Le cauchemar d’Aleksandra Marinina : la Russie des années 1990 sous la loupe de la Petrovka

Le cauchemar de Aleksandra Marinina

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Anastasia Kamenskaïa, l’analyste que l’on sort de son bureau

Il existe des enquêtrices que la fiction policière nous a appris à reconnaître de loin : la battante cabossée, la solitaire au passé lourd, la virtuose du terrain. Anastasia Kamenskaïa n’appartient à aucune de ces familles. Maïor à la brigade criminelle de Moscou, trente-trois ans, juriste et criminologue, elle a bâti sa réputation sur une chose que le genre met rarement en avant : la capacité de rester assise et de penser. Ses collègues lui apportent les informations, elle en démonte les rouages. Le reste du temps, elle traduit pour arrondir un salaire modeste, parle anglais, français, un peu de suédois, se souvient de tout avec une précision de greffière. Marinina la présente sans la sanctifier, et c’est précisément ce qui la rend attachante.

Le déclencheur du roman tient à une lassitude très ordinaire. Envoyée en cure dans une maison de repos réputée, Kamenskaïa ne supporte pas l’inaction et regarde la pluie ruisseler sur les vitres jusqu’à l’exaspération. Elle finit par se rendre à la Petrovka pour supplier son chef de la réintégrer avant la fin de ses vacances. Ce détour anodin décide de tout. Pour la première fois de sa carrière, on la prive de son confort analytique et on l’envoie battre le pavé, chercher des témoins, les convaincre de parler, ce qui n’est pas une mince affaire dans un Moscou où les amateurs de conversation avec la milice ne courent pas les rues.

L’auteure soigne les détails qui donnent chair à cette silhouette discrète. Kamenskaïa porte des jeans pour pouvoir chausser des baskets, parce que ses jambes gonflent en fin de journée. Elle enfile des pulls parce qu’une mauvaise circulation la fait grelotter. Elle garde un flacon de sels dans son sac, planifie ses trajets avec de larges marges parce qu’elle refuse de courir après un autobus. Elle n’est ni belle ni laide, simplement de celles qu’on ne remarque pas, et elle s’en accommode fort bien, sachant qu’un maquillage habile lui rendrait au besoin ce que la nature lui a mesuré. Cette héroïne au ralenti, nourrie de café et de nuits blanches, s’impose par la seule vivacité de son raisonnement.

Une main rouge sur un mur blanc et une clé de sol

Le point de départ de l’intrigue relève d’une trouvaille remarquable. Une jeune femme de vingt-six ans, hôtesse d’accueil dans une société moscovite, disparaît une semaine avant d’être retrouvée morte dans les bois de Saviolov. Belle jusqu’à l’insolence, portée sur la bouteille, coutumière des éclipses de plusieurs jours, elle offrait à première vue le profil d’une victime banale, de celles dont on classe le dossier avec un haussement d’épaules résigné. Mais une singularité résiste à cette lecture paresseuse, et c’est elle qui va tenir le roman debout : la disparue affirmait qu’on lui avait volé son cauchemar.

Ce cauchemar, Marinina le décrit avec une économie de moyens qui en décuple la puissance. Une main ensanglantée essuie ses doigts sur un mur blanc et y abandonne cinq traînées rouges. Une seconde main, tout aussi anonyme, recouvre ces traces du dessin d’une clé de sol. Puis viennent des rires étouffés, presque obscènes, qui virent au ricanement. La dormeuse se réveille en sueur, comme elle se réveille depuis l’enfance, à intervalles imprévisibles, sans jamais savoir d’où lui vient cette image. L’auteure sait qu’un motif visuel bien choisi vaut cent pages d’explications, et elle laisse cette clé de sol tracée à la craie s’installer dans la mémoire du lecteur comme une écharde.

