Confiance aveugle de Katy Amaîzo, quand la parole devient le seul témoin

Updated on:

Confiance aveugle de Katy Amaîzo

Le Paris sonore, de la rue de Picpus au quai du Louvre

Il existe des romans où la ville sert de toile de fond, et d’autres où elle se donne à entendre plutôt qu’à voir. Confiance aveugle appartient résolument à la seconde catégorie. Katy Amaîzo plante son intrigue dans un Paris cartographié par l’oreille et par le nez : le crissement des pneus sur le quai du Louvre, le grincement des suspensions d’un taxi mal entretenu, l’odeur de caoutchouc brûlé mêlée à l’essence froide, les Batobus glissant sur les reflets d’argent de la Seine. Le lecteur ne contemple pas la capitale, il la traverse à tâtons, exactement comme celle qui l’habite.

Le 12ᵉ arrondissement fournit l’ancrage de ce dispositif. Un trois-pièces hérité des parents, rue de Picpus, avec son fauteuil Louis XVI fatigué, son plaid écossais, son tapis persan élimé et son Pleyel silencieux qui attend qu’on le réveille. Autour, tout un quartier vit sa vie ordinaire : la concierge et ses clés qui bringuebalent, l’hôpital Rothschild deux rues plus loin, un promeneur venu de sa cambrousse qui raconte, entre deux verres, que Picpus viendrait de « Pique-Puce » et que la Terreur y a fait tomber des têtes. Ces micro-histoires ne meublent pas le décor, elles l’épaississent et lui donnent une mémoire.

À l’autre extrémité de la carte, le quai du Louvre et les abords de la Samaritaine dessinent un territoire plus clinquant, plus dangereux aussi : voituriers du Cheval Blanc, berlines rutilantes, calandres lisses sous le soleil, cour Marly et ses statues monumentales noyées dans le halo laiteux de la verrière. Le contraste entre ces deux Paris, l’un domestique et confiné, l’autre exposé et bruissant, structure le récit sans que rien ne soit jamais explicité. La romancière laisse le lecteur faire le trajet lui-même, de la case protégée à l’espace ouvert. Et lorsqu’elle décrit la rue de Rivoli comme une vague continue de vélos, de trottinettes et de gyroroues filant sans un bruit, elle fait bien plus que planter une scène urbaine : elle transforme la circulation parisienne en menace acoustique. Les véhicules silencieux deviennent, pour qui n’y voit pas, une population entière d’assassins muets.

Jessica Balme, une héroïne qui refuse qu’on la ménage

Rousse, la peau laiteuse, un serre-tête noir retenant quelques mèches, trente et un ans et une élégance sobre : Jessica Balme pourrait attirer tous les regards si elle acceptait d’en croiser. Aveugle, elle traverse les fêtes de son entourage sans y appartenir, devine les bracelets qui cliquettent et les semelles fines qui grincent sur le parquet ciré, et se tient en retrait d’un monde de trentenaires diplômés qui parlent voyages, CDI et restaurants à tester. Katy Amaîzo aurait pu en faire une figure lisse, à protéger. Elle choisit l’inverse, et c’est là que le roman devient passionnant.

Car Jessica mord. Elle décoche des répliques venimeuses à ceux qui l’agacent, humilie un chauffeur de taxi qui n’avait rien demandé, congédie brutalement l’aide à domicile ukrainienne qu’elle chérit pourtant, blesse sa sœur avec une précision de chirurgienne. Elle a refusé le braille, refusé la canne, refusé les instructeurs en locomotion, refusé jusqu’au chien-guide qu’on lui offrait. Elle reconnaît elle-même ce vieux démon qu’elle traîne : une impulsivité qui frappe au hasard, blesse en rafale, et regrette toujours trop tard. Cette lucidité douloureuse la sauve du cliché et lui donne une densité rare. Le handicap n’excuse rien, pense-t-elle, et le récit ne lui offre jamais cette facilité.

Ce qui rend le portrait remarquable, c’est la manière dont il capte l’ambivalence de l’émancipation. Chaque victoire minuscule, verser un café sans déborder, prendre le bus seule, valider son titre de transport sur un boîtier sonore, produit chez elle une fierté disproportionnée et bouleversante. Elle ne veut pas qu’on l’aide, elle veut qu’on la croie capable. Et quand quelqu’un s’adresse enfin à elle comme à une femme plutôt qu’à une fragilité ambulante, l’effet est vertigineux. La romancière ausculte avec une justesse peu commune cette soif d’être vue autrement, ce besoin d’être désirée sans condescendance, et le prix que peut coûter une telle faim. Jessica n’est jamais aimable au sens facile du terme. Elle est vivante, contradictoire, drôle parfois, cruelle souvent. On la suit sans réserve.

