Tailleurs de Temps de Bernard Leonetti : le thriller qui dérègle les horloges

Tailleurs de Temps de Bernard Leonetti

Une nuit de janvier sous clé chez Tailleurs de Temps

Dix-neuf heures trente-huit. Basile Dalmasso consulte sa montre comme on prend le pouls d’un patient, puis s’autorise enfin à lâcher prise. Avant cela, il a nettoyé, compté et rangé les douze familles de composants qui forment le squelette des montres d’exception, des bracelets aux aiguilles, des cadrans aux pierres précieuses, « douze éléments aussi sacrés que Jésus et les douze apôtres ». Il a plié son tablier bleu encre en un carré parfait et recalé les six horloges de son atelier sans fenêtre. En quelques gestes, Bernard Leonetti dessine un grand maître horloger prisonnier de ses rites, qui troque chaque soir la précision de l’établi contre une flasque de rhum agricole et une double vie numérique soigneusement cloisonnée. Un homme réglé comme un mouvement suisse, donc vulnérable au moindre grain de poussière.

Ce grain de poussière prend la forme d’une panne. Plus de réseau, plus de wifi, une porte d’entrée qui refuse le code, des fenêtres couplées à l’alarme centrale : le temple feutré du luxe sur mesure se referme comme un coffre-fort. Du fond d’un couloir surgit un commercial fraîchement embauché, gaillard sportif à la curiosité envahissante, que Basile affuble intérieurement du sobriquet de Monsieur Questions. Le duo improvisé se replie dans la médiathèque, entre couvertures de survie, papillotes de Noël et feu de bois nourri de vieux bouquins. S’engage alors une partie d’échecs chronométrée où chaque coup sur l’échiquier se double d’un coup de sonde dans la conversation, et où l’on ne sait plus très bien lequel des deux joueurs mène réellement la danse.

Cette ouverture en huis clos tient du piège à double fond. Le lecteur suit l’échange avec la jubilation inquiète du spectateur qui devine qu’une machinerie se cache derrière le décor, sans savoir encore qui tire les ficelles. Avec parcimonie, l’auteur sème les pièces du mécanisme à venir : un carnet à spirale, une pendule murale au boîtier curieusement déformé, une boîte de métal plus lourde que les autres, et une phrase lâchée par l’horloger qui résonnera longtemps, selon laquelle le temps ne se tue pas mais se respecte. La nuit ne fait que commencer, et elle s’annonce bien moins docile que les aiguilles que Basile ajuste chaque soir avec une dévotion de moine.

Anne Milan, inspectrice effacée et comédienne de remplacement

Certaines héroïnes entrent en scène sous les projecteurs. Anne Milan, elle, se glisse dans le récit par la porte de service. Ses notations administratives la condamnent à la grisaille, « bon élément, manquant de relief et de présence », ses collègues de la PJ la surnomment Petit Milan, et sa hiérarchie lui réserve les sièges de bus lacérés et les abribus brisés. Entrée dans la police pour complaire à des parents bourgeois déçus de n’avoir eu que des filles, elle porte cette médiocrité comme un manteau trop large, avec une forme de soulagement : au moins, on lui fiche la paix.

Le contrepoint vient du théâtre. La comédienne prévue pour incarner Claire Renoir dans Les Enfants du Silence a perdu sa voix, et le metteur en scène Jean-Patrick Capdeville confie le premier rôle à cette inspectrice qui connaît toutes les répliques par cœur. La voilà qui répète devant son miroir jusqu’au cœur de la nuit, déclame aux feux rouges au point de recueillir les applaudissements mimés de deux automobilistes, et vit ses journées de flic comme un long entracte avant le soir. Un matin, le briefing tonitruant du commissaire principal Pedini fait voler en éclats ce fragile équilibre : un ancien ministre et son épouse abattus dans leur appartement haussmannien, après une cantatrice noyée dans un palace et un concessionnaire de voitures de luxe écrasé sous un pont élévateur. Tous les inspecteurs sont réquisitionnés, Petit Milan comprise.

Le romancier a l’intelligence de ne pas transformer sa recrue en prodige du jour au lendemain. Anne progresse par petites touches, avec la minutie de celle qui a toujours observé depuis les coulisses. Un téléphone resté en veille, une chevelure encore piquée d’épingles, des noms qui ne concordent pas entre les boîtes aux lettres et l’interphone : ses déductions naissent du détail domestique, de ce que les enquêteurs aguerris ne prennent plus la peine de regarder. Cette trajectoire d’une femme qui apprend à occuper le centre du plateau, dans sa vie comme sur les planches, offre au roman une ligne de cœur discrète, d’autant plus attachante qu’elle se construit sans fanfare, à pas comptés.

