La taupe rouge de Julian Semenov : une plongée dans la mécanique du Reich

La taupe rouge de Julian Semenov

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La clinique du lendemain de Caroline Comte
Vigne rouge de Jean Michel Bourgeois et Dominique Viala

Un rossignol dans le parc gelé de février 1945

Un chant d’oiseau, dans un bois de chênes encore pris par la neige, alors que l’Allemagne s’effondre à quelques kilomètres de là. Voilà par quoi Julian Semenov choisit d’entrer dans son roman le plus célèbre, et le contraste dit déjà tout de sa méthode. Le Standartenführer SS von Stierlitz écoute ce rossignol imprudent, s’inquiète pour lui, se demande comment le secourir, puis boutonne sa capote et rentre attendre un agent. L’air est froid et bleuté, les troncs jettent sur la neige des ombres violettes, l’odeur de terre gelée monte encore du sol. Rien dans ce décor n’annonce le roman d’espionnage, et pourtant tout y est déjà : un homme seul, attentif au moindre signe, capable de lire un paysage comme il lira bientôt un visage.

La petite villa au bord du lac où se tient cette scène a été achetée après trois mois de bataille administrative contre l’Obergruppenführer Pohl, gardien tatillon des finances SS, qui refusait de débloquer les fonds au nom de la moralité due à la nation en guerre. Semenov glisse ce détail sans insister, et il en dit long : dans un Reich qui se disloque, la comptabilité continue, les notes de service circulent, les querelles de budget survivent aux villes rasées. Cette attention à la bureaucratie de l’apocalypse traverse tout le livre et lui donne son épaisseur documentaire.

La traduction de Monique Slodzian rend justice à cette prose calme, tenue, qui refuse l’emphase. Le rythme est celui d’un romancier qui prend le temps de poser une lumière avant de poser une menace, qui laisse respirer une description de sous-bois entre deux conversations où se jouent des millions de vies. Le lecteur français découvre ainsi, avec des décennies de retard, un écrivain qui savait faire tenir dans une image d’oiseau transi toute la fragilité de ce qui reste vivant au milieu du désastre. La préface de Zakhar Prilepine, portrait affectueux et parfois vibrant d’un homme au parcours peu ordinaire, ajoute à cette entrée en matière une profondeur biographique bienvenue.

Dix-sept journées prélevées sur l’agonie du Reich

Le titre original du roman, Semnadtsat mgnoveniy vesny, annonce dix-sept instants de printemps, et la promesse n’a rien de décoratif. Semenov découpe son récit en séquences précédées d’une date et d’une heure, à la minute près : le 12 février 1945 à dix-huit heures trente-huit, le 15 février à vingt-deux heures trente-deux, le 8 mars à neuf heures trente-deux. Additionnez les journées distinctes ainsi convoquées, du 12 février au 18 mars 1945, et vous en trouvez exactement dix-sept. La structure du livre est son titre. Rarement architecture romanesque aura été aussi littéralement inscrite dans la table des matières.

Ce dispositif produit un effet remarquable. Le temps ne s’écoule pas de façon continue, il se dépose par blocs, avec des trous parfois considérables entre deux séquences, du 18 au 27 février par exemple, ou du 27 février au 7 mars. Le lecteur reconstitue lui-même ce qui a pu se passer dans ces intervalles, exactement comme un analyste du renseignement reconstitue une situation à partir de fragments discontinus. Semenov ne se contente pas de raconter le travail d’un espion, il fait éprouver la texture mentale de ce travail par la forme même de son récit.

L’horloge ajoute une pression sourde. Chaque en-tête rappelle que le compte à rebours est engagé, que Berlin sera bientôt encerclée, que les positions se figent semaine après semaine. Les personnages le savent, en parlent à demi-mot, calculent. Un chef du renseignement s’inquiète des groupes clandestins de Prague, un autre songe déjà à ce qui suivra la capitulation, un troisième cherche où placer sa fortune. Le roman capte ce moment très particulier où une guerre n’est pas encore finie mais où l’après commence à s’organiser dans les couloirs, les caves et les trains de nuit. Cette bascule constitue le véritable sujet du livre, et le calendrier serré qui rythme les chapitres en est l’instrument le plus efficace.

