Le Balto, la Maison et le jeu du qui perd gagne
Il existe dans ce roman un lieu que ses occupants ne désignent jamais autrement que par « la Maison ». C’est un commissariat parisien, et l’on y trouve, au troisième étage, une grande salle aux bureaux doubles où travaille la Brigade des crimes et délits sexuels. Louise Mey y installe une petite tribu dont on retient très vite les visages : le commissaire Blondeau et sa chemise éternellement froissée, Éliès et ses cheveux de neige, Favier et Audain qui forment un tandem soudé, Daumet qui soulève de la fonte au sous-sol quand un dossier lui reste en travers, l’immense Martin aux gestes économes, la fine Élise Wantz et la longue cicatrice en croissant de lune qui lui barre la joue. À l’accueil veille Laëtitia Lamarche, aux entrailles du bâtiment règne Vivian, cheffe des techniciens de scène de crime, dont la sécheresse professionnelle cache une bienveillance de contrebande.
À quelques mètres de là, au bout de la rue, le Balto tient lieu de sas collectif. Le patron sert généreusement, cuisine correctement, et se révèle incapable de préparer un cocktail dont la complexité dépasserait le Picon-bière, si bien que Martin passe lui-même derrière le comptoir pour confectionner les mojitos. C’est là que se joue chaque soir le rituel maison, ce concours cynique baptisé le jeu du qui perd gagne : celle ou celui qui a traversé la pire journée offre la tournée. Sous couvert de blague noire, le tour de table fonctionne comme une consultation collective, une soupape, une manière de déposer un peu du limon amer que chacun charrie.
La grande réussite de ces pages tient à la densité de ce collectif. Rien n’y est décoratif : Polaski, le brigadier épais dont la beauferie coule de la tête à la bouche comme un ruisseau sans barrage, sert de baromètre involontaire à l’équipe, puisqu’il énonce à voix haute ce que le tribunal entendra plus tard sous une forme mieux habillée. On grignote du cake aux amandes préparé la veille, on partage un distributeur de café infect, on se protège les uns les autres avec maladresse. Cette humanité de bureau, faite de rituels minuscules et de solidarités tacites, donne au roman son ancrage et sa chaleur.
Alexandra Dueso, le chignon et les Post-it
Elle s’appelle Alexandra Dueso, tout le monde la nomme Alex ou Dueso, et le lecteur apprend à la reconnaître à deux gestes. Le premier consiste à lever les bras pour refaire cet éternel chignon qui lui sert de contenance, de temporisation, de manière polie de gagner trois secondes de réflexion. Le second consiste à griffonner. Alex tient des carnets, couvre des Post-it, persuadée qu’elle retient mieux ce qu’elle inscrit sur du papier, et son bureau finit par ressembler à un banc de coraux administratif où s’accumulent les prénoms de celles dont elle ne s’est pas occupée. Cette bureautique intime dit tout d’elle : une femme méthodique, débordée, rongée par la conviction de négliger perpétuellement quelqu’un.
Sa vie tient dans des cases qu’elle a soigneusement étanchéifiées. Une semaine avec sa fille Ana, dix ans, partagée en garde alternée avec Samuel, une semaine avec Marco Cantera, son coéquipier devenu amant, qu’elle surnomme son « Mi-Temps » et dont elle refuse obstinément d’annoncer l’existence à la brigade. « Je compartimente », affirme-t-elle, et le roman va patiemment montrer les cloisons se fissurer. Louise Mey excelle à saisir l’épuisement par ses signes périphériques : le café bu le nez dans le bol, les lectures de sociologie qu’elle traîne jusque dans une chambre d’hôtel, la tentation ancienne des canettes alignées, la sensation que le temps ne s’écoule plus en ligne droite mais en remous.
Ce qui rend Alex attachante, c’est qu’elle n’a rien d’une héroïne surplombante. Elle achète ses chaussettes par lots de dix, mange des chips debout devant l’évier, rate son crumble et appelle son père pour comprendre pourquoi. Elle cite des statistiques à tout propos, agace parfois ses interlocuteurs, se déteste de penser à une crème antirides à deux cents euros le pot. Face à sa fille qui grandit trop vite, elle rêve de la ranger dans une grosse boîte remplie de papier bulle et sait très bien que la solution est irrecevable. Cette fragilité méthodique, cette lucidité fatiguée, installent une voix singulière que l’on suit avec un attachement croissant.
