Requiem pour la dame blanche : Eric Fouassier convoque les fantômes de la Somme

Requiem pour la dame blanche de Eric Fouassier

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Un pigeon momifié dans une cheminée de Beauvais

Septembre 1930. Beauvais s’assoupit dans le confort tiède d’une ville qui a perdu son industrie textile et n’a pas encore trouvé quoi mettre à la place. Au numéro 54 du boulevard Saint-André, derrière des murs couverts de lierre, deux maçons italiens s’échinent à démolir une cloison pour offrir à un notaire et à son épouse demi-noble l’enfilade de salons dont ils rêvent. Un poste de T.S.F. crache la voix gouailleuse de Maurice Chevalier, ses petits petons et ses petits tétons, pendant que la barre à mine attaque le manteau d’une cheminée massive. Éric Fouassier prend son temps, laisse traîner la scène du côté de la soubrette qu’un maçon entreprend dans le corridor, installe la torpeur d’une belle arrière-saison. Puis la brique cède.

Ce que les deux ouvriers exhument du conduit tient dans une main. Une petite dépouille desséchée par la chaleur du foyer, momifiée sans une odeur ni une goutte de sang, les orbites vides, et à l’une de ses pattes une bague métallique. Un pigeon voyageur, donc, et le message qu’il transportait depuis quatorze ans. L’auteur a puisé cette trouvaille dans un entrefilet réel, la découverte par des ramoneurs anglais d’un oiseau porteur d’un texte codé que les meilleurs cryptographes n’ont jamais su rendre en clair. De ce fait divers minuscule, il tire une amorce redoutable.

L’efficacité du procédé mérite qu’on s’y arrête. Ce prologue ne raconte rien de l’intrigue et pose pourtant tout : une guerre qui refuse de rester enterrée, un message qui a survécu à ses destinataires, une mécanique d’horlogerie enclenchée par le plus banal des chantiers de rénovation. Le lecteur referme ces quelques pages avec la certitude que ce petit cadavre emplumé vaut mieux qu’un cadavre humain, parce qu’il porte une phrase et qu’une phrase, contrairement à un corps, ne se décompose pas. La suite se chargera de vérifier cette intuition. En attendant, Fouassier a réussi ce que réussissent rarement les ouvertures : allumer une mèche et sortir de la pièce.

Octobre 1916, le ciel de la Somme et l’archange de l’escadrille

Retour en arrière, quatorze ans plus tôt. La bataille de la Somme patauge, les tranchées se sont muées en pièges fangeux, et sur le saillant de Challières les Allemands s’accrochent, selon la belle formule du texte, comme la vermine sur la dépouille d’un cheval mort. Basée près de Villers-Bretonneux, l’escadrille de chasse multiplie les reconnaissances à bord des Nieuport type XI, ces Bébé Nieuport que les pilotes chérissent depuis qu’ils leur ont permis d’en finir avec le règne du Fokker à mitrailleuse synchronisée. Fouassier connaît son affaire : les tonneaux barriqués, les chandelles, les glissades sur l’aile, l’odeur âcre du poêle qui n’a jamais voulu tirer dans la salle de briefing, la boue et les cuirs mouillés. La documentation ne pèse jamais, elle porte.

Au centre du tableau, le lieutenant Albert Saulx, champion d’acrobatie aérienne d’avant guerre, onze victoires homologuées, un profil de jeune dieu grec et une mélancolie de terrien contrarié. Cet homme-là n’est heureux qu’en altitude. Son ami Martin Clancier, sergent, joueur, coureur, le remarque ce matin d’octobre : le visage s’est fermé, une villa aux volets clos. Saulx glisse une enveloppe entre ses mains, quatre mots griffonnés dessus, à n’ouvrir qu’en cas de malheur, et lâche une phrase que Clancier passera quinze ans à retourner dans sa tête. Puis il monte dans son biplan orné d’un archange saint Michel.