Autour de ce noyau onirique, les éléments s’agencent avec une ironie glaçante. L’entourage de la jeune femme s’accorde à décrire une psychose naissante, un internement imminent, des propos délirants sur un rêve dérobé. Un psychiatre aurait dû la prendre en charge. Sauf que les versions se contredisent, que les dates ne coïncident pas et que la logique du délire, examinée de près, se révèle d’une cohérence troublante. Kamenskaïa reçoit pour consigne d’explorer cette piste-là, la plus improbable en apparence, celle où une femme réellement malade aurait croisé la mauvaise personne. Elle va la suivre jusqu’à l’endroit exact où le fantasme cesse de l’être, et le lecteur découvre avec elle que rien n’est plus vérifiable qu’un cauchemar.

Novembre à Moscou, la neige fondue et les vacances gâchées

Peu de romans policiers russes ont su rendre avec autant de justesse la texture d’un mois de novembre moscovite. Marinina prend le temps d’expliquer pourquoi personne de sensé ne poserait ses congés à cette période : le roux de l’automne s’est effacé, l’hiver n’offre pas encore ses pistes de ski de fond, les stations thermales du Caucase attendront le printemps, et il ne reste que l’imminence des longues journées sombres. La pluie d’automne n’annonce rien, contrairement à celle d’avril. Elle produit du cafard. Cette météorologie du moral irrigue le livre entier et donne à la ville une présence physique dont l’enquête ne se sépare jamais.

La gadoue s’invite à chaque déplacement. On surveille où l’on pose le pied pour ne pas s’enfoncer jusqu’aux chevilles, on rentre trempé, on remonte des avenues sans se presser vers une bouche de métro. Les rues manquent d’éclairage, ce qui irrite tout le monde sauf ceux qui ont de bonnes raisons de circuler la nuit sans être vus. Marinina tire de ce décor un parti dramatique constant : l’obscurité urbaine devient un allié pour les uns, un obstacle pour les autres, et la boue elle-même finit par ralentir le rythme des poursuites au profit de celui de la réflexion.

Ce Moscou des années quatre-vingt-dix se laisse également saisir dans ses rouages sociaux, croqués sans effet de manche. Des sociétés privées reçoivent des partenaires étrangers dans les grands hôtels et considèrent l’hospitalité comme un poste de dépense parmi d’autres. Les visas et les enregistrements transitent par une administration lente. Les salaires de la milice ne permettent pas de vivre à l’aise, et chacun le sait, y compris un juge d’instruction qui l’admet sans amertume, les lunettes rafistolées à la colle. Cette Russie en pleine mue, où l’argent neuf côtoie les réflexes anciens, ne sert jamais de simple toile de fond décorative : elle fournit les motivations, les silences et les compromissions dont l’intrigue se nourrit.

Arsène, le joueur qui ne touche jamais les pièces

L’un des grands plaisirs du livre tient à sa construction en contrechamp. Marinina ne cantonne pas le lecteur au point de vue de l’enquêtrice : elle ouvre régulièrement une fenêtre sur l’autre camp, où un homme âgé mais resté svelte, que ses interlocuteurs appellent uniquement Arsène, orchestre les événements depuis un fauteuil. Il porte un imperméable trop léger pour la saison, prend l’autobus, traverse deux pâtés de maisons pour trouver une cabine téléphonique en état de marche. Rien en lui n’évoque la figure du grand criminel. Tout, en revanche, révèle un stratège.

Son portrait de jeunesse compte parmi les pages les plus mémorables. L’enfant qui deviendra Arsène s’appelait Dmitri. Habité par une terreur du corps et de la douleur, il fuyait les jeux de ballon et les batailles de cour pour se consacrer aux problèmes d’échecs. Sa première manipulation, méticuleusement préparée, lui procura une jouissance qu’il n’attendait pas : il avait modifié le cours des choses sans lever la main sur personne, en anticipant les coups, en tirant des ficelles invisibles, en regardant les gens croire qu’ils agissaient librement. Les victimes ne comptaient pas. Elles n’étaient que des pions sur un damier dont lui seul voyait l’ensemble. Cette scène fondatrice éclaire toute la mécanique du roman.