Stierlitz, Issaïev, et l’homme qui doit rester les deux

Max Otto von Stierlitz, colonel SS aux services politiques de la sécurité, est aussi Maxime Maximovitch Issaïev, envoyé de Moscou installé en Allemagne depuis des années. Cette dualité, connue de tout lecteur russe avant même d’ouvrir le livre, Semenov ne la traite jamais comme un simple ressort d’intrigue. Il en fait une question philosophique. Que devient un homme qui a passé plus d’une décennie à porter un uniforme qu’il exècre, à saluer des criminels, à leur rendre des services réels pour préserver sa couverture ? Le romancier ne tranche pas, il observe, et cette retenue vaut mieux que toutes les explications.

Les passages les plus stimulants du livre sont ceux où Issaïev, dans les rares nuits d’insomnie qu’il s’accorde, réfléchit à son propre métier. Le vrai spécialiste du renseignement doit-il se contenter de collecter et de transmettre, ou peut-il tirer ses propres conclusions et infléchir le cours des choses ? A-t-il le droit d’agir sur l’avenir dont il croit avoir l’intuition ? Semenov formule là une méditation d’une lucidité frappante sur les rapports entre information et pouvoir, avec cette mise en garde double : malheur à la politique qui se soumet aux services secrets, malheur aux services secrets qui se soumettent à une ligne politique décidée d’avance. L’exemple de Hitler persuadé de la faiblesse soviétique et sourd aux mises en garde de ses généraux sert d’illustration silencieuse.

Le portrait qui se dégage tient à distance l’imagerie du surhomme. Stierlitz travaille, avale de la caféine parce qu’il ne sait plus quand il a dormi, se souvient du père de Nicolas Boukharine qui savait siffler avec les mésanges, s’accorde un eisbein aux choux dans un petit restaurant de forêt tenu par un père et son fils estropié. La grandeur du personnage tient précisément à cette ordinaire humanité maintenue sous la carapace, et à la fatigue qu’on devine derrière chaque sourire de façade. Semenov comprend qu’un espion crédible n’est pas celui qui ne tremble jamais, mais celui qui tient sa sensibilité en laisse.

Quand le dossier SS devient matière romanesque

Le roman fonctionne par montage, et c’est l’un de ses partis pris les plus audacieux. Entre deux séquences narratives s’intercalent des extraits de dossiers du parti, rédigés dans cette langue administrative glaçante qui revient comme un refrain : pur aryen, caractère de type nordique, résolu, bonnes relations avec ses camarades de travail, implacable avec les ennemis du Reich, exempt de relations impures. La formule se répète d’un personnage à l’autre, appliquée indifféremment à un tortionnaire de la Gestapo ou à un bureaucrate, et sa répétition mécanique produit un effet critique dévastateur sans qu’un seul commentaire d’auteur soit nécessaire.

À ces fiches s’ajoutent les sections intitulées « Informations à méditer », véritables notices biographiques consacrées à Göring, Goebbels, Himmler, Bormann, Churchill ou Schellenberg. Semenov y déploie une érudition impressionnante, nourrie par un accès aux archives que peu de romanciers de sa génération ont obtenu. On y apprend comment Göring rencontra Karina von Katzow après un atterrissage forcé en Suède, comment il passait ses soirées à Karinhall entre Jules Verne et Karl May, comment une algarade du Führer sur les bombardements de Kiel le laissa alité avec une forte fièvre, et comment Himmler, dès le lendemain, plaça les téléphones du dauphin du régime sur écoute. La mécanique de la cour nazie apparaît là dans toute sa mesquinerie.