Une prose en phrases brèves, presque écrite en partition

La première singularité formelle du roman saute aux yeux avant même qu’on ait compris l’intrigue : Katy Amaîzo écrit court. Très court. Des phrases nominales alignées comme des notes sur une portée, des retours à la ligne qui isolent un mot, un souffle, une sensation. « Pluie de verre brisé. Un cri. Brutal. Un silence. Glacial. » Cette écriture syncopée pourrait vite lasser si elle n’était pas gouvernée par une logique interne rigoureuse : elle reproduit la façon dont une conscience privée de vue reçoit le réel, par fragments successifs, sans vue d’ensemble, sans panorama rassurant.

Le procédé s’accompagne d’un travail sensoriel constant. L’odorat et l’ouïe portent l’essentiel de la caractérisation : un homme se reconnaît à son mélange de tabac froid et de vanille, un autre à l’absence totale de parfum, une femme à son sillage ambré bon marché. Les textures comptent autant que les timbres, l’éponge d’un essuie-mains brodé, le velours bleu nuit d’un canapé, le formica bleu d’une cuisine restée dans les années soixante. Ce lexique concret irrigue le texte de bout en bout et lui confère une matérialité qui manque à bien des thrillers contemporains.

L’humour, enfin, constitue la respiration du dispositif. Il surgit toujours par la bande, souvent noir, parfois franchement irrévérencieux, presque toujours placé dans la bouche de Jessica qui manie l’autodérision comme une arme défensive. Elle explique qu’elle possède un abonnement à vie pour le restaurant dans le noir, qu’elle ne risque pas de voir double après trois sangrias, qu’elle n’a pas encore l’âge de se ranger des voitures. Chaque saillie fonctionne comme un pare-chocs contre l’apitoiement. La construction alterne par ailleurs les points de vue selon un découpage serré, trente-six chapitres brefs plus un épilogue, avec des sauts temporels annoncés par des dates. Le lecteur circule ainsi d’une conscience à l’autre, informé de choses que les personnages ignorent, privé d’autres qu’ils croient posséder. Cette gestion asymétrique de l’information tend le récit comme une corde de piano avant l’accordage.

Marelle, métronome et Sonate au clair de lune

Rares sont les romans policiers où la musique dépasse le statut d’ornement. Ici, elle organise la matière. Jessica possède l’oreille absolue, transcrit les morceaux à l’écoute, a toujours jugé le braille musical laborieux et inutile. Cette facilité fut sa force et sa perte : elle a progressé à une vitesse folle sans jamais accepter la discipline qui transforme le talent brut en carrière. Le Concours Chopin, rêve nourri par ses professeurs et ses parents, s’est éloigné avec les années, et c’est désormais vers une compétition beaucoup plus modeste, réservée aux amateurs adultes, qu’elle prépare la Sonate n°16 de Mozart, celle qu’on surnomme « la sonate facile ». L’ironie du sobriquet ne lui échappe évidemment pas.

Autour de ce noyau, Katy Amaîzo tisse un réseau de motifs qui reviennent avec une régularité de leitmotiv wagnérien. La Sonate au clair de lune surgit trois fois, sous trois formes différentes, dont un remix downtempo qui noie Beethoven dans des nappes électroniques. L’anecdote de l’étourneau de Mozart, cet oiseau apprivoisé qui aurait soufflé au compositeur un point d’orgue, devient chez Jessica une devise insolente et un fantasme de revanche. Un vieux chant cosaque ukrainien, Yikhav Kozak za Dunaï, crée une passerelle inattendue entre deux femmes que rien ne rapprochait. Le Carol of the Bells transforme une leçon improvisée en scène de tendresse pure.

À ce motif musical répond un motif enfantin autrement plus inquiétant : la marelle. Une marelle tracée au bâton dans le gravier d’une cour de paroisse, apprivoisée à quatre pattes, avec sa case Enfer minuscule juste avant le Ciel. Un, deux, trois, saute. Le rythme s’est imprimé dans le corps de la fillette comme une partition, et le lecteur comprend très tôt que ce réflexe ancien pourra être réactivé. Métronome, clignotant de voiture, cavalier sautant sur l’échiquier : la romancière multiplie les figures du déplacement mesuré, de la trajectoire imposée, du pas dicté de l’extérieur. Toute la tension du livre tient dans cette question simple et glaçante : qui bat la mesure ?

