Les Faucheuses 2 de Céline Raphaëlle : un thriller dystopique qui monte d’un cran

Les Faucheuses 2 de Céline Raphaelle

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Un second tome qui reprend là où le premier s’est arrêté

Céline Raphaëlle ne s’accorde aucune période de grâce. Le tome 2 des Faucheuses s’ouvre sur une scène déjà tendue, déjà chargée, sans préambule ni rappel condescendant destiné aux lecteurs étourdis. Ceux qui ont refermé le premier volume avec l’impression d’une mèche allumée retrouvent ici exactement ce sentiment, la combustion en plus. Ce parti pris narratif, qui suppose une fidélité totale au lecteur ayant fait le voyage depuis le début, confère à ce second opus une densité immédiate assez rare dans les séries françaises de fiction spéculative.

Ce que le tome 1 avait semé avec soin, jalonnant son récit de silences habités et de secrets soigneusement enfouis, le tome 2 commence à le récolter. Tico et Zinnie, ces deux orphelins que le destin a réunis dans une quête qui les dépasse, se retrouvent confrontés à des révélations qui ébranlent leurs certitudes les plus fondamentales. Skyler, personnage introduit dans le volume précédent sur une note ambiguë, prend ici une tout autre dimension. Ses aveux reconfigurent plusieurs éléments que le lecteur croyait tenir, et cette redistribution des certitudes est précisément ce qui maintient l’attention en éveil.

L’auteure réussit quelque chose de techniquement délicat : écrire un tome qui fonctionne comme une continuation organique et non comme un simple prolongement mécanique. On ne lit pas une suite, on habite la même histoire, plus profonde, plus ramifiée. Le monde du Nouveau Monde, ce futur post-2050 où l’immortalité a bouleversé jusqu’aux fondements moraux de la société humaine, gagne en consistance sans jamais alourdir le propos. Chaque élément de contexte arrive porté par l’action ou par les émotions des personnages, jamais posé à plat comme une notice d’information. C’est dans cet équilibre entre continuité et progression que Les Faucheuses 2 affirme sa propre identité au sein de la saga.

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Les Faucheuses 2 Céline Raphaelle
Les faucheuses Céline Raphaëlle Tome I
Les Faucheuses 2 de Céline Raphaelle

Des révélations en cascade qui redistribuent les cartes

Le moteur dramatique de ce second tome repose sur un art du dévoilement progressif, où chaque confidence arrachée en entraîne une autre, plus lourde encore. Skyler, figure trouble héritée du tome précédent, occupe rapidement le devant de la scène en livrant des informations que Tico et Zinnie n’attendaient pas. Ce qu’elle révèle sur Rognard, sur ses propres mensonges partiels, sur ce qu’elle a réellement vu et tu, oblige le lecteur à recomposer mentalement plusieurs séquences du premier volume. Céline Raphaëlle maîtrise ici un procédé narratif exigeant : faire vaciller des certitudes sans jamais donner l’impression de tricher avec son propre récit.

L’affaire Flavia Amaryllis constitue l’une des pièces maîtresses de cette mécanique révélatrice. Morte dans un monde officiellement immortel, cette jeune victime dont le meurtre a été délibérément étouffé par des instances corrompues cristallise toute l’hypocrisie du Nouveau Monde. Reina, la représentante européenne au Conseil Planétaire et sœur de Luna, fouille les dossiers classifiés du Registre Général avec une obstination mêlée de culpabilité, comprenant progressivement que le système qu’elle a contribué à construire porte en lui des zones d’ombre bien plus profondes qu’elle ne le soupçonnait. Ce fil judiciaire et politique, tissé en parallèle de la quête des jeunes protagonistes, donne au roman une dimension supplémentaire qui élargit considérablement la focale narrative.

Ce qui frappe dans ce jeu de révélations, c’est leur ancrage dans le réel émotionnel des personnages. Aucune information ne tombe du ciel comme un simple dispositif de plot. Chaque vérité mise à nu provoque une réaction en chaîne, une remise en question, une colère ou un silence qui en dit plus long que n’importe quelle explication. La scène où Zinnie apprend qu’on lui a sciemment dissimulé une demi-vérité illustre parfaitement cette approche : la révélation compte moins que ce qu’elle déclenche chez elle, cette brûlure caractéristique de la trahison. Raphaëlle écrit moins des révélations que des tremblements intérieurs, et c’est précisément ce choix qui transforme un roman à suspense en quelque chose de plus complexe et de plus durable.