Ce qui suit fonde tout le livre. Un accrochage avec cinq Fokker sortis des nuages comme des oiseaux de proie, une mitrailleuse enrayée, un atterrissage sur le ventre, et sur le terrain de Cachy une découverte qui n’entre dans aucune case du raisonnable. Un mécanicien affolé parle d’égorgement et de fleurs, et la phrase paraît d’abord incohérente. Elle ne l’est pas. Fouassier réussit ici un tour de force : faire naître un crime impossible non dans une bibliothèque anglaise verrouillée de l’intérieur, mais à mille mètres d’altitude, au-dessus d’un no man’s land, devant témoins. La chambre close a rarement eu plus de ciel autour d’elle.

Paris, janvier 1931, un télégramme venu de Picardie

Le 7 janvier 1931, Paris enterre le maréchal Joffre. Brume pénétrante, pavés luisants, foule grave massée de Notre-Dame aux Invalides. Un homme fend cette marée humaine sans y prendre part : Clancier rentre d’une surprise-party de la rue d’Anjou, essoré par les cartes, incapable de se payer un taxi, allergique aux mots héroïsme, gloire et sacrifice. Sa concierge lui tend un télégramme qu’il fourre dans sa poche sans le regarder. Trois lignes sibyllines l’attendent, signées d’un officier du Deuxième Bureau, et ces trois lignes vont rouvrir un dossier que douze années de fêtes n’avaient pas suffi à refermer.

Le romancier procède alors par portraits successifs, et c’est l’une des grandes réussites du livre. Sur le paquebot Île-de-France, un petit homme chétif au cornet acoustique achève une grille de mots croisés en cherchant un manuel du crime en dix lettres commençant par un E : Paul Mihalesco, briseur de codes, un seul échec en toute une carrière, et cet échec le ronge encore. Dans un garni de la rue de Belzunce, un détective privé nommé Florimond Blache monnaie des constats d’adultère avec une brutalité méthodique et une patience qu’il a, dit-il, élevée au rang d’art majeur. Chacun reçoit la même invitation, chacun l’accepte pour des raisons qu’il préférerait taire.

Le Paris de ces chapitres respire. On y croise Violette Morris au volant de son Mercedes SSK, Georges Carpentier attablé devant la répétition de l’Eldorado, les échos de l’affaire Oustric, le prix Interallié décerné à Malraux, l’ombre déjà inquiétante d’un petit moustachu qui inaugure la session du Reichstag en chemise brune. Fouassier n’accumule pas les vignettes pour faire joli : cette France de 1931, qui danse le charleston sur un charnier mal recouvert, dit exactement ce que le roman veut dire. On y sent partout la même chose, une génération qui s’étourdit pour ne pas entendre ce qui gratte sous le plancher. Le télégramme, lui, gratte fort.

Sibyl Degretz, la Dame blanche du Paradis enchanté

Dans un dossier cartonné que Florimond Blache connaît par cœur dort un numéro de la revue Paris qui chante daté du 10 mai 1908. Photo sépia, buvette du café-concert Chansonia, le Tout-Paris attablé, Arlette Dorgère, Moïse Kisling, un grand gamin hilare en qui l’on reconnaît Cocteau. Au centre, une jeune femme à la chevelure de jais et à la robe d’une blancheur virginale. La légende annonce la nouvelle coqueluche de la capitale. Elle s’appelle Sibyl Degretz, elle chante La Caresse des roses, une valse boston lente et mélancolique, et le cliché est si peu net que ses traits ressemblent à un fusain estompé à la mie de pain. Toute son ambiguïté tient dans ce flou.