Janson et Milan, un tandem qui se rode dans une Fiat 500

Rien ne prédisposait le commissaire Janson à faire équipe avec cette inspectrice discrète. Il préfère les banlieues, les tripots et les règlements de comptes à l’ancienne, et le confesse sans détour : « Je n’aime pas les victimes », du moins celles des beaux quartiers sans vices cachés. Imposée par sa hiérarchie, Anne hérite d’un patron bougon au crâne lisse, amateur de chocolat suisse et de piques ironiques, qui lui promet une planque arrosée de café thermos et de vers récités. Le commissaire a pourtant pris soin de se renseigner sur elle dans le moindre détail, et cette curiosité dissimulée laisse deviner un duo plus subtil qu’il n’y paraît.

Le véhicule de service cède la place à la Fiat 500 électrique d’Anne, encombrée de manuscrits, de factures et d’une trousse d’écolière aux stylos mâchonnés. Batterie qui fond à vue d’œil, moteur qui coupe, chauffage rationné, couvertures démodées apportées par un Janson qui se méfie de la fée électricité : la petite italienne devient l’habitacle d’une complicité en chantier. La plus belle séquence survient en pleine nuit de janvier, devant un immeuble de la rue Marbeuf, lorsque le commissaire s’empare du livret et donne la réplique à Claire d’une voix grave et étonnamment juste. Deux flics transis, acteurs d’un soir, s’interrogent par rôles interposés sur la vie qu’ils désirent vraiment. L’instant suspendu possède la grâce d’une parenthèse de théâtre de poche.

Les dialogues de ce tandem crépitent comme un échange au filet. Janson peste contre la Fiat qui lui broie les lombaires, s’amuse de l’appellation « Père Janson », somnole contre l’appuie-tête du TGV pendant qu’Anne dresse ses tableaux comparatifs, et elle lui rend la monnaie avec un aplomb qui grandit au fil des kilomètres. Sous la taquinerie s’installe un respect mutuel qui se passe de déclaration, jusqu’aux routes enneigées du Jura où le commissaire finit par lâcher un « Bravo » arraché de haute lutte. Leonetti fait de ce couple d’enquêteurs dépareillé le foyer chaleureux d’une intrigue par ailleurs glaciale, et l’on prend un plaisir réel à voir les deux caractères s’apprivoiser.

Chronos, Kairos et Aiôn, quand les pendules perdent la mesure

Le temps, dans ce roman, ne se contente pas de s’écouler : il se dérobe, s’emballe, prend de l’avance sur ceux qui croient le maîtriser. Au fil d’une nuit interminable, les pendules murales divergent de l’écran du téléphone, et l’écart se creuse à chaque couloir, de quelques minutes d’abord, puis d’une heure, puis davantage. L’auteur orchestre ce glissement avec un sens aigu de la montée d’angoisse, faisant d’un objet aussi banal qu’une horloge de bureau l’instrument d’un vertige presque métaphysique. Les mains deviennent moites, la gorge se serre, et le lecteur partage cette suffocation d’un homme qui ne sait plus à quelle heure se vouer.

Le romancier glisse une grille de lecture inattendue entre deux rayonnages de médiathèque. Un ouvrage intitulé Mystères et misères du temps y distingue trois visages de la durée : Chronos, le temps mesurable des cadrans ; Kairos, l’instant qualitatif où tout bascule, ce « bon moment pour agir » que connaissent les hommes de terrain ; Aiôn enfin, le temps cyclique des saisons, du sommeil, de la jeunesse et de la destinée. Ces notions ne demeurent pas de simples ornements savants. Elles irriguent la pensée des protagonistes, qui s’y agrippent comme à une rampe dans l’obscurité, et convoquent au passage Einstein, la relativité et ces trous noirs où la gravité précipite l’écoulement des secondes. Le thriller s’offre ainsi une respiration philosophique qui n’entame jamais son tempo.

Le trouble gagne bientôt les enquêteurs eux-mêmes. Dans l’ancienne usine de Longchaumois, vidée de toute trace humaine, trois policiers voient leurs montres afficher une heure que leur ressenti conteste, avant qu’un ordinateur portable ne vienne semer un doute supplémentaire. Le récit chemine alors sur la ligne de crête qui sépare l’enquête criminelle du roman d’anticipation, entre l’explication rationnelle et la tentation du fantastique. Leonetti se garde bien de trancher prématurément, et c’est précisément cette incertitude savamment entretenue qui confère à sa mécanique un pouvoir d’aimantation durable : comme ceux qu’il suit, le lecteur ne sait plus très bien à quelle aiguille accorder sa confiance.

