Anouk Shutterberg, la noirceur en haute définition
Quatre thrillers publiés entre 2021 et 2025, plusieurs prix littéraires et une adaptation audiovisuelle en chantier : Anouk Shutterberg s’est imposée en quelques saisons comme l’une des voix les plus singulières du thriller français contemporain. Membre du collectif Les Louves du polar, regroupement d’auteures francophones engagé pour la visibilité des voix féminines du roman noir, elle cultive un imaginaire âpre, traversé de violence et de troubles, qu’elle déploie d’une plume nerveuse et résolument visuelle.
Rien ne destinait pourtant cette juriste de formation à écrire des polars. Tavelloise d’origine, Anouk Shutterberg entreprend des études de droit jusqu’à l’obtention d’un master, puis enchaîne avec un master de communication et réalise un mémoire de fin d’études sur le marché de l’art. Passionnée par l’art contemporain, elle travaille ensuite dans plusieurs galeries parisiennes, un terrain qui nourrira directement son premier roman. En 2021, paraît chez Plon Jeu de peaux, thriller sur fond d’art contemporain, salué par le Prix Découverte de la Vouivre en 2022 puis le Prix Dora-Suarez du Meilleur Premier Roman en 2023, et actuellement en cours d’adaptation audiovisuelle.
La suite confirme l’élan. Bestial (Pocket) lui vaut le Prix Découverte de l’Iris Noir Bruxelles 2022, puis La Nuit des fous (Récamier 2023, Pocket 2025) décroche le Prix Noir sur Ormesson en 2023 et, plus récemment, le Prix Nouvelles Voix du Polar français décerné par les éditions Pocket en 2025. Son quatrième roman, In Extremis, paru le 13 mars 2025 dans la collection Récamier Noir, nous emmène en Savoie, sur les berges du torrent de la Leysse à Chambéry, où sont retrouvées des têtes de femmes maquillées et coiffées de couronnes d’edelweiss, dans un univers de sports extrêmes et de montagnes hostiles. Elle figure également au sommaire de Dérapages, recueil collectif des Louves du Polar publié chez Pocket le 5 juin 2025, dont les bénéfices sont reversés à l’association Cop1 Solidarités étudiantes.
Cinéphile assumée, l’auteure revendique l’influence de nombreuses références filmiques : Tarantino, David Fincher, Guy Ritchie, Lars von Trier, David Lynch. Ses polars se lisent autant qu’ils se regardent, comme un film ou une série, par séquences brèves et contrastées, avec un goût marqué pour les doubles faces, les puzzles narratifs et la part d’ombre tapie sous les apparences. C’est cette romancière au regard tranchant, attentive à la mécanique du suspense autant qu’à la mise en scène, que Le Monde du Polar a le plaisir d’accueillir aujourd’hui.
L’interview questionnaire de Anouk Shutterberg
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
J’utilise toujours l’ordinateur pour l’écriture mais je prends des notes manuscrites pour les dossiers en rapport avec l’intrigue sur laquelle je travaille.
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Couche trop tard et lève trop tôt.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
L’envie de faire partager mon imaginaire à mes lecteurs. Les embarquer dans une histoire sur laquelle ils n’ont aucune prise et les faire vivre une expérience sensorielle.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
En général les sorties de mes livres se font à une fréquence allant de 12 mois à 18 mois.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Les retours positifs des lecteurs bien sûr ! Mais aussi les échanges que nous pouvons avoir ensemble lors des salons et ou tables rondes.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Le livre qu’il m’a été le plus compliqué à écrire est la Nuit des Fous paru en 2023 car la genèse vient d’une histoire familiale douloureuse.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
L’épaisseur d’un billet de banque
Votre lieu de crime idéal ?
Tous les lieux isolés : carrière, forêt, hameau perdu…
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Votre arme du crime préférée ?
La manipulation psychologique.
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Jamais. En revanche je me demande toujours comment et pourquoi des idées bizarres surgissent sans crier gare au moment où j’écris.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
La chute.
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Une tueuse à gage.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Rayon des surgelés bien sûr, du côté des gros blocs de glace. Pas de traces 😉
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
Le noir pour une bonne petite torture psychologique.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Tous ceux que je n’ai pas encore écrits.
Où vous sentez-vous chez vous ?
Dans mon salon.
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
Un immense merci à tous pour l’accueil que vous m’avez réservé à la sortie de 14 minutes et 2 secondes et pour la visibilité que vous m’avez donné. C’est tellement précieux. Pour les projets, j’ai déjà bien avancé sur mon prochain livre. J’aborde un univers très différent toujours dans un genre de noir que je n’ai encore jamais lu. Bref, top secret
Plus d’infos sur Instagram : @anouk.shutterberg
Page officielle : leslouvesdupolar.fr/anouk-shutterberg
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.




