Fouassier construit cette figure par ricochets, ce qui la rend infiniment plus troublante qu’un portrait frontal. Un vieux compositeur oublié, Bruno Maupu, pensionnaire de la fondation Dranem, veste saumon rongée par les mites et mouchoir de batiste à la commissure des lèvres, livre l’essentiel : une gamine de dix-sept ans repérée à la terrasse d’un café de la Butte, une voix agréable sans plus, mais une présence magnétique qui donnait à chaque homme d’une salle bondée l’illusion d’être le seul destinataire du refrain. Et derrière cela, des demi-confidences, des allusions, une part d’elle-même toujours tenue en retrait.

Vient la guerre, la fin des croisières des Messageries maritimes, le repli sur une grande maison isolée héritée des grands-parents, à quinze kilomètres du front stabilisé. Sibyl y ouvre le Paradis enchanté, salon de récital réservé aux officiers, avec estrade, bar, bougeoirs et pianiste. Alcool, cigares, flonflons, l’illusion d’un retour à la vie normale à portée de canon des charniers. On devine sans peine que cet îlot d’insouciance ne pouvait pas durer, et le récit laisse planer sur une nuit de septembre 1916 un silence que six hommes ont emporté avec eux. Le romancier ne dit pas tout, jamais trop tôt. Il sait qu’une absence bien tenue vaut mille explications.

Une villa isolée bâtie sur l’emplacement exact du drame

Gare de Péronne, cinq heures du soir, une poignée de voyageurs, deux religieuses à grande cornette, la brume comme une mélasse froide. Un chauffeur taiseux en uniforme à galons dorés récupère Florimond Blache et l’installe sur la banquette arrière d’une Reinastella flambant neuve. Une heure de petites routes au fond d’un vallon, des étangs, des tourbières, une odeur de vase qui s’infiltre dans l’habitacle, puis une allée creusée d’ornières où les ronces fouettent les flancs de la voiture. Au bout, une bâtisse à l’architecture tarabiscotée, façade de lierre, fenêtres à croisillons, toit inutilement compliqué. L’électricité est tombée. On reçoit à la bougie.

Le lieu s’impose immédiatement comme une présence à part entière, sans que Fouassier ait besoin d’appuyer. Au-dessus de la cheminée du vestibule, un portrait en pied, robe de satin blanc, dos nu jusqu’aux reins, le visage tourné par-dessus l’épaule vers celui qui regarde. Dans le salon, une vitrine d’automates et de boîtes à musique, et sur un panneau mural une collection d’armes dont l’une, allemande, n’a rien d’un simple trophée. À cinquante mètres sous les arbres, un mausolée à toit de rotonde qu’on n’a pas construit pour y loger des soldats. Le maître des lieux, colonel du Deuxième Bureau, visage de granit et lèvres minces, a fait bâtir sa retraite sur l’emplacement exact du Paradis enchanté, dont seules les caves ont survécu aux bombardements de janvier 1917.

Reste le personnel, et c’est là que le roman glisse ses meilleures notes de basse. Gustave l’homme à tout faire, fier comme un coq de servir une huile du renseignement, et sa Suzon, cuisinière et pipelette, qui répète depuis des années que son patron collectionne les robes de scène d’une morte et passe ses soirées à écouter ses microsillons en boucle. Neige, lignes coupées, dix kilomètres jusqu’au premier village : le huis clos se referme selon les règles, et Fouassier a la coquetterie de laisser ses convives le constater eux-mêmes, un verre à la main, avec un mélange très juste de fanfaronnade et de sueur froide.

« Roses de Picardie », quand une rengaine devient une clé

Le message que Saulx a confié à Clancier le matin de sa mort tient sur une dizaine de lignes tapées à la machine, sans espaces, sans un mot cohérent. Mihalesco s’y est cassé les dents pendant deux semaines en 1916. Analyse des fréquences, grilles de réarrangement, carré de Vigenère, procédé Playfair, transposition à quatre angles, cryptographe de Wheatstone, réglette de Saint-Cyr, jusqu’à l’instrument tout neuf de Pletts, fleuron du bureau anglais du déchiffrement. Rien. Le romancier détaille cette panoplie avec une gourmandise de spécialiste, et l’on sent qu’il s’amuse autant que son cryptanalyste. La conclusion de l’échec compte plus que l’échec : celui qui a chiffré ce texte n’était pas un amateur, et le contenu devait valoir cher.

