Une chambre de clinique à Tseung Kwan O
Il y a des livres qui vous installent d’emblée dans une pièce dont on ne sort plus. Celui-ci commence par une odeur, celle du désinfectant, que l’inspecteur Lok déteste parce qu’elle lui rappelle la morgue. Vingt-sept années de police, un costume bleu trop strict, et devant lui un vieil homme aux cheveux de neige, relié à un respirateur, sous un écran de dix-sept pouces où des lignes heurtées avancent lentement de la droite vers la gauche. Nous sommes en 2013, au cinquième étage d’une clinique privée de Tseung Kwan O, et le mourant s’appelle Kwan Chun-dok. Il fut le maître de Lok. Il fut aussi, pendant plus de trente ans, le cerveau le plus redouté de la police hongkongaise.
Dans un coin de la chambre, une jeune femme en salopette de jean, casquette noire élimée et vernis noir aux ongles de pied, pianote sur trois ordinateurs portables au milieu d’un enchevêtrement de câbles. On l’appelle Apple. Elle bricole une interface. Quand la porte s’ouvre, cinq personnes entrent à la queue leu leu, membres et proches de la famille Yue, l’une des dynasties les plus en vue de la ville, convoquées là pour une affaire de meurtre qu’ils croyaient déjà racontée mille fois au poste. Aucun ne comprend pourquoi on les a réunis au chevet d’un cancéreux en phase terminale. Aucun ne devine ce que Lok mijote.
Le dispositif tient de l’orfèvrerie. Chan Ho-kei installe un huis clos où le seul enquêteur habilité à trancher ne peut ni parler, ni bouger, ni ouvrir les yeux, et il en tire une tension d’une rare densité. La chambre d’hôpital devient un prétoire improvisé, la machine de surveillance un instrument de vérité, et chaque question posée aux visiteurs prend le poids d’une mise au jeu. On pense au théâtre, à la mécanique du roman-problème classique, mais avec une gravité que ce genre s’autorise rarement. L’auteur ne cherche pas l’effet gratuit. Il pose ses règles, les tient jusqu’au bout, et laisse le lecteur mesurer lui-même l’étendue du pari.
Six enquêtes qui remontent le temps de 2013 à 1967
La construction d’ensemble constitue le geste le plus audacieux du livre. Plutôt qu’un roman linéaire, Chan Ho-kei propose six récits d’enquête autonomes, chacun refermé sur sa propre résolution, chacun daté avec précision. Le titre original du livre, 13·67, disait déjà l’essentiel : deux bornes, 2013 et 1967, et entre elles un demi-siècle de police et de ville. La particularité tient à l’ordre de lecture. Le premier récit se déroule en 2013, le suivant en 2003, puis viennent 1997, 1989, et ainsi de suite jusqu’aux émeutes des années soixante. Le lecteur ne progresse pas vers l’avenir, il descend vers l’origine.
Cette marche à reculons produit un effet singulier. Les figures que l’on croyait connaître se défont et se recomposent à mesure que l’on remonte le fil. Ce qui était acquis dans un chapitre devient énigmatique dans le suivant. Une réputation solidement établie en 2013 se met à trembler quand on découvre par quels chemins elle s’est bâtie. Chaque titre de partie porte cette ambition : La vérité entre le noir et le blanc, L’honneur du prisonnier, Le jour le plus long, La balance de Thémis, Terre d’emprunt. Les mots choisis annoncent moins des intrigues que des dilemmes moraux.
Le pari n’était pas gagné d’avance, car ce type d’architecture peut virer à l’exercice formel. Chan Ho-kei l’évite en dotant chaque segment d’une intrigue criminelle pleine et entière, avec ses fausses pistes, ses interrogatoires, ses opérations qui tournent mal. On peut lire chacune de ces enquêtes comme une novella policière solide et refermer le livre satisfait. Mais l’ensemble produit une résonance que la somme des parties ne laissait pas prévoir, un écho qui se propage d’une décennie à l’autre. Ce que le romancier construit, ce n’est pas une chronologie, c’est une archéologie. Il faut creuser couche après couche pour comprendre pourquoi la surface a cette forme-là.