Quatre jours de neige à Val d’Issoye
Marco réserve, Alex accepte, et les voilà tous les trois dans un van conduit par Théo, jeune guide au visage déjà marqué par la montagne, en route vers un hôtel de moyenne altitude au nom modeste : le Val d’Issoye. L’établissement a connu une vie antérieure de colonie de vacances, cela se voit au vert terne des lits superposés en tubes métalliques, au linoléum sombre, à la baignoire beige qui suffit pourtant à transformer un hôtel quelconque en palace aux yeux d’une Parisienne. Aurélie et Agathe, les deux associées quadragénaires qui ont racheté les murs cinq ou six ans plus tôt, assurent le service. Un cuisinier fait le pain, deux apprentis passent les plats, le Club des Chouettes occupe les enfants.
L’endroit vaut par sa population saisonnière, croquée avec un sens aigu de la vignette sociale. Une tablée de sexagénaires surnommés les Acharnés part marcher à l’aube et rentre patinée de soleil, jambes nues en plein octobre. Hervé et Catherine, parents de Maya, reviennent chaque année depuis la Suisse. Christelle, adolescente coincée entre les adultes assommants et les petits insupportables, séjourne là avec sa grand-mère. Un homme seul, coupe soignée et lunettes visiblement hors de prix, lit devant la baie vitrée. Ana, elle, se fait une amie en trente secondes et découvre, à la stupeur de sa mère, l’existence des essayages de tenues et des boums du samedi soir.
La montagne fournit à ces chapitres une matière physique remarquable. La falaise convexe qui semble à la fois protéger et menacer le bâtiment, le quartz qui accroche la lumière du matin, la forêt de pins qui ne s’annonce pas mais s’impose d’un coup, opaque et serrée, avec ce parfum résineux qui promet le silence des contes. Une randonnée tourne à la pluie glacée, la nuit apporte vingt centimètres de neige, et Alex se surprend à en porter une poignée à la bouche, geste d’enfance clandestine. Ces quatre jours volés respirent, mais quelque chose d’infime s’y dérègle, et le lecteur, comme Alex, l’enregistre sans encore savoir quoi en faire.
Un cahier gondolé tombé de la soupente
Le hasard prend ici la forme d’un panneau de contreplaqué. Ana et sa copine, en pleine séance d’essayages, délogent un pan entier du plafond mansardé de la chambre annexe, et déversent sur un matelas une épaisse couche de poussière. Suivent une inspection anti-amiante menée par téléphone avec la cheffe du laboratoire, un briquet, un morceau de bois qui s’enflamme dans une odeur de pin des Landes, et le nettoyage de l’ensemble. C’est en dégageant les débris qu’Alex sent sous ses doigts une matière différente : un cahier gondolé, poussiéreux, dont les pages s’ouvrent en éventail et dont l’intérieur est noirci de lignes au stylo à bille. Elle le glisse dans la poche arrière de son jean sans y penser.
Le journal appartient à une certaine « Élo », treize ans, qui l’a caché là pendant un séjour en colonie de vacances puis oublié au moment du départ. Louise Mey réussit alors un exercice de ventriloquie assez impressionnant : majuscules hurlantes, points d’exclamation en rafale, orthographe des grandes urgences, hiérarchies impitoyables de la cour de récréation. Élodie et ses deux meilleures amies, Lalie et Tatoune, y règnent en souveraines cruelles, martyrisent une animatrice rebaptisée « Détends-toi, Joséphine », affublent une camarade taciturne du sobriquet de Dracula, s’attendrissent sur un petit surnommé Petibo, et détaillent les mérites comparés des garçons de leur tranche d’âge avec une férocité désarmante.
