Grisbi or not grisbi dans la trilogie de Max le Menteur
Paru chez Gallimard en 1955, Grisbi or not grisbi vient clore le triptyque qu’Albert Simonin a consacré à Max le Menteur, truand parisien vieillissant dont la silhouette a marqué durablement le roman noir français. Après Touchez pas au grisbi ! en 1953, puis Le cave se rebiffe en 1954, ce troisième volet referme le cycle en remettant son protagoniste aux prises avec un Milieu qui se transforme sous ses pieds.
Avec ce dernier opus, Simonin pousse plus loin encore son projet d’origine, à savoir livrer une fresque romanesque du Paris des truands écrite intégralement de l’intérieur, dans la langue de ses figures. Les fidèles retrouvent ici l’univers déjà arpenté dans les deux premiers tomes, la même topographie de bars feutrés et de tripots clandestins, la même cartographie morale faite de loyautés intransigeantes et de trahisons soigneusement préparées. Le lecteur néophyte peut entrer dans le roman sans avoir lu les volumes précédents, tant l’écrivain sait recomposer en quelques pages la mythologie de son truand vieillissant et la galerie d’amis et de rivaux qui l’entoure.
Ce qui distingue Grisbi or not grisbi des deux premiers tomes tient à la tonalité plus crépusculaire qu’y instille le romancier. La trilogie progresse vers un point d’aboutissement où le Milieu lui-même est mis sur la sellette, où les codes anciens se heurtent à des usages plus brutaux, plus mercantiles. Le titre, calque ironique du célèbre vers shakespearien, annonce déjà cette tension entre l’argent et le sens, entre ce que l’on possède et ce que l’on est. Trois romans, trois variations sur un même Paris souterrain, et un protagoniste qui s’achemine vers une lucidité que les deux premiers volumes laissaient affleurer sans la formuler aussi nettement.
Une convocation nocturne au Campico
Quatre heures du matin, l’aiguille au compteur qui retombe, les pavés humides qui défilent sous une Vedette: c’est sur ce mouvement, ce souffle suspendu d’un retour à Paris, qu’Albert Simonin lance son récit. Max, son narrateur, regagne Montmartre après un long trajet, attiré par un télégramme bref signé du Gros Pierrot. Trois mots dictent toute la cadence des chapitres suivants, à savoir rentre, urgence, amitié. La nuit parisienne se déploie autour de la voiture, lampadaires obliques, prostituées en faction sous les enseignes, hôtels qui font le passage, et déjà l’on pressent que cette convocation ne mène pas à un simple verre de retrouvailles.
Au cœur de ce décor nocturne se dresse le Campico, cabaret feutré dont Simonin fait l’un des théâtres les plus mémorables de son livre. Henri le barman, vieux complice du narrateur, accueille le voyageur d’un demi-sourire entendu. Les habitués du Milieu se tiennent au comptoir, étrangement silencieux, chacun évitant le regard de l’autre. Deux représentants de la police, embusqués dans l’angle mort du bar, observent la scène avec un intérêt qui en dit long sur ce qui se trame à l’étage. L’écrivain compose cette entrée en matière comme un metteur en scène patient, chaque détail compte, chaque silhouette glissée le long d’une glace, chaque trench-coat passé sur un torse de rugbyman.
À l’étage du Campico, Fernand le Mexicain, figure légendaire du Milieu, attend Max sur son lit de malade. La scène où le mourant convoque ses amis, ses lieutenants et son avocat pour régler ses affaires donne à ces premiers chapitres une intensité presque théâtrale. Simonin ménage la lenteur agonique du vieux truand, ponctue son souffle court de longues respirations narratives, fait peser sur la chambrée la conscience que tout ce qui va se décider là engage l’avenir de bien des hommes. Le ressort du roman s’enclenche dans ce huis clos, sans cri, sans fracas, mais avec une charge dramatique que le romancier sait tendre.
