Une secrétaire parfaite en tout point
Le roman commence par un dimanche matin, un téléphone qui sonne, et une voix à peine reconnaissable qui murmure un prénom. Ce prénom, c’est Luciana. Dix ans se sont écoulés depuis que le narrateur, écrivain argentin au poignet fracturé, avait engagé cette jeune femme pour lui dicter son manuscrit, la secrétaire de l’écrivain Kloster lui ayant été, le temps d’un mois, gracieusement « prêtée ». Ce point de départ, en apparence anodin, suffit à Guillermo Martinez pour tendre immédiatement un fil narratif d’une tension remarquable : quelque chose a mal tourné, quelque chose de grave et d’irréparable, et Luciana a besoin d’aide.
Ce que l’auteur réussit avec une économie de moyens assez remarquable, c’est de construire en quelques pages un double portrait en creux. D’un côté, Luciana telle qu’elle était : jeune, sérieuse, légère, dotée de ce naturel désinvolte propre aux premières années d’université, traversant les journées de dictée avec une compétence sans failles et une séduction à peine consciente d’elle-même. De l’autre, l’écrivain dont elle travaillait pour le compte de Kloster, ce géant des lettres argentines dont la seule mention du nom fait figure de légende littéraire dans les milieux intellectuels de Buenos Aires. Cette mise en scène initiale, où le monde de la création romanesque croise celui des rapports humains complexes, installe une atmosphère à la fois familière et légèrement inquiétante.
Martinez choisit de nous faire entrer dans l’histoire par la mémoire, avec une précision presque chirurgicale dans les détails sensoriels, notamment cette façon qu’avait Luciana de faire craquer ses vertèbres cervicales, geste anodin qui deviendra, au fil du récit, une sorte de signal chargé de sens. Ce premier chapitre fonctionne donc comme une chambre d’écho : on y perçoit déjà les résonances de ce qui va suivre, sans que rien ne soit encore dit explicitement. C’est précisément là que réside l’intelligence de la construction romanesque, dans cette capacité à rendre chaque détail du passé porteur d’une signification que le lecteur ne peut pas encore mesurer.
Dix années de morts accumulées
Quand Luciana s’assoit enfin dans l’appartement du narrateur et commence à parler, ce qui surgit n’est pas une plainte ordinaire mais un récit qui se déroule comme une chute lente, méthodique, presque impossible à interrompre. En dix ans, les personnes qui l’entouraient sont mortes, l’une après l’autre, chacune dans des circonstances qui, prises séparément, ressemblent à des accidents, à des tragédies ordinaires de la vie. Un fiancé. Des parents. Un frère. La liste s’allonge avec une régularité qui glace, et Luciana n’a qu’un seul nom à la bouche pour expliquer cette accumulation : Kloster.
Ce qui rend ce passage du roman particulièrement habile, c’est la façon dont Martinez joue sur deux registres simultanément. D’un côté, le lecteur suit le récit de Luciana avec une attention croissante, happé par la logique interne de ses accusations, par les coïncidences troublantes qu’elle aligne avec une précision obsessionnelle. De l’autre, le narrateur lui-même demeure dans un entre-deux inconfortable, partagé entre la compassion et le scepticisme, oscillant sans cesse entre la tentation de croire et la prudence de celui qui reconnaît les contours d’un esprit peut-être fracturé par le deuil. Cette ambiguïté n’est pas un défaut de construction, c’est au contraire le moteur même du roman.
Car c’est bien là que Martinez excelle : maintenir le lecteur dans un état de suspension permanente, sans jamais lui offrir la sécurité d’un point de vue stable. Chaque mort racontée par Luciana est à la fois plausible comme accident et plausible comme crime. Aucun élément ne vient trancher. Et pendant que les années s’égrènent dans son récit, une atmosphère singulière se dépose sur le texte, mélange de thriller psychologique et de tragédie à la grecque, où le destin semble s’acharner sur une seule famille avec une constance qui dépasse la simple malchance. Le titre du roman prend alors tout son sens : ce n’est pas une mort brutale qui est au coeur de l’histoire, mais une érosion progressive, calculée ou non, qui transforme la vie de Luciana en un long couloir sans issue.