Ce document devient pour Alex un bonbon qu’elle fait durer, une capsule de légèreté qu’elle s’accorde le soir, blottie dans son lit, entre deux essais sur l’amnésie traumatique. Elle rit, commente à voix haute, juge, s’autorise face à ces pages les réactions qu’elle s’interdit au travail. Elle y cherche aussi, plus obscurément, un mode d’emploi pour comprendre sa propre fille dont les soupirs se font annonciateurs. Le lecteur partage cette gourmandise, puis la sent virer, page après page, à quelque chose de plus tendu. Vouloir rendre le cahier à sa propriétaire devient une petite enquête privée, glissée dans les interstices d’un quotidien professionnel saturé.
La pyramide d’Éliès
Un soir au Balto, le doyen de la brigade sort un carnet de sa poche et trace un grand triangle sur une page vierge. Au sommet figure ce que tout le monde condamne sans réfléchir : les viols, les meurtres sexistes, les violences conjugales. En dessous s’étagent les zones où le quidam moyen commence à dire « oui, mais » : les relations fondées sur le contrôle, les frotteurs, les mains qui s’imposent. Plus bas encore, les remarques, les insultes, les gestes réputés anodins. La démonstration d’Éliès tient en une phrase : le pire s’appuie sur le moins pire et y prend racine. Cette pyramide fournit au roman sa colonne vertébrale intellectuelle, et Louise Mey s’emploie ensuite à en illustrer chaque étage.
L’illustration commence par le bas et par le plus intime. Une conversation téléphonique avec sa fille apprend à Alex que des garçons de CM2 tirent les jupes des filles pendant la récréation, et l’entrevue avec le directeur de l’école tourne au dialogue de sourds, entre « ce sont des jeux » et « c’est les garçons, ça », jusqu’à ce que le mot « harcèlement » fasse enfin dresser l’oreille. Suivent, au fil des mois, une femme de cinquante-deux ans qui découvre grâce à une affiche de prévention ce qu’elle subit depuis des années, une collégienne persuadée d’aimer un adulte, une jeune femme sans abri que la rue a rendue invisible, une héritière battue à mort dans un immeuble cossu. Chacune ouvre une porte différente sur le même édifice.
Le roman ne s’arrête pas aux agresseurs. Il examine avec une froideur documentée ce qui vient après : les ordonnances de restriction parfaitement tamponnées, les requalifications au correctionnel pour désengorger les tribunaux, les magistrats dont la jurisprudence fait grincer des dents, les avocats qui plaident le coup de folie ou la maturité précoce des enfants. Il regarde aussi les petites lâchetés ordinaires, le directeur régional qui n’était là que deux jours par semaine, la gardienne d’immeuble qui trouvait le fiancé si poli. Aucune de ces pages ne se transforme en tract : la démonstration passe par le concret, le détail vérifiable, la scène tenue.
Le sas, le mojito et le café au goût de pneu
« Il fallait un sas. Un moment. » Cette phrase, posée très tôt, éclaire à la fois le fonctionnement de la brigade et l’écriture elle-même. Marco boxe ou cuisine, Alex commente à voix haute les pages d’un magazine féminin avec une hargne assumée, Martin prépare des mojitos, Daumet part courir sous la pluie. Louise Mey adopte le même régime : elle ménage sans arrêt des respirations entre les blocs les plus durs. Un briquet allumé à la fenêtre d’une chambre d’hôtel, une crêpe marocaine au miel et au chèvre qui devient la meilleure de la vie d’Alex, un portemanteau qui se descelle dans un bruit mou d’étoffes et de découragement, un gâteau trop cuit validé par un père au téléphone.
Le café tient dans ce dispositif un rôle presque emblématique. La cafetière de la brigade est cassée depuis des lustres, personne ne l’entretient plus, et l’équipe se rabat sur le liquide noirâtre aux relents de caoutchouc brûlé du distributeur de l’étage. Il revient de chapitre en chapitre comme un refrain, tantôt supplice, tantôt réconfort, savouré comme un nectar les jours où une enquête avance. Cette attention aux textures du quotidien professionnel, aux sur-chaussures bleues qui donnent aux enquêteurs des allures de Schtroumpfs, aux formulaires de congés qui se figent, ancre le récit dans une matérialité désarmante de justesse.
