Interview de Rose Mallai

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Rose Mallai : une nouvelle voix incontournable du thriller psychologique

Née en 1983, Rose Mallai vit en Normandie avec ses deux enfants. Amatrice de thrillers et de romans noirs, elle se découvre une passion pour l’écriture à l’occasion d’un atelier portant sur les courtes nouvelles. Cette révélation littéraire tardive cache en réalité un talent naturel pour sonder les méandres de l’âme humaine et explorer les territoires les plus sombres des relations familiales. Quand elle n’écrit pas des thrillers psychologiques, Rose s’adonne régulièrement à la pratique de l’escalade, une discipline qui semble refléter sa capacité à gravir les sommets de l’intensité narrative.

Son premier roman, « Et ensuite, le silence » (2024), pour lequel elle a reçu le prix Coquelicot Noir 2025, a rencontré un vif succès auprès des lecteurs et des bibliothécaires. Ce thriller psychologique, construit sous forme de journal intime, aborde avec une rare honnêteté des thématiques difficiles comme la dépression post-partum, l’emprise psychologique et la désintégration de la cellule familiale. L’œuvre a immédiatement établi Rose Mallai comme une voix singulière du polar noir français, capable de traiter des sujets sensibles avec finesse et authenticité.

Avec « Ne reste que la nuit », publié en juin 2025 aux Éditions du Gros Caillou, Rose Mallai confirme brillamment son talent. Ce thriller psychologique éprouvant et dérangeant nous plonge dans un huis-clos addictif où l’inspecteur Serge interroge successivement Lila, 23 ans, et Antoine, 18 ans, frère et sœur impliqués dans un drame familial. Deux versions qui se contredisent, un policier dont la vie privée rend son analyse biaisée : tous les ingrédients sont réunis pour un thriller d’exception qui manipule le lecteur avec une maîtrise redoutable.

Rose Mallai manipule machiavéliquement le lecteur du début à la fin, en laissant planer le mystère et en construisant une tension crescendo autour de secrets de famille inavouables. Sa plume est précise, efficace et bien rythmée, elle sait maintenir une tension permanente tout en abordant des thématiques lourdes comme la violence intrafamiliale, l’inceste et la manipulation psychologique. Avec seulement deux romans à son actif, cette auteure normande s’impose déjà comme l’une des révélations les plus prometteuses du thriller psychologique français contemporain.

L’interview de Rose Mallai

Vous écrivez à la main ou au clavier ?
En amont, je prends beaucoup de notes manuscrites, mais la rédaction du roman se fait uniquement sur l’ordinateur.

Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Pour écrire, je peux être lève-tôt. C’est d’ailleurs la seule raison qui me motive à me lever si tôt.

Ce qui me pousse à écrire ?
Très honnêtement je ne sais pas. J’écris parce que j’aime terriblement raconter des histoires, alors j’ouvre mon ordinateur et je laisse faire les choses. Parfois, ça ne mène à rien et parfois, un roman nait. L’écriture est pour moi un formidable terrain de jeu sur lequel je peux tout me permettre. J’aime ce moment où une intrigue prend forme, où toutes les pièces d’un puzzle s’emboîtent enfin, où un personnage aux contours un peu flous devient une personnalité forte et marquante. J’aime apposer le mot fin à un texte tout en sachant très bien que tout reste à faire, que rien n’est définitif et que je peux changer toute l’histoire si je le veux.  Et puis, récemment, j’ai découvert la rencontre avec les lecteurs en salon et librairie. Et à chaque fois, ces moment d’échange me donnent envie de remettre les compteurs à zéro et d’attaquer l’écriture d’un nouveau roman.

À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
J’ai mis plus de deux ans pour terminer Et ensuite, le silence. Il m’a fallu 18 mois pour Ne reste que la nuit. J’écris quand j’ai le temps et surtout l’inspiration, sans jamais me forcer. Parfois, je peux ne pas écrire durant des semaines. D’autres fois, j’écris 6 heures par jour. C’est vraiment aléatoire et je n’ai pas de rythme défini.

Votre plus belle émotion d’auteur ?
J’aime énormément retranscrire la colère dans mes écrits. Ce moment où le personnage va perdre son sang-froid ainsi que le contrôle de la situation. Je trouve ça assez jouissif.

Le livre qui vous a le plus marqué ?
Le Démon d’Hubert Selby JR. Un classique américain qui dépeint la lente descente aux enfers d’Harry, un homme bien sous tous rapports qui tente d’endiguer son addiction.

Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Temps de survie d’un homard dans un sac à main. (spoil alert : plus long qu’on le croit !)

Votre lieu de crime idéal ?
J’ai toujours entendu dire que les porcs pouvaient faire facilement disparaître un corps, alors je dirais dans une porcherie, mais je ne suis pas sûre de supporter l’odeur…

Votre arme du crime préférée ?
J’ai une petite préférence pour les armes blanches. Un couteau bien aiguisé qui entre dans les chaires molles, ça fait toujours son petit effet.

Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Ce qui me fait peur, c’est de savoir que mes histoires, aussi terribles soient-elles, seront toujours en-deçà de la réalité. L’être humain est capable de bien pire que mon imagination.

Votre pire cauchemar d’auteur ?
La page blanche. Pour une autrice de noir, c’est assez terrifiant.

Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Au rayon boucherie.

Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
La littérature dite blanche, mais je pense sincèrement que je ne pourrais pas m’empêcher de tomber dans le noir.

Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Et ensuite le silence, parce que c’est mon premier, c’est lui qui m’a fait devenir autrice. Lui et moi, avons une relation particulière.

Où vous sentez-vous chez vous ?
Dans une cave sombre et humide…


En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière ?

Je n’ai pas beaucoup d’actualités pour le moment. Je vais reprendre le chemin des salons un peu partout en France à partir de septembre et travaille tranquillement sur le troisième

Ne reste que la nuit fait partie de la sélection Hors-Concours (il est possible d’aller consulter la bibliothèque en ligne).

Toutes les infos sur le page Instagram de Rose Mallai

La chronique du dernier livre de Rose Mallai

Ne reste que la nuit de Rose Mallai
Ne reste que la nuit de Rose Mallai

L’auteure nous plonge dans un thriller psychologique d’une rare intensité, explorant les méandres de la mémoire traumatique avec une justesse saisissante. Entre passé et présent, secrets de famille et enquête policière, Rose Mallai tisse une intrigue complexe servie par une écriture d’une précision remarquable. Chaque personnage révèle ses failles avec une authenticité troublante, loin des clichés du genre. Une lecture qui marque et interroge, portée par une voix narrative d’une maturité impressionnante. Un livre qui confirme l’émergence d’un talent prometteur dans la littérature française contemporaine. À découvrir absolument !


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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