Une succession qui divise le Milieu
Le ressort dramatique de Grisbi or not grisbi tient à un legs. Fernand le Mexicain, sentant venir sa dernière heure, choisit de céder à Max et au Gros Pierrot deux de ses affaires les plus florissantes, à savoir une roulette clandestine établie rue de Courcelles, et une partie de jeu qui tourne nuit après nuit sur une péniche amarrée le long de la Seine. La proposition est habillée d’amitié, parée des codes d’honneur du vieux Milieu. Les nouveaux gérants conserveront un tiers du velours et reverseront le reste à Loulou, la compagne du défunt, pour lui assurer une rente. Simonin pose là un dispositif limpide, qu’il va patiemment fissurer chapitre après chapitre.
Face à ce transfert, deux figures se dressent, les frères Volfoni, Raoul et Paul. L’aîné, gros homme volubile dont le romancier croque sans complaisance la silhouette boudinée dans le smoking, estime avoir été lésé. Le cadet, plus diplomate, plus retenu, fait office de températeur mais ne se laisse jamais bien longtemps duper par son propre rôle. Autour d’eux gravite toute une cour de seconds couteaux, chauffeurs, hommes de main, indicateurs, dont Simonin esquisse les portraits avec une précision quasi balzacienne. La galerie est dense, organisée, hiérarchisée, on devine derrière chaque silhouette des années d’apprentissage dans les bouges marseillais, des comptes ouverts, des fidélités achetées.
De ce conflit de succession naît un duel feutré, où la pression monte de scène en scène sans céder à la facilité du règlement de comptes immédiat. L’écrivain sait faire durer, ménager les interludes, glisser une rencontre amoureuse, un dîner ironique au champagne tiédissant, une course-poursuite nocturne, entre deux temps de négociation. Le grisbi du titre, l’argent, n’est jamais le seul enjeu. S’y mêlent l’honneur, le respect des préséances, la place que chacun s’arroge dans une hiérarchie qui n’existe plus que par ses rites. Le lecteur suit Max dans cette traversée comme on suivrait un funambule sur un câble qui se détend imperceptiblement à chaque pas.
Max le Menteur, voix singulière du récit
Tout le livre tient dans une voix. Max le Menteur, truand parisien d’une cinquantaine d’années bien entamées, raconte son histoire à la première personne, et ce choix narratif fait basculer Grisbi or not grisbi du côté de la confession travestie. Le lecteur épouse son regard, partage ses calculs, entend résonner dans le récit ses incertitudes, ses fatigues, ses moments d’amusement secret. Simonin n’écrit jamais à hauteur d’omniscience, il colle à la conscience de son truand vieillissant et laisse filtrer toute la subjectivité d’un homme qui voit son monde basculer sans se départir d’une certaine ironie.
Cette voix est celle d’un observateur lucide. Max gamberge, comme il le dit lui-même, jauge les silences, devine les intentions à la coupe d’un imperméable ou au tremblement d’un mégot. Il connaît son Milieu par cœur, ses codes, ses préséances, ses fausses générosités, et il en mesure les dérives avec une acuité qui jamais ne se mue en moralisme. Vieux briscard fidèle en amitié, intransigeant sur la parole donnée, il garde une élégance étrange, presque démodée, dans un univers qui s’embourgeoise de gardes du corps salariés et d’organisations à l’américaine. Simonin compose ce truand vieillissant comme on dessine un solitaire courtois pris dans une époque qui n’est déjà plus la sienne.
L’arc moral de Max constitue l’un des plus beaux fils de l’ouvrage. Au fil des nuits, des trahisons, des conversations à mots couverts, le narrateur affine son regard sur les hommes, sur les femmes, sur lui-même. Il découvre que les certitudes qu’il croyait inébranlables se fissurent, que les fidélités ont une date de péremption, que les beaux sentiments cèdent au premier coup de sang. L’écrivain n’érige pas ces constats en sermon, il les laisse advenir dans la voix de Max, par petites touches, par associations soudaines d’idées, par des silences qui en disent davantage que les longues tirades. Cette intériorité travaillée donne au roman une profondeur que la pure mécanique policière ne saurait égaler.
L’argot, matière première du roman
L’aventure linguistique constitue sans doute l’élément le plus immédiatement frappant du livre. Simonin écrit Grisbi or not grisbi intégralement dans l’argot du Milieu parisien des années 1950. Pas seulement les dialogues, la narration elle-même, les descriptions, les transitions, tout le texte est porté par cette langue particulière, savoureuse, codée, héritée des quartiers populaires et des prisons d’avant-guerre. Le lecteur entre dans le roman comme on franchit la lourde d’un troquet inconnu, oreille tendue, dictionnaire imaginaire en construction.
