Quand Thomas Bronnec imagine la France à genoux avec Toute l’infortune du monde

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Toute l'infortune du monde de Thomas Bronnec

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Paris sous les drones : une capitale en état de siège

Thomas Bronnec situe son roman dans un Paris futur et pourtant troublant de familiarité, une ville où le vrombissement d’un insecte nocturne suffit à provoquer la panique. Ce basculement, l’auteur le construit avec une précision chirurgicale : la capitale n’est pas ravagée, elle est usée, lentement consumée par une menace invisible et répétée. Les drones qui frappent au hasard des rames de métro, des immeubles résidentiels, des points névralgiques de la vie ordinaire ont instillé dans le corps social une peur endémique, un état de vigilance permanent qui défigure le quotidien sans l’abolir tout à fait.

Ce qui frappe dans le tableau que brosse Bronnec, c’est précisément cette coexistence du fracas et de l’insouciance. Les terrasses de café restent ouvertes, les enfants vont à l’école, les gens se croisent dans le métro, mais leurs visages portent la marque d’une attention aux sons de l’air, aux bourdonnements suspects. La date du 18 janvier 2029, gravée dans la mémoire collective des personnages comme une cicatrice commune, incarne ce moment de rupture où l’abstraction géopolitique est devenue deuil réel, rue de Lancry, trente et un morts dont quinze enfants. Bronnec n’assène pas ces faits : il les laisse affleurer dans les conversations, dans les insomnies, dans les réflexes conditionnnés de ses personnages, transformant la violence en texture narrative plutôt qu’en démonstration.

Le roman pose ainsi une question qui dépasse le cadre du thriller : comment une société continue-t-elle à fonctionner, à débattre, à se déchirer politiquement, quand la mort peut surgir du ciel à n’importe quel moment ? La réponse de Bronnec est à la fois lucide et inquiétante. On s’habitue. On s’habitue à vivre dans la peur, on s’habitue à compter les victimes, on s’habitue à l’horreur comme à une météo capricieuse. C’est dans cet espace, entre résignation collective et sursauts individuels, que le roman installe ses personnages et leur donne toute leur épaisseur humaine.

Denis Descard, ou la condition de pion involontaire

Il y a quelque chose d’à la fois comique et déchirant dans la figure de Denis Descard. Consultant en logistique, corpulent, peu romantique, nullement héroïque, cet homme se retrouve au cœur d’un engrenage géopolitique qui le dépasse absolument. Bronnec l’introduit dans une cellule d’isolement russe, obsédé par une minuscule plaie à l’auriculaire, ce détail infime fonctionnant comme une métonymie saisissante de sa condition : un homme réduit à surveiller sa propre chair qui s’effrite, dans un monde où les grandes puissances jouent des parties d’échecs avec des vies ordinaires comme les siennes.

Ce qui rend Descard si attachant, c’est précisément son absence de grandeur. Il n’est pas un espion, il n’a pas de mission secrète, il n’a même pas eu le courage de jouer le jeu qu’on lui proposait. Il a dit non à la DGSE, il a fait ses affaires, et la machine l’a broyé quand même. Sept mois dans le SIZO de Kazan, les coups de ceinturon des gardiens ivres, l’isolement total, les doigts fracturés, la récitation solitaire de poèmes de Prévert comme bouée de survie mentale : Bronnec restitue cette descente aux enfers avec une économie de moyens qui rend chaque détail sensoriel d’autant plus percutant. On sent le chlore et la moisissure, on entend le silence des promenades interdites, on mesure le vertige de celui qui doit mémoriser les noms de ses connaissances pour ne pas perdre prise sur le monde des vivants.

La trajectoire de Descard ne se résume pourtant pas à un calvaire. Son séjour dans la datcha de Serguiev Possad, les journées suspendues qui suivent sa condamnation, introduisent une ambiguïté troublante dans son rapport à la captivité et à la liberté. Bronnec explore avec finesse la manière dont un homme brisé peut paradoxalement trouver dans sa prison dorée une forme étrange d’existence, presque plus réelle que la vie qu’il menait avant. Descard incarne cette vérité inconfortable : on peut survivre à l’infortune, en ressortir transformé, sans pour autant savoir quoi faire de cette survie. C’est là que le personnage cesse d’être un faire-valoir pour devenir une conscience à part entière du roman.

