Un archipel de dix-huit cailloux jetés dans l’Atlantique nord
Les sagas scandinaves racontent qu’Odin lança dix-huit pierres dans l’océan et que les Féroé en surgirent, divinement dressées. Caryl Férey s’empare de cette légende fondatrice pour construire un décor qui pèse de tout son poids minéral sur le récit. Cinquante mille habitants, le double de moutons en liberté, quatre millions d’oiseaux dont l’huîtrier-pie, emblème national : la statistique dit déjà l’essentiel du rapport de forces entre l’humain et le vivant sur ces terres.
Le romancier travaille ce territoire avec la patience d’un géologue. Montagnes pyramidales, cirques glaciaires, fjords étroits, prairies boréales, mégafalaises culminant à plus de sept cents mètres, villages aux toits herbeux garnis de séchoirs à poisson et à mouton : la description ne verse jamais dans la carte postale, parce qu’elle reste attachée aux conditions matérielles de l’existence. On comprend que la pénurie alimentaire fut longtemps endémique ici, que chaque lopin devait produire des pommes de terre pour ceux qui ne prenaient pas la mer, qu’au XIXe siècle les hommes de quinze à cinquante ans devaient encore livrer deux becs de corbeau aux autorités, brûlés le 29 juillet sur la Pierre aux corbeaux. Cette archéologie du quotidien nourrit tout ce qui suivra.
Férey n’oublie jamais le statut politique singulier de l’archipel, et il en fait un ressort narratif de premier ordre. Province autonome du Danemark, membre du Conseil nordique, les Féroé ne relèvent ni de l’Union européenne ni de l’espace Schengen. Les baleines sont protégées par la convention de Berne, que l’archipel n’a jamais signée. La police est danoise, la justice aussi ; tout le reste demeure l’affaire des autochtones. Cette configuration juridique crée une zone grise où le récit peut respirer, et l’auteur en exploite chaque interstice. La guerre du Hareng de 2013-2014, quand Bruxelles tenta d’imposer des quotas et alla jusqu’au boycott commercial, poussant l’archipel vers la Russie, les États-Unis, l’Islande et la Chine, n’est pas un décor historique gratuit : elle explique pourquoi ces îles regardent le continent avec méfiance, et pourquoi deux militants venus d’ailleurs y font figure d’intrus avant même d’avoir ouvert la bouche.
Deux voix, deux mondes : Gab l’apnéiste et Soren le policier exilé
Le roman avance sur deux jambes, et Férey a la sagesse de leur donner des démarches franchement différentes. Gab parle à la première personne, au présent, avec la nervosité d’un homme qui n’a jamais réussi à s’installer nulle part. Apnéiste sans diplôme, il suit un jeune cachalot de douze mètres dans l’océan Indien, reconnaissable à ses coquillages parasites et aux cicatrices laissées par les calamars géants, et cette relation muette entre un homme et un cétacé vaut toutes les déclarations d’intention écologistes. Sa phrase est courte, sensorielle, traversée de références musicales, Jeff Buckley dans les AirPods, les White Stripes, Bowie en épigraphe. Il ne produit pas de bulles, il descend en apnée pendant trois minutes jusqu’au bord de l’implosion, et cette manière de se dissoudre dans l’élément liquide dit tout de son rapport au monde des hommes.
Soren Barentsen occupe l’autre versant, raconté au passé, à la troisième personne, avec une gravité qui contraste utilement. Officier aux Homicides de Copenhague, passionné du résultat et du zéro-faute, il a demandé sa mutation aux Féroé après avoir découvert un orphelinat éventré par une explosion de gaz, un bain de chairs sanguinolentes où les visages terrorisés des petits cadavres l’attendent encore chaque nuit. Férey ne fait pas du policier traumatisé un poncif : il montre un homme qui tente méthodiquement de se reconstruire, apprend le sjavs avec les pêcheurs à la retraite, accepte les invitations aux courses de barques et à Jóansøku, sourit peu parce que trop de gosses cramés lui filent entre les dents.