Les voix du second plan, Olesya, Tomàs, Pol-Jean

Un roman se juge souvent à la qualité de ses figures périphériques, et Confiance aveugle possède sur ce terrain une réserve impressionnante. Olesya Melnik s’impose d’emblée. Ukrainienne originaire d’un village de l’Est, cantinière dans une école avant que la guerre n’emporte tout, réfugiée à Aubervilliers dans huit mètres carrés collés à un pavillon, elle pédale chaque matin jusqu’à Paris parce que le métro coûte trop cher. Son fils Gleb, trois ans, apporte au récit ses seules bouffées de lumière franche. Le dialogue entre les deux femmes, qui passe par une application de traduction à la voix robotique, produit une formule magnifique : toi tu ne parles pas, moi je n’écris pas, on va s’en raconter des choses.

Tomàs, vigile devant un palace du quai du Louvre, incarne quant à lui la sentinelle imparfaite. Il observe, il enregistre, il mâchonne son chewing-gum, il devine que quelque chose cloche sans jamais parvenir à formuler quoi. Sa mémoire fonctionne comme un disque rayé qui saute de plage en plage. Pol-Jean Beaulieu, comédien de doublage flanqué de son chihuahua, joue une partition inverse : exubérant, moqueur, parfaitement conscient de sa propre théâtralité, il laisse échapper au détour d’une conversation l’intuition que personne d’autre n’a eue. Ces deux témoins latéraux tiennent le lecteur en haleine bien plus efficacement qu’une enquête policière classique.

Cette galerie prolonge une préoccupation qui traverse tout le livre : la question de l’invisibilité sociale. Le chauffeur de VTC réduit à une extension du GPS, à qui l’on adresse des remarques sur son français ; la femme de ménage à qui l’on parle sans jamais la présenter ; l’infirmière antillaise maintenue en poste parce qu’on manque de bras la nuit. Katy Amaîzo ne plaque aucun discours, elle observe, et l’observation suffit. Chacun de ces personnages voit ou entend un fragment de la vérité sans disposer du reste. Le lecteur, lui, assemble le puzzle avec une inquiétude croissante, conscient que ces éclats dispersés pourraient bien, un jour, se rejoindre.

La confiance comme matériau du suspense

Le titre du roman contient sa mécanique entière, et il faut saluer la finesse avec laquelle Katy Amaîzo l’exploite. La confiance aveugle n’est pas ici une image commode, c’est un dispositif narratif à part entière. Quand une femme privée de la vue ne peut vérifier ni un visage, ni la couleur d’un tapis, ni la teinte d’une serviette, tout repose sur la parole de celui qui la lui décrit. Le monde extérieur lui parvient sous forme de témoignage. Et un témoignage, par définition, peut mentir.

La romancière construit sa tension sur cette asymétrie plutôt que sur des rebondissements spectaculaires. Elle sème des détails infimes qui ne prennent leur poids qu’après coup : un geste répété du pouce contre l’index, une hésitation d’une fraction de seconde avant une réponse, une explication un peu trop fluide, un objet retrouvé là où il n’aurait pas dû l’être. Le lecteur les enregistre en même temps que Jessica, mais il dispose d’informations qu’elle n’a pas, et cet écart produit une angoisse d’une efficacité redoutable. On voudrait la prévenir. On ne peut pas. Le procédé, hérité du meilleur suspense classique, trouve ici une application particulièrement pertinente.

Autour de ce noyau gravitent des variations sur le même thème. La reconnaissance faciale d’un judas numérique qui identifie sans juger. Une application de traduction qui transmet les mots mais pas les intentions. Une oreillette qui délivre des consignes que nul autre n’entend. Katy Amaîzo interroge avec beaucoup de justesse la façon dont la technologie prétend suppléer les sens tout en créant de nouvelles vulnérabilités. Chaque outil censé émanciper devient un canal potentiel d’emprise. Ajoutez à cela une relation fusionnelle entre deux sœurs, faite de dévouement sincère et de dépendance étouffante, où la protection ressemble parfois à une geôle, et vous obtenez un édifice psychologique remarquablement solide. Le suspense ne naît pas d’un mystère à résoudre mais d’un déséquilibre à supporter, ce qui est infiniment plus difficile à tenir sur la durée.

