Château de cartes de Miguel Szymanski, Lisbonne au bord de l’effondrement

Château de cartes de Miguel Szymanski

Lisbonne en solde, sous les auvents noirs et les façades en miroir

Il faut d’abord parler de la ville, parce que Miguel Szymanski en fait le socle de tout le reste. Sa Lisbonne n’est pas celle des cartes postales, ou plutôt si, mais vue depuis l’envers du cliché. Les guides parlaient autrefois du charme décadent de la capitale portugaise ; la crise venue, les journalistes de voyage ont raffiné la formule en charme morbide, et le roman prend cette expression au mot. Sous les innombrables auvents noirs devenus la signature esthétique du moment fleurissent les bars à huîtres, les bistrots qui ne servent que des conserves, les fast-foods déguisés en typique. Le Mercado da Ribeira, où l’on achetait jadis le poisson à des vendeuses qui portaient leur panier sur la tête, s’est mué en gigantesque espace gourmet affublé d’un nom anglais. Les tramways jaunes survivent, mais leurs itinéraires ont été redessinés pour les visiteurs plutôt que pour les habitants.

Szymanski, qui connaît son terrain, tient la note juste : nulle nostalgie geignarde, plutôt un constat sec, presque comptable. Des milliers d’immeubles murés et décrépits sont restaurés puis remis sur le marché à des prix qu’aucun Portugais ordinaire ne peut payer. Dans les parcs où des vieux jouaient aux cartes, des vacanciers bronzent en maillot. Des touristes marchent pieds nus, chaussures à la main, sur les trottoirs pavés. L’image finale s’impose d’elle-même : un pays en passe de devenir une immense plage au bord de l’Atlantique, un parc d’attractions bon marché à trois heures de vol de Paris ou de Berlin.

Ce décor n’est jamais gratuit. Les tipuana tipu qui masquent l’entrée d’un vieil entrepôt, les jacarandas lilas d’un matin de juin, la mosaïque blanche d’un hall d’immeuble imprégné de l’humidité du Jardin botanique : chaque détail sert la mécanique du récit et donne au lecteur français la sensation physique d’arpenter les ruelles. La topographie compte aussi, avec ces montées qui essoufflent, ces places où le quartier délabré cède brusquement la place aux tours de verre et d’acier abritant les nouveaux bureaux. La géographie sociale de Lisbonne se lit dans ses pentes. Szymanski en fait la première pièce à conviction de son dossier.

Marcelo Silva, la plume rouillée échangée contre le glaive

Voilà un enquêteur qui ne ressemble à aucun autre. Marcelo Silva a quarante-cinq ans, quatre-vingt-dix kilos, un ventre qu’il dissimule sous de vieux tee-shirts, des genoux fatigués qui l’obligent à porter des baskets à semelles amorties, une barbe noire fournie et des yeux verts couleur d’olive concassée. Son amie Margarida le range dans une catégorie qu’elle a inventée pour lui, celle des beaux hommes moches. Vingt années de journalisme, huit rédactions différentes, des séjours d’études dans trois villes européennes, une double nationalité héritée d’un père allemand, une tante berlinoise nommée Anne qui fume au fume-cigarette : le curriculum est aussi désordonné que l’homme.

Le pivot du livre tient dans un renoncement volontaire. Marcelo abandonne la liberté du journaliste indépendant pour rejoindre le pesant appareil d’État, et l’ironie de ce choix ne lui échappe pas une seconde. Il se voit déjà en super flic et ricane intérieurement de la formule. Sa logique est pourtant limpide : dans un pays où la presse appartient à des banquiers, à des figures publiques au casier chargé et à des hommes de paille d’intérêts obscurs, l’arme du journaliste s’est rouillée. Mieux vaut passer du côté du glaive. Il exige donc l’autonomie totale, une équipe de quatre agents, un budget, et se retrouve à diriger un service d’enquête sur la criminalité en col blanc au sein d’un immeuble baptisé l’Institut, dont les façades exhibent tant de miroirs que personne ne sait ce qui s’y trame.

Szymanski a l’intelligence de ne jamais transformer cet homme en héros. Marcelo boit trop, se fait délester de son portefeuille par un pickpocket dès son premier week-end, se promet de perdre du poids en comptant ses olives, refuse la voiture de fonction et le chauffeur au point d’en faire une querelle absurde qui dure quatre jours. Sa force est ailleurs : dans une mémoire d’ancien reporter qui associe, recoupe, retrouve un blason entrevu des années plus tôt dans une rue enneigée. Cette manière de penser en journaliste plutôt qu’en policier constitue l’un des grands plaisirs du roman.

