Deux pavillons jumeaux au sommet du Roucas-Blanc
Janvier 1930, un terrain en friche au-dessus de la mer, une nappe blanche dépliée sur les restanques, du champagne encore neuf dans les usages marseillais. Un ténor de l’opéra vient d’acheter la colline et déroule les plans devant sa femme, qui redoute déjà les vocalises nocturnes. De cette négociation conjugale naît une idée qui va irriguer tout le livre : plutôt qu’une seule demeure, deux ailes rigoureusement symétriques, comme si l’une se reflétait dans l’autre. Elles s’appelleront Tamberlik et Caruso. Ariel Morandy pose là, en quelques pages d’une élégance sèche, la matrice de son roman.
Les décennies passent et le lecteur les traverse à grandes enjambées. La bâtisse blanche devient une curiosité de la ville phocéenne, on la montre du doigt quand elle brille de tous ses feux au-dessus du Prado. Puis viennent les héritiers qui ne s’entendent pas, un mur de séparation qui coupe la terrasse en deux, un second mur qui tranche le jardin, un chemin de terre promu impasse des Agapanthes par la fantaisie d’un mari amoureux. Les jumeaux sont séparés, écrit l’auteur, mais ils restent reliés par un fil invisible. La formule est belle et elle est surtout programmatique : rien de ce qui se passera dans l’une des maisons ne restera sans écho dans l’autre.
Cette géographie intime se double d’une géographie urbaine que Morandy connaît manifestement au centimètre. La rade, les îles du Frioul qui s’effacent dans la pénombre, les ferrys de Corse dont on peut régler sa montre, la plage du Prophète et ses bus déversant les baigneurs, la Bonne Mère qui surveille marins et voyous depuis cent cinquante ans. Marseille prend corps ici sans carte postale ni accent forcé, par accumulation de détails justes. Et lorsque de nouveaux propriétaires débarquent en BMW pour rebaptiser leur moitié d’un nom ronflant, arrachant la plaque en fer forgé posée là depuis quatre-vingt-dix ans, on comprend que la guerre annoncée ne se jouera pas seulement entre deux hommes, mais entre deux façons d’habiter le monde.
Un récit monté par époques, de 1930 à aujourd’hui
Chaque chapitre porte une date entre crochets, et cette simple typographie constitue déjà une promesse. 1930, 1985, 1988, 1999, 2020, 2024, 2026 : le lecteur saute d’une décennie à l’autre sans transition explicative, invité à tenir lui-même le fil. Un jeune homme timide se rend à une soirée étudiante, une famille marquisienne offre un objet à son fils qui part pour la métropole, un couple pousse un portail en fer forgé. Ces séquences paraissent d’abord indépendantes, presque autonomes, avant que la mécanique ne les rabatte les unes sur les autres avec une précision d’horloger.
L’architecture d’ensemble ajoute une strate supplémentaire. Le volume se divise en trois mouvements nommés, dont les intitulés fonctionnent comme des clés de lecture différées : on ne comprend leur ironie qu’après coup. À l’intérieur de cette ossature circule une seconde temporalité, celle d’une réclusion comptée en jours, scandée par un « Clic » et par des messages en capitales qui défilent sur un écran. Cette pulsation-là ne relève plus de l’Histoire mais de l’attente pure, et son irruption régulière au milieu des chapitres datés produit un contraste redoutablement efficace : d’un côté les années qui filent, de l’autre les minutes qui refusent de passer.
Le procédé aurait pu tourner à l’exercice. Il tient parce que Morandy dose ses révélations avec une patience de joueur d’échecs. Un objet aperçu en 1930 réapparaît en 2024 et change tout. Une phrase lâchée au détour d’un dialogue prend son sens deux cents pages plus loin. L’auteur pratique volontiers la prolepse brutale, ces incises où il annonce en une ligne ce qui adviendra dans six ans, puis referme aussitôt la parenthèse pour nous laisser mijoter. On avance donc dans un état de vigilance permanente, occupé à ranger les pièces au fur et à mesure, et cette activité de montage mental que le livre exige de son lecteur constitue l’un de ses plaisirs les plus tenaces. Le roman ne raconte pas seulement une histoire : il apprend à la reconstituer.