Le procédé se diversifie encore : procès-verbaux de réunions dans le bunker avec liste nominative des présents, extraits du journal de Goebbels, transcriptions de pourparlers présentées comme un texte de théâtre, avec noms des locuteurs et didascalies. Cette polyphonie de documents, authentiques ou reconstitués avec vraisemblance, donne au livre l’allure d’un dossier d’archives que le lecteur dépouillerait lui-même. On comprend pourquoi Semenov fut si souvent rapproché de John le Carré : chez l’un comme chez l’autre, le renseignement s’écrit d’abord sur du papier, et le papier vaut mieux que la poudre.

Berne, la pipe anglaise et les pourparlers à voix basse

Face à Stierlitz se dresse une figure d’une envergure comparable, traitée avec un soin remarquable : Allen Dulles, arrivé en Suisse à l’automne 1942 après une traversée de la France que la Gestapo, l’Abwehr et la police de Vichy n’ont pas su intercepter. Grand, souriant, pipe anglaise aux dents, il écoute plus qu’il ne parle et reconnaît ses erreurs sans détour. Semenov aurait pu en faire une caricature d’impérialiste. Il compose au contraire le portrait d’un professionnel redoutable, doté d’un charme réel, et l’estime que le romancier accorde à l’adversaire constitue l’un des plaisirs inattendus du livre.

Les pages consacrées à ses lectures comptent parmi les plus savoureuses. Grâce à une cuisinière recrutée par les services de Himmler, Berlin apprend que le livre de chevet de l’Américain est le traité de Sun Tzu, dont il souligne au crayon rouge la typologie des cinq catégories d’espions et la notion de réseau divin, ce filet noué d’un fil invisible mais indéchirable. On découvre aussi ses annotations dans la Bible, autour de l’épisode où Josué envoie deux hommes en reconnaissance vers Jéricho, et son goût pour Defoe, romancier et organisateur d’un remarquable réseau d’espionnage au service de la couronne. Semenov s’amuse visiblement à faire de la bibliothèque d’un homme le meilleur de ses portraits.

Le romancier retrace ensuite un itinéraire moins souriant, celui du juriste de Wall Street associé à Sullivan and Cromwell, du dirigeant des sociétés Schröder, des concessions pétrolières et des montages qui permirent à des capitaux allemands de traverser la guerre à l’abri d’un pavillon neutre. Le lecteur voit alors se dessiner l’enjeu véritable des rencontres suisses avec le général Wolff : bien au-delà d’une reddition partielle, c’est le rapport de forces de l’après-guerre qui se négocie à voix basse, dans des salons discrets, pendant que les soldats continuent de mourir. Le roman saisit ce basculement avec une acuité politique qui reste, aujourd’hui encore, une raison forte de le lire.

Le pasteur, le professeur et l’opératrice radio

Autour de Stierlitz gravitent des figures secondaires auxquelles Semenov accorde une attention qui les rend inoubliables. Le pasteur Schlag, sorti d’un camp d’internement, discute de la nature humaine avec un contradicteur qui voit dans l’homme un animal ambitieux et dans la conscience une moisissure poussant sur la souche du désir. Le dialogue, long, serré, argumenté, sur le singe et sur Dieu, sur la joue qu’on tend et sur la machine qui ne connaît pas la conscience, occupe plusieurs pages et compte parmi les plus beaux morceaux du livre. Peu de romans d’espionnage s’autorisent cette respiration métaphysique.

Il y a aussi les Pleischner, dont l’histoire familiale résume à elle seule ce que le nazisme fait aux liens privés. Un professeur, ancien recteur d’université, revient de Dachau brisé, la bouche figée dans un sourire résigné, tandis que sa belle-famille organise froidement son divorce pour préserver la carrière d’un jeune diplomate bien noté. Semenov raconte l’opération avec une précision clinique, jusqu’au bellâtre du club de voile recruté pour jouer son rôle. La cruauté ne vient pas ici des bourreaux, mais d’un conseil de famille soucieux de sa réputation, et cette lucidité sociale place le romancier bien au-dessus du récit de propagande.

