Cœur d’artichaut de M. C. Beaton : Hamish Macbeth face au mystère d’une infirmière

Coeur d'artichaut de M. C. Beaton

Un sergent à l’étroit dans son poste de Lochdubh

Il y a des enquêtes qui commencent par un cadavre. Celle-ci commence par une tasse cassée. Au poste de police de Lochdubh, le sergent Hamish Macbeth broie du noir sous un soleil radieux, coincé entre les murs d’un bâtiment minuscule et la carrure de son nouvel adjoint, l’agent Charlie Carter, plus grand que lui et nettement plus maladroit. Sur une feuille de papier journal, des assiettes fraîchement recollées attendent de sécher, preuves silencieuses d’une cohabitation qui tourne au jeu de massacre. M. C. Beaton ouvre ce trente et unième volet de la série publiée chez Albin Michel sur une comédie de l’espace, où le moindre geste fait trembler la porcelaine et la patience du héros.

Autour de ce duo trop grand pour son décor, le village du Sutherland reprend vie en quelques touches. La rangée de cottages du XVIIIe siècle blanchis à la chaux fait face au loch, la mer se hérisse d’ondulations lumineuses, et l’on retrouve avec plaisir les compagnons à quatre pattes du sergent : Lugs, le chien au regard bleu si étrange, et Sonsie, la chatte sauvage qu’Hamish tremble de se voir retirer. Archie Maclean, le pêcheur, débarque avec deux maquereaux et une rumeur toute fraîche, tandis que les jumelles Currie, permanentées et sentencieuses, répètent chacune la fin des phrases de l’autre « tel un chœur antique ». Priscilla Halburton-Smythe, l’ancienne fiancée, trouve même une solution au problème de place en proposant à Charlie l’ancien logement du majordome, au sous-sol du Tommel Castle.

Cette entrée en matière donne le ton d’un roman qui préfère le sourire en coin à la noirceur. Chaque chapitre s’ouvre sur une épigraphe poétique, de Walter Raleigh à Matthew Arnold, de Dryden à Conan Doyle, et ces vers posés en exergue éclairent avec malice ce qui va suivre. Le premier, « J’aimerais aimer l’espèce humaine », sonne comme la devise d’un policier bougon mais profondément humain. L’auteure installe ainsi un rythme où la vie quotidienne pèse autant que l’intrigue criminelle : les rêveries d’Hamish, ses jalousies passagères, son attachement viscéral à ce coin perdu des Highlands. Le lecteur comprend vite que, dans cet univers, la paix d’un poste de campagne est un trésor, et que tout ce qui la menace, adjoint encombrant ou meurtre inattendu, sera vécu comme une intrusion.

Une infirmière trop pimpante pour le Sutherland

Elle traverse la rue d’un pas léger, un panier au bras, et le sergent tombe sous le charme avant même de connaître son nom. Coiffe pimpante, robe à rayures, bas noirs retenus par un porte-jarretelles que le vent dévoile sans prévenir : Gloria Dainty ressemble davantage à une infirmière de film coquin qu’à une soignante des Highlands. Elle s’occupe du vieux Mr Harrison, qui a renvoyé sa précédente infirmière pour l’engager. Hamish porte ses emplettes jusqu’à la voiture, invente un prétexte pour l’accompagner et décroche un dîner au restaurant italien du village. Il suffira pourtant d’une remarque sur ses « horribles bestioles » pour que le vernis de la jeune femme se craquelle un peu à ses yeux.

Le dimanche venu, Hamish attend. Le serveur Willie Lamont lui recommande « l’os de bouquetin », sa version approximative de l’osso buco, et la chaise d’en face reste vide. Beaton tire de ce rendez-vous manqué une scène à la fois drôle et mélancolique, où le héros triture son plat sans pouvoir en avaler une bouchée. Puis les nouvelles circulent : Gloria serait partie avec sa valise, sans un mot. Quelques jours plus tard, sur une plage près de Kinlochbervie, un garçonnet aux cheveux ébouriffés brandit une coiffe d’infirmière ruisselante d’eau de mer. Le mouvement du roman bascule alors, et la petite chronique villageoise se teinte d’une gravité nouvelle.

