Johanne Seymour : une voix majeure du polar québécois
Née à Lachine en avril 1952, Johanne Seymour a fait des études en théâtre à l’UQÀM, puis en réalisation à l’INIS, après un petit détour par l’Université de New York, où elle a étudié la vidéo. Avant de prendre la plume, elle a mené une riche carrière artistique : comédienne pendant plus de quinze ans dans une trentaine de pièces de théâtre, des séries télévisées et quelques films, elle est passée derrière la caméra en 1990, d’abord comme auteure et metteure en scène, puis comme réalisatrice. Son court métrage La Dernière pomme a remporté le prix du Meilleur court métrage au festival de Tunis 2000.
C’est en 2004 qu’elle se consacre à l’écriture romanesque. Son premier roman, Le Cri du cerf, qui met en scène l’enquêteur Kate McDougall, est mis en nomination au Prix de la relève Archambault, au Grand Prix Archambault et au prix Saint-Pacôme du roman policier en 2005. La série Kate McDougall, qui compte cinq tomes parus chez Libre Expression dans la collection Expression Noire, lui vaudra à plusieurs reprises d’être finaliste aux prix Arthur-Ellis et Saint-Pacôme. Séquelles, la minisérie télévisée que l’auteure a scénarisée et adaptée de son roman Le Cri du cerf, a été diffusée sur les ondes de Séries+ au printemps 2016 et a enregistré des cotes d’écoute jamais égalées pour les productions maison de cette chaîne spécialisée.
Avec la série Gyatso, Johanne Seymour ouvre un nouveau cycle romanesque dont l’héroïne, la sergente Rinzen Gyatso, une immigrante tibétaine de deuxième génération au SPVM, enquête aux côtés de Luc Paradis, un policier homosexuel aux comportements autodestructeurs. La série explore l’exil, l’intégration et des thèmes sociaux tout en mêlant suspense et psychologie des personnages. Rinzen, la beauté intérieure, deuxième opus de la série, paru à l’automne 2018, a été finaliste au prix Arthur Ellis 2019 du meilleur roman policier de langue française ainsi qu’au prix Saint-Pacôme 2019 du meilleur roman policier. Ses romans les plus récents confirment son ancrage dans un polar social et psychologique exigeant : Fracture (2024) traite de la violence sexuelle sur mineurs en suivant trois hommes adultes victimes de leur entraîneur de baseball, explorant la culpabilité, la dépression et la dépendance, et Fatal (2025) est un thriller psychologique mettant en scène Camille Ladouceur, une jeune femme dont le passé traumatique avec un pervers narcissique ressurgit.
Au-delà de l’œuvre, Johanne Seymour a joué un rôle structurant pour le genre policier au Québec. Elle est la fondatrice du festival international de littérature policière Les Printemps meurtriers de Knowlton (2012-2016), dont la dernière édition a réuni près de 1500 participants autour des conférences et tables rondes, rassemblant le meilleur du polar québécois et international, et qui remettait notamment le prix Tenebris du meilleur roman en littérature policière de langue française distribué au Québec. Membre de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, elle s’impose aujourd’hui comme l’une des figures incontournables du polar francophone d’Amérique du Nord.
L’interview questionnaire de Johanne Seymour
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Généralement au clavier, mais à la main que je me sens bloquée.
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Ça dépend des saisons. Quand il fait froid, je préfère rester au lit le matin. L’été je me lève avec le soleil.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
L’envie d’être utile, de contribuer, à ma façon, à la société.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
C’est irrégulier. Mais de septembre 2024 à septembre 2026, j’aurai écrit 4 romans: Fracture, Fatal, Alertes: la face cachée de Marilou Maglore et La Détresse de l’oie sauvage, à paraître en septembre.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Elle me vient d’un lecteur ou d’une lectrice qui me confie qu’un de mes livres l’a aidé à vivre.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Je n’en ai pas qu’un seul. Je suis une lectrice éclectique.
Le monde selon Garp (John Irving), La grosse femme d’à côté (Michel Tremblay), Cent ans de solitude (Gabriel Garcia-Marquès), Mystic river (Denis Lehane), Le grand Meaulnes (Alain Fournier), Du côté de chez Swann (Proust), Crime et châtiment (Dostoievski), Ripley (Patricia Highsmith), etc.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Pas la plus bizarre, mais certainement la plus troublante: les snuff movies sur le dark web.
Votre lieu de crime idéal ?
Le coeur. Blessé un coeur, physiquement ou moralement… c’est presque toujours mortel.
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Votre arme du crime préférée ?
Je n’en ai pas. L’arme dépend de la motivation du tueur ou des circonstances.
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Ne pas réussir à toucher une seule personne avec mes romans.
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Médecin, chirurgienne… Quelqu’un du corps médical.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Fines herbes… parce que certaine plantes létales peuvent s’y glisser. La petite ciguë peut être confondu pour du persil plat ou du cerfeuil.
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
J’écris déjà de la littérature génrale: Le Goût de l’élégance.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Hum… mes livres sont comme mes enfants. Je les aime également. J’ai cependant un petit faible pour Wildwood, qui est écrit à la mémoire de mes parents «pour qu’ils existent ailleurs que dans mon souvenir».
Où vous sentez-vous chez vous ?
Au Québec… mais aussi à Paris, Londres, Florence, New-York et… même si je n’y suis jamais encore allée… Je me reconnais dans le peuple coréen.
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
En septembre 2026 paraitra le 6e opus des enquêtes de Kate McDougall, quatorze ans après la dernière: Le Détresse de l’oie sauvage.
Scoop! L’intrigue se déroulera en partie à Montréal, dans le village de Perkins, dans les Cantons-de-l’Est et… à Séoul, en Corée du Sud!
Plus d’infos sur Instagram : @josey158
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.






