Mathieu Mondolonian, l’ombre au cœur de l’Élysée

« Conseiller spécial. » Deux mots sur une carte de visite, qui ne disent rien et disent tout. Mathieu Mondolonian est de ces hommes qui ont choisi de tenir le pouvoir sans jamais l’assumer officiellement, vingt-cinq ans passés dans les coulisses du jeu politique français à murmurer, orienter, anticiper. Bronnec le saisit dans une nuit d’insomnie fiévreuse, guettant le bourdonnement d’un moustique qu’il confond avec un drone, et ce premier portrait est d’une redoutable efficacité narrative : voilà un homme dont l’hyperconscience politique ne le protège plus de rien, pas même de sa propre panique ordinaire.

Ce qui rend Mondolonian fascinant, c’est la tension permanente entre son intelligence aiguisée et ses angles morts. Il connaît les mécanismes du pouvoir mieux que quiconque, il sait lire une salle, anticiper un retournement, déjouer une manœuvre. Pourtant, il avance dans ce Paris sous tension avec une forme d’arrogance tranquille qui le rend parfois aveugle à ce qui se trame autour de lui. Bronnec dessine un homme qui croit maîtriser les règles d’un jeu dont les paramètres ont radicalement changé, un stratège de l’ère d’avant confronté à des adversaires qui opèrent sur un tout autre terrain, celui des oligarques, des mercenaires et des drones télécommandés depuis des serveurs inconnus.

Sa loyauté indéfectible envers la présidente Émilie Cornelly structure une bonne partie de son rapport au monde : c’est à travers elle qu’il existe politiquement, et c’est cette dépendance existentielle qui le rend vulnérable d’une manière qu’il refuse de s’avouer. Bronnec ne juge pas son personnage, il l’observe avec cette neutralité bienveillante qui est la marque des grands portraitistes romanesques. Il laisse Mondolonian naviguer entre les injonctions contradictoires de sa fidélité, de son honneur et de ses émotions, jusqu’à ce que ces trois boussoles cessent de pointer dans la même direction. C’est dans cet écartèlement que le personnage révèle toute sa densité humaine, et que le roman bascule vers quelque chose de plus intime, de plus douloureux que le simple récit d’une crise politique.

Lucie Seyler et le journal dans la tourmente

Survivante par quelques secondes de retard sur un quai de métro, directrice de rédaction de L’Écho libre couchant son édito sur un carnet au crayon gris depuis son lit d’hôpital, Lucie Seyler est sans doute le personnage le plus viscéralement ancré dans l’urgence du présent. Bronnec la construit comme une femme dont l’identité professionnelle est à ce point consubstantielle à son existence qu’elle réclame son téléphone avant même que son bandage soit changé. Ce n’est pas de l’inconscience, c’est une forme de résistance : écrire, publier, nommer les choses, comme seuls actes qui lui restent face à un monde qui part en morceaux.

Ce qui distingue Lucie Seyler des autres figures du roman, c’est qu’elle est la seule à s’exprimer directement vers le dehors, vers les lecteurs, vers le débat public. Son édito dicté depuis sa chambre d’hôpital, âpre et frontal, n’appelle pas seulement à l’action, il révèle une femme en train de retravailler ses propres convictions au contact de la réalité brute. Bronnec saisit avec justesse la solitude particulière des dirigeants de presse : elle doit tenir une ligne éditoriale, tenir ses équipes, tenir ses adversaires internes à distance, tout en tenant debout sur une jambe abîmée dans un couloir d’hôpital. L’image vaut toutes les métaphores sur la presse en temps de crise.

Son rapport à Christophe Sevillan, directeur général aux dents longues qui attendait patiemment sa faux, ajoute une dimension supplémentaire au portrait, celle des guerres de pouvoir qui continuent de se mener dans les rédactions même quand la ville brûle. Bronnec ne simplifie pas les lignes de fracture : Lucie Seyler n’est pas une sainte, elle a ses impensés, ses angles morts, ses décisions qui peuvent surprendre. Mais elle porte quelque chose que peu de personnages du roman possèdent, une capacité à remettre en question publiquement ce qu’elle a défendu, à évoluer sans se renier. Dans un récit peuplé de gens qui calculent, elle tranche par une forme d’honnêteté rugueuse qui fait d’elle l’une des voix les plus vivantes de cette fiction chorale.

