Marseille 2194, une civilisation revenue à la lampe à huile
Un dimanche de janvier, trois amis débattent d’une revue de jazz annoncée à l’Alcazar. Le problème n’est pas le prix des places, c’est la panne de l’accumulateur municipal. Voilà l’entrée que Florian Mazé choisit pour son monde, et elle dit tout. Nous sommes en 2194, le Grand Conflit mondial a ravagé la fin du siècle précédent, les guerres civiles ont fait le reste, et Marseille se relève d’un effondrement dont le cours Belsunce et la Canebière portent encore les cicatrices. La ville tire son courant d’une centrale gravitationnelle surnommée la « Maboule » : une énorme boule à pignons dévale une rampe de béton de quelques kilomètres, entraîne une bobine, actionne des turbines, puis des bœufs la remontent au sommet de la colline pour recommencer. L’énergie stockée dans une pile à eau de mer grande comme une maison alimente quelques bâtiments officiels et de rares logements cossus. Le reste de la cité vit à la chandelle, sans se plaindre.
L’auteur bâtit cet univers par accumulation de détails matériels, et c’est là que réside son plaisir d’inventeur. À l’Hôtel-Président, immeuble bourgeois où loge le vieux professeur François, ancien second du caudillo qui règne sur l’Union méditerranéenne depuis Madrid, les fenêtres des pauvres sont tendues de papier huilé sur des châssis à croisillons. Un tube acoustique de cuivre, élargi en cornet et muni d’un sifflet, traverse deux planchers pour faire office d’interphone. Une cuve de béton recueille les eaux de pluie, filtrées par des caissons de gravier et de sable qu’il faut renouveler. Rien de tout cela n’est décoratif : chaque dispositif fonctionne, chaque panne a des conséquences, et l’intendance quotidienne devient matière romanesque.
Ce qui frappe surtout, c’est le refus du registre apocalyptique. Les Marseillais rient de leurs coupures et lâchent un « Cocagne ! » fataliste qui signifie à peu près qu’on a bien le temps. La régression technologique se lit ici comme un troc : on perd en commodité, on gagne en présence, en voisinage, en conversations qui durent. Le cinéma, la télévision et les réseaux ont disparu ; les gens se réunissent davantage. Mazé ne prêche pas, il montre une société qui a fait la paix avec sa propre pauvreté, et cette sérénité donne au livre sa couleur d’ensemble.
Hugo, Europe et Apollon, domestiques provençaux promus émissaires
Le trio central tient debout par contraste plus que par démonstration. Hugo n’a pas dix-neuf ans, porte l’eau du matin au soir dans les escaliers de l’immeuble, soulève de la fonte dans une salle vide du rez-de-chaussée et ne se déplace jamais sans son petit chien Tango. Europe, blonde et mince, gouverne la suite présidentielle et attend un enfant. Apollon, son mari, intendant de l’édifice, rabote, ramone, graisse, remonte les horloges et répare les éoliennes de toiture. Ils sont domestiques, le roman ne l’escamote jamais, et c’est précisément cette condition qui rend savoureuse leur promotion soudaine au rang de quasi-diplomates lorsque le professeur leur propose une mission en Angleterre.
À cette équipe s’ajoute une trouvaille dont le livre tire un profit constant : Fanny Muraire-Contandin, neuf ou dix ans, interprète officielle de la délégation. Nattes à rubans, lunettes rondes, chapeau de paille à cerises, sucre d’orge à la main, accent provençal à couper au couteau et anglais d’Oxford parfait. Issue d’une lignée d’enseignants marseillais, la fillette traduit avec une énergie inépuisable, commente ce qu’elle traduit, et sa présence désamorce en permanence la solennité des situations. Mazé aurait pu en faire une mascotte ; il en fait une pièce maîtresse du dispositif, celle sans qui rien ne se comprendrait.
