Une descente dans le gouffre qui rebat les cartes
Imaginez un samedi de fin février 2020, un vent humide qui descend de la mer Cantabrique, et cinq spéléologues qui s’apprêtent à plonger dans une faille creusée à flanc de colline. Voilà le décor que Dolores Redondo installe avec la précision d’une cartographe. Le groupe Kondairak espère mettre au jour des vestiges archéologiques liés aux anciennes croyances basques. Ce qu’il découvre au fond de l’abîme bouleverse tout, et il suffit de quelques pages pour comprendre que cette descente n’est pas qu’un exercice de corde et de baudrier : c’est l’entrée en matière d’un récit où la terre rend ce qu’elle a longtemps avalé.
Le corps presque momifié d’une jeune fille disparue trois ans plus tôt remet en cause une affaire que la justice croyait close. Une femme purge en effet une peine pour ce qu’on lui reproche d’avoir commis, et Nash Elizondo, en redressant le matelas qui dissimule le cadavre, déclenche sans le savoir une réaction en chaîne. Quelques indices troublants apparaissent au fil de l’examen, dont un fragment de tissu qui appartiendrait à autre chose qu’à la victime, et un détail osseux beaucoup plus ancien venu compliquer la lecture du site. Redondo a l’art de glisser ces accrocs sans hausser le ton, en laissant simplement les éléments matériels parler à sa place.
Cette ouverture frappe par sa densité documentaire et par le sang-froid de la narration. L’auteure ne joue pas sur le sensationnel, elle préfère installer la tension à coups de gestes techniques, de mesures, de relevés photographiques au flash. Le lecteur sent immédiatement qu’il pénètre une enquête à plusieurs strates : médico-légale, anthropologique, historique. Et il devine, sans qu’on le lui dise, qu’il va falloir creuser longtemps avant d’atteindre la roche.
Nash Elizondo, lectrice des morts
La psychologue médico-légale qui porte le récit possède un atout rare : elle sait écouter ce que les corps tentent de raconter quand la science classique reste muette. Son surnom, NASH, condense l’acronyme qui structure son métier, à savoir les quatre causes possibles de la mort dans le langage médico-légal : Naturelle, Accidentelle, Suicide ou Homicide. Là où l’autopsie médicale s’épuise, son travail prend le relais. Elle reconstruit la vie psychique de la victime, lit ses messages, examine ses lectures, ses musiques, ses fréquentations. La protagoniste de Dolores Redondo pratique en somme une archéologie de l’intime.
Cette spécialité lui donne une voix de narratrice singulière, ni policière, ni magistrate, ni journaliste, ni proche des familles. Sa position oblique lui permet d’avancer là où les enquêteurs reculent et de pousser des portes que les institutions préfèrent garder fermées. Redondo l’a dotée d’une biographie qui pèse : une mère brillante qui exerçait le même métier, un père inconnu rencontré le temps d’une nuit de fête, une enfance bercée par les codes médico-légaux comme d’autres par les contes. Le portrait évite la posture de l’héroïne intouchable. Nash doute, s’agace, conduit trop vite sa Ford Mustang, se trompe parfois.
Ce qui retient surtout l’attention, c’est la manière dont l’auteure laisse s’infiltrer une voix intérieure qui tient lieu de boussole. Cette présence murmurée, qu’on devine très tôt familière et tutélaire, fait basculer le personnage du côté des héritières inquiètes. Loin de fragiliser la rigueur scientifique de Nash, cette dimension la rend plus crédible encore, car elle reconnaît humblement la part d’intuition que toute lecture des morts contient. Redondo signe ainsi une enquêtrice de prose adulte, intelligente, faillible, dont la solitude professionnelle se double d’une solitude affective que le récit explore avec retenue.