Le grisbi désigne l’argent, le flingue le revolver, la frime le visage, la tire la voiture, la lourde la porte, la cabane l’appartement, le pante l’individu. Les biffetons et les talbins sont des billets de banque, les barbeaux des proxénètes, les caves les naïfs ou les imprudents. Cette mosaïque de termes se déploie sans glossaire, sans guide, et pourtant le sens passe presque toujours, porté par le rythme des phrases, par le contexte des situations, par cette musique reconnaissable que Simonin restitue avec un soin d’archiviste amoureux. Quelques notes de bas de page éclairent ponctuellement les expressions les plus opaques, mais l’écrivain fait confiance à son lecteur pour s’acclimater au climat verbal qu’il propose.
Au-delà de l’effet pittoresque, l’argot remplit chez Simonin une véritable fonction narrative. Il colle au protagoniste, à son origine sociale, à sa génération, à son appartenance. Il dessine un cercle d’initiés à l’intérieur duquel circule un savoir partagé, et place le lecteur en position d’invité privilégié de ce cercle. Surtout, il porte une vision du monde, chaque mot d’argot trahit une attitude, un mépris, une connivence, une dérision tranquille. Quand Max gamberge, ce n’est pas tout à fait quand il réfléchit, quand il défouraille, ce n’est pas tout à fait quand il tire. La langue ne traduit pas le récit, elle le constitue. Simonin compte parmi les rares écrivains français à avoir tenté pareille entreprise sur la longueur d’un roman entier, et il s’en tire avec une cohérence remarquable.
Paris la nuit, théâtre du Milieu
La géographie nocturne du livre compose une véritable présence narrative. Simonin promène son lecteur de Montmartre à Pigalle, de la rue Fontaine à la place Blanche, du boulevard Raspail aux quartiers cossus de Neuilly. Les rues sont nommées, parcourues, traversées en voiture ou à pied selon les exigences de l’intrigue. La rue de Courcelles abrite la roulette clandestine, les quais de la Seine portent la péniche de jeu, le parc Monceau borde des scènes décisives, le boulevard de Clichy se livre aux poursuites en Vedette ou en Studebaker. Cette cartographie n’est jamais gratuite, chaque adresse porte sa propre charge symbolique, sa propre densité sociale.
Aux extérieurs nocturnes répondent des intérieurs travaillés à la lumière tamisée. Le Campico, cabaret mondain où l’orchestre joue des valses anglaises et où les taxi-girls attendent le micheton, le tripot rupin de la rue de Courcelles, parfumé jusque dans ses tapisseries, le Pélican, bar de fin de nuit, le pavillon de Pierrot et de sa Marinette, ancien claque reconverti en demeure bourgeoise et qui garde aux fenêtres ses barreaux d’autrefois. Simonin sait faire vivre ces lieux, leur donner une épaisseur olfactive, sonore, presque tactile. Les radiateurs invisibles, les banquettes de velours rouge, le scotch bien dosé, la machine à disques qui répète Sans amour on n’est rien du tout, tout participe à un climat qu’on quitte avec regret.
Le brouillard joue dans cette mise en scène urbaine un rôle quasi pictural. Plusieurs séquences du roman se déroulent dans une grisaille épaisse qui efface les repères, brouille les phares, isole les voitures dans des bulles de coton. Cette météo dressée en collaboratrice du récit accentue la sensation d’incertitude, la peur du tireur invisible, la solitude du narrateur. Simonin restitue un Paris d’avant les grandes rénovations, un Paris d’hôtels de passe et de loges de concierge, où le téléphone à cadran sonne à l’aube et où l’on roule encore en Vedette ou en Frégate. Ce Paris nocturne, vivant, charnel, donne au roman une dimension documentaire que les décennies n’ont pas affadie.