La bible de Caïn
Au coeur du récit de Luciana se trouve un objet, un gros volume relié en cuir doré sur tranches, avec un petit cordon rouge en guise de marque-page. Cette bible, que son père pasteur avait annotée et qu’elle avait un jour prêtée à Kloster pour les besoins de son roman sur une secte d’assassins caïnites, lui a été rendue lors d’une audience de conciliation judiciaire dans des circonstances que Luciana n’a jamais oubliées. Le signet était positionné sur un passage précis, une page de la Genèse, et c’est ce détail qui, selon elle, change tout : Kloster lui aurait ainsi adressé un message codé, une déclaration de guerre formulée dans le langage des Écritures.
Le passage en question concerne Caïn, le premier meurtrier de l’Histoire sainte, et la promesse divine qui l’accompagne : quiconque tuerait Caïn recevrait un châtiment sept fois plus grand. Martinez fait ici quelque chose de très fort en ancrant son thriller psychologique dans une matrice symbolique aussi ancienne que la littérature elle-même. La vengeance selon la loi caïnite ne répond pas à la logique de l’équivalence, oeil pour oeil, dent pour dent, mais à celle de la démesure sacrée, sept pour un. Ce chiffre devient dès lors une clé de lecture que Luciana applique rétrospectivement à chacune des morts survenues autour d’elle, transformant la série des deuils en un programme scriptural dont Kloster serait l’exécutant méthodique.
Ce qui fascine dans ce dispositif narratif, c’est la façon dont Martinez utilise la dimension religieuse non pas comme décor mais comme structure profonde. Luciana vient d’une famille marquée par un protestantisme fondamentaliste, avec un père pasteur dont la lecture de la Bible était littérale et absolue. Kloster, lui, écrivait précisément un roman sur les caïnites, ces hérétiques qui vénéraient le premier fratricide comme un acte de liberté contre un Dieu injuste. Entre ces deux univers, la bible annotée circule comme un objet chargé, presque menaçant, porteur d’une logique implacable que seuls ceux qui savent lire entre les lignes peuvent déchiffrer. Le lecteur, lui, se retrouve à son tour convoqué dans cette lecture, contraint de peser chaque indice avec la même attention fiévreuse que Luciana.
Un romancier en quête de vérité
Une fois Luciana repartie dans la nuit froide de Buenos Aires, le narrateur se retrouve seul avec une promesse qu’il regrette déjà d’avoir faite et un récit qui lui colle aux mains comme de la poix. Sa première réaction est celle du doute raisonnable : aller vérifier dans les archives d’un quotidien si les morts évoquées par Luciana correspondent bien à des faits réels, dûment enregistrés, publiés, datés. Cette descente dans les sous-sols d’une rédaction, parmi les classeurs jaunis et les parquets qui craquent, est l’une des séquences les plus réussies du roman. Elle dit quelque chose d’essentiel sur la posture du narrateur : il n’est pas enquêteur, il est écrivain, et c’est précisément cette nuance qui oriente toute la suite.
Martinez construit autour de ce personnage une figure narrative particulièrement intéressante, celle du témoin impliqué malgré lui, qui cherche la vérité moins par souci de justice que par nécessité intérieure. Il a écrit contre Kloster dans le passé, un article acerbe publié dans une revue obscure, et cette faute ancienne pèse sur sa démarche comme une dette. Contacter Kloster suppose d’affronter ce passé, de s’exposer à un homme dont l’intelligence et la réputation l’ont toujours intimidé. Le stratagème qu’il imagine pour obtenir un rendez-vous, prétexte habilement choisi, révèle autant sur lui que sur sa cible : il pense en romancier, il agit en romancier, et c’est dans cet espace entre la fiction et le réel que le roman trouve l’une de ses zones de tension les plus fertiles.
Ce chapitre de l’enquête personnelle met également en lumière ce que Martinez sait faire avec l’atmosphère urbaine de Buenos Aires, ville traversée ici en hiver, avec ses dimanches déserts, ses bars au petit matin, ses immeubles aux façades en réfection. Le cadre n’est jamais pittoresque pour le plaisir, il accompagne et amplifie l’état mental du narrateur, ce sentiment d’être entré dans une histoire qui le dépasse tout en étant incapable de s’en extraire. Entre les faits vérifiés dans les archives et les interprétations de Luciana, un écart subsiste, béant, et c’est dans cet écart que le roman installe durablement son lecteur.