Kwan Chun-dok, le détective surnommé Œil-de-faucon
Ses collègues ne se sont pas privés de le baptiser. Robocop, Œil-de-faucon, le Divin Détective, les surnoms se sont accumulés au fil des affaires. Le plus savoureux venait de sa propre femme, qui, agacée par sa légendaire pingrerie, suggérait qu’on l’appelle plutôt Onc’ Picsou. Le taux d’élucidation des enquêtes auxquelles il a pris part atteint cent pour cent, chiffre que ses interlocuteurs refusent d’abord de croire. Formé au Royaume-Uni au début des années soixante-dix, promu inspecteur au retour, il a dirigé la section des crimes sérieux de l’île de Hong Kong avant de prendre la tête de la section B du bureau du renseignement criminel, celle que le livre décrit joliment comme le lobe frontal d’un cerveau policier.
L’homme est un excentrique et le roman s’en délecte. Il refuse d’aller boire au bar, où trois canettes coûtent le prix d’un verre, et convoque son disciple sur les gradins déserts du stade McPherson à Mongkok, en plein hiver, avec un pack de six acheté en promotion au supermarché. Il enseigne par métaphores, et celles-ci en disent long sur sa conception du métier. La lutte contre le crime est une partie de poker où l’on doit faire croire à l’adversaire qu’on tient des cartes inutiles alors qu’on a une paire d’as. Traquer un chef de triade relève de la pêche au gros, il faut observer la surface sans relâche et ferrer au bon instant.
Ce qui empêche cette figure de devenir un simple virtuose de papier, c’est le doute qu’elle traîne. Kwan n’est pas seulement rapide, il est traversé par une conviction héritée et transmise : quand le système nuit aux innocents ou empêche la vérité d’éclater, il faut aller contre lui. La phrase revient, martelée comme un mantra, et le roman s’emploie à en éprouver la solidité dans des situations où elle coûte cher. Chan Ho-kei prend soin de montrer aussi les fatigues de l’homme, sa main qui masse ses reins, son arthrite, sa décision de partir à cinquante ans pour que ses adjoints apprennent enfin à se passer de lui.
Lok Siu-ming, le disciple que l’on découvre à rebours
Petite Clarté. C’est ainsi que Kwan appelait son dernier élève, seul à user encore de ce prénom que quatorze années de galons ont fini par effacer derrière le mot « inspecteur ». Aux yeux du vieux superintendant, Lok Siu-ming tenait du fils. Le lecteur le rencontre au sommet, chef de la section des crimes sérieux du district de Kowloon Est, capable d’orchestrer un dispositif d’interrogatoire improbable dans une chambre de clinique. Puis, chapitre après chapitre, il le voit rajeunir et perdre ses certitudes comme on retire des couches de vêtements.
En 2003, il vient tout juste d’obtenir la confirmation de ses galons après trois années de probation, il apprend qu’il va être père, et sa première opération comme chef d’équipe se solde par un fiasco retentissant. Deux cents hommes mobilisés dans les bars de Yau Ma Tei et Tsim Sha Tsui, une récolte dérisoire, une réunion de débriefing où chacun cherche un bouc émissaire, et lui qui bredouille sous une dizaine de regards implacables. Six ans plus tôt encore, il n’est qu’un sergent de la section B, chargé par ses collègues d’acheter le gâteau de départ à la retraite de son chef, et qui le porte en silence pendant que les autres applaudissent. La trajectoire s’inverse magnifiquement.