Dix jours de juin, un calendrier en guise de charpente

L’architecture du livre mérite qu’on s’y arrête, car elle est d’une simplicité redoutable. Après un prologue où une femme dont on ignore tout prépare méthodiquement quelque chose dans un entrepôt lisboète, le récit se découpe en journées, du vendredi 3 juin au lundi 13, avant un épilogue. Chaque chapitre porte une date pour seul titre. Le procédé rappelle le carnet de bord ou le relevé d’enquête, et il installe un tempo implacable : on sait combien de temps il reste, on voit les jours s’égrener, on sent l’étau du calendrier se resserrer sans qu’aucun effet d’annonce ne soit nécessaire.

À l’intérieur de cette grille, Szymanski pratique le montage alterné avec une belle fluidité. Une même journée peut nous faire passer du bureau d’un président d’autorité de contrôle à une cellule de la prison de Lisbonne, d’une suite du Pestana Palace où deux serveurs gantés de blanc dressent une table avec une précision millimétrique à l’arrière d’un casino de Vilamoura, d’une propriété alentejane à une terrasse du Príncipe Real. Ces déplacements ne dispersent jamais l’attention. Ils tissent au contraire un réseau souterrain de correspondances, où un détail lâché dans une scène en éclaire une autre cinquante pages plus loin.

L’auteur maîtrise également l’art de suspendre. Une conversation s’interrompt au moment précis où elle allait devenir décisive, un coup de fil arrive dans une vigne sans qu’on sache encore qui appelle, un personnage secondaire entend trois mots par-dessus une épaule et bascule dans une trajectoire nouvelle. Ces ellipses ne sont pas des coquetteries : elles reproduisent la façon dont l’information circule réellement dans une petite capitale où tout le monde se connaît, par bribes, par rumeurs, par indiscrétions. Le lecteur assemble en même temps que l’enquêteur, avec le même sentiment d’avoir toujours une pièce de retard. La progression y gagne une tension nerveuse qui ne retombe pas.

Quatre mille hectares, un hélicoptère et une banque qui tangue

António Carmona est l’une des grandes réussites de ce roman. Propriétaire d’un domaine de quatre mille hectares dans le Bas-Alentejo, il descend entre ses vignes vêtu de coton égyptien et de lin écru, chapeau à larges bords, dans une mise en scène directement copiée des magazines mondains que dévore sa femme. Il tâte les grappes encore vertes et se plaît à calculer les profits futurs, en optimiste pathologique qui élimine mentalement tous les risques. Szymanski dissèque cette pose avec une précision d’entomologiste : la sérénité affichée n’est qu’un vernis, l’agressivité permanente est le véritable état d’esprit, et la vanité, soigneusement entretenue, ne sert qu’à exercer une emprise sur les autres.

Autour de lui gravite tout un système. Il y a les grande réserve numérotées à la main, réservées aux clients de poids, administrateurs et politiques de rang ministériel ou de potentiel similaire. Il y a les blocs-notes où sont consignés méticuleusement les cadeaux distribués, bouteilles, enveloppes ou virements. Il y a l’hélicoptère au cuir blanc et au minibar, acheté pour gagner du temps entre Cascais et le domaine, et surtout pour impressionner. Il y a le Banco de Valor Global, que la presse portugaise surnomme la plus grande des petites banques privées de la péninsule Ibérique, formule dont le comique involontaire dit tout d’un pays où le moindre fait notable doit être plus grand que n’importe quel autre.

Le titre du roman naît d’ailleurs d’une réflexion de Carmona lui-même, et Szymanski en tire une image magnifique. Un homme qui craint que son empire ne s’écroule dans un énorme fracas, tel un château de cartes, oublie que des cartes qui tombent ne feraient pas lever la tête au chat le plus méfiant. Ce décalage entre le silence réel de l’effondrement et le bruit qu’il imagine résume à lui seul la question posée par le livre. Les deux épigraphes, empruntées au Banquier anarchiste de Pessoa et à l’Opéra de quat’sous de Brecht, plantent le décor idéologique avec une élégance qui n’a rien d’appuyé.

Du kiosque de Maître Felizardo aux moquettes de l’Institut

La galerie de comparses constitue peut-être le plaisir le plus constant de la lecture. En tête vient Felizardo, kiosquier au dernier étalage du centre-ville à vendre encore des journaux, moustache frémissante, casquette enfoncée, prêt à sortir de sous son comptoir un pistolet rouillé grand comme un fer à repasser. Il devient l’informateur le plus efficace du roman, parce qu’il voit tout depuis son trottoir et que personne ne se méfie d’un marchand de presse. Lassalete, la standardiste de l’Institut aux paupières bleu turquoise et au tatouage improbable, joue une partition voisine : les subalternes savent, et Szymanski leur rend une dignité que les puissants du livre n’ont pas.