Le point, le rond plein et le grand cercle

Trois signes, et pas un de plus. Un point, un rond plein, un grand cercle, accolés à des suites de chiffres dans un carnet énigmatique, gravés sur la tranche d’un établi abandonné, collés sur chaque vitre d’une toiture à shed blanchie par la neige. Ce triptyque d’une simplicité presque enfantine traverse le roman comme une signature, et sa récurrence finit par produire l’effet d’un motif musical obsédant. L’auteur a compris que l’inquiétude naît moins de l’énigme sophistiquée que du symbole élémentaire que l’on retrouve partout sans parvenir à le déchiffrer.

Derrière ces formes géométriques se dessine un monde feutré où l’argent, le pouvoir et la quête d’éternité font bon ménage. Les montres sur mesure de Tailleurs de Temps, vendues à six chiffres à des collectionneurs sélectionnés par parrainage, ne se contentent pas d’orner les poignets des puissants. Le roman explore avec acuité cette fascination des élites pour la maîtrise de leur destin, leurs rituels d’appartenance, leur goût du chuchotement et de la confidentialité, tout en conservant la distance ironique qui évite de céder aux facilités du complot. Le décor de l’ancienne usine jurassienne, récurée comme par un four à pyrolyse jusqu’à la dernière vis, dit mieux qu’un long discours la capacité de certains à effacer leur passage.

La justesse de ces pages tient aussi au regard porté depuis le bas de l’échelle. À travers Valon et Adana Elizi, jeunes Albanais diplômés réduits aux petits boulots, puis gardiens d’un immeuble cossu, Leonetti montre comment la promesse d’un salaire inespéré peut acheter le silence. Une image saisissante condense leur condition : celle du plongeur qui nage sous la banquise et découvre la masse colossale de l’iceberg, tandis que le navigateur ordinaire n’en aperçoit que la pointe. Être plongeur, c’est voir sans parler. Cette métaphore, reprise par le jeune couple comme un mot de passe intime, éclaire avec finesse la fragilité de ceux qui servent les puissants, et la main que Valon serre dans celle d’Adana devient le seul repère solide de leur odyssée.

Répliques de scène et répliques d’enquête, l’écriture en miroir de Bernard Leonetti

Bernard Leonetti compose son roman comme une partition à deux portées. D’un côté, l’enquête avec ses filatures, ses rapports d’autopsie et ses briefings sous tension ; de l’autre, la troupe de Jean-Patrick Capdeville qui répète Les Enfants du Silence jusqu’à la générale, puis jusqu’au soir de première. Loin de simplement juxtaposer ces deux univers, l’auteur les fait converser sans relâche. Les tirades de Claire sur un couple qui ne se reconnaît plus, ou sur le refus de rester la « femme de », résonnent avec les dilemmes des enquêteurs, et une banale correction de mise en scène se mue, au petit matin, en intuition d’enquêtrice.

Cette porosité se prolonge dans la texture même de la prose. Le récit avance par l’échange, en répliques vives livrées sans guillemets, qui donnent aux scènes la nervosité d’un plateau où chacun guette le moment d’entrer. Les pensées intérieures jaillissent au milieu de la narration, crues ou cocasses, et dévoilent l’envers des visages. Les titres de chapitres jouent eux aussi sur plusieurs registres, de « Pyrolyse » à « Sah mat », de « Squatter » à « Rôles inversés », comme autant d’affiches placardées à l’entrée de l’acte suivant. L’alternance des points de vue, entre la nuit claustrophobe du huis clos jurassien, les avancées obstinées de la PJ parisienne et la fuite d’un couple d’exilés, entretient un suspense en ricochet.

L’humour constitue l’autre carburant de cette mécanique. Il surgit des chamailleries entre Janson et Milan, de la lassitude d’un commissaire principal qui « n’aime pas les séries, encore moins quand elles commencent sans préciser le nombre d’épisodes », ou des monologues affolés d’un homme pris au piège qui jure contre les horloges. Ces respirations comiques ne désamorcent jamais la tension, elles l’aiguisent au contraire, à la manière de ces rires nerveux qui fusent en coulisse juste avant les trois coups. Le romancier signe ainsi un polar qui assume pleinement sa part de spectacle, tout en tenant d’une main ferme les fils d’une intrigue soigneusement emboîtée.

« Je le soigne, je le règle, je le cale »

« Je ne tue jamais le temps, car il ne mérite pas cela. Je le soigne, je le règle, je le cale, et surtout je le respecte. » Lancée par Basile au coin d’un feu de livres, cette profession de foi revient hanter la mémoire de celui qui l’a entendue, jusqu’à devenir une clé de lecture pour l’ensemble du roman. Tailleurs de Temps met en effet face à face deux rapports à la durée : celui de l’artisan qui la soigne avec humilité, rouage après rouage, et celui des puissants qui rêvent de la plier à leur volonté pour gagner des années de vie et quelques longueurs d’avance sur le reste de l’humanité.