L’affaire qu’on leur confie a des allures de vaudeville diplomatique. Une statue du Généralissime, quelque part sur le sol britannique, dérange un Premier ministre insaisissable, et il s’agit d’aller plaider la cause avec la maladresse touchante de gens du peuple lâchés dans les salons. Les trois amis reviennent d’ailleurs d’un séjour éprouvant chez les Fédéraux du nord, raconté dans un volume précédent, ce qui leur donne d’emblée une mémoire commune et une méfiance partagée. Le lecteur qui découvre la série ici ne s’en trouve nullement gêné : les rappels sont brefs, l’essentiel se reconstitue seul, et l’amitié qui lie les trois jeunes gens fournit au récit son moteur affectif le plus sûr.
Vélo-rail, dirigeable à pédales et théâtrodiffusion, un futur qui a désappris l’électricité
L’imagination technique de Florian Mazé constitue l’un des grands agréments du livre, et elle obéit à une règle simple : tout doit fonctionner à la force des muscles, du gaz ou de la vapeur. Le trajet vers l’Angleterre commence dans une limousine prêtée par un cardinal, engin capable de rouler au beurre, au suif ou au saindoux, qui laisse derrière lui une odeur de friture et des fumées blanchâtres. À Mérignac, dans un hangar démesuré, attend un dirigeable géant propulsé par une douzaine de garçons aux cuisses énormes qui se relaient sur un pédalier central, sous la conduite d’un pilote en bel uniforme. Autour de ce pédalier, une cabine ovale meublée en salon Art déco, où l’on prend le thé et où il est permis de fumer. Plus tard, entre Londres et Telford, ce sera le vélo-rail, train des sportifs et des radins, dont les passagers fournissent eux-mêmes l’énergie et font escale le soir dans un village perdu.
La plus belle invention du roman reste pourtant la « théâtrodiffusion ». Dans une maison de la radio de brique rouge, surmontée d’une antenne arrogante, un auditorium tient lieu de théâtre permanent où l’on entre et sort librement, comme on zappait autrefois. Une speakerine annonce le programme du soir près d’un pot de fleurs, dans un rond de lumière ; un monsieur moustachu en costume à carreaux débite la météo en posant des cartons aimantés sur une immense carte. Ce qui part sur les ondes n’est que du son : pour l’image, il faut se déplacer. Et comme l’enregistrement a pratiquement disparu, le différé et la rediffusion n’existent plus.
Le reste du catalogue tient du même esprit d’ingénieur nostalgique : postes de radio à manivelle, torches actionnées de la même façon, lecteurs numériques hors de prix ressemblant à des téléviseurs des années 1950, alimentés par des jetons de mémoire flash achetés en librairie, Rolls-Royce des années 2190 portant trois bouteilles de gaz sanglées sur le toit. Les Américains appellent cette époque le low tech century. Le lecteur, lui, y reconnaît une uchronie rétrofuturiste où chaque objet raconte une histoire.
Le Condominium des Îles Britanniques vu depuis le Vieux Port
La géopolitique de 2194 vaut le détour, et Mazé la déplie avec une gourmandise d’historien amateur. L’Union méditerranéenne, dictature ibérique débonnaire, tient l’Europe du sud depuis Madrid ; la France du nord a échoué dans une Fédération pilotée depuis Berlin ; une Régence des Pays Atlantiques, royaliste mais sans roi, se gouverne depuis Brest par un collège d’amiraux. Face à ce continent morcelé, les îles Britanniques ont réussi l’opération inverse. Sous la reine Élisabeth III dite la Conciliatrice, un Premier ministre devenu Lord-Protecteur, en souvenir de Cromwell, a soudé quatre nations en un seul État, aujourd’hui le plus industrialisé du monde. Sur la grande île subsiste une centaine de républiques autonomes à statut particulier, anglicanes pour la plupart, mais aussi puritaines, islamiques, hindouistes, bouddhistes, et même une république soviétique au nord de l’Irlande.