Le bruit du café qui monte dans la tasse

Une scène du roman condense tout le reste. Jessica s’apprête à utiliser son mug spécial, celui conçu pour arrêter le liquide avant débordement, l’objet qui lui évite depuis toujours de se brûler. On lui suggère alors d’essayer une tasse ordinaire. Approche l’oreille, verse lentement, écoute le son changer à mesure que le niveau monte, c’est comme une note de musique qui s’élève. Elle hésite, tend l’oreille, distingue la variation, s’arrête juste à temps, plonge un doigt et découvre le café à ras bord. Elle rit. Cette victoire minuscule lui procure une fierté démesurée.

Toute la beauté et toute l’ambiguïté du livre tiennent dans ce moment. La leçon est vraie, l’apprentissage réel, l’émancipation authentique. Ce que Jessica avait refusé à ses parents, refusé à l’institut, refusé à sa sœur, elle l’accepte enfin. Le monde s’élargit, les gestes se libèrent, la peur recule. Et pourtant, une inquiétude sourde accompagne chaque progrès, parce que le lecteur sait que toute pédagogie suppose un maître, et que tout maître dispose d’un pouvoir sur son élève. Katy Amaîzo travaille cette lisière avec une maîtrise qui force le respect : jamais elle ne tranche à la place de son lecteur, jamais elle ne cède à la démonstration.

Confiance aveugle réussit ainsi un exercice délicat. Le roman offre les satisfactions du thriller psychologique, avec sa mécanique serrée et son crescendo implacable, tout en développant une réflexion sensible sur la perception, la dépendance et le désir d’exister pleinement. On y trouve une héroïne mémorable, ni victime ni sainte, une écriture au rythme reconnaissable entre mille, un Paris palpable et une galerie de personnages secondaires qui pèsent leur poids. Certains lecteurs seront saisis par la tension, d’autres par la tendresse imprévue de quelques scènes, d’autres encore par la fabrication même du récit. Le café monte dans la tasse, la note s’élève, et l’on retient son souffle jusqu’à la dernière goutte.

À lire aussi

Mots-clés : thriller psychologique français, Katy Amaîzo, Confiance aveugle, emprise amoureuse, héroïne aveugle, roman noir parisien, Éditions du Palio


Extrait Première Page du livre

« CHAPITRE 1 – Point d’impact
Vendredi 11 avril 2025
Le crissement des pneus déchire l’agitation du quai du Louvre.
Un corps heurte violemment le capot d’une voiture, roule sur le pare-brise, puis s’écrase sur l’asphalte.
Pluie de verre brisé.
Un cri. Brutal.
Un silence. Glacial.
Puis la panique.
Des silhouettes jaillissent de nulle part, des portières claquent.
La carrosserie, tordue, gémit encore dans la lumière tremblante.
Le moteur, en attente, mugit, obstruant les tympans.
— Oh mon Dieu !
— Elle a traversé sans regarder…
— Appelez une ambulance, vite !
Les gyrophares, déjà, taguent les murs de la Samaritaine de leurs halos bleus et rouges, déformant les ombres disloquées comme sur une pellicule de film en train de fondre.
Un corps gît sur la chaussée.
Une main tendue vers l’avant, crispée.
La foule s’approche.
Une canne blanche roule jusqu’à la bordure.
Comme hésitante.
Puis elle s’immobilise.
Maintenant, les gyrophares s’acharnent à dépecer le bitume, arrachant des lambeaux de nuit.
Sur le trottoir, Tomàs, le vigile de l’Hôtel Cheval Blanc, observe.
Il mâchonne lentement son chewing-gum.
Quelque chose l’intrigue.
Un attroupement vient de se former à l’angle de la rue.
Une voiture, arrêtée au milieu des voies, vrombit encore — un grondement sourd, félin, prêt à bondir.
Et, plus loin, il aperçoit la silhouette au sol.
Ou plutôt : une masse immobile.
Il plisse les yeux.
Le vacillement des lumières sur les vêtements de la victime l’anime de sursauts inhumains — une dernière lutte, ou l’illusion d’un souffle.
La scène lui semble… familière.
— Y’a un truc qui cloche, murmure-t-il.
Il la reconnaît.
Il en est presque sûr.
Mais… laquelle ?
Son regard se trouble.
Un souvenir lui revient, par fragments :
une démarche,
un geste,
une façon de lever la tête.
Flou. »