Les origines communes : une toile tissée dans l’ombre

C’est Kyle, grand reporter à la fois agaçant et indispensable, qui fait basculer l’enquête dans une autre dimension. Ce qu’il dépose sur la table, au terme d’un travail d’investigation mêlant Registre Général, Dark Net et web scraping, dépasse largement ce que Tico et Zinnie espéraient trouver. Les parents des trois protagonistes, Aileen Walsh, Zia et Mattia Mancini, Adam Bernard, n’étaient pas seulement des victimes d’incendies criminels reliés par une coïncidence macabre. Ils s’étaient tous croisés, des années plus tôt, au sein d’une même équipe archéologique dirigée par un certain Aksel Pedersen, avant de démissionner les uns après les autres dans des délais trop rapprochés pour être fortuits. Cette découverte transforme le récit : ce qui ressemblait à une enquête sur des disparitions devient soudainement quelque chose de bien plus vaste et de bien plus ancien.

La fouille en Ancienne Mésopotamie, point de convergence de toutes ces trajectoires brisées, flotte au-dessus du roman comme une zone d’ombre que personne ne parvient encore à éclairer complètement. Les dossiers ont été effacés. Les traces numériques, soigneusement oblitérées. Mochi elle-même, pourtant dotée de capacités de recherche qui surpassent les IA ordinaires, se heurte à des murs. Ce vide documentaire volontaire est en lui-même un indice, la preuve que quelqu’un a eu intérêt à ce que personne ne remonte jusqu’à là. Raphaëlle utilise l’absence d’information avec autant d’habileté que sa présence, transformant les lacunes du récit en moteur de tension.

Ce qui rend cette piste particulièrement saisissante, c’est qu’elle relie des destins que tout semblait séparer. Un serveur irlando-espagnol de Nouvelle Barcelone, une influenceuse rebelle, un musicien de cirque : trois êtres que rien ne prédisposait à se retrouver, portant chacun sans le savoir une moitié du même secret. Le pendentif de Tico, symbole de l’infini coupé en deux, prend ici une résonance nouvelle, celle d’une promesse brisée dont on ignore encore la nature exacte. Céline Raphaëlle construit patiemment une mythologie personnelle autour de ses personnages, et c’est dans ce chapitre que l’on commence à percevoir l’ampleur de l’édifice qu’elle a entrepris de bâtir.

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Tico et Zinnie : deux caractères qui s’apprivoisent

Si l’intrigue avance à un rythme soutenu, c’est la relation entre Tico et Zinnie qui constitue le véritable pouls émotionnel du roman. Raphaëlle prend le temps, dans ce second tome, de laisser ces deux tempéraments si dissemblables se découvrir autrement qu’à travers l’urgence et la méfiance. La scène des achats de Noël dans les rues d’Ancienne Rome en est l’illustration la plus nette : loin des camions Erwan et des révélations fracassantes, ils errent de boutique en boutique, débattent du cadeau à offrir à une IA, hésitent sur ce qu’on doit à quelqu’un qu’on n’arrive pas encore à pardonner. Ces moments de respiration ne ralentissent pas le récit, ils lui donnent sa profondeur.

Zinnie, qui avait accueilli Tico avec une hostilité tranchante dans le premier tome, laisse filtrer ici quelque chose de plus fragile sous son vernis d’insolence. Sa façon de reconnaître, maladroitement mais sincèrement, qu’elle l’a jugé trop vite, qu’elle aurait dû regarder plus loin que ses propres blessures, dit beaucoup sur le chemin parcouru. Tico, de son côté, n’incarne pas la bienveillance facile du personnage sans aspérités. Il ressent, il hésite, il se fait violence pour ne pas laisser ses émotions déborder là où elles compliqueraient tout. Cette retenue, qui n’est jamais de l’indifférence, lui confère une densité psychologique que Raphaëlle construit avec une économie de moyens remarquable.

Ce qui rend leur évolution convaincante, c’est précisément que l’auteure refuse le raccourci sentimental. Leurs échanges gardent leurs aspérités, leurs silences restent habités d’une ambiguïté que ni l’un ni l’autre ne cherche à résoudre à la légère. Zinnie qui retrouve son cahier d’enfance, Tico qui choisit un cadeau de broderie pour quelqu’un que Zinnie ne supporte pas : ces petits actes révèlent deux caractères en train de se calibrer l’un à l’autre, d’apprendre le langage de l’autre sans renoncer au leur. Dans un roman où les enjeux collectifs sont considérables, cette intimité à deux voix offre un ancrage humain qui empêche l’histoire de se perdre dans sa propre ambition.