Ce cadre étrange sert d’écrin à un voyage qui compte parmi les plus belles pages du volume. Buckingham Palace, à demi effondré, mêle des salons de grand style à des locaux reconstruits à la va-vite en béton brut, où une souveraine dodue reçoit le thé au milieu d’une laideur monumentale tempérée par des tentures criardes. Bath retrouve sa munificence des années 1920, et les Provençaux crient d’admiration devant le Circus puis le Royal Crescent. Grantchester offre ses cottages et son English breakfast tout frit, où le boudin voisine avec les haricots à la tomate. Le pays de Galles déploie ses montagnes, ses harpes, ses feux de fête et son village au nom interminable. L’Irlande, enfin, rappelle aux Méridionaux quelque chose de familier : une pauvreté digne, une convivialité de pub, un catholicisme populaire.
Le regard reste toujours celui des trois domestiques marseillais, et c’est ce décentrement qui fait mouche. Les usages britanniques deviennent exotiques, le thé noyé de lait et de sucre se transforme en mélasse intergalactique, la classe aisée qui exige le smoking chaque soir se révèle généreuse au point de prêter les costumes. On rit beaucoup, jamais méchamment.
Un limier du Yard entre manoirs anglais et landes écossaises
Sous l’uchronie bat un cœur de roman policier classique, et Florian Mazé en respecte scrupuleusement la mécanique. Une déflagration vient déchirer une soirée mondaine dans une cité hospitalière anglaise, et l’onde de choc traverse ensuite tout le livre. L’affaire échoit à l’inspecteur Armstrong, homme du Yard qui tient son calepin, enchaîne les cigarettes, réclame un whisky-orange et pratique l’interrogatoire amical avec une bouteille de gin en guise de laissez-passer. Autour de lui gravite une galerie savoureuse : un psychanalyste italien polyglotte à monocle et moustache à la d’Annunzio, un major écossais en kilt et spencer, aussi taiseux qu’observateur, deux officiers d’une république autonome dont les chamailleries sur l’haltérophilie et le powerlifting ponctuent le récit, et un vétéran nonagénaire autorisé à sortir son revolver à la moindre escarmouche.
La progression emprunte les routes plutôt que les couloirs de commissariat. Un commerçant chinois nommé Chang, sillonnant l’île au volant d’un camion à gazogène pour livrer nouilles et denrées exotiques, embarque la petite troupe et lui fait traverser l’Angleterre, le pays de Galles, puis la mer. L’enquête profite de ces déplacements pour se charger d’atmosphère : brouillards, ruines, hameaux fleuris, villes fantômes signalées par une plaque rouillée, et cette Écosse septentrionale que le livre décrit comme l’île des mystères horrifiques. Mazé y convoque avec délectation la vraie histoire de Boleskine House, au bord du Loch Ness, de son cimetière relié au manoir par un tunnel, de l’occultiste qui l’occupa au début du XXe siècle et du guitariste de hard rock qui la racheta bien plus tard.
Le dénouement adopte la forme la plus jubilatoire qui soit : une réunion de tous les protagonistes, suspects et victimes confondus, sur un yacht amarré au Buttermere Lake, en septembre, sous un ciel démentant tous les préjugés sur la météo anglaise. Armstrong déroule, chapitre après chapitre, l’écheveau de ses déductions. Le lecteur amateur d’énigmes à l’ancienne y trouvera exactement le plaisir qu’il vient chercher.
Une gouaille provençale au service d’une satire des ancêtres du XXIe siècle
La langue du roman constitue peut-être son atout le plus personnel. Mazé fait cohabiter trois registres sans jamais les confondre : le parler marseillais de Hugo, généreux en « dégun » et en apostrophes affectueuses, l’anglais mondain que Fanny traduit à la volée avec ses « Shocking ! » et ses « I beg your pardon ? », et la prose ample, ironique, légèrement surannée des narrateurs. Le résultat produit un frottement continu entre trivialité populaire et élégance de salon, dont l’auteur tire des effets comiques d’une efficacité redoutable. Une danse lascive improvisée dans une salle des pas perdus, sous l’œil débonnaire d’un bobby, en donne un bon aperçu.