Du roman au film Les Tontons flingueurs de Georges Lautner
Huit ans après la parution du livre, Georges Lautner porte Grisbi or not grisbi à l’écran sous un titre devenu mythique, Les Tontons flingueurs. La sortie de 1963 transforme à jamais la perception du roman de Simonin, le faisant entrer dans une mémoire collective qui dépasse largement le cercle des amateurs de polar français. Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Claude Rich, Jean Lefebvre et Robert Dalban donnent corps à une partie des figures du livre, dans une distribution dont la postérité a fait l’un des sommets du cinéma populaire français.
L’adaptation cinématographique opère cependant un déplacement majeur. Là où Simonin avait tendu son récit vers un crépuscule mélancolique, Lautner et son dialoguiste Michel Audiard choisissent le terrain de la comédie franche, presque potache. Les répliques deviennent des sentences à savourer, les scènes de violence basculent dans le burlesque, et le protagoniste central du roman, Max le Menteur, disparaît au profit d’un certain Fernand Naudin, héritier campé par Lino Ventura. Les frères Volfoni traversent l’écran avec leur même grosseur boudinée, mais leur menace tourne au cocasse. Le film prélève chez Simonin la trame, le cadre, certains motifs, et en fait autre chose, plus léger, plus solaire, plus immédiatement réjouissant.
Cette divergence de tonalité, loin d’opposer les deux œuvres, les rend complémentaires. Qui découvre le roman après avoir vu le film s’étonne d’y trouver tant de gravité, tant d’amertume sourde, tant de fatigue derrière les flashs de gaieté. Qui aborde le film après le livre y goûte le contrepoint amusé, presque consolateur, d’une matière initialement plus sombre. Lautner et Audiard ont saisi quelque chose d’essentiel chez Simonin, la verve de l’argot, l’art du dialogue truculent, la galerie de fripons hauts en couleur, et l’ont fait passer dans un registre qui leur appartient en propre. Le roman, lui, conserve son timbre singulier, sa mélancolie sourde, sa profondeur de champ. Deux œuvres voisines donc, deux entrées dans un même univers, et un même plaisir prolongé selon des voies différentes.
Place de Grisbi or not grisbi dans le polar français
Au sein de la production policière française des années 1950, Grisbi or not grisbi occupe une position singulière. Le genre, alors en pleine expansion, voit fleurir les traductions américaines et les imitations hexagonales. Simonin, lui, propose tout autre chose, à savoir un polar de l’intérieur, écrit par un homme qui a fréquenté de près les marges qu’il décrit, et qui en restitue le climat sans condescendance ni romantisme. Le roman s’inscrit dans la lignée d’une école française du polar argotique dont l’écrivain est l’un des piliers reconnus, aux côtés d’Auguste Le Breton ou d’Alphonse Boudard. L’achèvement de la trilogie marque l’aboutissement d’un projet littéraire cohérent, denrée rare dans le paysage de l’époque.
Ce qui frappe dans Grisbi or not grisbi, à plus de soixante-dix ans de distance, c’est la modernité d’une voix. Simonin compose un récit serré, sans gras, où l’intrigue policière sert de prétexte à une exploration des liens humains, de l’amitié, de l’amour, de l’honneur, de la lassitude. La mécanique du suspense fonctionne, les scènes d’action sont efficaces, les retournements ménagés avec un sens du rythme indéniable. Le livre vaut bien au-delà de ses ressorts proprement policiers, il vaut par sa langue, par son regard, par cette élégance crépusculaire qu’il diffuse de bout en bout. Le lecteur d’aujourd’hui y trouve à la fois un témoignage social précieux et un texte littéraire que le temps a patiné sans l’éroder.
L’œuvre demeure une porte d’entrée précieuse dans l’univers du polar français d’avant les grandes mutations du néo-polar des années 1970. Lire Grisbi or not grisbi, c’est s’autoriser une immersion dans un Paris disparu, c’est tendre l’oreille à une musique verbale en voie d’extinction, c’est aussi mesurer ce que le genre policier français doit à ces écrivains qui ont su faire entendre la voix du Milieu sans la trahir. Pour les amateurs de roman noir, pour les passionnés de langue, pour qui aime à retrouver les sources d’un cinéma populaire devenu patrimonial, le livre garde aujourd’hui toute sa pertinence, et l’on referme ses pages avec le sentiment d’avoir traversé un classique discret du polar argotique français.
