Céline de Roany, auteure engagée des Louves du polar
Docteure en droit international et enseignante à la Griffith University en Australie, Céline de Roany a mis quinze ans avant de réaliser son rêve d’enfance : écrire un polar. Née en 1972 à Nantes, elle a multiplié les horizons géographiques, de la Côte d’Azur à l’Allemagne, des Pays-Bas à la Suisse, avant de s’installer sur la côte Est australienne, où elle vit aujourd’hui avec son mari et leurs trois enfants. Cette vie nomade nourrit une œuvre qui explore les failles de la société avec une acuité particulière.
Passionnée dès l’enfance par les mystères et les enquêtes, grande admiratrice du Club des Cinq et de Fantômette comme de Henning Mankell et Elizabeth George, elle publie son premier roman en autoédition en 2019 sous le titre « Special K », devenu « Les beaux mensonges » aux Presses de la Cité. Ce premier opus, finaliste du prix nouvelles voix du polar, marque l’arrivée d’une voix singulière dans le paysage du polar francophone. « De si bonnes mères » a été finaliste du prix maison de la presse.
Avec sa série mettant en scène Céleste Ibar, enquêtrice au parcours douloureux et à la personnalité complexe, Céline de Roany signe des polars intenses qui interrogent les zones grises de l’âme humaine. Membre du collectif « Les Louves du polar », elle conjugue la rigueur de sa formation juridique avec une sensibilité aiguë aux tragédies humaines, questionnant inlassablement ce qui pousse un individu à basculer du côté du crime. Ses intrigues serrées et ses personnages profondément travaillés ont rapidement imposé son nom parmi les auteurs de polar à suivre.
L’interview questionnaire de Céline de Roany
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Au clavier – mais je fais des schémas de mon histoire à la main, avec des flèches, des ronds, des ratures.
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Lève-tôt – avec le soleil, vers 4/5 heures en général
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
C’est une façon d’inciter les lecteurs à enfiler les chaussures d’autres personnes et donc, à regarder les nuances de gris du monde, non pour excuser les horreurs commises, pour les expliquer et, parfois, pour relativiser. Peut-être que si chacun de nous prenait conscience du mal que des paroles, des gestes déplacés ou des cris peuvent faire, le monde serait meilleur.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
Très inégalement.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
La première fois que j’ai tenu mon livre entre les mains. Tout cela devenait soudain réel, puisqu’il y avait mon nom sur la couverture d’un vrai livre.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Je ne peux pas choisir. J’ai lu trop d’excellents livres qui m’ont bouleversée, qui m’ont fait réfléchir, qui m’ont anéantie pour seulement en retenir un ou même cinq. Pour répondre, je dirais le Club des Cinq et le secret de l’île, parce que c’est le point de départ d’une passion de presque cinquante ans.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
A quoi ressemble un corps laissé en pleine nature au bout de deux mois. L’odeur du corps en décomposition.
Votre lieu de crime idéal ?
Les sous-bois. La pénombre, les odeurs d’humus, les odeurs de vert et de pourri, les sons des animaux, sans qu’on sache si un chevreuil ou un sanglier va faire irruption, les rayons du soleil qui percent la canopée.
D’autres interviews A lire aussi
Votre arme du crime préférée ?
Celle qu’on ne soupçonne pas, évidemment – et pourtant, j’ai un faible pour la batte de base-ball.
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non, elles me rendent triste. Je pioche beaucoup dans la réalité, les faits divers et la source de tout, c’est la profonde misère humaine.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Je n’en ai pas. Je ne prends pas ma « carrière » très au sérieux. Je ne crois pas qu’on puisse plaire à tout le monde. Quand on n’a pas d’attente, on n’a pas de crainte.
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
N’importe quel métier irait très bien. C’est ce qui me terrifie. Le caractère terriblement ordinaire du mal.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Poissonnerie. On peut cacher des morceaux de cadavre sous la glace, personne ne sent rien.
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
La fantasy. J’ai une passion pour la littérature de vampire, de loups-garous et de sorcières.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Le premier, je suppose. C’est le plus personnel et aussi, le plus inattendu.
Où vous sentez-vous chez vous ?
Partout. J’ai beaucoup voyagé, vécu à des tas d’endroits. Je sais qu’il faut peu de choses pour se sentir chez soi – c’est juste une question de perspective.
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
Rien du tout 😊. J’essaie de me remettre à écrire, donc pas de nouveauté à attendre avant un moment ; pas de salon ni de prix, je vis trop loin.
Plus d’infos sur Instagram de @celinederoany
Page officielle : celinederoany.fr
Tous les articles sur Céline de Roany

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.





















