Reldanch, ou la filature d’adolescents comme gagne-pain
Trente-cinq ans passés, un salaire qui n’a pas bougé depuis une décennie et un don qu’elle n’a jamais réclamé : se fondre dans le décor au point que personne ne la remarque. Lucie Toledo travaille depuis deux ans chez Reldanch. Cette agence de détectives privés est installée dans un ancien laboratoire d’analyses sanguines, aux cloisons trop minces pour garder le moindre secret. Sa spécialité tient en un mot qui la désole : les mineurs. Piéger des portables, planquer devant les grilles des collèges, photographier un joint fumé sur un banc, voilà son ordinaire. Virginie Despentes plante là un décor d’une drôlerie sinistre, où la surveillance de la jeunesse est devenue le secteur le plus florissant d’une profession en pleine mutation.
La mécanique se grippe un matin, dans le métro. Une vieille dame fait un malaise, Lucie la retient par réflexe, et Valentine Galtan se volatilise dans la cohue. Cette adolescente de quinze ans est la cible qu’elle suit depuis deux semaines. La scène qui suit, dans le bureau du chef Deucené, donne le ton avec une férocité réjouissante. Jacqueline, la grand-mère, carré blond impeccable et semelles rouges, déverse sa fureur en rafales. Elle alterne insultes et compliments selon la méthode éprouvée des manipulateurs, puis exige que la fautive retrouve elle-même la gamine. Elle promet une prime de cinq mille euros sous quinze jours, et menace d’un enfer administratif en cas d’échec. Lucie n’a jamais traité de disparition : la voilà propulsée enquêtrice malgré elle.
Ce qui saisit d’emblée, c’est la voix de cette narratrice. Désabusée, lucide sur sa place « à la base de la pyramide », elle commente le monde avec un humour à froid qui fait mouche. Ses fiches bristol couvertes de signes indéchiffrables, sa méfiance envers les lignes du bureau, sa manie d’envoyer des lettres par la poste : tout cela compose une antihéroïne d’une humanité désarmante. À travers elle, la romancière ausculte une génération d’adultes qui, selon la formule de Lucie, ne sont « pas prêts à ce que la jeunesse leur échappe deux fois ». Le polar s’installe ainsi sur un terrain inattendu, celui d’une société qui espionne ses enfants faute de savoir leur parler.
La Hyène, Ray-Ban fumées et bagues à tête de mort
Il fallait un contrepoids à cette enquêtrice timorée, et Despentes l’a forgé dans un métal rare. Pour sortir de l’impasse, Lucie bluffe devant un collègue : elle prétend pouvoir solliciter la Hyène, figure mythique de la profession dont elle ne connaît que la réputation. Le rendez-vous a lieu dans le bar de Kromag, ancien partenaire de recouvrement de la Hyène, aux lobes déformés par des anneaux géants. Là-bas, la légende circule à plein régime. Elle parlerait russe avec Poutine, détiendrait des fiches explosives sur la Françafrique et n’aurait jamais été condamnée, ses dossiers faisant trembler trop de monde. Puis l’apparition : très grande, les joues creusées, un blouson étriqué en cuir blanc, des Ray-Ban d’homme qu’elle garde sur le nez et une bague à tête de mort que Lucie juge franchement pathétique.
La rencontre entre les deux femmes relève du choc thermique. L’une rase les murs, l’autre occupe tout l’espace avec un minimum de masse corporelle, assise jambes écartées comme pour défier la gravité. En quelques minutes, la Hyène appelle la grand-mère en se faisant passer pour une avocate, Louise Bizer. Elle obtient la prise en charge des frais et l’abandon du délai. Cette scène est un régal de comédie, tout comme les surnoms dont elle affuble sa coéquipière, Derrick ou Sherlock selon l’humeur. Lesbienne revendiquée et provocatrice jusqu’à l’outrance, elle siffle les passantes depuis sa vieille Mercedes rouge et commente le monde avec une gouaille qui laisse Lucie partagée entre l’agacement et la fascination.