Ce que Marinina réussit ici relève de l’équilibre le plus délicat. Montrer l’adversaire au travail expose normalement l’auteure au risque de désamorcer le suspense. C’est l’inverse qui se produit. Sachant qu’une intelligence méthodique observe Kamenskaïa, mesure ses progrès avec condescendance et prépare des parades, le lecteur éprouve une tension d’un genre particulier, celle de la partie d’échecs où l’on voit les deux camps réfléchir. Arsène déteste la précipitation, car il sait qu’elle engendre des décisions stupides. Il préfère attendre, corriger, ajuster. Face à une enquêtrice qui avance elle aussi par déductions patientes, l’affrontement prend la forme d’un duel silencieux entre deux façons d’ordonner le monde.

Petrovka 38 à l’heure du soupçon

Le célèbre 38 de la rue Petrovka abrite ici bien davantage qu’un décor administratif. Marinina y installe une communauté professionnelle traversée par une fêlure : quelqu’un, dans la brigade, renseigne l’extérieur. Le colonel Viktor Gordeïev, que ses hommes surnomment Boule-de-pain, le sait et ne peut le dire à personne. Il scrute les visages à chaque réunion opérationnelle, se demande lequel de ses collaborateurs le trahit, et doit continuer d’afficher devant tous une estime qu’il ne ressent plus également. L’auteure formule cette situation par une image qui résonne avec l’ouverture théâtrale du roman : le chef de la Criminelle joue une représentation permanente, sans pouvoir se démaquiller le soir venu.

Cette fêlure irrigue chaque relation. Elle explique pourquoi une seule enquêtrice se retrouve chargée d’un homicide, arrangement si anormal qu’un juge d’instruction s’en étrangle. Elle explique les demi-vérités, les missions confiées à l’aveugle, les précautions bizarres. Elle transforme le moindre échange de couloir en exercice de lecture. Marinina sait que rien ne rend une équipe plus vivante que la menace pesant sur sa cohésion, et elle utilise ce ressort avec une maîtrise tranquille, sans jamais forcer le trait mélodramatique.

Autour de Kamenskaïa gravite une galerie d’enquêteurs dessinés à traits nets. Andreï Tchernychev, presque son sosie, se distingue par sa débrouillardise, sa voiture personnelle et une adoration sans limite pour son berger allemand nommé Kirill. Micha Dotsenko possède un talent rare, celui de réveiller la mémoire des témoins par associations d’idées. Le juge d’instruction Olchanski, myope et bourru, refuse poliment de s’en laisser conter et annonce d’emblée qu’il se forge lui-même ses opinions. Le capitaine Morozov, quarante-six ans et toujours pas galonné, rumine ses rancœurs et mène sa propre enquête en cachette, persuadé qu’un coup d’éclat lui rendra la carrière qu’il croit lui être due. Chacun apporte sa méthode, ses angles morts et sa part d’humanité.

Rome, une parenthèse lumineuse au milieu de l’hiver russe

Marinina glisse au cœur de son roman une séquence italienne dont la fonction dépasse de loin le simple dépaysement. Envoyée à Rome au sein d’une délégation officielle, Kamenskaïa profite du vol pour réfléchir en paix dans les rangées fumeurs désertes, puis se lance dans un exercice qui la terrifie plus que les interrogatoires : parler italien. Sa mère lui avait imposé cette langue dans l’enfance, elle dormait depuis au fond d’un tiroir poussiéreux. Un jeune voyageur lui fait remarquer qu’elle la prononce avec un accent anglais. Elle passe le reste du trajet à corriger cela, et obtient, juste avant l’atterrissage, ce verdict délicieux : elle parle désormais comme une Italienne ayant trop longtemps vécu en France.