Lucas Sabatier, l’homme que personne ne regarde
Il y a d’abord un balcon au deuxième étage d’un immeuble bâti à la va-vite, un adolescent qui regarde passer les voitures faute d’en posséder une, et un père ouvrier qui l’emmène un midi essayer une Renault 4 d’occasion en saluant les inconnus de la main, comme un président sur les Champs-Élysées. Cette scène minuscule, Ariel Morandy la place très tôt et n’y revient presque plus, mais elle éclaire tout le reste. Lucas Sabatier grandit avec la conviction que le monde des autres est ailleurs, derrière une vitre, et que quelqu’un a oublié de lui donner le mode d’emploi.
Le portrait qui suit est un modèle de cruauté patiente. Étudiant en informatique, mal habillé, silencieux au point qu’on prend son mutisme pour de la profondeur, il gravit plusieurs échelons sociaux par pur accident lors d’une soirée universitaire. L’auteur détaille cette ascension par une série d’oppositions d’une drôlerie glaçante : il n’a jamais voyagé, elle a fait le tour du monde ; il ne sait pas skier, elle a le chamois de bronze ; il est pauvre, elle s’appelle Cyrène de Neuville. Suivront le mariage déséquilibré où sa propre famille n’occupe qu’une table sur quatre-vingts, la maison payée par d’autres, la carrière qui s’enlise, et cet instant terrible devant le miroir de la salle de bain où, à vingt-huit ans, il aperçoit le vieillard qu’il deviendra.
Ce qui sauve le personnage de la simple accumulation misérabiliste, c’est sa lucidité et son humour. Lucas collectionne les lampes-torches publicitaires, quatre cents cartes téléphoniques classées par département, des bandes dessinées d’avant-guerre qu’il hésite à ouvrir. Il connaît par cœur le cycle de ses propres obsessions, curiosité, intérêt, passion, déception, rejet, et cherche sur internet le nom savant de sa maladie en choisissant celui qui sonne le mieux. Il observe son voisinage avec la rancune méthodique de ceux qui n’ont rien d’autre à faire. Et lorsqu’un homme lui claque une porte au nez sans même le voir, Morandy note que l’absence de regard blesse plus sûrement que l’insulte. Tout le roman tiendra dans cette blessure-là.
« Regardez les gens pendant qu’ils regardent Netflix »
Le slogan est authentique dans la fiction, imprimé sur la boîte d’un logiciel de surveillance domestique, et il résume à lui seul l’audace comique du livre. L’application s’annonce par un œil noir stylisé, sans paupière, grand ouvert, avec une silhouette humaine en son centre ; passez la souris dessus et la paupière cligne, telle une invitation. Ariel Morandy a compris qu’une bonne trouvaille satirique vaut mieux qu’un long réquisitoire, et il distribue ces trouvailles avec une générosité réjouissante. La formule commerciale « Parce que votre vie privée, c’est notre produit » figure sur l’emballage, et l’on rit avant de tiquer.
La séquence d’achat mérite à elle seule le détour. Une téléopératrice imperturbable déroule son questionnaire obligatoire pour valider un coupon de réduction : conjoint infidèle, jeunes du quartier, voiture taguée, voisins bruyants. Elle enregistre l’âge du client, le classe en catégorie 3, note la raison en trois mots et remercie chaleureusement. Cette bureaucratie enjouée de la surveillance de masse, où le voyeurisme devient un segment de clientèle avec son département Stratégie, dit en deux pages ce que des essais entiers peinent à formuler. On retrouvera plus loin le même comique administratif chez un banquier trop souriant ou dans une messagerie de dénonciations anonymes créée sur la foi d’une série américaine.
Mais l’auteur ne s’arrête pas à la moquerie. Il installe progressivement une position de lecture inconfortable, celle du témoin qui regarde par-dessus une épaule et finit par y prendre goût. Les caméras dissimulées ne captent pas le son, alors les dialogues manquants sont inventés, prêtés, réécrits, et l’on se surprend à trouver le procédé amusant avant d’en mesurer la portée. Que devient une existence quand elle est réduite à un flux vidéo commenté par un inconnu ? Morandy laisse la question ouverte, sans jamais souligner sa démonstration, et cette retenue rend le vertige d’autant plus durable. Le lecteur, installé confortablement devant les écrans du récit, occupe exactement la place qu’il faudrait fuir.