Despentes détourne ici les codes du buddy movie avec un plaisir communicatif. Le duo mal assorti, ressort classique du genre, gagne une épaisseur singulière parce que la Hyène n’a rien d’une caricature. Derrière la frime perce une solitude que Kromag résume d’une phrase : l’approcher, c’est découvrir ce que tristesse et inaptitude veulent dire. Ses méthodes, Lucie les découvrira à ses dépens, avec un effroi que le lecteur partage, car cette femme possède un talent glaçant pour faire surgir la peur chez autrui. Rarement une détective aura été aussi magnétique et aussi inquiétante à la fois : une prédatrice au cœur fêlé, que l’on suit avec une curiosité jamais rassasiée.
Un roman choral où chacun règle ses comptes
Apocalypse bébé ne se contente pas d’une seule focale. Lucie raconte ses chapitres à la première personne, et entre eux s’intercalent des sections qui portent simplement un prénom : François, Claire, Yacine, Vanessa, la Hyène. Chaque fois, la caméra pivote, la troisième personne s’installe, et le discours indirect libre ouvre grand les crânes. La structure épouse le mouvement même de l’enquête : on avance de témoin en témoin, de salon en cuisine. Ce que Lucie ignore encore, le lecteur l’apprend parfois quelques pages plus tôt, et ce savoureux décalage entretient une tension constante. L’enquête se change ainsi en mosaïque de consciences, où chaque pièce éclaire les autres d’une lumière oblique.
Claire, la belle-mère, plonge la tête sous l’eau de sa baignoire et entend les disputes des voisins du dessous. Son monologue charrie un divorce mal digéré, une mère qui préférait la cadette et des listes de tâches jamais achevées. Yacine, le cousin de banlieue, traverse son immeuble en dévidant une colère sèche contre tout ce qui l’entoure, avec une dignité ombrageuse qui fascine autant qu’elle inquiète. Vanessa, la mère partie, nettoie le vomi de son chat Bel-Ami dans sa maison barcelonaise. Dans l’ennui des après-midi, elle revisite la trajectoire d’une fille du Neuf-Trois devenue épouse d’architecte. Despentes épouse chaque registre avec une justesse de ventriloque : lexique, rythme et obsessions changent d’une section à l’autre sans que la tenue de l’ensemble ne vacille.
Cette polyphonie produit un effet saisissant. Personne n’y a le beau rôle : chacun ment un peu et se raconte une version arrangée de sa propre histoire. Placé au carrefour de ces récits, le lecteur mesure l’écart entre ce que l’on dit et ce que l’on tait. La romancière ne juge pas, elle laisse parler. Sa langue crue, orale, traversée d’argot et de fulgurances, refuse les politesses de la bienséance littéraire. Derrière la satire se dessine une empathie réelle pour ces existences cabossées. Cette construction offre aussi au mystère central sa meilleure caisse de résonance : la disparue prend forme par fragments, dans le regard de ceux qui l’ont aimée mal, ou pas du tout.
François Galtan, écrivain classé 77 000e
Douche, shampooing, crème hydratante : c’est dans sa salle de bains que l’on surprend François Galtan, quinquagénaire aux tempes grises qui se félicite au moins de garder ses cheveux. Le père de Valentine est romancier et héritier d’une fortune pharmaceutique du Rhône, et sa carrière ressemble à une promesse fanée. Nourissier avait salué son premier livre, Apostrophes l’avait invité dès le deuxième, et il comptait les voix du Goncourt en écrivant. Trois fois sur les listes, trois fois battu. Depuis, chaque parution s’enfonce dans le même silence poli : trois articles mollement louangeurs, deux télés mineures, quelques radios de province.