Malerreka et Baztán, géographie sensible d’une enquête
Personne ne lit Dolores Redondo sans accepter d’entrer dans un territoire. Les vallées navarraises ne servent pas d’arrière-plan exotique : elles imposent leurs reliefs, leurs pluies persistantes, leurs hêtres millénaires, leurs brouillards qui collent aux fenêtres dès la fin de l’après-midi. La toponymie elle-même résonne comme un sortilège. Gaztelu, Legarrea, Txokoto, Elbete, Elizondo, autant de noms qui dessinent un parcours sensoriel autant que géographique. La romancière connaît chaque pierre du barrage, chaque pont, chaque lavoir, et restitue cette intimité avec un naturel qui ne s’invente pas.
L’enquête se déploie au rythme des trajets. Nash va et vient entre Saint-Sébastien et Elizondo, descend dormir au petit hôtel Izarra, fait halte près du fronton, traverse le cimetière d’Elbete dont les dalles disjointes accueilleront un moment essentiel du livre. Chaque déplacement procure une information : la pluie qui dégage une odeur de terre tournée, la rivière Baztán qui gronde sous les volets, le bruit d’un moteur qu’on devine bien avant qu’il n’apparaisse. Redondo se sert du paysage comme un musicien de ses silences. Tout ce qui n’est pas dit par les personnages, le décor le suggère.
Cette manière d’incarner la vallée donne au roman une texture rare dans le polar contemporain. On y respire l’humidité atlantique, on sent le bois mouillé sous les bottes, on devine la lumière oblique qui filtre entre les hêtres. Le lecteur étranger à la région se trouve naturellement initié à cet écosystème, et celui qui le connaît déjà retrouve la pulsation qu’il aime chez Redondo. Cette géographie sensible n’est pas un ornement : elle conditionne les déplacements, les solitudes, les rencontres fortuites. Le crime, ici, ne se résout pas à Pampelune. Il se résout en marchant les sentiers boueux du Baztán.
Le ttuku-ttuku, langue souterraine des vallées
Au cœur du dispositif narratif se déploie un outil de transmission propre aux vallées navarraises, le ttuku-ttuku. L’expression désigne ce murmure complice, presque chirurgical, par lequel les habitants se transmettent les nouvelles. Pas de commérage bruyant, pas de cancans tonitruants. Tout se sait, tout circule, mais en sourdine, à voix basse, comme si l’on retirait un pansement sans douleur. Dolores Redondo en fait une matière narrative de première importance. À peine Nash arrive-t-elle à Elizondo que la nouvelle de sa présence se propage en quelques heures, et la patronne de son hôtel la dévisage avec ce regard évaluateur qui ne pardonne rien.
Cette circulation feutrée de l’information donne à l’enquête un rythme particulier. Les langues ne se délient pas frontalement, elles s’entrouvrent par fragments, à condition que l’interlocutrice se montre patiente et discrète. Nash apprend vite à composer avec cet art de la confidence retenue. Elle attend, elle laisse les silences faire leur travail, elle accepte les rendez-vous tardifs, les conversations dans des cuisines, les confidences arrachées à mi-voix devant une tombe. Redondo restitue ce code social avec une finesse qui rappelle les meilleurs romans ruraux européens, où l’on sait que ce qui ne se dit pas pèse autant que ce qui se dit.
Le procédé sert également la construction du suspense. Chaque information arrive lentement, ourlée d’un contexte, parfois contradictoire avec ce qui précède, et le lecteur, comme l’enquêtrice, doit trier, recouper, peser les arrière-pensées. Loin du polar urbain où les indices tombent par messageries et caméras de surveillance, l’écriture de Redondo retrouve une temporalité plus ancienne, presque artisanale. Le ttuku-ttuku fonctionne ici comme un personnage collectif, un chœur antique qui ne se montre jamais mais qui distille les vérités utiles au compte-gouttes. Une trouvaille qui ancre profondément le récit dans sa terre.