L’alternance des deux voix produit un effet de tenaille remarquable. Gab arrive par la mer, dans le fracas ; Soren est déjà là, installé dans une lente rémission. L’un voit l’archipel avec les yeux de l’étranger, l’autre avec ceux de l’exilé volontaire qui commence à comprendre les codes sans jamais les partager tout à fait. Autour d’eux gravitent des figures solidement campées : Ayleen, capitaine irlandaise au cœur noir depuis la crise de 2008 et l’humiliation de son père devant sa maison saisie ; Julia, cheffe de mission Sea Shepherd France, fidèle à la ligne historique de Paul Watson contre les baleiniers ; Eirika Novak, journaliste au Sosialurin, jardinière obstinée et ironiste redoutable. Chacune existe pour elle-même avant d’exister pour l’intrigue.
Le Grindadráp, entre survie ancestrale et sport national contesté
Le titre du roman désigne cette chasse collective qui structure l’imaginaire féroïen depuis des siècles. Férey en expose la mécanique sans plaidoirie ni réquisitoire, en historien plutôt qu’en militant. La pratique s’est exercée à Terre-Neuve, au Groenland, aux Orcades, aux Shetland, mais elle ne s’est enracinée durablement qu’ici, où elle demeure considérée comme un sport national. Les modalités ont changé : bateaux à moteur et jet-skis ont remplacé les barques à rames, les téléphones portables et les sonars se sont substitués aux signaux de fumée et aux pierres jetées à l’eau pour rabattre les proies, et l’hélicoptère intervient parfois pour repérer les groupes de cétacés.
L’auteur confie l’exposé technique à Ingrun Johannsen, ancien marin de quatre-vingts ans qui transmet la tradition aux plus jeunes via l’Association des baleiniers. Le procédé est habile : plutôt qu’un chapitre documentaire plaqué, on reçoit ces informations par la bouche d’un vieux loup de mer autour d’un café, dans le baraquement de l’association. On apprend ainsi que le grindforeman choisit qui peut participer à la mise à mort, décide si la chasse peut avoir lieu et sous quelles conditions, qu’aucun baleinier n’en fait un métier, que la plupart se contentent de pousser les cétacés vers l’échouage. Bent Hansen, ancien ministre de la Pêche devenu président des baleiniers, tenait à des grinds propres, loin de l’holocauste décrit par les défenseurs de la cause animale et les réseaux sociaux.
Férey construit là une tension d’autant plus efficace qu’il refuse la caricature dans les deux sens. Soren, prudent, préfère ne rien penser du Grindadráp et n’y a jamais assisté ; Eirika, née sur l’archipel, refuse d’y assister mais se voit accusée de sensiblerie par les baleiniers quand elle relate leurs chasses dans son journal. Le romancier donne à voir une communauté qui se sait observée, jugée, filmée, et dont la susceptibilité collective devient elle-même un facteur de danger. La question posée n’est pas seulement celle de la légitimité d’une tradition, mais celle de ce qu’une petite société fait de son image quand le monde entier la regarde de travers.
L’ouragan comme point de bascule d’un huis clos insulaire
Il fallait un événement d’ampleur pour souder les deux trames et les enfermer ensemble. Férey choisit une tempête, et il la déploie avec une science du crescendo qui rappelle les meilleures pages maritimes du genre. Le baromètre chute, le vent passe de force 9 à 10, 11 et davantage, la visibilité se réduit sous les grains, puis les rafales dépassent cent cinquante kilomètres-heure avant d’atteindre deux cents. Les toits s’effritent, les panneaux de signalisation se dévissent, les poubelles tourbillonnent, un véhicule gît retourné dans un fossé sans conducteur. La météo, écrit sobrement l’auteur, a mal évalué l’attaque.