Virginie Despentes s’en donne à cœur joie, et le lecteur avec elle. Il y a l’épisode de la cortisone, prescrite pour un abcès dentaire. Elle change l’écrivain scrupuleux en machine à écrire euphorique, qui boucle La Grande Pyramide de Paris en cinq semaines. Puis une émission télévisée lui renvoie l’image d’une baleine engoncée dans un costume gris. Il y a aussi le photographe italien qui veut le prendre en photo dans sa cuisine, l’attachée de presse qui ne rappelle jamais, et les commentaires anonymes qu’il poste lui-même sous pseudonyme. Un détail condense toute la satire : en fouillant son ordinateur, Rafik et Lucie découvrent qu’il consulte son classement sur Amazon des dizaines de fois par jour. Il est soixante-dix-sept millième. Pince-sans-rire, Lucie suggère de lui en acheter quelques exemplaires : « Déjà qu’il n’a plus de fille, le pauvre. »
L’ironie prend une saveur particulière quand Galtan peste contre les « crasseux » des années 90 et ces jeunes filles qui allaient écrire sans pudeur sur leur corps. L’auteure de Baise-moi glisse là un clin d’œil d’une malice délicieuse. La charge ne vire pourtant jamais au jeu de massacre gratuit. Sous le vaniteux affleure un homme usé, séparé du monde par un voile de dépression et hanté par une femme partie quatorze ans plus tôt. Cruel et drôle, ce portrait en dit long sur un milieu littéraire obsédé par la visibilité, et sur une bourgeoisie qui sait tout acheter, sauf l’attention de ses enfants.
Une adolescente qui s’efface des écrans
Au cœur de l’intrigue palpite une énigme d’une modernité troublante. Rafik, le génie informatique de Reldanch, a bâti un service florissant : effacer de la toile ce que ses clients ne veulent plus y voir. Or il n’en revient pas : Valentine n’a plus aucune activité téléphonique ni numérique depuis près de trois mois. Pas de mail, pas de SMS, pas une ligne sur un blog. Lucie, de son côté, n’a jamais vu cette adolescente envoyer un texto. Même les gamins accros au crack, note-t-elle, prennent le temps de poster leurs exploits sur YouTube. Dans une génération qui vit greffée à son téléphone, cette disparition virtuelle précède la disparition réelle et l’épaissit d’un mystère supplémentaire.
Despentes compose alors un portrait en creux, l’un des plus réussis du livre. Valentine n’existe d’abord qu’à travers les photos volées de la filature et des témoignages qui se contredisent. Ses camarades du petit lycée privé des quais de Seine la décrivent tour à tour brillante, absente, ivre en soirée, capable de provocations odieuses. Puis, ces derniers mois, distante, vêtue de noir, comme absorbée par une idée qu’elle garde pour elle. Son père la juge épuisante, sa belle-mère la redoute, sa grand-mère la surveille. Chacun projette sur elle ses peurs et ses rancœurs : la jeune fille finit par ressembler à un miroir brisé, dont chaque éclat renvoie surtout l’image de celui qui le tient.
Cette absence agit comme un aimant. Elle permet à la romancière d’interroger, avec une acuité qui n’a rien perdu de sa pertinence, une époque où l’on piège les portables des enfants. On y surveille tout sans rien comprendre, et la vie privée s’efface aussi vite qu’elle se rachète. L’enquête elle-même progresse de profil Facebook en photo de famille, jusqu’à une cousine qui documente chaque repas. Elle montre combien il est difficile de disparaître vraiment. Une question obsède Lucie : qui est donc cette fille qu’elle a suivie sans jamais la regarder ? Elle devient celle du lecteur, tenu en haleine par cette silhouette insaisissable dont la vérité se dérobe à chaque détour.
Barcelone, la mer au bout des chantiers
Changement de lumière. Après les gris parisiens et l’hiver plat du Berry, la route conduit les deux enquêtrices vers la Catalogne, sur la piste de la mère de Valentine. L’arrivée, à l’aube, a la saveur d’un réveil sous tension. Les bulles blanches d’une centrale nucléaire resplendissent sous un soleil déjà violent. Puis viennent les premiers palmiers, les façades chargées d’ornements et un ciel d’un bleu si franc qu’il magnifie tout ce qu’il recouvre. Lucie, à cran après une nuit de Red Bull, éprouve un bonheur idiot qu’elle ne s’explique pas. Despentes sait capter ce basculement physique qu’opère un départ, cette impression que l’air lui-même change de texture.