Käthe Kinn, jeune mère et opératrice radio, offre enfin certaines des séquences les plus tendues du livre. Un homme se présente comme employé d’une compagnie d’assurances, s’enquiert du bébé, complimente sa chevelure, propose des acomptes, demande innocemment les noms de deux garants. Chaque question est un piège, chaque réponse doit être inventée dans l’instant, avec une migraine qui cogne aux tempes. Semenov construit cette scène sur le seul échange de politesses, et la terreur y monte plus sûrement que sous n’importe quelle menace explicite. On mesure là son art du dialogue à double fond.

Un roman d’espionnage sans un coup de feu

Le lecteur venu chercher des poursuites et des fusillades repartira les mains vides, et c’est précisément ce qui fait le prix du livre. La tension y naît de conversations. Un chef des services de sécurité expose à son homologue de la Gestapo, en quatre points numérotés, les raisons de soupçonner un collègue, et l’on retient son souffle. Un général en convalescence entre dans un compartiment de train de nuit, propose du cognac, prétend avoir déjà vu son voisin quelque part, et l’échange le plus anodin devient un exercice d’équilibriste où chaque syllabe pèse. Semenov a compris que le vrai métier du renseignement se joue dans l’observation patiente, non dans l’action spectaculaire.

Cette lenteur assumée, cette préférence donnée à la psychologie sur le mouvement, rapprochent effectivement l’écrivain de le Carré, sans que la comparaison épuise sa singularité. Semenov y ajoute une érudition historique de premier ordre, un goût du document brut, une ironie qui affleure dans les moments les plus sombres, et une capacité rare à décrire l’ennemi avec assez de justesse pour le rendre inquiétant. Le nazisme n’apparaît pas ici comme une abstraction maléfique mais comme un appareil peuplé d’hommes vaniteux, jaloux, calculateurs, occupés à se surveiller les uns les autres jusqu’à la dernière minute.

Reste, refermé le volume, l’image inaugurale de cet oiseau qui chante trop tôt dans un parc encore gelé. Elle n’était pas ornementale. Elle disait qu’au cœur du pire hiver du siècle, quelque chose continuait de tenir, une attention, une délicatesse, un refus de se laisser réduire par la machine. C’est ce que Stierlitz protège, page après page, sous son uniforme noir. Et c’est ce qui donne à cette traduction tardive, portée par Monique Slodzian et les Éditions du Canoë, la valeur d’une véritable découverte pour le lecteur francophone.

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Mots-clés : roman d’espionnage, Julian Semenov, Stierlitz, Seconde Guerre mondiale, Allemagne nazie, littérature russe, contre-espionnage


Extrait Première Page du livre

« À la mémoire de mon père

« Qui est qui ? »

Stierlitz n’en crut pas ses oreilles : dans le parc, un rossignol chantait ! L’air était froid, bleuté et quoique les couleurs eussent déjà la limpidité du printemps, la neige restait dense, on n’y voyait pas cette nuance bleue, semblant venir de l’intérieur, qui précède toujours la fonte nocturne.

Un rossignol chantait dans les noisetiers qui descendaient jusqu’à la rivière, près du petit bois de chênes. Les fûts puissants étaient tout noirs ; l’air gardait une forte odeur de terre gelée. L’arôme puissant des feuilles de tremble et des aiguilles de pin en décomposition, qui vous assaille toujours au printemps, n’était pas encore perceptible mais l’oiseau éclatait déjà en trilles, modulait un vibrato innocent et fragile dans le silence du parc.

Stierlitz se souvint du père de Nicolas Boukharine, un vieillard sec et souriant qui savait parler aux oiseaux. Assis sous un arbre, il attirait une mésange, la fixait du regard et ses yeux devenaient de petites billes noires et mobiles, pareils à ceux de l’oiseau qu’il amadouait.

« Pin-pin-tarara ! » – sifflait le vieil homme.

Et la mésange lui répondait, confiante et enjouée.

Bientôt le soleil toucha l’horizon et les troncs des arbres se renversèrent sur la neige blanche en ombres violettes et régulières.