Le clan Murrieta et la mémoire des dominations
Toute enquête conduite dans le Baztán finit par croiser une grande maison, et celle-ci porte le nom de Murrieta. Lisardo Murrieta, patriarche vieillissant, drape encore sa demeure de tissus noirs en signe de deuil, perpétue une coutume aristocratique disparue partout ailleurs et reçoit ses interlocuteurs depuis un fauteuil à oreilles. Sa petite-fille Andrea est la jeune morte du gouffre, et c’est lui qui veut comprendre ce qui s’est réellement passé, lui qui sollicite Nash avec une autorité qu’il croit naturelle. Sa fille Helena, son infirmière Ederne Hidalgo, son entourage immédiat : autour du vieil homme gravite une cour aux loyautés ambiguës.
Dolores Redondo aime ces familles où les héritages financiers se confondent avec les héritages de pouvoir. La maison Murrieta agit comme un coffre-fort sentimental autant que matériel, gardienne de secrets que plusieurs générations ont contribué à enfouir. Une rencontre fortuite dans le cimetière, avec un ancien syndicaliste qui fut amoureux de la grand-mère d’Andrea, suffit à révéler un autre versant du passé familial. La romancière tisse là un fil discret mais constant : les puissants se croient propriétaires des personnes autant que des terres, et l’histoire des femmes Murrieta porte les traces de cette possession.
Cette dimension sociale élève le roman au-delà du simple récit d’enquête. Redondo n’assène jamais de thèse, elle préfère laisser les voix s’élever d’elles-mêmes : la voix du vieil oligarque convaincu d’avoir bien fait, celle des employés qui en savent davantage qu’ils ne voudraient, celle des silences féminins accumulés depuis trop longtemps. Le lecteur perçoit alors que le crime d’aujourd’hui s’enracine peut-être dans des injustices anciennes, et que les dominations ont la vie longue. La force du procédé tient à sa pudeur : tout est suggéré, rarement souligné. À l’arrivée, le clan Murrieta apparaît comme une chambre d’écho où résonnent les rancœurs cumulées d’une vallée.
Sorcières, déesses et présences familières
Le Pays basque n’a jamais cessé d’abriter ses propres mythologies, et Dolores Redondo y puise sans complexe. La déesse Mari, souveraine des roches et des gouffres, plane sur l’ensemble du livre. Les sorginkoba, ces cavités où la légende place jadis les sorcières condamnées, fournissent une justification anthropologique aux fouilles du groupe Kondairak. Les offrandes que l’on jette dans l’abîme, les guirlandes de roses friables, les galets venus parfois de loin, témoignent de pratiques que la modernité n’a jamais totalement éteintes. La romancière documente cette persistance avec un sens du détail qui n’est jamais ostentatoire.
À ce socle mythique s’ajoute une figure animale dont la présence dans le récit possède la discrétion des grands symboles. Une petite chatte noire, maigre et solitaire, se met à suivre Nash après une visite dans les ruines d’une maison du village. Eva et Beth, les jeunes filles de la famille Mitxelena, identifient aussitôt l’animal comme un esprit familier, et la psychologue, malgré son scepticisme professionnel, ne parvient pas à s’en débarrasser. Redondo joue là sur une corde qu’elle connaît bien : celle où le rationnel et l’invisible se côtoient sans s’annuler, où la science et la croyance s’observent dans une coexistence un peu inquiète.
Cette dimension fantastique ne dévore jamais le polar. Elle l’irrigue, lui donne sa profondeur, ouvre des perspectives interprétatives sans imposer aucune lecture. Deux jeunes filles plongées dans le coma, qui ne peuvent plus quitter la chambre où elles veillent dans des conditions inexplicables, ajoutent encore à cette atmosphère de seuils flottants entre les mondes. Le lecteur n’est jamais contraint d’y croire, mais on lui propose suffisamment d’éléments pour qu’il accepte la cohabitation. L’auteure démontre ici sa parfaite maîtrise d’un genre hybride dont elle a fait sa signature, celui où le crime se nourrit du mythe sans s’y dissoudre.