Sur le plan de la phrase, l’écriture combine plusieurs régimes sans jamais donner l’impression de bricolage. Les dialogues, très nombreux, sonnent avec un naturel qui doit beaucoup à l’oreille : chaque membre de la brigade possède son débit, ses tics, ses silences. Le discours indirect libre laisse passer les pensées d’Alex en italique, souvent drôles, parfois violentes. Les statistiques s’intègrent au dialogue plutôt qu’à la démonstration. Et la comparaison, chez Louise Mey, frappe presque toujours juste : une migraine qui malaxe le lobe frontal avec l’allégresse d’un gamin écrasant de la pâte à modeler, une avocate dont les cheveux prennent des reflets de brasier en sortant du funérarium.
Loundja, fille de l’ogresse
Le titre du roman ne s’explique qu’une fois, tard, et presque en passant. Au sortir d’un verre partagé dans un café où l’on ne croise personne de la Maison, une collègue de la Brigade de protection de la famille corrige Alex qui l’appelait par son patronyme. Elle se prénomme Loundja. Le prénom est joli, remarque Alex. Réponse laconique : cela signifie « fille de l’ogresse ». La formule reste suspendue dans l’air froid de janvier, et Alex la retourne longtemps dans sa tête en rejoignant sa voiture. Voilà le geste central du livre : nommer, enfin, ce qui dévore.
Car les ogres sont partout dans ces pages, et jamais là où le folklore les avait rangés. Le roman répète que les violeurs ne sont ni des monstres, ni des fous, ni des inconnus tapis au fond d’une ruelle sombre, et qu’ils ressemblent à des voisins aimables qui disent bonjour, à des bénévoles qui puisent leur énergie dans le don de soi, à des surveillants charismatiques adorés du principal, à des maris que leur avocat décrit comme brisés par le chagrin. Les images de conte affleurent pourtant sans cesse, forêt de pins compacte comme une mer, meutes de bêtes perpétuellement affamées aux trousses d’une fille seule, chair fraîche convoitée, quelque chose qui se déchire et quelque chose qui se mange.
Ce que Louise Mey construit ici dépasse largement le cadre de l’enquête policière, sans jamais le renier. Il y a des scènes de crime, des vidéosurveillances à réclamer, des gardes à vue prolongées de douze heures, des empreintes partielles sur un fragment de plastique. Il y a surtout une femme qui range enfin son bureau, trie ses Post-it par ordre d’urgence, s’assoit par terre au milieu de ses dossiers en souffrance, et comprend que le projet massif qu’elle repoussait depuis des mois, c’était elle-même. Le lecteur referme le volume avec un cahier d’adolescente en tête, une pyramide dessinée au stylo sur une page de carnet, et cette étymologie qui continue de résonner longtemps après.
À lire aussi
Mots-clés : Les Ogres, Louise Mey, roman policier, violences sexuelles, brigade de police, thriller psychologique, Éditions Points
Extrait Première Page du livre
« SEPTEMBRE
1
Mardi 12 septembre
– Marre, lâcha Alex en se baissant.
En rentrant une heure plus tôt, elle avait laissé tomber sa veste sur le sol. Il faisait encore chaud et le vêtement l’avait encombrée toute la journée ; dès qu’elle avait passé la porte de chez elle, elle l’avait abandonné par terre. Elle avait aussi jeté son sac dans un coin de sa minuscule entrée, et retiré ses chaussures avec des grognements d’ourse maussade. Ensuite, elle avait traîné les pieds jusqu’à sa chambre, enfilé un bas de jogging râpé puis avait rejoint son canapé trop vieux, dans son salon trop petit, et s’était calée contre les coussins.
D’un geste mou, elle avait récupéré sur la table basse un magazine laissé par la baby-sitter d’Ana, et passé de longues minutes à commenter sa lecture à voix haute, avec une hargne assumée.