Le livre lui-même évoque l’une de ces pièces d’exception que l’atelier de TDT façonne dans le plus grand secret. Ses composants s’appellent huis clos nocturne, enquête parisienne, couple d’exilés, troupe de théâtre, cercle d’initiés, et ce temps capricieux qui relie l’ensemble comme un ressort moteur. Bernard Leonetti assemble ces éléments avec une patience d’horloger, ménage ses effets de surprise et laisse chaque engrenage entraîner le suivant. Les fils se croisent, s’écartent, se rejoignent, et l’on éprouve en avançant ce plaisir singulier de sentir le mécanisme se resserrer, cran après cran, jusqu’à ce que le moindre détail semé au détour d’une page trouve sa place exacte dans le boîtier.

Reste une interrogation que le roman soulève avec une acuité toute contemporaine : à quoi se fier lorsque les cadrans se contredisent, que le pouvoir s’habille de mystère et que la croyance se monnaye au prix fort ? Anne Milan, qui a appris à scruter les détails que d’autres négligent, y oppose une réponse modeste et têtue, l’attention. Entre polar, fable sur l’emprise et rêverie sur la relativité, Tailleurs de Temps tisse une réflexion sur la manière dont chacun habite ses heures. On quitte ses pages avec l’envie de prêter l’oreille au tic-tac de sa propre montre, et de se demander qui, au juste, en règle la cadence.

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Mots-clés : Tailleurs de Temps, Bernard Leonetti, thriller français, horlogerie de luxe, enquête policière, société secrète, maîtrise du temps


Extrait Première Page du livre

« Chapitre 1 : La panne

Le rangement méticuleux et méthodique des divers composants que Basile avait manipulés dans la journée se terminait. Bien que mille fois répété, ce processus signifiait la fin d’une longue séance de travail, et il n’était pas question de le bâcler. Respectueux des instructions dont il était à la fois l’auteur et l’exécutant unique et privilégié, Basile ne dérogeait jamais aux habitudes.

La première étape consistait à sortir du coffre les diverses boîtes de métal dans lesquelles étaient stockés les précieux éléments, constituants du squelette des montres exceptionnelles qu’il était appelé à manier précautionneusement chaque jour. Il y en avait douze et pas un de plus : bracelets, lunettes, cornes, aiguilles, cadrans, guichets, poussoirs, mouvements, rotors, cristaux, boîtiers, sous-cadrans, et pour terminer, pierres précieuses.

Douze éléments aussi sacrés que Jésus et les douze apôtres.

La précaution avec laquelle Basile nettoyait chaque partie, avant de les poser délicatement dans leur cassette de rangement, elle-même tapissée d’une épaisse feutrine rouge afin de les protéger, se rapprochait d’ailleurs de la dévotion religieuse.

Une fois rangé, chacun des composants était alors compté. Sur une fiche manuscrite, Basile avait dessiné un tableau à quatre colonnes, dont les en-têtes étaient toujours les mêmes : date, stock, mouvement et usage. Ainsi, s’astreignait-il, chaque jour, à s’assurer qu’aucun de ces précieux constituants n’ait disparu.

Son responsable hiérarchique lui avait bien demandé d’utiliser, à cet effet, le formulaire de suivi de production à sa disposition dans le système informatique. Mais Basile était de la vieille école, et la qualité de son travail, alliée à son ancienneté, l’affranchissait de cette instruction.

Une fois rassuré par la justesse de son comptage, Basile rangeait chaque boîte de métal dans le large et profond coffre-fort inséré dans le mur de son petit atelier, dont seules deux personnes connaissaient le code. »


  • Titre : Tailleurs de Temps
  • Auteur : Bernard Leonetti
  • Éditeur : Auto-édition
  • ISBN : 9798174038417
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 15/10/2026
  • Nombre de pages : 365 pages
  • Genre : Thriller
  • Sujets traités : Enquête policière, Horlogerie de luxe, Maîtrise du temps, Société secrète, Manipulation, Théâtre, Jura, Exil

Résumé

Un soir de janvier, Basile Dalmasso, grand maître horloger chez Tailleurs de Temps, une maison jurassienne de montres sur mesure réservée à une clientèle fortunée, se retrouve enfermé dans les locaux de l’entreprise en compagnie d’un collègue qu’il ne connaît pas. Au fil d’une nuit où les pendules semblent perdre la mesure, le huis clos prend une tournure de plus en plus inquiétante.
À Paris, Anne Milan, inspectrice effacée qui répète le soir le premier rôle d’une pièce de théâtre, rejoint le commissaire Janson sur une série de meurtres visant des personnalités en vue. Une piste les conduit jusqu’au Jura, où d’étranges symboles et des horloges capricieuses brouillent tous leurs repères.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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