Un clin d’œil méta à l’univers du Baztán
Les habitués de Dolores Redondo connaissent Amaia Salazar, l’inspectrice de la Trilogie du Baztán qui a porté la romancière vers une renommée internationale. Celles qui ne dorment pas opère un geste métalittéraire savoureux. Nash croise brièvement Amaia sur un pont d’Elizondo, dans une scène nocturne empreinte d’étrangeté, sans comprendre tout de suite à qui elle a affaire. Plus tard, autour d’une table familiale, on lui explique que l’inspectrice n’est pas un personnage de fiction mais une véritable habitante du Baztán, et que la trilogie s’est inspirée de son histoire. Le tour de passe-passe est délicieux, parfaitement maîtrisé.
L’effet produit dépasse la simple coquetterie. En inversant les statuts entre la fiction et le réel, l’auteure invite son lecteur à reconsidérer la nature même de ses précédentes œuvres. Les villageoises commentent les romans avec un mélange d’affection et de scepticisme, signalent ce que Redondo a romancé, ce qu’elle a tu, ce qu’elle a déformé. On apprend que des touristes viennent chercher la maison d’Engrasi, qu’on les renvoie en leur disant qu’il ne s’agit que de littérature, alors même que les protagonistes existent. Cette mise en abyme rappelle les jeux de Borges ou de Pirandello, transposés dans un cadre rural contemporain où la rumeur fait office d’archive.
Pour qui suit l’œuvre de Redondo depuis Le Gardien invisible, ce clin d’œil constitue une récompense d’autant plus plaisante qu’il n’exclut personne. Le lecteur novice peut tout à fait entrer dans le roman sans connaître l’univers antérieur, et y trouver son compte. Mais celui qui a lu la trilogie reçoit en bonus une réflexion subtile sur le métier de romancière, sur la frontière poreuse entre l’enquête réelle et l’enquête imaginée, et sur ce que devient un personnage de papier lorsque la communauté qu’il prétend décrire commence à le commenter. Une élégance narrative qui mérite d’être saluée.
Dolores Redondo poursuit l’édifice des Vallées tranquilles
Deuxième volet du quatuor des Vallées tranquilles après En attendant le déluge, ce roman confirme l’ambition d’un cycle qui se construit sans précipitation. Dolores Redondo a choisi de relier ses livres par une trame thématique et géographique plutôt que par une intrigue linéaire, et l’on devine que chaque nouveau titre éclairera différemment les contours d’un même monde. La période choisie, les tout premiers jours de la pandémie de 2020, fournit en arrière-plan un sentiment d’irréalité collective qui se marie étrangement bien avec l’atmosphère brumeuse du Baztán. Sans surcharge, sans pesanteur, l’auteure laisse l’époque infuser le récit.
L’écriture, ample et patiente, prend le temps des descriptions, accepte les digressions anthropologiques, donne sa place à la cuisine, aux paysages, aux gestes domestiques. On y trouve la marque d’une romancière qui ne cherche pas à plaire à tout prix mais qui fait confiance à son lecteur. La construction par dates, qui s’égrène du 29 février au 17 mars, organise le récit comme un journal d’enquête, et chaque journée apporte sa propre tonalité, son lot de découvertes et de remises en cause. Le mélange du procédural rigoureux, de l’introspection et de la dimension mythique fonctionne avec une fluidité qui n’appartient qu’à elle.
À refermer ce livre, on garde l’impression d’avoir cheminé aux côtés d’une auteure qui sait où elle conduit son lecteur sans le presser. Nash Elizondo s’installe comme une héroïne romanesque consistante, dont les fragilités intimes équilibrent la rigueur professionnelle, et dont on imagine bien la silhouette dans les volumes à venir. Celles qui ne dorment pas offre ainsi une lecture exigeante mais accessible, dense sans être bavarde, attachée à son territoire sans jamais y être enfermée. Une étape solide dans un quatuor dont on attendra la suite avec une curiosité authentique, désireux de voir comment Dolores Redondo continuera à interroger ces vallées où le passé refuse obstinément de se taire.