Stéphane Mazières, Pavel Lovrijkine et les fils tirés dans l’ombre

Il existe dans tout grand roman politique une catégorie de personnages qui fascinent précisément parce qu’ils opèrent hors du champ visible, là où les décisions vraiment importantes se prennent, loin des tribunes et des caméras. Stéphane Mazières appartient à cette espèce rare : Français installé dans un hôtel particulier au double escalier de marbre, francophile russe de cœur, intermédiaire discret entre deux mondes que tout devrait opposer. Bronnec le présente comme un homme de conviction sincère autant que d’intérêt bien compris, et c’est précisément cette ambiguïté constitutive qui le rend insaisissable. Quand il plaide pour la normalisation des relations franco-russes avec une éloquence froide et documentée, on ne sait jamais tout à fait si l’on entend un pacifiste ou un lobbyiste.

À ses côtés, Pavel Lovrijkine incarne une autre modalité du pouvoir occulte, celle de l’oligarque qui a su traverser les tempêtes en restant précieux à tous les camps. Bronnec ne le met pas directement en scène avec insistance, mais sa présence irrigue le roman comme une pression atmosphérique constante : on le cite, on le craint, on le consulte, on le ménage. C’est par lui que passent les informations les plus sensibles, les propositions les plus dangereuses, les arrangements qui n’existent sur aucun papier officiel. Le tandem qu’il forme avec Mazières fonctionne comme une illustration romanesque de ces zones grises où la diplomatie cède la place à la négociation privée, où les États sous-traitent à des individus ce qu’ils ne peuvent pas assumer publiquement.

Ce qui rend ce duo particulièrement intéressant dans l’économie du roman, c’est la manière dont Bronnec l’utilise pour révéler les autres personnages. Face à Mazières, Mondolonian se découvre, Valance se trahit, et les convictions de chacun subissent l’épreuve du réel, cette réalité brutale où toute certitude morale a un prix et tout refus une conséquence. L’auteur démontre ici une connaissance intime des mécanismes d’influence qui traversent les relations internationales contemporaines, sans jamais transformer son roman en cours magistral. Les fils restent tirés dans l’ombre, comme il se doit, et c’est au lecteur d’en suivre la tension jusqu’où elle mène.

Serge Valance : la droite entre deux feux

Sénateur à l’ambition soigneusement entretenue, Serge Valance est l’homme qui lorgne sur l’Élysée depuis une position qu’il sait fragile. Bronnec le pose d’abord dans un décor saisissant de dissonance, une convention conservatrice américaine où le vice-président pointe un pistolet sur une cible à l’effigie d’Émilie Cornelly sous les acclamations de la foule. Dans cette atmosphère de carnaval grotesque et inquiétant, Valance observe, mal à l’aise, tiraillé entre une proximité idéologique revendiquée avec la droite identitaire et un sens aigu de ce que la décence républicaine lui interdit d’avaliser publiquement. Ce malaise inaugural dit tout de la position structurelle du personnage : un homme d’équilibre dans un monde qui ne supporte plus les équilibristes.

Ce qui rend Valance particulièrement intéressant, c’est la lucidité avec laquelle il mesure ses propres contradictions sans pour autant les résoudre. Il a fait toute sa carrière à résister aux dérives d’une droite dont il voit la dérive populiste avec une clairvoyance teintée d’impuissance, et pourtant les chemins que lui ouvre la crise le poussent précisément vers des compromissions qu’il aurait jadis condamnées sans hésiter. Bronnec excelle à décrire ce glissement progressif, cette pente douce sur laquelle un homme respectable peut se retrouver à jouer un rôle qu’il n’avait pas choisi, au service d’intérêts qu’il ne comprend pas encore tout à fait.