Ciaran et Sherri : le versant obscur du récit

Pendant que Tico et Zinnie arpentent les rues d’Ancienne Rome à la recherche de vérités enfouies, une autre histoire se déroule en parallèle, plus sombre, plus étouffante. Ciaran Aagney, écrivain au charme suave que le lecteur a entrevu dans le premier tome, révèle ici la pleine mesure de ce qu’il est réellement. Chef d’une organisation sectaire agissant dans les angles morts du Nouveau Monde, il incarne une vision radicale et glaçante de ce que l’immortalité aurait dû, selon lui, enseigner à l’humanité. Raphaëlle construit ce personnage avec une intelligence narrative certaine : Ciaran ne hurle pas, ne menace pas avec grossièreté. Il convainc, il enveloppe, il oriente. Et c’est précisément cette douceur maîtrisée qui le rend inquiétant.

Sherri est sa creation la plus accomplie et sa victime la plus déchirante. Adolescente endoctrinée depuis l’enfance dans une idéologie qui lui a coûté ce qu’elle avait de plus précieux, elle traverse ces chapitres comme une somnambule lucide, consciente par intermittence de l’abîme dans lequel on l’a poussée mais incapable d’en trouver le bord. Raphaëlle traite la mécanique de l’emprise avec une acuité qui évite tout sensationnalisme. La berceuse en gaélique qui hante Sherri, la main bandée par Gigi, ce geste de soin reçu d’une inconnue et qui plante en elle un doute salvateur : autant de détails qui dessinent une âme fracturée cherchant, sans se l’avouer, une issue que personne ne lui a encore montrée.

Ce duo, antagoniste dans sa nature mais tragique dans sa forme, remplit une fonction essentielle dans l’architecture du roman. Il rappelle que le Nouveau Monde de Raphaëlle n’est pas seulement menacé de l’extérieur par des dysfonctionnements politiques ou des secrets archéologiques. Il porte en lui des blessures humaines que l’immortalité n’a pas guéries, au contraire. Ciaran a compris cette faille et l’a transformée en arme. Face à des protagonistes qui cherchent la vérité pour reconstruire, il incarne ceux qui utilisent la vérité, ou du moins leur version de celle-ci, pour détruire. Ce contrepoint idéologique donne au récit une tension philosophique qui le distingue du simple thriller d’action.

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Un paquebot, un Sommet, deux histoires qui convergent

Le paquebot En god evighet, ce palace flottant convoqué pour accueillir le Sommet du Conseil Planétaire, fonctionne dans le roman comme un espace de convergence narrative autant que géographique. Reina Llorente y monte avec sa robe rouge, son code d’accès dissimulé dans le faux rubis de son collier et la certitude qu’elle devra se battre seul contre presque tous pour faire ratifier son projet de résolution sur l’immortalité. Gigi, médecin tirée au sort parmi les convives civils, y embarque sans se douter qu’elle va se retrouver au carrefour de plusieurs destins simultanément. Raphaëlle réunit ainsi sur un même pont des personnages dont les trajectoires s’ignoraient encore quelques chapitres plus tôt, créant une configuration dramatique tendue comme un câble avant la rupture.

Ce qui rend cette séquence particulièrement efficace, c’est la façon dont l’auteure fait coexister plusieurs niveaux de réalité à bord du même navire. En surface, les lustres en cristal, les tapis de velours, les cocktails de bienvenue et les sourires obligatoires des représentants composent un tableau de pouvoir policé, presque irréel dans sa sophistication. Mais sous cette façade diplomatique, les fractures sont partout. Reina surveille Yegor du coin de l’œil. Demyan veille avec l’attention d’un homme qui sait que quelque chose va se produire sans pouvoir dire quoi ni quand. Et Gigi, avec sa simplicité directe et son instinct de médecin habitué à lire ce que les gens cachent, perçoit des choses que les protocoles du Conseil empêchent ses membres de voir.

La rencontre entre Reina et Gigi, brève, chargée de sous-entendus et menée sur le fil de ce que chacune peut ou ne peut pas dire en public, illustre parfaitement la technique narrative de Raphaëlle dans ces chapitres. Tout se joue dans les marges, dans ce qui est murmuré plutôt que déclaré, dans un échange de bises où transitent des informations capitales. Pendant ce temps, à plusieurs centaines de kilomètres de là, Tico et ses compagnons vivent leur propre course contre la montre. Ces deux lignes narratives, longtemps parallèles, commencent ici à se rapprocher avec la lenteur inexorable de deux plaques tectoniques dont on devine, avant même le choc, que leur rencontre sera décisive.