Le pot de départ, le profil LinkedIn et autres cruautés ordinaires
Il existe dans ce roman une veine satirique qui n’a rien à envier aux meilleures comédies de bureau, et elle se déploie autour d’une société baptisée ADH, dont le slogan promet de s’occuper de tout. Un mail des ressources humaines invite les salariés à préparer une anecdote amusante pour le départ d’une collègue. Lucas y consacre une nuit entière, non par affection mais parce qu’il tient enfin une épreuve littéraire à sa mesure. La lettre qu’il rédige, remise en main propre au milieu d’une salle comble, est un petit chef-d’œuvre de politesse assassine où chaque compliment se retourne comme un gant. Elle finira en boule dans une corbeille, ce qui n’enlève rien à sa réussite.
La réciproque ne tarde pas. Le courrier annonçant une préretraite « comme prévu » déploie tout l’arsenal du langage managérial contemporain, réflexion avec les partenaires économiques, rajeunissement des équipes, gratitude pour un engagement constant, et se termine par une invitation à souscrire à la newsletter mensuelle. Ariel Morandy reproduit ces textes avec une exactitude qui provoque un rire de reconnaissance immédiat chez quiconque a fréquenté un open space. Il observe ensuite l’entreprise comme une machine atteinte d’un Alzheimer chronique, où le « tu vas nous manquer » précède de quelques semaines l’oubli complet.
La séquence du profil LinkedIn pousse l’exercice à son sommet. Deux lignes de formation, deux lignes d’expérience pour trente-quatre ans de vie professionnelle, puis l’ajout laborieux de mentions valorisantes que l’auteur assortit de traductions entre parenthèses d’une honnêteté dévastatrice. Vient la photo de profil, avec cette minuterie du téléphone posé sur une table en fer forgé rouillée, ces allers-retours dans l’escalier sous le soleil de juillet, ces poses successivement politiques, sympathiques, résignées. Ajoutez un conseiller bancaire nommé monsieur Louche qui rappelle aimablement à son client sexagénaire que le compteur tourne, statistiques du département Stratégie Clients à l’appui, et vous obtenez une comédie sociale d’une justesse remarquable, glissée sans effort dans les rouages d’un thriller.
De Marseille à Nuku Hiva, ce que porte un patutiki
Le soleil au zénith cuit la baie de Taoha’e, un adolescent boite le long d’une plage de sable noir parce que ses tatouages le brûlent encore, et il porte un morceau de thon frais destiné à un détenu de la plus petite prison de France, deux cellules à vingt mètres du rivage où l’on cuisine soi-même et boit du jus de mangue en comptant les jours. Cette scène marquisienne s’ouvre au milieu d’un roman marseillais, et elle y installe une respiration d’une ampleur inattendue. Teiki Teikiteata a quatorze ans, il s’apprête au plus long voyage de sa vie, et il rêve déjà du collier de fleurs qu’on réserve aux grands voyageurs le jour du retour.
Ariel Morandy prend le temps de documenter cette culture sans la folkloriser. Le patutiki n’est pas un motif décoratif mais un rite de passage et une affectation à un clan, une vallée, une île, une épreuve à laquelle les garçons devaient jadis survivre. Le père transmet un poignard dont la lame est en acier trempé, la garde sculptée dans l’os de cachalot, le manche taillé dans le bois de fer, et il énonce la règle : cette lame ne coupe que lorsqu’on en a le droit. Le geste de transmission lui-même obéit à un protocole, l’objet tendu puis retiré deux fois avant d’être enfin accepté. La mère ajoute un avertissement concernant la femme blanche, « Te Rehina », et ces trois mots suffisent à charger toute la suite d’une tension sourde.