Cette progression descendante donne au livre son épaisseur humaine. On comprend rétrospectivement pourquoi tel réflexe, telle intuition, telle intransigeance appartiennent désormais à l’inspecteur de 2013. Les notations défavorables accumulées, le caractère peu sociable, les années où toute promotion semblait hors d’atteinte, tout cela devient lisible une fois qu’on en a vu la source. Chan Ho-kei réussit ainsi ce que peu de romans policiers tentent : dessiner un apprentissage sans jamais le raconter dans l’ordre, et rendre néanmoins la formation parfaitement intelligible. Le lecteur reconstitue le portrait comme un enquêteur reconstitue un emploi du temps, par recoupements successifs.
Hong Kong par ses triades, ses braquages et ses pagers
La ville tient ici le rôle d’un révélateur photographique. Chaque époque du livre s’accompagne de son écosystème criminel, décrit avec une précision documentaire qui n’alourdit jamais le récit. En 2003, la Société de l’Infinie Justice contrôle près de quatre-vingts pour cent du trafic de stupéfiants dans les établissements de nuit de Yau-Tsim, et son patron, Chor Hon-keong, a compris avant tout le monde que le blanchiment le plus efficace passe par le show-business. Il rachète des boîtes de nuit, fonde une agence de talents, produit des films, distribue des sourires aux vernissages et colle des procès en diffamation aux magazines trop curieux. Face à lui, une triade dissidente s’étiole, dirigée par un vieux brigand fatigué qui avait pourtant tout du tigre blessé.
En 1989, le décor change du tout au tout. Deux frères figurent en tête de la liste des criminels les plus recherchés, auteurs de braquages de bijouteries sur Nathan Road, d’attaques de fourgons blindés, d’un enlèvement retentissant. La police les traque dans un immeuble décrépit de Reclamation Street, à l’ironique nom de Belle Aube, et surveille leurs communications grâce à des numéros de pagers fournis par un indicateur toxicomane. Une série de chiffres verts s’affiche sur un écran noir, et cette scène résume à elle seule la texture technologique de l’époque. Ailleurs, ce sont des flacons de soude caustique jetés d’un toit sur les étals bondés de la rue des Femmes qui mobilisent les analystes du renseignement.
Chan Ho-kei excelle à faire tenir ensemble le détail vérifiable et l’élan romanesque. Les néons de Mongkok, les minibus qui attendent que leurs seize places soient occupées, les copropriétés fantômes des vieux immeubles sans hall d’entrée, les querelles de territoire entre état-major, QG de secteur et postes de police, tout concourt à installer un Hong Kong dense, poisseux, palpable. La ville prend corps sans jamais se réduire à un décor pittoresque. Elle fournit au contraire la matière même des crimes, comme si sa géographie et son économie sécrétaient naturellement leurs propres pathologies.
De la couronne royale à la fleur de bauhinia
Le roman s’ouvre sur une citation qui n’a rien d’ornemental : le serment prêté par les recrues de la police avant 1980, avec sa promesse de servir Sa Majesté, de faire respecter les lois de la Colonie et d’obéir sans discussion aux ordres légaux. Tout le livre travaille à mesurer l’écart entre cette formule et les gestes réels de ceux qui l’ont prononcée. En 1997, Kwan Chun-dok avance son départ à la retraite d’un mois pour épargner au gouvernement l’achat d’un insigne neuf, puisque la Police royale de Hong Kong devient au premier juillet la Police de Hong Kong, et que la couronne cède la place aux pétales pourpres de l’orchidée locale. Le pragmatisme du vieux radin dissimule mal la charge symbolique du moment.
Cinquante ans d’institution défilent ainsi en filigrane. Les émeutes de la fin des années soixante, la grande campagne d’assainissement qui, dans les années soixante-dix, transforme une force gangrenée par la corruption en modèle mondial d’intégrité, l’affrontement avec l’ennemi public des années quatre-vingt, la rétrocession, puis les mutations sociales des années deux mille. Le livre suit cette courbe sans jamais la commenter de l’extérieur. Il la fait sentir par les grades, les procédures, les rivalités entre unités, les carrières brisées ou météoriques selon qu’on a bénéficié ou non d’une formation en Angleterre au bon moment.