La version de Kloster
Quand la porte de la somptueuse demeure de Kloster s’ouvre enfin, c’est une tout autre figure qui se présente au narrateur. Non pas le monstre froid imaginé par Luciana, ni la légende littéraire inaccessible fantasmée par le milieu des lettres argentines, mais un homme au corps d’athlète vieillissant, au visage creusé comme une sculpture que le temps aurait trop travaillée, qui reçoit son visiteur sans amabilités superflues et commence à lire les feuillets qu’on lui tend avec une attention pesante, presque douloureuse. Martinez ménage cette entrée en scène avec un soin particulier : Kloster apparaît chargé de réalité, d’une densité humaine qui rend immédiatement plus complexe tout ce que Luciana a raconté.
Sa version des faits reprend les mêmes événements, les mêmes scènes, parfois les mêmes gestes, mais depuis un angle radicalement différent. Là où Luciana se souvient d’une relation professionnelle irréprochable brutalement interrompue par une agression, Kloster décrit une progression lente, une séduction initiée par la jeune femme elle-même, une série de signaux auxquels il a fini par répondre, une seule fois, et qui a déclenché une réaction hors de toute proportion raisonnable. Ce face-à-face de deux récits contradictoires est le cœur battant du roman : Martinez ne tranche pas, ne hiérarchise pas, laisse les deux versions coexister dans toute leur incompatibilité. Le lecteur se retrouve exactement dans la position du narrateur, sans arbitre, sans vérité établie.
Mais Kloster dit aussi autre chose, quelque chose que Luciana n’a pas dit ou n’a pas pu dire : l’histoire de sa fille Pauli, de son mariage naufragé, d’une douleur privée d’une amplitude qui déborde largement le cadre du litige avec sa secrétaire. Cette confession inattendue, arrachée moins par générosité que par une nécessité intérieure difficile à cerner, modifie sensiblement l’équilibre du roman. Kloster cesse d’être une silhouette menaçante pour devenir un homme traversé par une perte irréparable, ce qui ne le disculpe de rien mais rend toute accusation à son égard infiniment plus difficile à formuler. C’est précisément ce vertige moral que Martinez cherchait, et il l’atteint avec une économie narrative remarquable.
L’ombre d’une coïncidence
Ce qui rend le dispositif narratif de Martinez si efficace, c’est qu’il repose sur une question apparemment simple mais philosophiquement vertigineuse : à partir de combien de coïncidences une série cesse-t-elle d’en être une ? Chacune des morts qui jalonnent la vie de Luciana possède son explication rationnelle, sa cause naturelle ou accidentelle, son rapport d’expertise, son verdict administratif. Un maître nageur emporté par une mer trop froide. Des champignons vénéneux confondus avec des espèces comestibles. Un crime passionnel perpétré par un détenu récidiviste. Pris isolément, chacun de ces événements appartient au registre banal du malheur humain. Mis bout à bout, autour d’une seule et même personne, ils dessinent quelque chose d’autre, une silhouette inquiétante que le regard ne parvient plus tout à fait à ignorer.
Martinez travaille ici avec les outils du roman policier classique, la recherche du motif, la logique du mobile, la géométrie des preuves, mais il les retourne contre leurs propres certitudes. Car les preuves manquent, précisément. Il n’y a pas de fil conducteur visible, pas d’empreinte digitale, pas de témoin direct. Il y a seulement la structure, ce schéma que Luciana perçoit et que personne autour d’elle ne veut voir, ou ne peut voir sans aussitôt l’attribuer à un esprit déréglé par le deuil. Le roman pose ainsi une question qui dépasse le cadre du thriller : jusqu’où la perception d’un ordre dans le chaos est-elle une forme de lucidité, et à quel moment bascule-t-elle dans la paranoïa ?
C’est dans cet espace incertain, entre la coïncidence et la préméditation, entre la vision juste et l’obsession pathologique, que le roman installe son inconfort le plus durable. Martinez ne cherche pas à résoudre cette tension, il la cultive avec une précision qui force le lecteur à remettre en cause ses propres réflexes interprétatifs. On se surprend à relire mentalement certains passages, à peser à nouveau le poids d’un détail laissé en suspens, à reconstruire la chronologie des événements depuis un angle légèrement différent. Ce travail actif imposé au lecteur, cette impossibilité de rester passif face au texte, est sans doute l’une des marques les plus distinctives de ce roman.