L’auteur tisse ensuite cette lignée avec l’autre versant du livre, celui des quais de la Joliette, des dockers, des camions et des affaires qui remontent la côte italienne. Les langues se croisent, marquisien, serbe, italien, argot marseillais, et chacune porte sa propre conception de la loyauté, de la dette et de l’honneur. Cette circulation entre un archipel du Pacifique et un port de la Méditerranée donne au roman une amplitude géographique rare dans le polar francophone, et surtout elle installe un système de valeurs concurrent, où les serments engagent le corps et où les objets se souviennent. Le lecteur repart avec des noms de baies, des mots de salutation et une carte mentale qu’il n’avait pas en ouvrant le livre.
Vingt-six lettres dans un ordre intéressant
Dans une pizzeria pour étudiants du côté de Saint-Charles, un jeune homme observe une femme qui écrit très vite sur la nappe en papier, penchée sur son stylo, manifestement ailleurs. Il demande un crayon au serveur et se met à l’imiter. Ce jour-là il découvre qu’écrire confère une puissance personnelle invisible aux autres, que tant que les mots restent pour soi l’imaginaire ne connaît aucune limite, qu’on peut y échafauder le mobile d’un meurtre ou l’assassinat d’un président sans qu’il en coûte rien. Puis vient la formule qui hante tout le livre : les vingt-six lettres de l’alphabet peuvent écrire tous les ouvrages du monde, encore faut-il les mettre « dans un ordre intéressant ».
Cette phrase, Ariel Morandy la fait résonner bien au-delà de son contexte immédiat. Car son roman entier interroge l’ordre des éléments, la manière dont un même matériau change de sens selon l’agencement qu’on lui impose. Un dialogue déplacé, une phrase coupée, un silence inséré au bon endroit, et la vérité bascule. Une traduction automatique transforme deux malfrats en adolescentes préparant leur samedi soir. Un rapport de police recopie « aime regarder la mer, mais n’est pas marin » et l’on ne sait plus s’il faut en rire. Le livre est traversé par des tentatives d’écriture qui ratent, réussissent ou blessent : une éloge funèbre empruntée à Camus, une lettre d’adieu à une collègue, un exercice imposé en deux colonnes, une carte postale promise à une mère. Chacun cherche l’ordre qui rendra son existence lisible.
C’est peut-être là que ce polar dépasse son propre genre. Il propose une enquête, des cadavres, un commissariat où les affaires se classent plus vite qu’elles ne se résolvent, et il tient parfaitement ce contrat. Mais il glisse dessous une réflexion tenace sur la fabrication des récits, sur ce que nous acceptons de croire quand quelqu’un a pris soin d’assembler les preuves dans le bon sens. Refermant le volume, on regarde d’un autre œil les histoires qu’on nous raconte, et celles que l’on se raconte. Les mêmes vingt-six lettres, décidément, et tout dépend de qui tient le stylo.
À lire aussi
Mots-clés : roman noir marseillais, thriller psychologique, surveillance, manipulation mentale, voisinage, îles Marquises, Ariel Morandy
Extrait Première Page du livre
« [2024] Cluedo : Scène de meurtre
L’homme gisait dans une mare de sang coagulé. Le corps déformé et gonflé dégageait une odeur très forte d’ammoniac et de soufre qui prenait à la gorge. La femme de ménage manqua glisser sur le hall de l’entrée en le contournant, horrifiée. Elle dut ouvrir en grand les fenêtres du salon pour aérer et pouvoir enfin respirer. Elle regarda le visage de cire du cadavre à ses pieds et reconnut son patron.
Elle trouva une carte de détective sur la tablette de l’entrée comme si on l’avait posée en évidence.
Le téléphone portable sonnait.
— Maman ?
— Pas pour l’instant, non, maman, je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Je suis bien comme ça, je n’ai pas besoin d’un homme dans ma vie, pas dans l’immédiat.
— Hum. Si, je vois des hommes, tu veux savoir combien ? Combien par semaine ou par jour ?
— Non, maman, je ne suis pas lesbienne, pas encore. J’hésite. Ah ah.
— Sans plaisanter, quand je rencontre la personne de ma vie, je t’envoie une carte postale de notre lune de miel. Tu seras la première informée.