L’action prend le dessus : du camion Erwan au chaos du navire

Il arrive un point dans Les Faucheuses 2 où la tension accumulée sur des chapitres entiers cesse d’être contenue et se déverse dans une série de séquences d’action qui changent radicalement la nature du récit. L’arrestation du groupe par la milice du Conseil Planétaire et leur transfert dans l’un des redoutés camions Erwan, ces véhicules dont les passagers ne reviennent jamais, constituent le premier vrai basculement. Enfermés dans le noir, menottés, incapables de voir ce qui se passe à l’extérieur, Tico et ses compagnons n’ont pour seules armes que leur ingéniosité et Mochi, dont les capacités de piratage deviennent soudainement bien plus précieuses que n’importe quelle arme à feu. Raphaëlle gère cette claustrophobie narrative avec précision, distillant la menace par le son avant de la laisser exploser par la lumière.

Ce qui distingue ces séquences d’une simple succession de coups de théâtre, c’est que chaque personnage y révèle quelque chose de lui-même sous la pression. Tico, qui a longtemps semblé chercher ses marques dans ce monde qui le dépasse, prend naturellement la tête du groupe au moment où tout vacille. Kyle, aussi cassant dans ses relations humaines qu’il est rigoureux dans son travail, trouve dans l’urgence une forme de cohérence qu’il peine à afficher en temps normal. Zinnie, elle, confirme ce que le lecteur pressentait depuis plusieurs chapitres : sous l’insolence et les angles vifs, il y a quelqu’un de solide. Pendant ce temps, à bord du paquebot, le chaos s’installe selon une chorégraphie tout aussi précise, où les convives armés surgissent avec une synchronisation qui dit tout sur le niveau d’organisation de ceux qui tirent les ficelles.

Raphaëlle prend soin de ne pas faire de ces séquences un simple spectacle. La violence y est présente, brutale par endroits, mais jamais gratuite. Elle a des conséquences, elle laisse des traces, elle oblige les personnages à faire des choix qui les engagent au-delà de l’instant. La chambre forte où se barricadent les représentants du Conseil, le couloir du paquebot où les certitudes s’effondrent une à une, le pont balayé par les tirs : ces espaces confinés fonctionnent comme des révélateurs humains autant que comme des décors d’action. C’est dans l’étau que les masques tombent, et Raphaëlle le sait.

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Les Faucheuses 2, un deuxième souffle qui ouvre grand les portes du troisième tome

Ce second volume accomplit ce qu’on est en droit d’attendre d’un tome central dans une trilogie : il approfondit sans piétiner, il accélère sans bâcler, il répond à certaines questions tout en en posant de nouvelles dont on sent qu’elles seront le cœur battant du volume suivant. La piste archéologique en Mésopotamie, les ramifications du Conseil Planétaire, l’identité réelle de Ciaran et les contours encore flous de son organisation, autant de fils que Raphaëlle laisse délibérément ouverts, non par négligence narrative, mais parce que la saga qu’elle construit a visiblement une architecture réfléchie. On referme ce tome avec cette sensation particulière d’avoir avancé considérablement tout en se tenant au bord d’un précipice dont on n’aperçoit pas encore le fond.

La réunion tant attendue entre les protagonistes et leurs tuteurs disparus, Rognard et Luna, constitue un moment d’une intensité émotionnelle sobre et juste. Raphaëlle évite l’excès de pathos que cette scène aurait pu facilement générer. Les retrouvailles sont chaleureuses, soulagées, mais immédiatement rattrapées par l’urgence de ce qui reste à comprendre et à affronter. Cette économie sentimentale dit beaucoup sur la maturité avec laquelle l’auteure traite ses propres personnages : elle leur accorde leurs émotions sans les y noyer, leur laisse leurs secrets sans les transformer en énigmes gratuites. Tico et Zinnie, au terme de ce voyage qui les a profondément transformés, ne sont plus tout à fait les mêmes que ceux qu’on avait appris à connaître, et c’est là le signe que la narration a accompli son travail.

Au fond, Les Faucheuses 2 confirme que Céline Raphaëlle a conçu bien plus qu’une histoire de disparitions dans un monde immortel. Elle a bâti un récit sur la transmission, sur ce que les parents font peser sur leurs enfants sans le vouloir, sur ce que les secrets d’une génération coûtent à la suivante. Le troisième tome, dont on devine qu’il devra répondre à des questions accumulées avec patience et méthode sur deux volumes, s’annonce comme une échéance narrative incontournable pour tous ceux qui ont suivi Tico et Zinnie jusqu’ici. La mèche est allumée. Il ne reste plus qu’à attendre l’explosion.