Qui croire ?
La question traverse le roman comme une lame, tranchante et invisible à la fois. Luciana parle avec la conviction absolue de quelqu’un qui a tout perdu et qui sait pourquoi, une conviction si totale qu’elle en est presque suspecte. Kloster répond avec le calme mesuré d’un homme qui a depuis longtemps appris à vivre sous le regard accusateur d’une femme qu’il considère comme dérangée, un calme si maîtrisé qu’il en devient lui aussi ambigu. Entre ces deux pôles, le narrateur navigue sans boussole, et le lecteur avec lui, incapable de s’amarrer durablement à l’un ou l’autre rivage. Martinez a construit une machine à doute d’une redoutable efficacité, où chaque élément qui plaide pour l’un retourne aussitôt contre lui-même sous un autre éclairage.
Ce qui rend ce dilemme particulièrement riche, c’est qu’il ne se réduit pas à une simple opposition entre victime et bourreau. Les deux protagonistes sont des êtres complexes, traversés par des zones d’ombre que le roman ne cherche pas à effacer. Luciana a menti, ou du moins omis, certains détails dans son récit initial. Kloster a lui-même reconnu des faits que son orgueil aurait pu lui faire taire. Aucun des deux ne se présente comme un être transparent, et c’est précisément cette opacité partagée qui empêche tout verdict confortable. La fiabilité du narrateur lui-même n’est pas sans failles : il a une histoire avec Luciana, une rancune ancienne envers Kloster, des intérêts littéraires dans l’affaire qu’il est en train de vivre. Tout le monde, dans ce roman, a des raisons de déformer la réalité.
Martinez puise ici dans une tradition littéraire qui remonte à Rashomon, celle des récits contradictoires qui révèlent moins une vérité factuelle que la façon dont chaque conscience reconstruit le monde à son image. Mais il y ajoute quelque chose de proprement contemporain : la conscience aiguë que la crédibilité d’un témoignage dépend autant du contexte social et institutionnel dans lequel il s’inscrit que de sa vérité intrinsèque. Qui écoute Luciana ? Qui prend Kloster au sérieux ? Ces questions, posées en filigrane tout au long du roman, donnent à ce thriller psychologique une résonance qui dépasse largement les frontières du genre.
La mécanique du doute
Arrivé à la dernière page de La Mort lente de Luciana B, le lecteur referme le livre avec cette sensation rare et précieuse d’avoir été conduit jusqu’au bord d’un précipice sans jamais être poussé dedans. Martinez ne livre pas de résolution au sens classique du terme, pas de scène de dénouement où la vérité éclate enfin sous les projecteurs. Ce qu’il offre à la place est plus troublant et plus durable : une conclusion qui répond à toutes les questions de surface tout en laissant béante la question fondamentale. La mécanique du doute, montée pièce par pièce depuis la première page, tourne encore longtemps après que le livre a été reposé.
Ce dernier chapitre est aussi l’occasion de mesurer la cohérence de l’ensemble. Tout ce que Martinez a semé avec une apparente désinvolture, les détails biographiques glissés dans les conversations, les coïncidences de dates, les objets chargés de sens, les silences plus éloquents que les aveux, trouve ici sa place dans une architecture narrative d’une précision remarquable. Le roman appartient à cette catégorie d’oeuvres qui gagnent à être relues, non pas parce qu’elles dissimulent des indices grossièrement cachés, mais parce que chaque scène, revisitée depuis la fin, révèle une couche de signification supplémentaire. C’est la marque d’une construction littéraire pensée dans sa totalité, où rien n’est laissé au hasard sans que rien non plus ne paraisse calculé.
Au fond, La Mort lente de Luciana B est un roman sur la façon dont nous construisons nos certitudes, sur la fragilité des récits que nous fabriquons pour donner sens aux événements qui nous traversent, et sur l’impossibilité ultime de pénétrer vraiment la conscience d’autrui. Martinez emprunte les codes du thriller pour poser des questions qui relèvent de la philosophie morale et de la psychologie des profondeurs, ce mélange des genres étant manié avec une aisance qui rend le roman accessible sans jamais le réduire à un simple exercice de divertissement. Luciana, Kloster, le narrateur : trois voix, trois vérités irréconciliables, et entre elles un espace vide que chaque lecteur remplira selon sa propre vision du monde. C’est cet espace-là, précisément, qui fait de ce roman une expérience de lecture qui ne ressemble à aucune autre.