« Il ne résistera pas au froid », pensa Stierlitz ; puis, boutonnant sa capote, il prit le chemin de la maison. « Je ne vois pas comment le secourir, puisqu’on dit que le rossignol est le seul oiseau à se défier des hommes. »

« Klaus sera là dans un instant, se dit-il. Il est toujours à l’heure. Je lui ai bien dit de passer par le bois depuis la gare. Pour être sûr de ne rencontrer personne. Bon, bon, je vais l’attendre. On est si bien ici… »

À l’agent Klaus, Stierlitz fixait toujours rendez-vous dans la petite villa en bordure du lac. Les lieux convenaient parfaitement à la conspiration : calmes, dérobés aux regards indiscrets, nichés au cœur d’un vénérable bois de chênes. Il avait consacré trois bons mois à persuader l’Obergruppenführer SS Pohl2 de lui débloquer la somme nécessaire au rachat de la villa appartenant aux enfants de danseurs de l’Opéra tués par un bombardement. Ces héritiers en demandaient beaucoup et Pohl, responsable des finances des SS et du SD, lui opposait un refus catégorique. « Vous êtes fou ! – disait-il. Ne pouvez-vous pas louer quelque chose de plus modeste, d’où vous vient ce goût du luxe ? Nous n’avons pas d’argent à jeter par les fenêtres ! Ce serait immoral vis-à-vis de la nation qui porte tout le poids de la guerre. »

Stierlitz dut faire visiter les lieux par son propre chef, le Brigadeführer SS Walter Schellenberg3, directeur des services politiques de la sécurité. Cet homme jeune – trente-quatre ans –, raffiné, intelligent, comprit aussitôt qu’on ne pouvait rêver meilleur endroit pour des entretiens avec des agents de poids ; l’achat fut promptement conclu par personne interposée. C’est ainsi qu’un certain Bolsen, chef ingénieur de la « Société nationale de chimie Robert Ley », se vit accorder l’autorisation d’emménager dans la villa. Ce Bolsen engagea aussitôt un gardien pour un salaire convenable et un colis de vivres hebdomadaire qui n’était autre que le Standartenführer SS von Stierlitz.

Après avoir dressé la table, Stierlitz alluma la radio. La BBC donnait une musique légère. Il appela le gardien :

– Vous pouvez rentrer chez vous, lui dit-il. Soyez ici demain matin à six heures et, si je ne suis pas parti, ayez donc la bonté de me préparer un café bien fort, mais vraiment fort ! »


  • Titre : La taupe rouge
  • Titre original : Dix-sept Moments de printemps
  • Titre original russe : Семнадцать мгновений весны, Semnadtsat mgnoveniy vesny
  • Auteur : Julian Semenov
  • Éditeur : Editions du Canoë
  • ISBN : 9782490251070
  • Format : Broché
  • Nationalité : Russie
  • Langue : Français
  • Traduction : Monique Slodzian
  • Date de publication : 23/05/2019
  • Date de parution de première édition : 1969
  • Nombre de pages : 479 pages
  • Genre : Roman d’espionnage historique
  • Sujets traités : Espionnage soviétique, Seconde Guerre mondiale, Allemagne nazie, double identité, chute du Troisième Reich, négociations de paix séparée, contre-espionnage, guerre froide naissante

Résumé

Berlin, février 1945. Le Standartenführer SS Max Otto von Stierlitz occupe un poste sensible au sein des services politiques de la sécurité du Reich. Sous cette identité impeccablement construite se cache Maxime Maximovitch Issaïev, agent soviétique implanté en Allemagne depuis des années. Autour de lui, l’appareil nazi se fissure : les hiérarques se surveillent mutuellement, les téléphones sont sur écoute, chacun commence à calculer sa sortie.
Tandis que les armées alliées resserrent l’étau, des contacts discrets s’établissent en Suisse neutre entre des émissaires SS et Allen Dulles, représentant des services stratégiques américains. L’enjeu dépasse largement la fin des combats : c’est l’équilibre du monde d’après qui se dessine dans ces salons feutrés. Stierlitz devra manœuvrer au milieu de soupçons croissants, en s’appuyant sur quelques alliés fragiles, un pasteur, un professeur, une jeune opératrice radio, dont la survie tient à sa capacité de ne jamais commettre la moindre erreur.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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