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Mots-clés : Dystopie, Immortalité, Thriller français, Saga, Quête identitaire, Suspense, Secte


Extrait Première Page du livre

 » Chapitre 1

— Comment ça, mon père le savait ?

Tous les quatre formaient un carré. Les attentions de Tico, Zinnie et Momo étaient rivées sur Skyler.

— Qui nous dit que tu ne nous racontes pas un autre mensonge ? cracha Zinnie, une fois la surprise passée, ôtant les mots de la bouche de Tico.

— Je sais que vous n’avez aucune raison de me croire, mais cette fois-ci, je ne mens pas. Pourquoi le ferais-je ? Cette planque est la seule que je possédais et je ne peux plus y retourner.

— Bouhou, on va se sentir désolés pour toi, railla Zinnie, méprisante.

— Poursuis ! s’énerva Tico, à bout de patience.

Skyler hésita. Momo lui fit signe de continuer.

— C’est arrivé il y a deux mois environ. J’étais à la Brasserie Saint-Louis quand un individu m’a abordée. Son nom était Rognard Acostar et il s’est présenté comme policier. Je savais qu’il n’était pas d’ici en raison de son accent anciennement espagnol. J’étais sur mes gardes, car je croyais qu’il avait tout découvert par rapport à ce que je faisais. Je me trompais. Il m’a d’abord posé des questions en rapport avec la maison de Momo. Sur ses habitants, si je savais ce qui s’était produit cette nuit-là, si j’avais idée de l’endroit où se trouvait l’enfant qui avait survécu à l’incendie. Je lui ai répondu que non et c’était le cas. J’avais entendu dire que le cirque avait fermé. Cela faisait un an que je n’avais pas eu de tes nouvelles, ajouta-t-elle en s’adressant au concerné, le regard noir. Tu n’as pas non plus cherché à en obtenir.

— Tu es absolument certaine que l’homme qui t’a abordée est celui sur la photo ? réitéra Tico en ressortant son téléphone.

Skyler le confirma. Une vague chaleur d’espoir mêlé à de l’appréhension s’empara de son être. « 


  • Titre : Les Faucheuses 2
  • Auteur : Céline Raphaëlle
  • Éditeur : Librinova
  • Nationalité : France
  • Date de sortie : 2025

Résumé

En 2058, dans un monde où l’humanité a vaincu la mort huit ans plus tôt, Tico et Zinnie poursuivent leur quête pour retrouver Rognard et Luna, disparus sans explication. Guidés par des révélations successives sur leurs origines communes et sur des crimes soigneusement étouffés, ils remontent une piste qui plonge ses racines bien avant leur naissance, jusqu’à une mystérieuse fouille archéologique en Ancienne Mésopotamie dont quelqu’un a effacé toutes les traces.
Pendant ce temps, le Conseil Planétaire réunit ses représentants à bord d’un paquebot pour un Sommet décisif, ignorant qu’une organisation sectaire menée par Ciaran Aagney a infiltré l’événement avec une précision redoutable. Les deux lignes narratives, celle des jeunes protagonistes et celle du pouvoir en crise, convergent vers une confrontation dont personne ne sortira indemne, et qui laisse entrevoir, pour le troisième tome, des révélations d’une tout autre ampleur.

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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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Les avis

Merci à vous, Céline, pour cette saga qui mérite amplement qu’on s’y attarde !

février 23, 2026

Bonjour Céline, merci beaucoup pour ce retour qui fait vraiment plaisir ! C’est toujours un exercice particulier que d’analyser une œuvre, et je suis heureux que les angles choisis aient correspondu à ce que vous avez voulu construire. Ce qui rend votre saga passionnante à chroniquer, c’est précisément cette densité narrative que vous évoquez : chaque détail a sa raison d’être, chaque personnage porte quelque chose qui va au-delà de sa simple fonction dans l’intrigue. On le sent en lisant, et cela se confirme quand vous dites que tout a été pensé en amont. Les lecteurs du Monde du Polar qui ne connaissent pas encore Les Faucheuses ont désormais toutes les raisons de se lancer, et ceux qui ont déjà lu le tome 1 savent qu’ils ne peuvent pas s’arrêter là. Bon courage pour la suite de l’écriture du tome 3, nous l’attendons avec impatience !

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Manuel

Chronique très détaillée et professionnelle

février 23, 2026

Bonjour je vous remercie pour cette chronique! Vous avez touché du doigt tous les détails que je voulais mettre en place et je suis ravie que cela vous ait plu! Très professionnel!

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Céline Raphaëlle