Ce qui retient l’attention, c’est la manière dont l’auteure construit la jeune femme en creux, à travers les regards des autres. Pour Archie, c’est une aguicheuse qui hante le bar de l’hôtel. Pour la gouvernante, une croqueuse d’héritage. Pour un autre, une âme seule en quête de compagnie. Chaque témoignage ajoute une couleur, aucune ne suffit. Hamish lui-même finit par s’interroger : tant qu’on ne verra en elle qu’une traînée, observe-t-il, on croulera sous les suspects. Cette réflexion donne au récit une profondeur inattendue. Derrière l’enquête se dessine une question plus intime, celle de l’écart entre l’image que l’on projette et la personne réelle, et la façon dont une rumeur peut figer quelqu’un dans un rôle.

Dunlop’s Folly, ses tourelles et ses têtes empaillées

On l’appelle pavillon de chasse, mais personne n’y a jamais chassé grand-chose. La demeure de Mr Harrison, sur la route de Braikie, porte un autre nom dans la bouche des gens du pays : Dunlop’s Folly, la folie de Dunlop. Un fabricant de tuyaux de plomberie l’a fait bâtir à l’époque victorienne pour se donner des airs de noblesse, et cette ambition sociale se lit dans chaque pierre. Fenêtres à meneaux, escalier en pierre à rampe de pierre, porte cloutée de cuivre, bibliothèque tapissée de grands volumes en vélin que nul n’ouvre jamais : le décor néogothique semble sortir d’un roman gothique de seconde main. Jimmy Anderson résume l’impression générale d’une formule : on se croirait chez la famille Addams.

Sous le regard vitreux des trophées de cerfs évolue une maisonnée qui n’a rien de rassurant. Mr Harrison, plaid en tartan sur les genoux et gin-soda à la main, distribue les insultes avec une générosité de vieux tyran. Juris et Inga Janson, surnommés « les Lettons » alors qu’ils sont citoyens britanniques venus de Glasgow, tiennent la maison. La nouvelle infirmière, Helen Mackenzie, sourcils épais et nez d’empereur romain, défend son patient comme un rottweiler. Arrivent ensuite le fils, Andrew, avocat londonien à la voix snobinarde, et son épouse Greta, en culotte de chasse, ravie de passer à la télévision. Sans oublier le garde-chasse Harry Mackay, prompt à tenir les journalistes en joue.

Beaton fait de ce lieu une scène de théâtre où se joue une satire mordante des prétentions sociales. L’écho est subtil avec le colonel Halburton-Smythe, fils d’un marchand de chaussures enrichi, qui a ajouté un nom aristocratique au sien et souffre en silence du mépris d’un lord. Le roman égratigne aussi la xénophobie ordinaire, celle de l’inspecteur-chef Blair qui voit dans tout « Letton » un coupable idéal, ou celle des villageois pour qui un habitant de Glasgow reste un étranger. Angela Brodie, l’amie d’Hamish, remet les pendules à l’heure en une réplique : sans les gens d’Europe de l’Est, l’hôtellerie écossaise ne compterait plus que des self-services. Le pavillon, avec ses têtes empaillées et ses secrets, devient le miroir grinçant d’une société qui aime les apparences.

Charlie Carter, le géant des Hébrides

Sa tête frôle le plafond lorsqu’il s’assoit, les chaises craquent sous son poids, et sa vieille Volvo, semblable à un corbillard, est l’un des rares modèles où il parvient à se glisser. Charlie Carter, né à South Uist, possède un regard bleu d’enfant, une petite voix flûtée et un accent chantant qui désarme les plus revêches. Au poste de Lochdubh, il casse tout. Dans l’appartement du sous-sol, au Tommel Castle, il ne brise plus rien. Ce détail, que Charlie relève lui-même avec étonnement, dit beaucoup de la finesse de Beaton : la maladresse n’est pas une fatalité, elle naît du malaise et s’évapore dès que l’on se sent enfin chez soi.

Ce géant possède un don plus rare que la force : il sait écouter. Le colonel Halburton-Smythe, petit homme peu sûr de lui et snob notoire, débarque furieux dans l’appartement occupé sans son accord. Un whisky plus tard, il raconte l’humiliation subie chez lord Fortross, puis se laisse bercer par les souvenirs hébridais de son hôte. Le voilà apaisé, conquis, bientôt pêcheur de truite arc-en-ciel aux côtés de son nouvel ami, qu’il prie de l’appeler George. Cette amitié improbable entre le colonel et l’agent offre au roman certaines de ses scènes les plus tendres, autour d’un feu de tourbe, dans un décor qui rappelle au vieil homme le pavillon modeste de son enfance.