La satire, elle, vise large et frappe surtout un absent : le XXIe siècle. Les habitants de 2194 l’observent comme nous regardons le Moyen Âge, avec un mélange de stupeur et de commisération. Le professeur François forge même un mot pour désigner le régime qu’il croit y déceler, la « criminocratie », système où les élites dirigeantes protégeraient les malfaiteurs contre les honnêtes gens. Le livre distribue ses flèches sans épargner grand monde : sectes intégristes réduites à quelques cabossés de la vie, conférencière complotiste flanquée d’un secrétaire dévoué qu’elle traite en esclave, jeune abbé picard envoyé prêcher la vertu chez des anglicans qu’il juge dépravés, clubs puritains, francs-maçons, business anglo-saxon expéditif.
Ce qui sauve l’ensemble de la lourdeur, c’est la bonhomie. Les traits sont vifs, parfois féroces, mais l’auteur aime manifestement ses cibles autant qu’il les épingle, et son ironie se retourne volontiers contre les Méridionaux eux-mêmes, leur anarchie, leur casanier ombrageux, leur petit-déjeuner réduit à une tisane et un godet de vin fort. Le lecteur reste libre d’adhérer ou de sourire ; le roman ne le somme jamais de conclure.
Le témoignage recueilli sur les terrasses du nouveau Vieux Port
Une phrase glissée très tôt dans le livre éclaire rétrospectivement tout l’édifice. Les narrateurs se présentent comme des historiens du XXIIIe siècle, écrivant alors que leur époque a déjà parcouru la moitié de sa course, et ils précisent qu’ils rédigent sur la base d’un témoignage direct : celui de Hugo, d’Europe et d’Apollon, devenus de grands vieillards, rencontrés autour d’une tasse de café ou d’un verre de pastis, sur les terrasses du nouveau Vieux Port de Marseille. Ils ajoutent qu’ils tiennent cette parole des gens du peuple pour plus précieuse que les élucubrations des savants.
Ce dispositif change tout. Il installe une chaleur de veillée, autorise les digressions historiques et les commentaires facétieux, ménage des respirations entre deux épisodes de tension, et justifie ce ton de conteur qui s’adresse au lecteur comme à un familier. Il fournit aussi une profondeur de champ inattendue : le récit d’aventures se double d’une réflexion discrète sur la manière dont l’Histoire se fabrique, entre archives disparues, mémoires vacillantes et récits transmis de vive voix. Dans un monde qui a perdu l’enregistrement, le témoin devient la seule source fiable, et le roman se donne pour ce qu’il est, une transcription amoureuse.
Reste, une fois la dernière page tournée, une sensation de traversée généreuse. Florian Mazé propose un objet hybride, uchronie documentée, enquête à l’anglaise, comédie de mœurs, chronique de voyage, sans que jamais l’un de ces registres n’étouffe les autres. Le lecteur y gagne un futur qu’on n’avait pas encore imaginé sous cet angle, un trio d’amis auquel on s’attache vite, une petite interprète en chapeau de paille dont on se souviendra, et cette Provence retrouvée où un bolero de gardénias vient bercer les dernières mesures du livre, quelque part au pied du mont Ventoux.
À lire aussi
Mots-clés : uchronie policière, anticipation rétrofuturiste, régression technologique, roman d’aventures, Florian Mazé, auto-édition, Îles Britanniques
Extrait Première Page du livre
« 1. Puttin’ On the Ritz
— J’aimerais bien qu’on aille voir la nouvelle revue jazz à l’Alcazar, dit Apollon.
— Faut encore que la centrale électrique soit réparée, ré-torque Hugo.
— Nous sommes dimanche. D’ici à samedi prochain, c’est envisageable. D’après le Petit Provençal de ce matin, la centrale en elle-même n’a rien du tout. Mais c’est l’accumulateur.
— Un truc trop gros que mon petit mari ne pourrait pas ré-parer, plaisante Europe, et pourtant, il en rafistole des choses !
— Je ne suis qu’un intendant d’immeuble, pas l’ingénieur de la Régie Marseillaise des Gaz et Électricité.