  • Titre : Confiance aveugle
  • Auteure : Katy Amaîzo
  • Éditeur : Éditions du Palio
  • ISBN : 9782354491710
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 14/05/2026
  • Nombre de pages : 260 pages
  • Genre : Thriller psychologique
  • Sujets traités : Cécité, manipulation, usurpation d’identité, relation fusionnelle entre sœurs, emprise amoureuse, perception sensorielle, musique et piano, invisibilité sociale

Page officielle : katyamaizo.com

Résumé

Jessica Balme a trente et un ans, une chevelure rousse coupée au carré, une oreille absolue et une cécité qu’elle vit comme une guerre permanente contre le monde entier. Elle partage avec sa sœur Christiane l’appartement familial de la rue de Picpus, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, entre un vieux piano droit désaccordé et des meubles qui n’ont pas changé depuis l’enfance. Elle a refusé le braille, refusé la canne, refusé le chien-guide, refusé les instructeurs en locomotion. Elle ne sort qu’au bras de sa sœur, et son isolement l’étouffe autant qu’il la protège.
Quand un accordeur de piano non-voyant franchit le seuil de l’appartement, quelque chose se met en mouvement. Cet homme ne la traite ni en malade ni en enfant. Il lui parle des couleurs et des espaces, la pousse à apprendre ce qu’elle avait toujours rejeté, l’emmène dehors et lui apprend à écouter la ville. Jessica s’ouvre, s’affranchit, s’éloigne de sa sœur. Autour d’elles, plusieurs témoins captent chacun un fragment de la vérité sans jamais disposer du reste. Le lecteur, lui, assemble le puzzle avec une inquiétude croissante.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


5 commentaires sur « Confiance aveugle de Katy Amaîzo, quand la parole devient le seul témoin »

  1. Il y a quelque chose d’assez troublant, pour une autrice, à découvrir son propre roman à travers le regard d’un lecteur.
    Et plus rare encore de découvrir une recension aussi précise et littéraire, où le chroniqueur ne se contente plus de lire : il entre dans le roman, en démonte les mécanismes, en éclaire les zones d’ombre et finit presque par en devenir, à sa manière, un second auteur.
    En écrivant « Confiance aveugle », j’ai voulu construire un polar où une voix, un silence, une intonation peuvent devenir des indices, et où le handicap de mon héroïne n’est jamais une faiblesse mais une force au cœur même du suspense.
    Votre chronique m’a particulièrement touchée parce qu’elle ne raconte pas simplement le livre : elle en saisit les faux-semblants, la manipulation, le jeu des perceptions, jusqu’à faire surgir cette question que je trouve magnifique : « Qui bat la mesure ? » — quelques mots qui, à eux seuls, disent presque toute la mécanique de « Confiance aveugle ».
    Alors, plutôt qu’un simple « merci pour cette magnifique chronique », je dirai : merci d’avoir lu Confiance aveugle en allant chercher précisément là où, moi, j’avais choisi de ne pas tout montrer.
    Et pour un roman intitulé « Confiance aveugle », difficile d’imaginer plus joli… clin d’œil.
    Katy Amaïzo

    Répondre
  2. Dès les premières pages je suis entrée dans la peau des personnages avec une « confiance aveugle » . J’ai déambulé avec eux dans les rues de Paris et me suis laissé entraîner dans l’intrigue. Avec une « confiance aveugle » je lisais sans relâche, loin d’imaginer cette fin incroyable jusqu’à la dernière page…le style d’écriture et les phrases courtes ont donné un rythme et une élégance à votre polar…Bravo !!!

    Répondre
  3. Merci de m’avoir fait découvrir ce livre . Style percutant , personnages complexes, jamais de complaisance, et intrigue surprenante… jusqu’à la dernière page ! Je l’ai dévoré en 2 jours, et j’y pense encore en me couchant.
    Une pépite .

    Répondre
  4. Un délice!
    Ce livre se lit avec gourmandise et se déguste. Il est écrit par petites touches tels les tableaux des impréssionistes et c’est votre chef d’oeuvre Mme Amaizo! Bravo! Ne parlons pas du final, il faut laisser la surprise au lecteur!
    Nous attendons votre prochain livre avec confiance et impatience.

    Répondre

Laisser un commentaire