Les journées suivent un rythme dont l’enquêtrice tire le meilleur parti. Réunions avec les collègues italiens jusqu’à dix-huit heures, puis liberté complète. Elle troque sa jupe contre un jean, chausse ses baskets préférées, fourre un guide touristique déniché dans la bibliothèque parentale au fond de sa veste de cuir et arpente la ville. Le soleil de décembre chauffe encore, l’odeur du café frais la poursuit de terrasse en terrasse jusqu’à ce qu’elle capitule devant un espresso, les automobilistes traitent les piétons avec une civilité qui la stupéfie. Un soir, elle se perd et longe interminablement une haute muraille de pierre incurvée avant de comprendre qu’elle vient de faire le tour du Vatican.

L’épisode romain sert aussi la trame intime du livre. Kamenskaïa y retrouve sa mère, élégante et rayonnante, accompagnée d’un professeur aux yeux vert et jaune et au visage de gamin. Les angoisses accumulées sur la désagrégation de sa famille se dissolvent le temps d’un dîner où l’on rit dans un mélange de russe, d’anglais et de suédois. L’auteure laisse alors filer une phrase magnifique de lucidité : comme tous les gens heureux, Anastasia se figurait à cet instant que le bonheur est éternel. La lumière méditerranéenne n’est pas ici une pause gratuite, elle prépare le contraste.

Un polar qui avance assis

Le roman met en scène, sans jamais la théoriser lourdement, une opposition de méthodes qui en constitue la colonne vertébrale. D’un côté, la recherche personnelle telle que la pratique Morozov : marcher, marcher encore, arpenter les gares, montrer des photographies, interroger les habitués des trains de banlieue, parce qu’on a toujours appris aux limiers que le métier consistait à chercher. De l’autre, la démarche analytique de Kamenskaïa, faite de dossiers d’archives, de livres en langues étrangères, d’interrogatoires répétés et de motifs bizarres tels qu’une clé de sol, ensemble de pratiques qui semblent parfaitement hermétiques à ses collègues. Marinina ne caricature aucune des deux approches et laisse le lecteur mesurer ce que chacune produit.

C’est de cette tension que naît la saveur particulière du livre. Le suspense y repose moins sur la course que sur la reconstitution, moins sur le danger physique que sur la lente désolidarisation d’un mensonge collectif. Une scène de cours à l’École supérieure de la milice condense tout le programme : face à des dépositions qui divergent trop pour être honnêtes, l’explication ne relève pas de la psychologie des témoins mais d’un facteur extérieur, et seule la paresse de la pensée empêche de le voir. L’auteure, qui a longtemps exercé comme analyste au sein de l’institution, écrit en connaissance de cause, et la précision des grades, des procédures et des rivalités de service en témoigne à chaque page.

Cette réussite doit beaucoup à une écriture qui fait confiance à son lecteur. Les dialogues portent l’essentiel de la caractérisation, l’humour affleure sans jamais rompre la tension, les chapitres alternent les points de vue avec un sens du montage très sûr. La traduction de Galia Ackerman et Pierre Lorrain restitue avec fluidité les registres, du sarcasme d’un juge d’instruction aux monologues intérieurs de l’enquêtrice. Reste, une fois le volume posé, cette image obstinée de cinq traînées rouges recouvertes d’une clé de sol, preuve qu’un cauchemar bien construit survit largement à sa résolution.

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Mots-clés : Le cauchemar, Aleksandra Marinina, Anastasia Kamenskaya, polar russe, roman policier moscovite, manipulation, corruption policière


Extrait Première Page du livre

« 1
— Arrêtez ! Arrêtez ! s’écria Grinevitch en claquant les mains. Ce n’est pas bon. Pas bon du tout.

Le metteur en scène se tourna vers la jeune femme assise à côté de lui.

— Tu vois ? gémit-il en la prenant à témoin. Il m’arrive de désespérer et de penser que je ne parviendrai jamais à monter ce spectacle. Ce sont de belles filles, mais incapables de faire les choses les plus simples. Quel que soit son rôle, chacune s’ingénie à se mettre à tout prix en avant. Larissa !