Sous sa plume, pourtant, Barcelone n’a rien d’une carte postale. La ville gronde, s’éventre, se reconstruit sans relâche. Des ouvriers attaquent au marteau la façade de l’hôtel à peine les voyageuses endormies, les grues hérissent l’horizon, et la fourrière se montre redoutablement efficace avec les plaques étrangères. Dans les hauteurs résidentielles, Vanessa contemple depuis sa terrasse une antenne géante plantée sur la colline, avec la mer en face. Chez les amies françaises de la Hyène, les fêtes s’étirent jusqu’au matin. Lucie y assiste, les yeux écarquillés, à une nuit d’une liberté sexuelle qui la heurte autant qu’elle la trouble. La métropole se change en laboratoire où chacun éprouve ses propres limites.
C’est là que le roman ose son plus joli déplacement. L’enquêtrice terne, qui se croyait vouée à la marge, s’éveille à un désir qu’elle n’attendait pas. Il suffit d’une rencontre, d’une balade sur une plage jonchée de canettes et d’un trajet à moto sous les étoiles. Voilà la narratrice soudain « lumineuse », selon le mot narquois de sa coéquipière. Despentes écrit ces pages avec une sensualité et une tendresse qui tranchent sur la noirceur environnante, comme une fenêtre ouverte dans une pièce enfumée. Cette éclosion intime ne ralentit jamais l’intrigue. Elle offre au livre une respiration précieuse et rappelle que l’aventure, ici, se joue aussi dans les corps.
Une histoire pour tenir debout
Ce que ce livre laisse en bouche tient d’abord à son art du mélange. Polar à l’enquête tortueuse, road novel lancé sur les autoroutes, satire sociale, chronique d’une France de la fin des années 2000 secouée par la crise : Apocalypse bébé passe d’un registre à l’autre sans jamais perdre le fil. Les grands appartements bourgeois y côtoient les tours de banlieue, les squats, les loges de concert et les bars de la Goutte d’Or pendant le ramadan. Récompensé par le prix Renaudot en 2010, le roman dresse une cartographie des fractures françaises. Argent, origines, religion, sexualités : tout y passe, jusqu’aux rapports de domination entre générations.
La force de Virginie Despentes tient à ce regard qui refuse de détourner les yeux. Sa phrase nerveuse, gorgée d’oralité, fait alterner la vanne qui claque et la méditation inattendue sur la culpabilité, la peur ou l’impunité. Elle donne voix à ceux qu’on écoute rarement et renverse les conventions avec une jubilation contagieuse. Ici, ce sont deux femmes qui enquêtent ; une lesbienne fait trembler les durs ; une narratrice ordinaire découvre que sa vie peut encore bifurquer. Le titre, qui marie l’enfance et la fin du monde, annonce cette tension permanente entre la vulnérabilité de la jeunesse et la violence d’un monde adulte qui la cerne de toutes parts.
Lucie le formule à sa façon : à force de se raconter une histoire, on finit par imaginer les scènes qu’on n’a pas vues, pour que l’ensemble tienne debout. La remarque pourrait servir de clef à tout l’édifice. Despentes y sonde la manière dont chacun bricole une version des faits supportable, et la façon dont le récit comble les trous du réel quand la vérité se dérobe. Mordant, drôle souvent, poignant par éclats, Apocalypse bébé prend le pouls de son époque sans prétendre la guérir. C’est précisément cette honnêteté qui lui donne son poids : celui d’un roman qui secoue, interroge, et dont les échos persistent bien au-delà de l’enquête.
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Mots-clés : Virginie Despentes, Apocalypse bébé, roman noir, détectives privées, disparition, satire sociale, Barcelone
Extrait Première Page du livre
« PARIS
Il n’y a pas si longtemps de ça, j’avais encore trente ans. Tout pouvait arriver. Il suffisait de faire les bons choix, au bon moment. Je changeais souvent de travail, mes contrats n’étaient pas renouvelés, je n’avais pas le temps de m’ennuyer. Je ne me plaignais pas de mon niveau de vie. J’habitais rarement seule. Les saisons s’enchaînaient façon paquets de bonbons : faciles à gober et colorés. J’ignore à quel moment la vie a cessé de me sourire.