La construction narrative tire un profit maximal de cette catastrophe. L’électricité saute, l’antenne 5G est arrachée, les portables ne captent plus, le port de Tórshavn est dévasté, les quais submergés. L’archipel se retrouve coupé du monde extérieur au moment précis où il en aurait le plus besoin, et l’équipe de police danoise se réduit à deux hommes, le reste ayant profité du jour férié pour rentrer au pays. Voilà le huis clos parfait : quelques dizaines de kilomètres carrés de roche battue par les vents, plus de communications, plus de renforts possibles, et un cadavre qu’il faut bien ramener au sec roulé dans une couverture avec l’aide des jeunes du club de surf.
Ce que réussit particulièrement Férey ici, c’est de faire de la météorologie une force morale autant que physique. La violence des éléments menace de contaminer les hommes, et le roman guette précisément ce moment où la peur collective se transforme en rumeur, puis la rumeur en désignation de coupables. Les cétacés gisent pêle-mêle sur la plage de Tjørnuvík, la mise à mort ayant été écourtée par la soudaineté de la bourrasque, les remorques n’ayant jamais atteint le hangar de découpe. Cette image d’un rituel interrompu, laissé en suspens dans le sang et le sable noir, fonctionne comme une matrice d’où sortira tout le reste. L’ouragan ne fait pas que déplacer des toits : il déplace les certitudes, dénude les rancunes anciennes et rend brusquement visible ce que la communauté avait appris à ne pas regarder.
Quand la Pêcherie fait la loi : économie, dépendance et conflits d’intérêts
Sous la fresque naturaliste, Férey installe une charpente économique qui donne au roman sa densité de thriller social. La Pêcherie de Vestmanna, entreprise familiale née pendant la guerre quand Thomas Dalsen remplaça ses vieux chalutiers à vapeur pour approvisionner le Royaume-Uni malgré les sous-marins allemands, est devenue le premier pourvoyeur de travail de l’archipel : plus de six cents personnes, sans compter les équipages de la flotte. Aux Féroé, tout le monde connaît quelqu’un qui y travaille. Cette phrase, glissée par Eirika, condense un rapport de dépendance que le roman ne cessera d’explorer.
L’auteur documente précisément les fragilités de ce modèle. La crise des années 1990 avait déjà mis l’archipel à genoux, les ressources marines épuisées par la surpêche, les instituts bancaires en banqueroute, la Pêcherie sauvée in extremis par un prêt gouvernemental exceptionnel. Aujourd’hui, l’élevage intensif du saumon révèle ses propres impasses : soixante-quinze poissons sauvages pour en nourrir un seul, des granulés d’anchois et de sardines moulus mêlés à des farines de sang et à des plumes de poulet, des antibiotiques, des colorants, et une eau de fjord que la production pourrit inexorablement. Dale, le patron, développe des bassins terrestres à eau recyclée, solution d’avenir qui demande du temps et une communication adéquate. Férey décrit ce virage vert avec la même lucidité qu’il appliquerait aux compagnies pétrolières.
Le tableau politique complète l’analyse avec une justesse remarquable. Aux Féroé, la fonction ministérielle est perçue comme un service temporaire rendu à la société : pas de place de parking réservée devant le parlement, pas de logement de fonction pour le Premier ministre, des amendes de stationnement comme pour tout le monde. Cette probité affichée n’empêche pas les arrangements. Heri Petersen cumule le portefeuille de la Pêche et un poste d’ingénieur chez Dale, son ami. Le conflit d’intérêts est patent, et Eirika l’explique sans détour : sur un territoire aussi petit, il est inévitable, et si la Pêcherie va, tout va. Le romancier tient là son véritable sujet politique, bien plus retors qu’un affrontement entre écologistes et chasseurs.
Sonars, clics et hydrophones : Férey à l’écoute des cétacés
La grande singularité de ce roman tient à sa dimension acoustique. Férey ne se contente pas de placer des baleines dans le paysage : il tente de restituer leur monde sensoriel, et cette ambition traverse le livre de bout en bout. Les cachalots plongent à soixante mètres par seconde, jusqu’à mille mètres de profondeur, dans une obscurité totale où seuls les échos de leurs clics, captés par toute la famille, les orientent comme un GPS. L’écriture épouse cette physique sous-marine, avec un vocabulaire technique assumé, hydrophones, sonars, vibrations acoustiques, qui n’alourdit jamais la phrase.