En face défilent les figures du pouvoir, croquées avec un sens du détail réjouissant. Un président d’autorité boursière au foulard de soie et aux ongles vernis, qui expulse des Pff sophistiqués à la manière des Français quand ils s’indignent. Un dirigeant d’organisme de supervision dont le prénom exige une majuscule superflue et qui rivalise avec son voisin de palier sur le prix de leurs chaussures. Un ancien ministre de la Justice puis de l’Intérieur, devenu numéro deux d’une banque, posant pour un magazine économique une carabine plaquée or dans les bras. La satire est frontale, mais elle passe par le geste et l’accessoire plutôt que par le commentaire, ce qui la rend d’autant plus mordante.

Deux présences féminines dominent cet ensemble. Margarida, ermite de Lapa depuis quinze ans, misanthrope revendiquée, collectionneuse compulsive de revues sur les trains ou la chapellerie, informée de tout par ses deux sœurs et dotée d’une mémoire d’éléphant, fournit au roman ses dialogues les plus électriques. Rosa, la jeune agente envoyée sur le terrain, apporte un contrepoint plus discret mais tout aussi essentiel. Toutes deux échappent aux clichés du genre, et leurs échanges avec Marcelo comptent parmi les meilleures pages du livre.

L’ironie en guise de scalpel, l’humour noir d’un ancien journaliste

Le style de Szymanski se reconnaît à sa capacité de basculer, en une phrase, du burlesque au glaçant. Un banquier terrorisé pleure sur sa chaise pendant qu’un serveur au tee-shirt moulant s’évanouit vers les cuisines. Un ancien ministre se fait soulever par l’oreille au milieu d’un restaurant chic, et un homme de main lui caresse ensuite les cheveux dans un geste que l’enquêteur, en observateur professionnel, identifie aussitôt comme celui d’un footballeur pris de compassion après sa faute. Cette manière de saisir les scènes de violence par leur détail incongru désamorce le pathos et rend l’ensemble beaucoup plus inquiétant.

L’écriture doit visiblement beaucoup au métier de reporter. Elle procède par notations concrètes, chiffres, marques, prix, mesures, et évite le lyrisme. Les comparaisons y sont vives et souvent drôles : une pile d’enveloppes qui bouge comme un soufflet d’accordéon, un sourire aux dents aussi naturelles que la porte d’un frigo, un serveur qui détale à la vitesse d’un villageois croisant un samouraï désireux d’essayer sa lame. Marcelo lui-même se surprend à filer des métaphores littorales et se moque aussitôt de son penchant, ce qui donne au texte une pointe d’autodérision bienvenue.

Un mot enfin sur la version française. La traduction de Daniel Matias restitue la nervosité du portugais sans jamais le lisser, et son appareil de notes rend accessibles les références locales sans alourdir la lecture : les petiscos, la farinheira, le Beirão, les stations balnéaires d’Estoril et de Cascais, le Lux, l’histoire du 10 juin passé du Jour de la Race au Jour du Portugal. On y trouve même une note qui identifie un escroc de roman allemand auquel un protagoniste ressemble sans le savoir. Ce travail éditorial soigné permet au lecteur francophone d’entrer de plain-pied dans un univers dont il ne connaît pas forcément les codes, et il mérite d’être signalé.

Schweigen ist Gold, ou le prix exact du silence

Il existe, quelque part dans ce livre, un blason gravé sur un portail de fer forgé berlinois : deux lances qui se croisent en X, et cette devise, Schweigen ist Gold, le silence est d’or. Marcelo se souvient de la seconde partie du proverbe allemand, la parole est d’argent, et remonte jusqu’à sa formulation latine, apparue voici plus de quatre siècles. Il évoque aussi sa variante juive, où une parole vaut un shekel et le silence deux. De là surgit la question qui irrigue tout le roman et que l’ancien journaliste se pose assis par terre, des photographies à la main : si parler vaut de l’argent et se taire de l’or, quel métal vil récompense la vérité, et quel prix paie celui qui s’entête à la chercher ?

Szymanski ne répond pas à cette interrogation par une thèse. Il préfère montrer un mécanisme, celui d’un pays où les agences de communication envoient aux médias des contenus prêts à publier, où la menace de couper la publicité suffit à convaincre les réticents, où d’anciens confrères vivent désormais avec le goût du cirage dans la bouche, attachés de presse pourvus d’un bureau et d’une carte de crédit. La corruption y apparaît moins comme une série de délits que comme un état de l’atmosphère, une chose respirée quotidiennement au comptoir des cafés entre un expresso et un pastel de nata, séparée du crime par un voile ténu qu’il suffit de tirer légèrement.

Les remerciements finaux éclairent rétrospectivement l’ensemble. L’auteur y salue, avec une ironie parfaitement maîtrisée, les banquiers, magnats et politiques croisés durant vingt-cinq années de journalisme, en pensant particulièrement à ceux qui l’ont menacé, licencié ou tenté de faire taire. Quelques-uns ont fait faillite, d’autres ont été démasqués, la majorité décide encore du destin du pays. Il ajoute que cette histoire reste très en deçà de la réalité. On referme le volume avec cette phrase en tête, et l’impression tenace d’avoir lu moins une fiction criminelle qu’un relevé d’atmosphère. Le château de cartes, lui, tombe toujours sans bruit.