La dernière décennie racontée est la plus tendue. Lok constate autour de lui la montée d’une défiance qu’il ne parvient plus à réfuter, l’installation d’une mentalité de bureaucrate chez ses collègues, la disparition de la vocation au profit du calcul de carrière. Chan Ho-kei aborde ces questions frontalement, en les faisant passer par la conscience de ses policiers plutôt que par un discours surplombant. Rien n’y est simplifié, et l’auteur laisse au lecteur le soin de peser lui-même les arguments. Cette retenue narrative constitue l’une des grandes réussites du livre, qui parle politique sans jamais cesser d’être un roman d’enquête.
La casquette noire au petit logo en forme de cible
Un objet traverse discrètement ces cinquante années : une casquette noire, usée jusqu’à la corde, dont les bords s’effilochent et qui porte à droite de la visière un minuscule logo argenté en forme de cible. Kwan la retire pour passer la main dans ses cheveux grisonnants, puis la remet avant de s’éloigner, canne au poing, vers Argyle Street. D’autres casquettes noires apparaissent ailleurs dans le livre, sur d’autres têtes, dans d’autres circonstances, et ce n’est probablement pas un hasard. La cible sur la visière fonctionne comme une signature discrète du projet tout entier : viser juste, viser longtemps, viser malgré tout.
Le lecteur français bénéficie d’une traduction d’Alexis Brossollet qui restitue avec justesse les registres très contrastés du texte, du jargon administratif de la police au parler cru des salles de garde, en passant par les formules sentencieuses du vieux maître. La langue reste fluide, jamais engoncée, et les nombreux acronymes ou grades sont introduits avec assez de naturel pour qu’on ne s’y perde jamais. Chan Ho-kei, né et élevé à Hong Kong, lauréat du Soji Shimada Mystery Award, a écrit là un livre dont l’ambition dépasse largement les codes du genre sans jamais les mépriser.
Reste cette impression tenace, une fois la dernière page tournée : celle d’avoir suivi un homme à la trace en marchant à l’envers de sa vie, et de comprendre seulement à la fin ce qu’on avait sous les yeux au début. Hong Kong Noir offre à la fois six enquêtes rigoureusement charpentées, une méditation sur la loyauté et la justice, et le portrait d’une ville saisie à six moments de son basculement. L’adaptation annoncée par Wong Kar-wai dit assez la puissance visuelle de cette matière. Ceux qui aiment le roman policier y trouveront leur compte, et les autres découvriront qu’un livre d’enquête peut porter très loin le récit d’un siècle.
À lire aussi
Ne vous fâchez pas, Imogène ! : Un chef-d’œuvre d’humour et de critique sociale
Au-delà du roman de gare : L’impact culturel durable de la série SAS
De l’autopsie à l’auto-dérision : Le charme irrésistible de « La mauvaise élève »
Entre ombres et lumières : L’éventreur de Venise sous la plume de Nicolas Remin
Mots-clés : Hong Kong Noir, Ho-kei Chan, polar hongkongais, triades, police de Hong Kong, rétrocession 1997, thriller asiatique
Extrait Première Page du livre
« I
LA VÉRITÉ ENTRE LE NOIR ET LE BLANC
1
L’inspecteur Lok n’avait rien à reprocher aux hôpitaux, sauf leur odeur. Ces relents de désinfectant qui le suffoquaient. Qui lui rappelaient trop la morgue. Vingt-sept années à faire le flic, à compter les cadavres, et il n’y était toujours pas habitué — et à vrai dire, qui donc pouvait apprécier la compagnie des morts, à part quelques tarés nécrophiles ?