Face à Hamish, Charlie fonctionne comme un révélateur. Le sergent s’agace de le voir adoré de tous, s’étonne qu’il considère Priscilla comme une sœur, s’interroge sur une libido qui semble absente. Ces jalousies comiques donnent au tandem un relief savoureux. Mais Charlie n’est pas un simple faire-valoir. Il soulève un commerçant récalcitrant comme une plume, menace de tordre le cou d’un voyant insolent, et formule, avec une simplicité désarmante, des vérités que d’autres ne voient pas : « Lorsqu’un meurtre est commis, tout le monde se sent coupable. » Son intuition apporte même à l’enquête un éclairage décisif. Beaton dessine ainsi un homme d’une bonté sans naïveté, regrettant le guga de son île natale, et dont la douceur se révèle une arme redoutable.

Fiona Herring, une amazone venue d’Inverness

Sa première apparition se fait dans les couloirs lugubres de la prison victorienne de Strathbane, un jour de fouille où l’on traque armes, drogues et téléphones. Pommettes saillantes, regard gris glacial, lèvres fines : l’inspectrice Fiona Herring a été dépêchée d’Inverness pour remplacer Blair, conduit à l’hôpital après avoir insulté un chien policier prénommé Fred, qui lui a mordu les fesses. Elle étouffe un rire en racontant l’incident, et c’est précisément ce bref éclat qui la rend attirante aux yeux d’Hamish. Puis elle tranche : « Allez, zou ! » Le portrait est campé en une scène, avec cette économie de moyens que maîtrise si bien l’auteure.

Sur le terrain, Fiona prend les commandes sans demander la permission. Elle écarte Jimmy Anderson de la direction de l’enquête, envoie Blair au diable au téléphone avec une franchise réjouissante et lui reproche ses préjugés envers les immigrés. Dans le bureau du commissaire Daviot, elle dynamite un transfert décidé en coulisses avec l’aplomb d’une générale. « Quelle amazone ! » songe Hamish, ravi. Pourtant, Beaton se garde d’en faire une héroïne lisse. Fiona trouve que la tourbe empeste la vieille chaussette, porte sur les banques alimentaires un jugement abrupt, et son visage sévère s’adoucit étrangement chaque fois qu’elle se tourne vers Charlie. Une vie privée qu’elle protège farouchement ajoute à son autorité une fêlure discrète.

Autour d’elle s’agite toute une hiérarchie policière croquée avec un humour féroce. Blair, bedonnant et rancunier, manigance dans l’ombre. Jimmy Anderson verse du whisky dans son café et glisse dans sa poche les bouteilles des autres. Daviot, terrifié par les scènes conjugales, se laisse amadouer par un bouquet de roses rouges. Face à ces jeux de pouvoir, Hamish oppose une méthode à l’ancienne, fondée sur la confiance. Il conseille à un quincaillier en difficulté une braderie d’automne plutôt qu’un casier judiciaire, et ménage une femme de chambre menteuse pour mieux obtenir la vérité. Le contraste entre l’inspectrice et le sergent nourrit une tension féconde, où deux conceptions du métier se frottent sans jamais s’annuler.

Ragots, seconde vue et whisky entre deux tempêtes

Dans les Highlands, l’information voyage plus vite que les Land Rover. À peine un corps est-il découvert que le Sutherland entier en connaît la cause, et Mr Harrison peut lancer aux policiers, goguenard : « Ici c’est les Highlands, mon gars. Ça cause, ça cause, ça cause. » Beaton fait du bouche-à-oreille un ressort à part entière de l’intrigue. Angus Macdonald, le voyant du village, accueille ses visiteurs dans une robe blanche constellée d’étoiles et de lunes argentées, exige ses sablés et prétend consulter les esprits, alors que son seul don consiste à récolter les potins les plus juteux. Plus troublante, une femme de Kinlochbervie, réputée posséder la seconde vue, descend sur la plage pour parler aux morts revenus sous la forme de phoques.

Le ciel, lui, ne se tient jamais tranquille. Les sorbiers, plantés près des clôtures pour éloigner les fées, ploient sous leurs baies rouge orangé, et la bruyère teinte de violet le pied des montagnes. Puis, sans prévenir, la première tempête de neige de l’année couche la voiture de Jimmy sur le flanc d’une colline, et Hamish, qui sent l’orage « dans sa chair », surgit à temps pour crever l’airbag d’un coup de couteau. Plus tard, une « bombe météorologique » balaie la côte, chargeant l’air de sel et de sable. L’auteure saisit avec justesse ces bascules brutales, ces longues heures privées de lumière de l’hiver écossais, ces arbres rabougris qui surgissent dans les phares tels des vieillards accroupis.