Cette attention à l’écoute produit certaines des pages les plus fortes du volume. Gab décrit ses préparations à la plongée comme une discipline intérieure : faire le vide, maîtriser le souffle, ralentir la respiration, savoir percevoir le diffus, les graves et les aigus, devenir le double de l’animal pour flairer la moindre de ses réactions. Le vocabulaire emprunte au chamanisme sans jamais basculer dans l’ésotérisme facile, parce qu’il reste arrimé à une pratique corporelle vérifiable. Cette approche doit beaucoup à Pierre Robert de Latour, inventeur du protocole USEA pour des rencontres sous-marines douces et respectueuses, dont Férey reconnaît la dette dans sa note finale.
Le romancier laisse également affleurer un imaginaire féroïen qui dialogue avec cette écoute des profondeurs. Eirika évoque sans ironie les huldufólk, ces elfes qui surgissent de terre les jours de brouillard noir, et mentionne des îles où personne ne va parce qu’elles sont trop chargées. Elle n’est pas croyante, précise-t-elle, mais certains endroits ne se laissent pas expliquer. Férey travaille cette frange d’incertitude avec beaucoup de tact, sans jamais trancher entre le rationnel et ce qui lui échappe, et cette suspension nourrit une inquiétude sourde qui accompagne le lecteur. Le roman se place ainsi sous le patronage déclaré de Jean Malaurie, dont l’auteur dit chercher le lien manquant entre l’humain et le cosmos qui nous a créés, animalité et chamanisme comme pierres de balisage sur une route perdue.
La règle d’or des orques
Une question hante ce livre et lui donne son foyer secret : pourquoi les orques épargnent-elles les humains ? Ce prédateur capable de mettre à mort n’importe quelle créature aquatique dispose d’une ressource abondante, facilement accessible, et s’en abstient partout sur le globe. Férey énumère les hypothèses sans en privilégier aucune. Conscience de ce que nous sommes ? Grandeur d’âme qui nous considérerait comme des frères ? Peur des représailles ? Chair impropre à la consommation ? Équipements de plastique et de métal dissuasifs, ou comportement humain trop chaotique dans l’eau ? Tout se passe comme si les épaulards obéissaient à un commandement collectif strict, une règle d’or observée en tout point de la planète.
Le roman retourne alors le miroir vers nous. Les dieux monothéistes ont nié aux hommes leur statut d’animal, écrit Gab, et l’ultime tabou de notre espèce n’est pas tant de manger un autre humain que d’être mangé, comme n’importe quelle proie. On tue les serpents, les araignées venimeuses, les requins, sous prétexte qu’ils pourraient le faire. L’homme moderne élimine ses prédateurs par prévention ou par refus de cohabiter, en souvenir de la proie qu’il fut. Certains peuples n’ont pas cette terreur : en Sibérie, les vieux vont mourir en forêt pour restituer leur corps au biotope, pour que la chair circule et boucle la boucle. Cette réciprocité manque à l’Occident, et le roman fait de ce manque son véritable objet.
Grindadráp confirme la place de Caryl Férey parmi les romanciers capables de faire tenir ensemble une enquête tendue, une documentation solide et une réflexion de fond sans que l’une écrase les autres. La construction en tenaille, l’alternance des voix, l’usage de la catastrophe climatique comme accélérateur dramatique, la précision du dossier économique et politique féroïen : tout concourt à un objet dense, tenu de bout en bout. La note finale éclaire d’ailleurs le projet, présenté comme un double tombeau au sens littéraire du terme, hommage à Jean Malaurie et à Pierre Robert de Latour. Reste, une fois le livre refermé, cette image d’une baie noire d’animaux et d’hommes tapant contre les coques dans un tintamarre de kermesse, et cette phrase que Férey emprunte à Sea Shepherd : si les océans meurent, nous mourrons.