— Oui, oui, ça va au bureau, enfin, depuis que je suis passée détective, je m’occupe un peu des chats écrasés.
— Des chiens. C’est ce que je voulais dire, c’est vraiment important ?
— Attends deux secondes, j’ai un appel en parallèle.
— Allô ?
— Oui, c’est moi.
— Comment ?
— Ne touchez à rien !
— Maman ! Je te rappelle, je dois filer !
Nathalie Grimaldi arriva au pavillon et demanda à l’employée de maison de sortir sur le perron pour éviter de contaminer davantage la scène. Elles attendirent la police scientifique qui arriva une demi-heure plus tard et gara le fourgon discret devant le portail en fer forgé. Les voisins sortirent de chez eux, sollicitant des explications que Nathalie ne pouvait pas produire. « On ne sait rien, rentrez chez vous. »
Le médecin légiste estima sur place que le décès était survenu soixante heures plus tôt.
— Dans le salon, puis le hall, l’homme a été roué de coups, mais il est mort par perforation du thorax au niveau du cœur, avec une arme de type poignard ou une dague très pointue. Il faudra faire l’autopsie complète pour en être certain, estima le légiste.
— Mademoiselle Rose ou Colonel Moutarde ? Telle est la question, ajouta Nathalie.
— Pardon ? demanda le légiste.
Nathalie explora la maison qu’elle ne connaissait pas vraiment. Elle n’en avait vu, initialement, que l’entrée, plusieurs mois auparavant. La lutte dans le salon avait laissé des traces de sang sur les meubles et le tapis, jusque dans la cuisine. Cette dernière était en désordre, des tiroirs avaient été vidés sans précaution et les ustensiles jonchaient le sol. L’escalier était taché et des projections de fluides humains étaient collées sur le mur, sur les marches, et sur la rampe. On avait traîné une personne blessée ou mourante, peut-être dans les deux sens. Elle nota plusieurs endroits où un corps était tombé, puis relevé. Les concentrations de sang y étaient plus importantes.
À l’étage, Nathalie constata encore les évidences de lutte dans la chambre principale : un coffre ouvert et vide, fixé au sol dans un grand placard encore éclairé, et le tiroir entrouvert d’une commode. Elle le tira une fois, puis le referma avec ses mains gantées. Elle l’enleva délicatement et aperçut un mécanisme noir, tout au fond, collé contre la paroi. Elle demanda au policier qui l’observait de s’approcher.
— On dirait une attache ou un scratch, dit-elle.
— Un endroit pour dissimuler ou pour accrocher quelque chose ? demanda le jeune homme en tenue blanche, qui se pencha à son tour pour prendre la photo. »
- Titre : Cap Racaille
- Auteur : Ariel Morandy
- Éditeur : Le lys bleu
- ISBN : 9791044032454
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 04/04/2026
- Nombre de pages : 276 pages
- Genre : Roman noir, thriller psychologique
- Sujets traités : Marseille, voisinage et haine ordinaire, surveillance et voyeurisme, manipulation mentale, séquestration, criminalité organisée, emprise conjugale, culture marquisienne
Résumé
Marseille, colline du Roucas-Blanc. En 1930, un ténor de l’opéra fait bâtir sur un terrain dominant la rade une demeure singulière : deux pavillons rigoureusement symétriques, baptisés Tamberlik et Caruso, séparés au fil des successions par des murs de plus en plus hauts. Près d’un siècle plus tard, un retraité solitaire occupe l’un des deux, tandis que l’autre vient d’être racheté et rebaptisé par un couple bruyant venu du monde du transport routier. Entre les deux maisons jumelles, les frictions de voisinage s’accumulent, puis s’enveniment.
Ariel Morandy construit son roman par sauts d’époques, de l’entre-deux-guerres marseillais aux quais de la Joliette d’aujourd’hui, en passant par une plage de sable noir des îles Marquises. Surveillance domestique, satire féroce du monde de l’entreprise, criminalité portuaire et traditions insulaires s’entrelacent dans une mécanique qui se resserre page après page. Un roman noir d’une grande maîtrise formelle, servi par un humour grinçant et un sens aigu du détail juste.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