Sa conversation avec Mondolonian, où il tente de lui proposer un arrangement au nom d’une mystérieuse chaîne d’intermédiaires, cristallise avec une précision redoutable la nature de ses dilemmes. Il est sur un fil, dit le roman, en équilibre précaire, et la métaphore n’a rien de rhétorique : un pas de trop dans un sens, et c’est la haute trahison, un pas de trop dans l’autre, et c’est l’Élysée qui s’éloigne. Bronnec ne distribue pas de bons et de mauvais points à ses personnages politiques, il les regarde fonctionner dans la contrainte, avec leurs calculs, leurs pudeurs et leurs capitulations consenties. Valance, dans cet équilibre instable, est peut-être le plus honnête miroir que le roman tend à la classe politique française.

Un roman choral entre acier et politique

La structure de Toute l’infortune du monde repose sur un principe d’alternance rigoureuse entre des points de vue multiples, chaque chapitre numéroté portant en en-tête un lieu, une date, une heure précise. Serguiev Possad, Paris Xe, Silver Spring Maryland, le Palais du Luxembourg : la géographie du roman est aussi éclatée que les responsabilités dans une crise internationale, et c’est précisément cet éparpillement calculé qui produit son effet le plus puissant. Le lecteur assemble lui-même les pièces d’un puzzle dont aucun personnage ne possède la vue d’ensemble, exactement comme dans la réalité des crises politiques où chacun n’aperçoit que sa portion de l’iceberg.

Ce dispositif choral permet à Bronnec de jouer sur plusieurs registres narratifs simultanément sans que la cohérence de l’ensemble ne se défasse. L’intimité sensorielle des scènes avec Descard, la fièvre politique des couloirs de l’Élysée, la brutalité sèche des attaques de drones, les conversations feutrées dans les salons des intermédiaires : chaque voix a sa propre texture, son propre rythme, sa propre façon d’habiter la langue. Le roman passe de la cellule russe aux terrasses parisiennes avec une fluidité qui témoigne d’une maîtrise réelle de la construction romanesque, et cette variété des tons maintient une tension narrative qui ne relâche jamais vraiment son étreinte.

L’acier du titre n’est pas seulement celui des drones qui zèbrent le ciel parisien : c’est aussi la matière dont sont faites les ambitions, les trahisons et les fidélités des personnages, dure, froide, conductrice d’électricité sous haute tension. Bronnec tisse entre ses protagonistes un réseau de relations indirectes, de connexions ignorées les unes des autres, qui finissent par former une toile dont la révélation progressive constitue l’un des grands plaisirs du roman. Chaque nouvelle scène reconfigure légèrement ce que le lecteur croyait avoir compris de la précédente, et cette mécanique de la recontextualisation permanente donne au livre une énergie propre aux grandes fictions politiques, celle qui vous fait tourner les pages en vous demandant non pas ce qui va arriver, mais à qui cela va arriver, et pourquoi maintenant.

Toute l’infortune du monde : quand la fiction rattrape le réel

Le vertige propre à ce roman tient à une chose précise : la sensation persistante que la frontière entre l’anticipation et le reportage s’est réduite à presque rien. Thomas Bronnec, journaliste politique de formation, convoque un Paris de 2029 qui ressemble moins à une dystopie qu’à une extrapolation raisonnée de tendances déjà à l’œuvre. Les drones qui frappent les infrastructures civiles, les oligarques qui servent d’intermédiaires entre États ennemis, une présidente sous pression d’un projet de défense européenne que ses alliés atlantiques sabotent en coulisses : rien de tout cela n’appartient au registre de la science-fiction. C’est la géopolitique contemporaine, légèrement projetée en avant, à peine extrapolée, et c’est précisément ce minuscule écart entre le réel et le fictif qui rend la lecture aussi inconfortable qu’absorbante.

Ce que Bronnec réussit avec une efficacité notable, c’est de ne jamais laisser ce contexte écrasant les individus qui le traversent. Le roman aurait pu se réduire à une démonstration géopolitique habillée en fiction, un essai déguisé en thriller. Il choisit au contraire de rester obstinément du côté des corps, des insomnies, des blessures, des humiliations et des attachements qui font qu’un personnage existe au-delà de sa fonction dans le récit. L’infortune du titre n’est pas abstraite : elle se mesure en plaies qui suppurent, en jambes bandées, en doigts fracturés, en nuits blanches à guetter un bourdonnement dans l’obscurité. C’est cette incarnation du malheur collectif dans des destins singuliers qui confère au roman sa résonance durable.