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Mots-clés : roman noir portugais, polar financier, Miguel Szymanski, Lisbonne, corruption bancaire, Agullo Éditions, criminalité en col blanc


Extrait Première Page du livre

« Prologue
Un jour comme les autres, elle aurait passé la matinée à la maison à boire du thé. Sa chambre n’ayant ni stores ni rideaux aux fenêtres, dès les premières lueurs du jour, elle se réveillait en ouvrant subitement les yeux. Mais ce matin-là, elle était sortie tôt, un thermos en inox et en verre sous le bras, rempli de son thé préféré, un Darjeeling floral et léger. Elle achetait du thé en vrac tous les trois mois à la Casa Pereira da Conceição, une célèbre boutique de thé et café au centre-ville de Lisbonne. C’était l’un des points d’orgue de sa vie sociale. Les petits vieux qui tenaient le magasin, qu’elle connaissait depuis qu’elle était petite, n’étaient plus. Le dernier avait disparu en début d’année. À présent, c’était une jeune femme qui accueillait les clients, aussi avenante et souriante qu’une hôtesse de l’air. Durant le court trajet qui menait à l’entrepôt, elle croisa un homme s’apprêtant à remonter dans sa voiture de livraison de pain après avoir accroché un sac en papier kraft à la porte de l’épicerie d’en face. Il la suivait d’un regard intéressé. Elle lui fit un signe de tête. En ce matin de printemps, elle était étonnamment de bonne humeur. Le soleil frappait son visage. Il n’y avait personne d’autre dans la rue. Elle hésita. L’homme au pain répondit par une grimace libidineuse. Le doute n’étant pas permis, elle réprima son envie de traverser et de lui mettre une paire de claques. Elle lui aurait bien cassé la figure. Cela n’aurait pas été très compliqué si elle l’avait voulu. Malgré sa maladie, la musculation et les arts martiaux qu’elle pratiquait chaque jour entre 15 heures et 19 heures auraient largement suffi pour faire disparaître la mimique répugnante de son visage. Mais elle ne voulait pas attirer l’attention. Ces jours-ci n’avaient rien d’ordinaire.

L’heure était enfin venue de mettre son plan en pratique. Elle était presque arrivée à l’entrée de l’ancien entrepôt, avec sa façade vieux rose dont une partie de la peinture s’était écaillée au fil du temps. Le bâtiment était décoré de hauts-reliefs et de pierres de taille, il s’agissait d’un ancien dépôt de marchandises appartenant à une demeure seigneuriale. L’entrée était légèrement en retrait de la route, sur un large trottoir pavé, en partie cachée par les arbres tropicaux de Lisbonne. Elle regarda le ciel bleu à travers les branches vertes et luxuriantes des majestueux tipuana tipu. Devant le portail en bois, verrouillé par un lourd cadenas, se démarquait de la blancheur des pavés une date en pierres bleuâtres : 1922. »


  • Titre : Château de cartes
  • Titre original : Ouro, prata e silva
  • Auteur : Miguel Szymanski
  • Éditeur : Agullo Éditions
  • ISBN : 9782382460177
  • Format : Broché
  • Nationalité : Portugal
  • Langue : Français
  • Traduction : Daniel Matias
  • Date de publication : 24/03/2022
  • Nombre de pages : 308 pages
  • Genre : Roman noir, polar économique et financier
  • Sujets traités : Corruption politique, criminalité en col blanc, système bancaire, journalisme d’investigation, gentrification de Lisbonne, crise économique portugaise, réseaux de pouvoir, impunité des élites

Résumé

Après vingt années de journalisme et plusieurs séjours à l’étranger, Marcelo Silva rentre s’installer à Lisbonne pour prendre la tête d’un service d’enquête flambant neuf, consacré à la criminalité économique et hébergé dans une tour de verre surnommée l’Institut. Son raisonnement est celui d’un homme lassé : dans un pays où la presse dépend de ceux qu’elle devrait surveiller, mieux vaut passer du côté du pouvoir pour espérer inquiéter les puissants.
Il prend ses fonctions un lundi de juin, au moment précis où le Banco de Valor Global, dirigé par un banquier qui cultive l’image du grand propriétaire terrien, commence à donner des signes de faiblesse. Autour de cette banque gravitent un ancien ministre reconverti, des autorités de supervision étrangement bienveillantes et une liste de noms que personne ne souhaite voir paraître dans les journaux. En dix journées, Marcelo découvre l’étendue exacte du système et le prix que coûte la curiosité.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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