Aujourd’hui, j’ai le même salaire qu’il y a dix ans. À l’époque, je trouvais que je m’en tirais bien. L’élan s’est ralenti, après mes trente ans, un souffle qui me portait s’est éteint. Et je sais que la prochaine fois que je me retrouverai sur le marché de l’emploi, je serai une femme mûre, sans qualification. C’est comme ça que je m’accroche à la place que j’ai, comme si ma vie en dépendait.
Ce matin-là, j’arrive en retard. Agathe, la jeune standardiste, tapote sa montre du doigt, en fronçant les sourcils. Elle porte des collants fluo jaunes et des boucles d’oreilles roses en forme de cœur. Elle a facile dix ans
Il n’y a pas si longtemps de ça, j’avais encore trente ans. Tout pouvait arriver. Il suffisait de faire les bons choix, au bon moment. Je changeais souvent de travail, mes contrats n’étaient pas renouvelés, je n’avais pas le temps de m’ennuyer. Je ne me plaignais pas de mon niveau de vie. J’habitais rarement seule. Les saisons s’enchaînaient façon paquets de bonbons : faciles à gober et colorés. J’ignore à quel moment la vie a cessé de me sourire.
Aujourd’hui, j’ai le même salaire qu’il y a dix ans. À l’époque, je trouvais que je m’en tirais bien. L’élan s’est ralenti, après mes trente ans, un souffle qui me portait s’est éteint. Et je sais que la prochaine fois que je me retrouverai sur le marché de l’emploi, je serai une femme mûre, sans qualification. C’est comme ça que je m’accroche à la place que j’ai, comme si ma vie en dépendait.
Ce matin-là, j’arrive en retard. Agathe, la jeune standardiste, tapote sa montre du doigt, en fronçant les sourcils. Elle porte des collants fluo jaunes et des boucles d’oreilles roses en forme de cœur. Elle a facile dix ans de moins que moi. Je devrais ignorer son petit soupir contrarié quand elle trouve que je prends trop de temps à enlever mon manteau, au lieu de quoi je bafouille une excuse incompréhensible, et je file frapper à la porte du chef. De l’intérieur de son bureau s’échappent de longs cris rauques. Je recule d’un pas, effrayée. J’interroge Agathe du regard, elle grimace et chuchote « c’est madame Galtan, elle vous attendait devant l’entrée, avant l’ouverture, ce matin. Deucené se fait agonir depuis vingt minutes. Entre vite, ça va la calmer ». Je suis tentée de tourner les talons et dévaler les escaliers, sans un mot d’explication. Mais je frappe à la porte, et on m’entend.
Pour une fois, Deucené n’a pas besoin de jeter un œil aux dossiers éparpillés sur son bureau pour se souvenir de mon nom.
— Lucie Toledo, que vous avez déjà rencontrée, elle était justement…
Il n’a pas l’occasion d’aller au bout de sa phrase. La cliente l’interrompt en vociférant :
— Mais t’étais où, connasse ? »
- Titre : Apocalypse bébé
- Auteure : Virginie Despentes
- Éditeur : Grasset
- ISBN : 9782246771715
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 18/08/2010
- Nombre de pages : 352 pages
- Genre : Roman noir, satire sociale
- Sujets traités : Disparition d’une adolescente, détectives privées, surveillance numérique, famille recomposée, milieu littéraire, fractures sociales, homosexualité féminine, Barcelone
Résumé
Lucie Toledo, détective privée sans éclat, gagne sa vie en surveillant des adolescents pour le compte de parents inquiets. Un matin, elle perd la trace de Valentine Galtan, quinze ans, fille d’un romancier parisien, dans les couloirs du métro. Sommée par la redoutable grand-mère de retrouver la fugueuse, elle fait appel à la Hyène, une enquêtrice légendaire aux méthodes aussi efficaces que brutales.
De Paris à Barcelone, l’improbable duo remonte la piste de Valentine, de son lycée à sa famille maternelle, jusqu’à la mère qui l’a abandonnée enfant. En alternant les points de vue, Virginie Despentes donne la parole à chaque protagoniste et compose un roman noir choral, drôle et cinglant, sur une France traversée de fractures.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.