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Mots-clés : Grindadráp, Caryl Férey, îles Féroé, chasse à la baleine, Sea Shepherd, thriller écologique, roman noir
Extrait Première Page du livre
« 1
Des requins-bouledogues. Au moins deux. Et un tigre, dont l’aileron vient d’émerger à une centaine de mètres. J’attends sur la margelle du bateau d’études, les jumelles à la main, mais Ali n’est pas au rendez-vous. La mer est pourtant calme, d’un vert-bleu écrasé de soleil. Les squales sont loin de la côte, où d’ordinaire ils aiment chasser dans les eaux putrides déversées par les humains.
— Bizarre, me glisse Julia. On dirait qu’eux aussi attendent.
Les requins ne savent pas s’arrêter, leur métabolisme exige un mouvement perpétuel, et ces trois-là tournent en rond, aussi lentement que possible.
— Peut-être qu’ils digèrent notre capitaine.
— Très drôle.
Le sourire de Julia est crispé sous sa peau bronzée. Elle sait que les requins attaquent l’homme par accident, ou quand il entre dans leur périmètre de sécurité, que ces poissons à moitié aveugles nous confondent avec leurs proies habituelles et nous recrachent presque systématiquement tant on a un sale goût, mais les idées recuites ont la peau dure. Les bouledogues restent à distance, notre bateau ne les intéresse pas. Julia ouvre le zip de sa combinaison, on commence à crever de chaud, quand une rumeur monte du poste de pilotage. Pas besoin de sonar ou d’hydrophone pour sentir mon cœur s’emballer ; le cachalot jaillit soudain des flots, sa tête énorme se propulsant à gros bouillons blancs et bleus, avant de stabiliser sa masse à la surface, un long souffle en guise de salut.
Je reconnais Ali à ses coquillages parasites, aux cicatrices laissées par les calamars géants qu’il a appris à traquer dans les abysses, un jeune mâle de douze mètres que notre navire de recherches n’effraie pas. On suit le groupe de cachalots depuis des semaines, enregistrant leurs plongées quotidiennes, des bombes dévalant soixante mètres par seconde jusqu’à mille mètres de profondeur si besoin ; leur territoire de chasse est d’un noir total mais les échos de leurs clics, captés par toute la famille, les orientent comme un GPS. Les jeunes ne sont pas encouragés à s’éloigner du groupe mais Ali est un être curieux.
Est-ce l’apnée (à l’inverse de Julia qui plonge en bouteille, je ne produis pas de bulles), le simple désir de s’émanciper de ses congénères, l’ennui ou au contraire une chimie qui nous aimante ? Passé la période d’approche où il me jaugeait à la marge, Ali a pris l’habitude de me rejoindre en début d’après-midi, quand le pod vient se reposer à la surface. »
- Titre : Grindadráp
- Auteur : Caryl Férey
- Éditeur : Gallimard
- ISBN : 9782073037329
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 03/04/2025
- Nombre de pages : 384 pages
- Genre : Roman noir, thriller écologique
- Sujets traités : Chasse à la baleine, îles Féroé, Sea Shepherd, écologie marine, orques et cétacés, industrie de la pêche, traditions insulaires, catastrophe climatique
Résumé
Aux îles Féroé, le Grindadráp rassemble chaque année la communauté autour d’une chasse collective à la baleine héritée des temps vikings. Au milieu des cétacés échoués sur la plage flotte cette fois le corps du vieux président des baleiniers, couvert de plaies inexpliquées. Les rumeurs enflent aussitôt sur l’archipel.
Au même moment, deux militants de Sea Shepherd s’échouent dans le port de Tórshavn, jetés là par un ouragan d’une violence sans précédent qui coupe les îles du reste du monde. Pour Soren Barentsen, capitaine de police danois venu se reconstruire sur ces terres battues par les vents, une course contre la montre commence : éviter que la fureur des éléments ne contamine les hommes.
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.



