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Mots-clés : thriller psychologique, roman argentin, culpabilité, vengeance, doute, manipulation, littérature hispanophone
Extrait Première Page du livre
« Un
Le téléphone sonna un dimanche matin et je m’arrachai à un sommeil de plomb pour répondre. La voix ne murmura qu’un faible et anxieux Luciana, comme si ce prénom suffirait à me rafraîchir la mémoire. Je répétai Luciana, déconcerté, et elle y rajouta son nom, qui m’évoqua une image lointaine, encore brumeuse ; puis, sur un ton légèrement angoissé, elle se présenta. Luciana B. La fille de la dictée. Bien sûr que je me souvenais d’elle. Dix ans s’étaient-ils vraiment écoulés ? Oui : presque dix ans, confirma-t-elle et elle ajouta qu’elle était heureuse de voir que j’habitais toujours au même endroit. Mais elle ne semblait pas heureuse du tout. Elle marqua une pause. Pouvait-elle venir me voir ? Elle avait besoin de me voir, corrigea-t-elle, avec un accent de désespoir qui chassa toutes les pensées que j’aurais pu concevoir. Oui, bien entendu, acquiesçai-je, un peu inquiet. Quand ? Quand tu pourras, le plus tôt possible.
Dubitatif, j’examinai le désordre de mon appartement, livré aux forces indolentes de l’entropie, je jetai un coup d’œil au réveil, sur la table de nuit. Si c’est une question de vie ou de mort, dis-je, est-ce que ça te convient, cet après-midi, ici, par exemple à quatre heures ? Je perçus à l’autre bout un bruit rauque et un souffle entrecoupé, comme si elle réprimait un sanglot. Pardon, chuchota-t-elle, honteuse, oui : c’est une question de vie ou de mort. Tu ne sais rien, n’est-ce pas ? Personne ne sait rien. Personne n’est au courant. Elle parut de nouveau sur le point d’éclater en sanglots. Il y eut un silence, pendant lequel elle parvint difficilement à se reprendre. D’une voix plus basse, comme si elle avait du mal à prononcer ce nom, elle dit : Ça concerne Kloster. Et avant que j’aie eu le temps de demander quoi que ce soit, de peur que je puisse changer d’avis, elle ajouta : Je serai là à quatre heures. »
- Titre : La Mort lente de Luciana B.
- Titre original : La muerte lenta de Luciana B.
- Auteur : Guillermo Martinez
- Éditeur : Robert Laffont
- Nationalité : Argentine
- Traducteur : Edouardo Jimenez
- Date de sortie en France : 2019
- Date de sortie en Espagne : 2007
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Résumé
Un dimanche matin, Luciana B. appelle un écrivain qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Jadis secrétaire de l’illustre romancier Kloster, elle revient avec une accusation terrifiante : cet homme aurait méthodiquement éliminé, un par un, tous les membres de sa famille, en guise de vengeance pour une plainte qu’elle avait déposée contre lui des années auparavant. Chaque mort, pourtant, ressemble à un accident. Aucune preuve ne désigne Kloster. Et Luciana elle-même a séjourné en clinique psychiatrique.
Tiraillé entre la compassion et le scepticisme, l’écrivain narrateur accepte d’aller rencontrer Kloster pour entendre sa version. Ce qu’il découvre bouleverse tous ses repères : les mêmes faits, racontés depuis l’autre rive, prennent une tout autre couleur. Guillermo Martinez construit ainsi un roman à deux voix irréconciliables, un thriller philosophique où la question centrale n’est pas de savoir qui dit la vérité, mais si la vérité, dans ce type d’histoire, peut seulement être dite.
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
























Muchísimas gracias, Manuel! Qué gran, atenta, lectura de mi novela. Gracias por tomarte todo ese tiempo para leer, releer, y escribir in extenso, hace demasiado que no se ven reseñas así….
Guillermo
¡Todo el placer es mío, Guillermo! Es un placer tan grande leerte.
Manuel