– « Notre sélection de crèmes antirides ». À deux cents balles le pot ? « Sculptez vos bras comme Wonder Woman ». Ah, ça y est, ça ne suffit plus d’avoir des bras qui servent à porter des trucs, maintenant. Quand j’étais jeune on complexait sur nos cuisses, nos ventres et nos seins, mais je suppose que ça ne vendait pas assez, il a fallu inventer autre chose, démultiplier les opportunités marketing ou je ne sais quoi. Un œuf en jade pour stimuler son… Son quoi ? Son yoni ??? Son YONI ?! Oh mon Dieu, elles se mettent ça dans le vagin. Marco, tu entends ? Qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Attends, des bains de vapeur aux huiles essentielles pour la VULVE ? Mais c’est hyper dangereux ! Et comment tu veux mettre de la vapeur dans… ah super, des bidets t’envoient ça directement sur les muqueuses. Merde, mais c’est pas fait pour être cuit en croûte d’herbes, c’est pas du filet mignon. Quelle fatigue. Sérieusement, j’ai besoin de vacances. Et ça, qu’est-ce que c’est encore… « Sexy en pyjama ». Mais enfin, foutez-nous la paix !
(« Sexy en pyjama », en particulier, l’avait fait soupirer.) Marco s’activait en cuisine. Les commentaires d’Alex ne semblaient pas l’affecter. Il savait sans doute qu’elle faisait ça pour ne penser à rien, pour achever la transition avec sa journée de travail. Le quotidien à la Brigade des crimes et délits sexuels exigeait ça. Il était bien placé pour le savoir : il en faisait partie. Il fallait un sas. Un moment. Pour sa part, Marco boxait, ou, comme aujourd’hui, cuisinait. Mais ce soir, entre Wonder Woman et le yoni, il avait cessé de ponctuer les commentaires d’Alex de « hm hm » de soutien.
Quand Alex s’était extirpée du canapé pour ranger les affaires qu’elle avait laissées en plan dans l’entrée, il était silencieux depuis un moment déjà.
Alex se releva, la veste à la main, accrocha le vêtement à la patère de l’entrée, rangea ses chaussures, ramassa son sac.
– Eh bien prends-en, alors, lança Marco, de la cuisine.
Alex passa la tête dans la pièce :
– Attends, je n’ai pas suivi, demanda-t-elle. Prendre quoi ?
– Des vacances. Prends des vacances. (Il hésita, absorbé un instant dans la contemplation des légumes qui cuisaient, puis poursuivit, fermement 🙂 Prenons des vacances. »
- Titre : Les Ogres
- Auteure : Louise Mey
- Éditeur : Éditions Points
- ISBN : 9791041430468
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 12/06/2026
- Nombre de pages : 432 pages
- Genre : Roman policier, thriller psychologique
- Sujets traités : Violences sexuelles, brigade de police, féminisme, adolescence, emprise, épuisement professionnel, maternité, institutions judiciaires
Page Officielle : louisemey.com
Résumé
Alexandra Dueso est officier à la Brigade des crimes et délits sexuels, dans un commissariat parisien que ses occupants appellent simplement « la Maison ». Elle élève sa fille Ana en garde alternée, entretient avec son coéquipier Marco une relation qu’elle refuse d’officialiser, et traîne une fatigue qui ne se soigne plus. Autour d’elle, une équipe soudée encaisse jour après jour : le commissaire Blondeau, l’immense Martin, Élise Wantz que l’un de ses dossiers ne lâche plus, et le vieil Éliès qui dessine un jour sur un carnet la pyramide expliquant comment le pire prend racine dans le moins pire.
Quatre jours de vacances dans un hôtel de moyenne montagne devaient offrir à Alex la coupure dont elle a besoin. Un pan de plafond mansardé s’effondre dans la chambre des enfants et libère un cahier oublié depuis des années : le journal d’une adolescente de treize ans partie en colonie de vacances. Alex se met à le lire le soir, comme une friandise, avec un plaisir un peu coupable. De retour à Paris, entre les dossiers qui s’empilent et les décisions qu’elle repousse, ces pages ne cessent de la rattraper.
D’autres articles sur Louise Mey

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.



