— De toute manière, les bichons, croyez-en votre vieux co-pain qui ne compte que sur ses muscles, l’électricité, c’est de la m… conclut Hugo, en tâtant ses gros biceps de culturiste.
Marseille. Dimanche 5 janvier 2194. La revue jazz était an-noncée pour le samedi 11 au grand music-hall du cours Bel-sunce, ou plutôt de ce qui restait du cours Belsunce. Le Grand Conflit mondial, à la fin du siècle précédent, les guerres civiles de la première moitié du XXII e avaient en partie détruit l’avenue, ainsi que la Canebière, sa voisine perpendiculaire. Le cours Bel-sunce dont parlaient Hugo, Europe et Apollon n’était qu’une sobre et récente reconstitution.
Quant au music-hall, l’Alcazar, ce n’était pas non plus le palais lyrique originel, la grosse pâtisserie mauresque inaugurée par l’homme d’affaires Étienne Demolins, son propriétaire, le 10 octobre 1857, où se produiraient les plus grandes vedettes ances-trales, et cela, jusqu’aux années 1960, avant de finir en magasin borgne pour quartier louche, puis carrément en trou à rats.
Certes, une politique de grands travaux controversée avait un beau jour transmuté la ruine cafardeuse en vaste bibliothèque régionale à grand renfort d’acier, de verrières et de béton, de dé-molitions et de restructurations d’immeubles attenants, selon la méthode des ancêtres plus récents, de loin les plus crétins et les plus technicistes : ceux du XXIe siècle.
Mais la si décriée biblio-thèque de l’Alcazar n’avait pas survécu non plus aux séismes géopolitiques du Grand Conflit mondial et des guerres civiles. Il ne lui restait alors, vers 2150, que les murs porteurs et, comme par miracle, l’inénarrable marquise Art nouveau qui décore en-core aujourd’hui l’entrée monumentale.
À l’heure où nous autres, les historiens, écrivons ce récit, alors même que le XXIIIe siècle a déjà parcouru la moitié de sa course, le nouveau nouvel Alcazar, si l’on peut dire, existe tou-jours ; on y donne encore de bons spectacles, et l’on y croise les trois copains, qui sont désormais de grands vieillards. »
- Titre : 2194 : Un nouveau pacte avec les Dieux
- Auteur : Florian Mazé
- Éditeur : Auto-édition
- ISBN : 9798466956405
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 29/08/2021
- Nombre de pages : 312 pages
- Genre : Uchronie policière, anticipation rétrofuturiste, roman d’aventures
- Sujets traités : Régression technologique, monde post-effondrement, enquête criminelle, voyage initiatique, satire sociale et religieuse, géopolitique recomposée, amitié et solidarité populaire, Îles Britanniques
Résumé
Marseille, janvier 2194. Un siècle après le Grand Conflit mondial et les guerres civiles qui ont suivi, la civilisation s’éclaire à la chandelle et se chauffe au bois. La cité phocéenne tire le peu d’électricité dont elle dispose d’une centrale gravitationnelle surnommée la Maboule. Dans l’Hôtel-Président, immeuble bourgeois où l’on communique d’étage en étage par un tube acoustique de cuivre, trois amis de moins de vingt et un ans travaillent au service du vieux professeur François : Hugo, porteur d’eau et culturiste, Europe, gouvernante de la suite présidentielle, et Apollon, intendant de l’édifice.
Leur employeur leur confie une mission inattendue en Angleterre, accompagnés d’une interprète de neuf ans au talent stupéfiant. Les voilà partis pour le Condominium des Îles Britanniques, État puissant né de l’unification de quatre nations, qu’ils vont parcourir en dirigeable à pédales, en vélo-rail et en camion à gazogène. Ce qui devait n’être qu’une démarche diplomatique de courtoisie se transforme en affaire criminelle, et les trois Provençaux se retrouvent mêlés à une enquête que mène un inspecteur de Scotland Yard, des salons anglais aux landes écossaises.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.