Entre deux bourrasques, on mange et on boit, et ces haltes rythment l’enquête comme autant de respirations. Au café Westering Home, face à une plage incurvée de sable blanc, Sheena Farquar sert des petits pains au bacon que Lugs et Sonsie dévorent à l’arrière du véhicule. Hamish regrette Dick Fraser, son ancien adjoint, qui sortait toujours un réchaud et une Thermos au bon moment, et qui fait désormais fortune avec Anka grâce aux baps de leur boutique en ligne. Le whisky coule à chaque page, offert, réclamé, chipé. Même Halloween trouve sa place, avec ces enfants qui réclament un penny pour le vieux Guy, perpétuant une tradition séculaire. Ce quotidien chaleureux donne au mystère un ancrage concret et une saveur très écossaise.

Sous la casquette, un cœur d’artichaut

Le titre français, choisi pour traduire Death of a Nurse, déplace le regard du crime vers le cœur, et ce glissement éclaire tout le livre. Hamish Macbeth s’enflamme pour l’infirmière croisée devant l’épicerie de Patel, s’émerveille de l’aplomb de Fiona, soupire en admirant la queue-de-cheval auburn d’Anka et se demande pourquoi il n’a jamais encouragé Christine Dalray, la séduisante médecin légiste. Chaque élan retombe avec une drôlerie douce-amère. L’homme qui résout les affaires que d’autres laissent filer reste incapable de lire dans le cœur des femmes, et c’est là sa vulnérabilité la plus attachante.

Sur le plan de la construction, Beaton mène son intrigue à l’ancienne, avec une efficacité qui ne se dément pas. Les chapitres alternent les points de vue : le sergent sur la lande, Blair dans un bureau crasseux de Strathbane, le colonel au coin du feu, Elspeth Grant et son équipe de télévision qui arrachent une interview là où la police échoue. Les dialogues, vifs et souvent cocasses, portent l’essentiel du récit, tandis que les pistes se multiplient sans jamais égarer le lecteur. Face aux experts de la police scientifique, Hamish oppose son intuition de Highlander, sa connaissance intime des habitants et son art de ne pas envoyer les gens en prison pour mieux recueillir leurs confidences. Le suspense tient jusqu’au bout, nourri par cette galerie de suspects aux mobiles plausibles.

Reste l’image d’un homme qui rejette sa casquette en arrière pour gratter sa tignasse rousse, perplexe devant les mystères de l’âme humaine. Cœur d’artichaut appartient à cette veine du roman policier où l’on vient chercher autant un dénouement qu’une compagnie : celle d’un village, de ses commérages et de ses tempêtes, d’un chien aux yeux bleus et d’une chatte sauvage, d’un géant au cœur tendre. Sous la légèreté affleure une mélancolie discrète, celle d’un policier qui va contempler les vagues vert et noir de l’Atlantique se briser contre les falaises, et qui trouve dans leur tumulte un étrange apaisement. Les fidèles de la série y retrouveront leurs repères, les nouveaux venus une porte d’entrée idéale vers Lochdubh.

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Mots-clés : Hamish Macbeth, Lochdubh, Highlands, cosy mystery, polar écossais, infirmière, M. C. Beaton


Extrait Première Page du livre

« 1
« J’aimerais aimer l’espèce humaine,
J’aimerais aimer sa drôle de tête,
Aimer sa manière de marcher
Aimer sa façon de parler,
Quand on me présente à l’un des leurs,
Pouvoir m’exclamer : Quel bonheur ! »

Sir Walter A. Raleigh

Le sergent Hamish Macbeth était de mauvais poil. Pourtant le soleil brillait, et il soufflait une brise légère. Mais il se sentait, du fait de la présence de son nouvel adjoint, l’agent Charlie Carter, très à l’étroit au poste de police. Certes, Charlie était un brave garçon, gentil et dévoué à sa tâche. Seulement il prenait de la place, beaucoup de place. Si Hamish était grand, Charlie était encore plus grand – et plus imposant. Maladroit, il trébuchait sur les meubles, cassait verre et porcelaine. Qui plus est, quand Hamish lui criait dessus, il semblait si affecté que celui-ci avait aussitôt mauvaise conscience.