La solution, quand elle se profile, tient de la trouvaille romanesque pure. Substitution polyalphabétique doublée d’un surcodage adossé à un texte précis, impossible à reconstituer sans connaître ce second texte. Et ce texte, ce sont les paroles anglaises de Roses de Picardie, bluette composée sur le front par un Tommy amoureux d’une Française, tube de l’immédiat après-guerre, valse sirupeuse que tout le monde a fredonnée sans y penser. Blache, en se récitant le refrain, hausse les épaules devant ceux qui prétendent y lire le sang des poilus. Il n’imagine pas encore à quel point ces quelques vers de mirliton vont peser.

Le motif floral irrigue alors tout le livre avec une cohérence qui force l’admiration. Roses répandues dans un cockpit, rose de papier oubliée là où elle n’aurait jamais dû se trouver, parfum entêtant dans une pièce fermée, pétales séchés jetés en pluie, sans compter La Caresse des roses chantée jadis sur les scènes parisiennes. Fouassier fait de la fleur la plus banale du répertoire sentimental un signe de piste et un memento mori, et surtout il refuse de choisir entre les deux. Chez lui, la mièvrerie et l’horreur poussent sur la même tige. C’est joliment vu, et c’est tenu de bout en bout.

Dans le sillage de John Dickson Carr

Deux indications encadrent le volume et disent tout du projet. La dédicace, d’abord, à Paul Halter, maître ès meurtres impossibles, et à quelques cameraclosistes (comme les nomme joliment le milieu, autrement dit les fondus de chambres closes, cette confrérie discrète d’amateurs de chambres closes) de France et d’ailleurs. L’exergue ensuite, emprunté à Trois cercueils se refermeront : Dickson Carr y revendique le goût de l’atmosphère baroque et se moque bien d’entendre dans une intrigue les échos de la vie quotidienne. Fouassier place donc ses pas dans ceux d’une tradition qu’il aime, celle des grands romans populaires où le mystère règne en maître, et il le fait sans nostalgie muséale, en romancier qui a lu ses classiques et compris ce qui les rendait irrésistibles.

Le pari était risqué. Marier la reconstitution historique la plus scrupuleuse, celle des Nieuport et des batteries de 210, du Bœuf sur le toit et de la crise Oustric, avec une mécanique d’énigmes en apparence surnaturelles, c’est prendre le risque de rater les deux cibles. Or les deux régimes se nourrissent l’un l’autre. La guerre fournit le mobile, l’impunité, le silence entre hommes, et le crime impossible donne à cette culpabilité collective une forme presque hallucinée. La question posée n’est jamais vraiment celle du coupable, mais celle du comment et du pourquoi, ce qui est autrement plus difficile à tenir sur quatre cent cinquante pages.

Ce Requiem confirme surtout une chose : l’auteur du Bureau des affaires occultes n’a aucune envie de se répéter. Il change d’époque, change de tempo, s’autorise un récit plus âpre, plus resserré, où la petite histoire l’emporte délibérément sur la grande. Le lecteur y trouvera une atmosphère de fin d’hiver picard, une galerie d’hommes usés qui se surveillent au-dessus d’un shaker, une jeune femme en robe blanche dont l’ombre pèse plus lourd que les vivants, et une poignée d’énigmes dont la résolution ne triche pas. Il faut de l’aplomb pour planter une baïonnette allemande au mur d’un salon et laisser le lecteur la regarder pendant deux cents pages en se demandant ce qu’elle va bien pouvoir faire ensuite. Fouassier a cet aplomb.