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Mots-clés : Dolores Redondo, Celles qui ne dorment pas, Nash Elizondo, Vallées tranquilles, polar basque, autopsie psychologique, Baztán
Extrait Première Page du livre
« Prologue
D’après une ancienne légende du Pays basque, les grottes les plus profondes de la terre sont peuplées d’infernaux taureaux rouges, des gardiens diaboliques qui surveillent jalousement les trésors qu’elles abritent, les secrets qu’on y a enterrés et l’accès au monde des morts. On raconte qu’ils sont les maîtres légitimes de ces endroits, les âmes de ceux qui sont confinés là où sont confinés les esprits protecteurs régis par la Terre-Mère.
L’obscurité accueillit la femme précipitée dans l’abîme. Elle crut entendre les mugissements puissants d’une de ces bêtes rouges des profondeurs. Cela ne dura qu’une seconde, à l’instant précis où elle cessa de sentir les mains qui la poussaient et avant que son visage heurte le ventre granitique des parois du gouffre proches de l’orifice d’entrée. Puis elle tomba. Son corps dégringola, amorphe, dans la faille étroite, se cognant contre la roche vive, perdant des lambeaux de peau aussitôt cautérisés par le frottement. La descente devint un supplice interminable, car elle était consciente que ses os se fracturaient dans la chute. N’ayant plus d’air dans les poumons elle ne pouvait même pas crier. La douleur appelait la douleur et, malgré le noir complet, elle vit une immense lumière rouge exploser sous ses yeux quand son corps se fracassa au sol.
Au fond du gouffre tout n’était qu’ombre et silence. Elle peina à savoir si elle était tombée sur le dos ou sur le ventre, et elle eut beau dresser l’oreille, un bourdonnement croissant l’empêchait d’entendre autre chose que les battements irréguliers de son cœur résonnant dans sa tête.
Elle sentit le froid gagner ses membres, comme si une couverture mouillée et infiniment lourde s’était posée sur elle, et elle comprit qu’elle était en train de mourir. Elle se concentra de nouveau pour tenter de percevoir des sons et vaincre sa peur. Mais seul le silence régnait sur ce lieu. Elle remercia la Terre-Mère pour ce que cela signifiait, et en étreignant la mort elle rassembla ses dernières forces pour lever la main et proférer au-dessus de l’abîme qui serait sa tombe une malédiction contenant toute sa douleur, toute sa haine, toute son énergie. »
- Titre : Celles qui ne dorment pas
- Titre original : Las que no duermen NASH
- Auteur : Dolores Redondo
- Éditeur : Gallimard
- ISBN : 9782073113351
- Format : Broché
- Nationalité : Espagne
- Langue : Français
- Traduction : Isabelle Gugnon
- Date de publication : 05/03/2026
- Nombre de pages : 592 pages
- Genre : Thriller, polar ethnographique
- Sujets traités : Autopsie psychologique, spéléologie, sorcellerie basque, mythologie navarraise, disparition d’adolescente, pouvoir patriarcal, rumeur villageoise, deuil maternel
Page officielle : www.doloresredondo.com
Résumé
Dans les vallées de Malerreka et du Baztán, fin février 2020, le Dr Nash Elizondo, psychologue médico-légale et spéléologue passionnée, descend avec son groupe Kondairak dans un gouffre où la légende situe d’anciennes pratiques de sorcellerie. La découverte qu’elle y fait n’a rien à voir avec celle qu’elle espérait, et bouleverse une affaire que la justice considérait comme résolue.
Sollicitée pour pratiquer une autopsie psychologique, Nash s’installe à Elizondo et croise le clan Murrieta, ses secrets familiaux, ses dominations anciennes, mais aussi des figures locales attachantes et un patrimoine de croyances que la modernité n’a jamais effacé. Entre rationnel et invisible, enquête contemporaine et mémoire des vallées, Dolores Redondo poursuit avec ce deuxième volet l’ambition de son quatuor des Vallées tranquilles.
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.




