Lugs, le chien bizarre d’Hamish, était fourré dans les pattes de son maître, de même que Sonsie, la chatte sauvage. Celle-ci appartenant à une espèce en voie de disparition, Hamish craignait constamment qu’on ne la lui retire. Lugs leva son étrange regard bleu vers son maître, comme sensible à son humeur.

La mer, sous l’effet de la brise et du soleil, se hérissait d’ondulations lumineuses. Le village de Lochdubh, dans le Sutherland, paraissait tout droit sorti d’une carte postale, avec sa rangée de cottages du XVIIIe siècle blanchis à la chaux, faisant face au loch. Appuyé au parapet, Hamish ruminait de sombres pensées, rêvant de faire retransférer Charlie à Strathbane, cette horrible ville où la drogue et le crime régnaient en maîtres.

Hamish se retourna, et c’est alors qu’il la vit. Une infirmière, qui s’avançait d’un pas léger, un panier au bras. De sa coiffe pimpante à sa robe à rayures, en passant par ses bas noirs, on aurait dit une infirmière de film coquin. Elle entra dans l’épicerie de Patel. Hamish la suivit. Il attendit devant le magasin jusqu’à ce qu’elle en émerge, son panier bien rempli. Il retira son chapeau.

dessus, il semblait si affecté que celui-ci avait aussitôt mauvaise conscience.

Lugs, le chien bizarre d’Hamish, était fourré dans les pattes de son maître, de même que Sonsie, la chatte sauvage. Celle-ci appartenant à une espèce en voie de disparition, Hamish craignait constamment qu’on ne la lui retire. Lugs leva son étrange regard bleu vers son maître, comme sensible à son humeur.

La mer, sous l’effet de la brise et du soleil, se hérissait d’ondulations lumineuses. Le village de Lochdubh, dans le Sutherland, paraissait tout droit sorti d’une carte postale, avec sa rangée de cottages du XVIIIe siècle blanchis à la chaux, faisant face au loch. Appuyé au parapet, Hamish ruminait de sombres pensées, rêvant de faire retransférer Charlie à Strathbane, cette horrible ville où la drogue et le crime régnaient en maîtres.

Hamish se retourna, et c’est alors qu’il la vit. Une infirmière, qui s’avançait d’un pas léger, un panier au bras. De sa coiffe pimpante à sa robe à rayures, en passant par ses bas noirs, on aurait dit une infirmière de film coquin. Elle entra dans l’épicerie de Patel. Hamish la suivit. Il attendit devant le magasin jusqu’à ce qu’elle en émerge, son panier bien rempli. Il retira son chapeau. »


  • Titre : Coeur d’artichaut
  • Titre original : Death of a nurse
  • Auteure : M. C. Beaton
  • Éditeur : Albin Michel
  • ISBN : 9782226511379
  • Format : Broché
  • Nationalité : Royaume-Uni
  • Langue : Français
  • Traduction : Florence Schneider
  • Date de publication : 28/10/2026
  • Nombre de pages : 324 pages
  • Genre : Roman policier, cosy mystery, polar écossais
  • Sujets traités : Enquête criminelle, Highlands écossais, infirmière à domicile, vie de village, rumeurs et commérages, héritage, hiérarchie policière, relations amoureuses

Page officielle : www.mcbeaton.com/fr

Résumé

Dans le village de Lochdubh, au cœur du Sutherland, le sergent Hamish Macbeth supporte mal la présence de son nouvel adjoint, Charlie Carter, un géant maladroit qui casse tout dans le petit poste de police. Quand une ravissante infirmière à domicile, engagée par le riche et acariâtre Mr Harrison, croise sa route, Hamish décroche un rendez-vous. Mais la jeune femme ne vient pas, et quelques jours plus tard, une coiffe d’infirmière est rejetée par la mer sur une plage de Kinlochbervie.
L’inspectrice Fiona Herring, envoyée d’Inverness, prend l’enquête en main et entraîne Hamish et Charlie dans un pavillon de chasse néogothique, au milieu d’une maisonnée hostile. Entre rumeurs de village, témoins excentriques, intrigues dans la hiérarchie policière et tempêtes des Highlands, le sergent doit démêler le vrai du faux, tout en gardant un œil sur son propre cœur, toujours prompt à s’emballer.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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