Lok soupira. Non pas que cela le soulageât le moins du monde. Il lui pesait plus encore d’être ici que d’assister à une autopsie. Lugubre dans un strict costume bleu, il contemplait le malade allongé sur l’unique lit de la chambre. Cheveux de neige, sourcils encore poivre et sel. Peau livide et sillonnée de rides, yeux clos sous le respirateur. Un tube très fin fiché dans le bras tacheté de brun était relié à un bloc d’instruments de surveillance médicale. Au-dessus du lit pendait un écran plat de dix-sept pouces, sur lequel quelques lignes heurtées avançaient lentement de la droite vers la gauche, affichant le pouls, la pression artérielle et le taux d’oxygène sanguin du malade. Sans ces tracés, on eût pu croire que le vieillard était mort, qu’il n’y avait plus, couché sur ce lit, qu’un cadavre momifié.
C’était l’homme dont Lok avait appris, il y a tant d’années, toutes les subtilités de l’enquête policière. Et, plus important encore, l’art de penser en dehors des clous. C’était son mentor. Son maître, dont il se rappelait le mantra : « Siu-ming, mon petit Siu-ming, pour faire avancer une affaire tu ne peux te contenter de suivre les sentiers battus. Dans la police il y en a déjà beaucoup trop qui traitent leur boulot par-dessous la jambe et ne font qu’appliquer des principes périmés. Je sais bien que la discipline, les ordres, c’est sacré, mais souviens-toi : notre vraie mission, c’est de protéger la population. Si le système nuit aux innocents ou empêche la vérité d’éclater, eh bien, il faut aller contre lui. »
L’inspecteur Lok ne put retenir un rire amer. Lok Siu-ming. C’était son nom, mais cela faisait quatorze ans que plus personne ne l’appelait ainsi — on l’appelait « Inspecteur » depuis qu’il avait été promu à ce grade à titre probatoire. Il n’y avait plus que son maître pour l’appeler Siu-ming, « Petite Clarté ».
Car après tout, aux yeux du superintendant en chef Kwan Chun-dok, l’inspecteur Lok était comme un fils.
Au moment de prendre sa retraite en 1997, Kwan était responsable de la section B du bureau du renseignement criminel — le CIB — à la division des opérations. Si le CIB était le cerveau de la police, alors la section B en était le lobe frontal, responsable de l’analyse et du recoupement des données, et des conclusions à en tirer. »
- Titre : Hong Kong Noir
- Titre original : 13.67
- Auteur : Ho-kei Chan
- Éditeur : Éditions Denoël
- ISBN : 9782207124697
- Format : Broché
- Nationalité : Chine
- Langue : Français
- Traduction : Alexis Brossollet
- Date de publication : 04/011/2016
- Nombre de pages : 672 pages
- Genre : Roman policier, thriller, polar historique
- Sujets traités : Police de Hong Kong, triades, corruption, rétrocession de 1997, transmission entre maître et disciple, justice et morale, criminalité organisée, histoire de Hong Kong
Résumé
Hong Kong, 2013. Kwan Chun-dok, légende de la police locale surnommé Œil-de-faucon, achève sa vie dans une chambre de clinique de Tseung Kwan O, plongé dans le coma, relié à un respirateur. Son ancien disciple, l’inspecteur Lok Siu-ming, vient pourtant y convoquer cinq témoins dans une affaire de meurtre visant l’une des familles les plus en vue de la ville. Le dispositif est improbable, mais Lok connaît les méthodes de son maître mieux que quiconque.
De cette chambre d’hôpital, le roman remonte le temps par bonds successifs. Six enquêtes se déploient ainsi de 2013 à 1967, chacune complète, chacune ancrée dans son époque : la guerre des triades pour le contrôle des quartiers de nuit, la traque de braqueurs armés dans un immeuble décrépit de Mongkok, les derniers jours avant la rétrocession, les années de corruption et de troubles. À mesure que le lecteur descend vers l’origine, la figure du détective se recompose, et avec elle celle d’une ville saisie à six moments de sa mue.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.