Une jeune femme grande et svelte en body foncé s’approcha du bord de la scène et s’assit avec grâce, une jambe pendante et l’autre repliée contre sa poitrine.

— Larissa, qui es-tu ? lui demanda Grinevitch d’un ton exigeant. Tu es censée être une chienne bâtarde, fruit des amours défendues d’un fox-terrier et d’une bichonne. Tu dois te montrer folâtre, amicale, câline… Mais surtout, tu dois être menue. Menue, tu vois ? Petits pas, petits gestes. Et qu’est-ce que tu nous fais ? Un lévrier afghan ! Je comprends bien que, de cette manière, il te soit plus facile de t’exhiber, mais ici, ma chère, ce n’est pas un concours de beauté. Ce ne sont pas tes formes qui nous intéressent. Je veux voir un petit chien. Tes seins, je m’en fous. C’est clair ?

Sourcils froncés, Larissa l’écoutait en balançant la jambe.

— Mes nichons, je dois les couper ou quoi, pour jouer ce clébard ? lui lança-t-elle.

Grinevitch la contempla paisiblement.

— Tu veux que je te dise ce que tu dois faire ? Cesse de t’admirer. Voilà le secret. Va travailler.

Larissa se leva lentement et retourna vers le fond de la scène. Ce qu’elle pensait de Guennadi Grinevitch était écrit en lettres de feu sur son joli dos. Quant aux signes de ponctuation de cette tirade peu amène, ils apparaissaient nettement dans les mouvements arrogants de ses courbes parfaites. Le sens de l’ensemble était clair : s’il est facile à certains de conseiller aux autres de ne pas s’admirer, c’est qu’ils sont à peine plus gracieux que des babouins.

Grinevitch se tourna une nouvelle fois vers sa voisine.

— Et toi, Anastasia ? Qu’en penses-tu ? Peut-être ai-je eu tort d’entreprendre tout ça ? Ces jeunes acteurs ne savent pas jouer ce qu’on attend d’eux. »


  • Titre : Le cauchemar
  • Titre original : Oukradenny Son
  • Auteure : Aleksandra Marinina
  • Série : Anastasia Kamenskaya
  • Éditeur : Éditions du Seuil
  • ISBN : 9782020338912
  • Format : Broché
  • Nationalité : Russie
  • Langue : Français
  • Traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain
  • Date de publication : 01/10/1998
  • Nombre de pages : 358 pages
  • Genre : Roman policier, polar procédural, thriller russe
  • Sujets traités : Enquête criminelle, milice de Moscou, manipulation, corruption policière, héritage soviétique, plagiat littéraire, cauchemar récurrent, Russie post-communiste

Résumé

Viktoria Eremina, vingt-six ans, hôtesse d’accueil dans une société moscovite, disparaît fin octobre avant d’être retrouvée étranglée dans les bois de Saviolov. Belle, portée sur la boisson, coutumière des éclipses de plusieurs jours, elle offre en apparence le profil d’une victime banale. Un détail résiste pourtant : la jeune femme répétait à ses proches qu’on lui avait volé son cauchemar, ce rêve récurrent où une main ensanglantée laisse cinq traces sur un mur blanc, aussitôt recouvertes d’une clé de sol. Son entourage y voyait les signes d’une psychose et évoquait un internement imminent.
Anastasia Kamenskaïa, maïor à la brigade criminelle de Moscou, écourte des vacances qui l’ennuient pour reprendre le dossier. Habituée à analyser depuis son bureau les informations rassemblées par ses collègues, elle se retrouve pour la première fois seule sur le terrain, dans un Moscou de novembre noyé sous la neige fondue. Son chef lui confie cette enquête pour une raison qu’il ne peut avouer : quelqu’un, dans le service, renseigne l’extérieur. Pendant que l’enquêtrice remonte patiemment le fil d’un rêve d’enfance, un vieil homme discret et méthodique observe ses progrès et ajuste ses coups.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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