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Mots-clés : polar historique, crime impossible, chambre close, Première Guerre mondiale, bataille de la Somme, message codé, Eric Fouassier


Extrait Première Page du livre

« PROLOGUE

Depuis la chute de son industrie textile, Beauvais était une belle endormie qui désespérait de l’arrivée de son prince charmant. Resserrée autour de sa cathédrale et des vestiges de son passé glorieux, la cité s’enfonçait dans un engourdissement provincial qui n’était que le prélude d’un irrémédiable déclin.

En ce début d’après-midi du mois de septembre 1930, le boulevard Saint-André étirait au doux soleil automnal ses villas d’imitation balnéaire, ses façades Art déco et ses maisons de style anglais. L’air était chargé de senteurs légères, le ciel limpide. Les rares passants adoptaient le pas du promeneur, ravis de pouvoir profiter d’une si belle arrière-saison. Le calme régnait. Rien ne laissait supposer qu’un drame couvait, que la découverte imminente d’un cadavre allait brusquement plonger une poignée de personnes dans le plus singulier des drames.

Et pourtant…

Au numéro 54 de l’avenue, derrière de hauts murs couverts de lierre et un porche à plaque de cuivre, un poste de T.S.F. diffusait un air à la mode :

Elle avait de tout petits petons, Valentine, Valentine,

Elle avait de tout petits tétons

Que je tâtais à tâtons, ton ton tontaine !

Elle avait un tout petit menton, Valentine, Valentine,

Outre ses petits petons, ses petits tétons, son petit menton,

Elle était frisée comme un mouton.

La voix gouailleuse de Maurice Chevalier couvrait les échos d’une série de coups sourds qui élevaient leur note discordante dans la torpeur ambiante. L’obstiné martèlement ébranlait la vieille demeure bourgeoise. Au rez-de-chaussée, depuis les premières heures de la matinée, un duo d’ouvriers italiens s’employait à faire disparaître une cloison intérieure, afin de redistribuer l’espace. Les propriétaires, un notaire et son épouse demi-noble, souhaitaient bénéficier d’une enfilade de salons propice aux réceptions dont ils étaient friands. »


  • Titre : Requiem pour la dame blanche
  • Auteur : Eric Fouassier
  • Éditeur : Albin Michel
  • ISBN : 9782226486738
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 30/04/2025
  • Nombre de pages : 400 pages
  • Genre : Polar historique, roman à énigme, crime impossible / chambre close
  • Sujets traités (about) : Première Guerre mondiale, bataille de la Somme, aviation de chasse 1916, espionnage et renseignement militaire, erreur judiciaire, culpabilité et remords, cryptographie et messages codés, music-hall de la Belle Époque

Page officielle : www.fouassier-auteur.com

Résumé

Beauvais, septembre 1930. En démolissant la cheminée d’une maison bourgeoise, deux maçons exhument le cadavre momifié d’un pigeon voyageur portant à la patte une bague et un message codé remontant à la Grande Guerre. Quatorze ans plus tôt, en octobre 1916, au-dessus du saillant de Challières, le lieutenant Albert Saulx, as de l’aviation française, était retrouvé mort aux commandes de son Bébé Nieuport, une baïonnette allemande fichée dans la gorge et le cockpit jonché de roses rouges. L’enquête militaire n’avait rien élucidé, et l’état-major avait préféré offrir au héros des funérailles nationales plutôt qu’une vérité impossible à formuler.
Janvier 1931. Un colonel du Deuxième Bureau convoque en Picardie les quatre hommes qui, avec Saulx, formaient jadis un étrange groupe de six. Il affirme détenir enfin la clé du testament chiffré que l’aviateur avait confié le matin de sa mort. Le rendez-vous se tient dans une villa isolée, bâtie sur l’emplacement exact d’un cabaret de guerre disparu, où repose la dépouille d’une chanteuse de music-hall que ces mêmes hommes ont autrefois condamnée. La neige tombe, les communications se coupent, et le passé se met en marche.

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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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