Refermer Toute l’infortune du monde, c’est garder longtemps sur la langue le goût amer d’une époque que Bronnec a su capturer avec une acuité rare, celle d’un monde où les grandes manœuvres des puissances broient les existences ordinaires avec l’indifférence tranquille des plaques tectoniques. Le roman ne propose pas de consolation facile, ne distribue pas de réponses là où il a semé des questions. Il fait ce que la meilleure fiction politique sait faire : il donne à voir, avec une précision qui dérange et une humanité qui retient, comment des hommes et des femmes ordinaires tentent de tenir debout dans un monde qui a cessé de leur promettre que demain ressemblera à hier.

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Mots-clés : thriller politique, drones, géopolitique, Paris, roman choral, France, relations internationales


Extrait Première Page du livre

« 1

Serguiev Possad, près de Moscou, Russie

8 juin

18 h 34 heure française, 19 h 34 heure locale

Quelques jours auparavant, il avait scruté ce petit bout de peau, au bord de l’ongle de son auriculaire droit, pendant plu-sieurs minutes. Il s’était mis à le gratter, à le triturer doucement. Il ne l’avait pas vraiment arraché, mais il avait fini par le couper avec ses dents. C’était une mauvaise idée, bien sûr. Le pourtour de la coupure était rapidement devenu rouge et enflé, et quand il appuyait dessus, même très légèrement, du pus se mettait à suinter.

Cette petite plaie avait commencé à obséder Denis Descard : il l’observait régulièrement, pendant de longs instants, espérant déceler une amélioration, redoutant une extension de l’infec-tion. Il s’était demandé ce qui arriverait s’il ne pouvait pas voir de médecin. Il avait pensé à l’amputation, et même à la mort. Denis Descard n’est déjà pas de nature optimiste, mais il l’était encore moins depuis qu’il croupissait dans cette cellule, et le désespoir le saisissait de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, de plus en plus rudement. Ça ne le lâchait plus.

Et puis la porte s’était ouverte, et on lui avait fait signe de sor-tir. On l’avait mis dans un fourgon, emmené au tribunal. Il avait assisté à son procès sans rien comprendre, derrière un box de verre cadenassé, mitraillé par un photographe sans doute man-daté par les autorités. Verdict : dix-sept ans de prison. Une éter-nité à laquelle il ne survivrait pas.

Ça avait pourtant donné le sourire à son avocat, un commis d’office qu’il n’avait vu que deux fois auparavant et qui ne lui avait pas été très utile : Denis Descard baragouinait à peine le russe, quand l’avocat, lui, ne maîtrisait pas le français, et à peine l’anglais. »


  • Titre : Toute l’infortune du monde
  • Auteur : Thomas Bronnec
  • Éditeur : Éditions Gallimard
  • Nationalité : France
  • Date de sortie : 2026

Résumé

Dans un Paris de 2029 frappé par des attaques de drones répétées, une France fragilisée tente de tenir le cap d’un projet de défense européenne que ses adversaires, russes et américains, cherchent à torpiller par tous les moyens. Au cœur de cette crise, plusieurs destins s’entrelacent : celui de Denis Descard, consultant emprisonné en Russie après une mission qui le dépassait, et celui de Mathieu Mondolonian, conseiller spécial de la présidente Émilie Cornelly, pris dans un étau d’influences et de pressions qui menacent tout ce à quoi il tient.
Autour d’eux gravitent une directrice de journal blessée dans une attaque mais plus combative que jamais, un sénateur d’opposition aux ambitions soigneusement entretenues, et des intermédiaires discrets qui tirent les fils entre les capitales. Thomas Bronnec signe un roman choral tendu, où la grande histoire broie les existences ordinaires avec l’implacabilité des plaques tectoniques, et où la frontière entre l’anticipation romanesque et le reportage géopolitique ne cesse de se rétrécir.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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