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Extrait Première Page du livre
« CHAPITRE PREMIER
En amorçant la descente vers Bicêtre, j’ai levé le pied, pas mécontent. À ma vue, les lueurs de la place d’Italie scintillaient déjà.
De 120, l’aiguille du compteur a décliné vers les allures honnêtes, pour se fixer à 80, vitesse qui peut à quatre plombes du mat’ s’admettre chez un homme pressé, et risque rarement d’induire le motard désœuvré en tentation de courette.
Sous l’effet de ce brusque ralentissement, un grand flou m’envahissait soudain le cigare. Silencieuses et désertes, les avenues et les rues défilaient, semblables sous la lueur oblique des lampadaires au décor d’un théâtre déserté par sa troupe, et où je n’avais quant à moi strictement rien à foutre !
J’allais machinalement, poussé par la force acquise, soutenu par le ronronnement du moteur, enfilant l’une après l’autre les voies qui menaient vers Montmartre. Au bas du boulevard Raspail, l’envie de braquer à gauche m’a démangé les pognes. À pas trois kilomètres de là, dans Neuilly, ma crèche m’attendait, confortable, avec les tentations du paddock moelleux, de la douche tiède, du gorgeon frais. J’ai résisté.
M’être farci huit cents bornes en pleine nuit, sans débrider, pour maintenant m’affaler connement au poteau, j’aurais trouvé ça branque.
Émanant du gros Pierrot qui n’écrivait jamais, le télégramme pouvait pas concerner des broutilles. Je l’avais, mot à mot, gravé dans le chou.
Rentre sans retard, dès reçu message. Te le demande en amitié. T’attends au Campico. Extrême urgence.
Connaissant plus de vices et de courage au Gros que d’instruction, je le soupçonnais d’avoir un brin transpiré de la coiffe pour rédiger ce texte ; mais je n’en pénétrais pas le sens pour autant.
J’avais bien tenté au cours de la nuit, pour rompre la monotonie du voyage, de deviner les raisons de cet appel ; franchement je voyais pas. Je l’avais quitté un mois plus tôt en pleine forme, mon pote ; bourré d’oseille et pétant de santé, bien retiré des affaires, cette fois, en plus.
D’où pouvait lui venir la vape ?
Parce qu’il faut le dire, même de la classe du Gros, les hommes, c’est toujours dans les vapes qu’ils appellent les amis à l’aide. »
- Titre : Grisbi or not grisbi
- Auteur : Albert Simonin
- Éditeur : Gallimard
- ISBN : 9782070428366
- Format : Poche
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 22/12/1967
- Date de publication d’origine : 1955
- Nombre de pages : 192 pages
- Genre : Roman noir, polar argotique français
- Sujets traités : Milieu parisien, succession criminelle, amitié et trahison, jeux clandestins, codes d’honneur, argot du Milieu, Paris nocturne des années 1950, vieillissement d’un truand
Résumé
Paru chez Gallimard en 1955, Grisbi or not grisbi constitue le troisième et dernier volet de la trilogie qu’Albert Simonin a consacrée au truand parisien Max le Menteur, après Touchez pas au grisbi ! et Le cave se rebiffe. Max, le narrateur, est convoqué en pleine nuit au cabaret du Campico, où l’attend le vieux Fernand le Mexicain, agonisant, qui souhaite régler ses affaires avant de tirer sa révérence. La succession qu’il propose à Max et au Gros Pierrot va déclencher un conflit feutré avec les frères Volfoni, héritiers contrariés et redoutables.
Écrit intégralement dans l’argot du Milieu, le livre déploie un Paris nocturne d’hôtels de passe, de tripots clandestins et de cabarets feutrés où s’affrontent les codes anciens et les usages d’une époque nouvelle. C’est de cette matière romanesque que Georges Lautner tirera en 1963 le cultissime film Les Tontons flingueurs, avec Lino Ventura et les dialogues signés Michel Audiard, transformant la mélancolie sourde du roman en comédie populaire devenue patrimoniale.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















