Jakub Szamalek : entre pixels et pages, un maître du suspense technologique
Jakub Szamalek est un auteur polono-canadien né en 1986 à Varsovie qui vit désormais en Nouvelle-Écosse, au Canada. Il possède un parcours académique impressionnant avec un doctorat en archéologie classique de l’Université de Cambridge. Qui plus est, il est à la fois romancier et scénariste de jeux vidéo. De 2012 à 2021, il a travaillé pour CD Projekt Red où il a contribué à l’écriture des scénarios de jeux vidéo cultes tels que The Witcher 3: Wild Hunt et Cyberpunk 2077. Depuis 2021, il est le directeur narratif de Rebel Wolves (leur premier jeu Dawnwalker sortira en 2026).
Son premier succès littéraire remonte à 2011 avec un roman historique se déroulant dans l’Antiquité, avant de recevoir en 2015 le Grand Prix Calibre du meilleur roman policier polonais avec Czytanie z kości (La Lecture des os), un thriller qui mêle l’Étrurie antique à l’Angleterre contemporaine. Le grand maître du roman policier polonais Zygmunt Miloszewski a salué ses livres et reconnu publiquement son talent. Cette reconnaissance par ses pairs a propulsé Szamalek au premier rang de la nouvelle génération d’écrivains polonais de romans policiers et a contribué au lancement de sa carrière internationale.
Jakub Szamalek s’est imposé dans le créneau du techno-thriller avec sa célèbre Trilogie Dark Net, dont Tu sais qui (2019) est le premier volet. Son expérience dans les jeux vidéo lui a appris l’art de délivrer l’information au bon moment, créant une tension constante qui captive les lecteurs tout en les sensibilisant subtilement aux questions de cybersécurité. Ses romans explorent avec une précision technique impressionnante les recoins obscurs du web, la manipulation numérique et les menaces que les algorithmes font peser sur nos démocraties, particulièrement pertinentes dans le contexte géopolitique actuel de la Pologne.
Après sa trilogie technologique, l’auteur a récemment exploré un nouveau territoire avec La Station, un thriller spatial se déroulant à bord de la Station spatiale internationale, inspiré par la passion pour l’espace de sa fille alors âgée de six ans. Ce huis clos haletant confirme son talent pour créer des atmosphères oppressantes et explorer les tensions géopolitiques contemporaines dans des décors originaux. Szamalek se distingue par sa capacité à rendre accessibles des concepts techniques complexes sans ralentir le rythme de ses intrigues, mêlant brillamment suspense haletant et réflexions profondes sur les enjeux de notre époque.
L’interview de Jakub Szamalek
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Définitivement au clavier ! Mon écriture manuscrite est terrible.
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Couche-tard par nature, mais je vis comme un lève-tôt à cause de l’école, du travail, etc.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Ha, bonne question. En fin de compte, cela me permet d’explorer des sujets qui me fascinent et de les approfondir. J’ai une excuse pour faire des recherches sur tout ce qui m’intrigue sur le moment, puis concentrer mon attention dessus, organiser mes pensées – et ensuite les partager avec les lecteurs.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
Je publie tous les deux-trois ans. J’aimerais pouvoir le faire plus souvent, mais il n’y a tout simplement pas assez de temps dans une journée.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Chaque fois que je parviens à entrer dans cet état où l’écriture coule naturellement – où le livre s’écrit tout seul et où je n’ai pas besoin de faire de pause, réfléchir, élaborer des stratégies, angoisser, mais simplement taper.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
En termes d’influence sur ma vie – ce serait la série Astérix, que j’ai découverte enfant et qui a déclenché ma fascination de toute une vie pour l’Antiquité. C’est grâce à ces bandes dessinées que j’ai fini par étudier l’archéologie.
En termes d’influence sur mon écriture – « Le Nom de la Rose » d’Umberto Eco. J’ai été absolument captivé par la façon dont il combinait une histoire palpitante avec des questionnements et des réflexions philosophiques. Dans tous mes écrits, j’essaie d’imiter ce qu’Eco a fait là, en espérant tisser une histoire qui non seulement divertit mais fait aussi réfléchir.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Il y en a eu tellement ! Mais si je devais choisir – « Est-ce qu’Alan Shepard a fait pipi dans son pantalon avant de partir dans l’espace »
Votre lieu de crime idéal ?
Une chambre close, bien sûr !
Votre arme du crime préférée ?
Les ordinateurs !
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non, mais les sujets que j’explore m’inquiètent parfois. J’ai eu une petite crise existentielle en me documentant sur l’Intelligence Artificielle pour « Saturation Totale ». Et les choses n’ont fait que devenir plus étranges depuis.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Perdre les fichiers de sauvegarde du livre sur lequel je travaille.
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Entrepreneur de la tech de la Silicon Valley.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Produits pour animaux !
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
La non-fiction, probablement.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
« Datas Sanglantes » – je pense avoir réussi à plonger assez profondément dans les algorithmes des réseaux sociaux tout en proposant une histoire captivante – ce n’était pas facile à faire !
Où vous sentez-vous chez vous ?
Là où sont ma femme et ma fille.
* Entretien réalisé en version originale anglaise et traduit en français par mes soins.
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière ?
Pour les gamers – gardez l’œil ouvert sur THE BLOOD OF DAWNWALKER et ROCKBEASTS, deux jeux sur lesquels j’ai travaillé, qui sortiront en 2026 !
Plus d’infos sur Instagram de @jakubszamalek
Les chroniques des livres de Jakub Szamalek

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.

























