. Il y avait ce passé qu’elle ne retrouvait pas, ce passé qui lui échappait, mais qui revenait frapper à sa porte la nuit. Des images floues. Des bruits étouffés. Des sueurs froides au réveil, et un cœur qui battait trop fort sans raison.

Elle ne se souvenait de rien. Et pourtant, tout son corps hurlait. Tout en elle était mémoire. Une mémoire muette, fragmentée, prisonnière. Des insomnies à la chaîne. Des flashs sans logique. Des cauchemars qui lui laissaient le goût du sang dans la bouche. Et ce sentiment, obsédant, qu’elle portait un secret qu’on lui avait volé.

Elle se détruisait à petit feu, faisait souffrir l’homme qu’elle aimait, s’éloignait de tout, incapable de vivre pleinement, incapable d’aimer sans fuir. Et elle ne savait pas pourquoi. Elle avait tenté les thérapies. Les médicaments. L’écriture. Mais rien n’apaisait cette chose en elle. Rien ne colmatait cette brèche invisible qui s’élargissait chaque jour.

Elle regardait cet homme qu’elle aimait, chaque jour un peu plus loin d’elle. »


  • Titre : Le secret 23
  • Auteur : Neit Sabes
  • Éditeur : Auto-édition
  • ISBN : 9798257679223
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 16/04/2026
  • Nombre de pages : 409 pages
  • Genre : Thriller psychologique
  • Sujets traités : Mémoire traumatique, Couple, Infidélité, Psychothérapie, Secrets, Amitié, Culpabilité, Arcachon

Résumé

Sur le Bassin d’Arcachon, Charlie et Enzo forment un couple uni depuis l’adolescence. Elle est psychothérapeute et reçoit des couples en difficulté, lui est photographe de mode et rêve de se consacrer à l’écriture. Mais Charlie trompe Enzo de manière compulsive, sans comprendre ce qui la pousse vers ces étreintes sans lendemain, tandis que des cauchemars et des sensations inexpliquées hantent ses nuits.
Lorsqu’elle décide de consulter un psychiatre et qu’un intrus pénètre dans leur maison pour fouiller ses journaux intimes d’adolescente, les certitudes vacillent. Autour d’eux, un cercle d’amis fidèles depuis le lycée Montesquieu semble garder des silences anciens. Peu à peu, le passé cherche à refaire surface, au risque de tout emporter.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


1 commentaire sur « Le secret 23 de Neit Sabes : un thriller psychologique au cœur des silences du Bassin »

  1. Il y a des chroniques qui font plaisir. Et puis il y a celles qui vous touchent profondément, parce qu’elles vous donnent le sentiment d’avoir été véritablement compris en tant qu’auteur.

    Manuel, à travers cette magnifique analyse de LE SECRET 23, vous avez fait bien davantage que raconter un roman. Vous en avez exploré les silences, les blessures, les contradictions et toutes ces émotions que j’ai tenté de glisser entre les lignes.

    Vous avez surtout parfaitement saisi ce qui me tient à cœur lorsque j’écris : ne pas simplement raconter une histoire, mais faire ressentir ce que les personnages eux-mêmes ne parviennent parfois pas à exprimer.

    Ce qui me touche particulièrement, c’est la justesse de votre regard. Vous avez su mettre en lumière des détails, des intentions et des subtilités qui auraient pu passer inaperçus, sans jamais dévoiler ce qui fait toute la force des révélations.

    Pour un auteur, découvrir qu’un lecteur a perçu autant de choses derrière les mots est une récompense immense.

    Écrire un roman demande du temps. Le lire avec une telle attention et en restituer toute la profondeur est aussi un véritable travail.

    Alors, Manuel, un immense merci pour votre regard, votre sensibilité et la qualité remarquable de cette chronique.

    Et merci à LE MONDE DU POLAR d’offrir aux auteurs cette place si précieuse.

    Il n’y a sans doute rien de plus beau, pour un écrivain, que de découvrir que son histoire a été non seulement lue, mais profondément ressentie.

    Répondre

Laisser un commentaire