Le dernier flic de Nan Aurousseau : un commandant à bout de souffle dans une ville qui fond

Le dernier flic de Nan Aurousseau

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Un commandant de cent sept kilos à deux ans de la retraite

Il y a des entrées en scène qui tiennent du relevé d’architecte plutôt que du portrait. Nan Aurousseau présente son commandant Norbert Grenier en mètres et en kilos, cent sept pour un mètre quatre-vingt-treize, puis file la métaphore du bâti : une maison de maître en train de s’écrouler, les murs porteurs encore solides sous la graisse, et surtout la toiture, ces cheveux filasse presque blancs qui débordent sur le col de la chemise. Dans le bâtiment, précise le narrateur, c’est la toiture qui ne pardonne pas. Tout est dit en un paragraphe : un homme se délabre, et il le sait.

Le reste s’accumule par touches, sans jamais virer à l’inventaire. Un visage grêlé par la maladie, des taches brunes qui gagnent les mains comme une lèpre lente, un problème cardiaque qui interdit la montagne, un diabète que les gâteaux du pot de départ aggraveront. Un colt Python .357 six pouces qui n’est plus réglementaire depuis longtemps et dont Grenier se moque, parce qu’il refuse de se retrouver coincé dans une rue étroite sans pouvoir répondre. Un blouson jamais quitté, lourd de menottes, de munitions, de choses en acier. Un bureau grand comme un placard à balais, conquis de haute lutte, parce que l’open space et ses vitrages le rendent malade. Il tape ses dépositions avec deux doigts. Il prend le bus. Il n’a jamais posé un seul arrêt maladie.

Ce qui rend ce vieux flic attachant tient moins à sa carcasse qu’à sa manière de compter. Cinquante-huit ans, l’air d’en avoir soixante-dix, deux années à tenir avant de rendre les armes, et cette formule qu’il se répète en serrant les dents, les poings, les ongles enfoncés dans les paumes jusqu’au sang : la dernière ligne droite. Aurousseau tient là un équilibre délicat, celui d’un homme usé jusqu’à la corde mais dépourvu de toute complaisance envers lui-même, capable de dire d’une affaire sordide qu’il se l’est « appuyée » et de rentrer chez lui, peignoir bleu marine et bière fraîche, pour regarder un match de rugby en espérant que ça lui vide la tête. Le romancier ne cherche pas le héros fracassé. Il cherche l’homme qui va bientôt cesser d’être flic, et qui ne sait pas ce qu’il deviendra ensuite.

Babylone, ville sans nom écrasée par un mois de canicule

La ville de ce roman s’appelle Babylone et ne s’appellera jamais autrement. Le nom vient d’une plaisanterie de la commissaire, quelque chose comme « les locaux n’ont pas été repeints depuis la chute de Babylone », et il colle. Quelqu’un se souvient vaguement d’un reportage, des ruines quelque part en Irak, des traces de chenilles de tanks enlisés dans l’antique. Le lecteur reconnaîtra sans peine une capitale familière, son quartier chinois, ses restaurants vietnamiens, son métro surveillé par des centaines d’écrans depuis un poste de commandement où des équipes partent en chasse dans le labyrinthe souterrain. Mais Aurousseau refuse de la nommer, et ce refus fait tout le travail : la ville devient à la fois n’importe laquelle et une seule, tour de Babel autant que capitale déchue.

La canicule dure depuis plus d’un mois quand commence le récit, et elle ne lâchera plus rien. Le goudron fond sur la chaussée, les pneus du bus émettent une succion qui pue la crevaison prochaine, les gens cherchent l’ombre alors qu’on n’est qu’au début de juillet. Un énorme soleil de plomb fondu monte à l’horizon de la grande cuvette pour écraser les vivants comme les insectes qu’ils sont. Cette chaleur n’est pas un décor, c’est un régime de fonctionnement : elle épuise Méchin qui boit sans arrêt, elle rend la climatisation de l’appartement conjugale et presque miraculeuse, elle transforme chaque scène de rue en épreuve physique.

La 5e brigade criminelle occupe un bâtiment des années 1970 sur huit cents mètres carrés, cerné par les chantiers, résistant à l’assaut des pelleteuses. On y a posé des digicodes, cloisonné des couloirs, soudé des tables d’acier au sol des cellules d’audition, installé des vitres sans tain. Douze cellules de garde à vue toutes neuves voisinent avec des locaux jamais repeints et une machine à café reléguée sous un escalier, dans un angle mort. Une équipe s’occupe désormais du cybercrime, où le chantage au défibrillateur a la cote. Aurousseau construit ainsi une géographie extrêmement concrète, faite de badges, de couloirs et de bancs d’attente, et c’est de cette matérialité têtue que Babylone prend corps, moite, saturée, écrasante.

Le rugby a son protocole commotion, la police n’en a aucun

Voilà l’idée qui irrigue le livre entier, et elle arrive de biais, au détour d’un petit déjeuner. Nina, la femme de Grenier, est remontée contre l’institution qui laisse ses hommes se débrouiller seuls avec les images qu’ils encaissent. Elle établit la comparaison qui donne au roman sa colonne vertébrale : au rugby, un joueur sonné passe par un protocole commotion, on l’examine, on le sort du terrain. Dans la police, les chocs au cerveau restent invisibles, donc tu prends les scènes en pleine tronche et tu te démerdes. Aurousseau ne théorise pas davantage. Il installe cette phrase et laisse le roman en faire la démonstration, chapitre après chapitre.

D’où l’importance du rituel domestique : c’est avec Nina que Grenier débriefe, bol de café noir et tartines, elle qui l’interrompt pour réclamer un détail, elle qui a insisté au départ contre sa mauvaise volonté. Le lexique que le romancier forge pour dire ce mécanisme mérite qu’on s’y arrête. Les flics vivent dans une sorte de bunker mental, ils portent un blindage, on parle par convention de fendre l’armure. Grenier, lui, sent monter une marée qui remonte du ventre vers la tête, et il a mis au point une technique de contention : fermer les yeux, imaginer une éclipse de lune, laisser la cloison intérieure faire barrage comme un tympan. À l’occasion, il prie la Sainte Vierge, en quoi il ne croit que lorsque c’est nécessaire, parce que dans un avion qui tombe tout le monde prie.

Ce que le roman observe avec une rigueur presque clinique, c’est le moment où le blindage se fissure. Une petite colère devant la machine à café, une crise passagère dans un couloir, des symptômes que l’intéressé prend pour de l’agacement et que la commissaire Caux, elle, sait lire. Le narrateur formule la loi générale sans jamais la souligner : le crime agit comme un abrasif, une toile émeri qui ronge les neurones par contamination lente, et ce n’est pas par hasard que les suicides augmentent dans les services au contact direct des criminels. Grenier se demande simplement où vont les images une fois rangées. Il imagine une poubelle intérieure où tout le mal s’entasse, et se demande qui, un jour, passera tout cela à l’incinérateur.

Méchin, l’homme si ordinaire que les garçons de café l’oublient

Le portrait du coéquipier procède par soustraction, ce qui est un beau geste romanesque. Méchin est plus mince que Grenier, de taille moyenne, sans particularité physique remarquable, vêtu d’un costume d’été dont la poche droite se déforme sous une grosse bouteille d’eau, parce qu’il souffre de la chaleur et boit sans cesse. Aurousseau glisse alors la notation qui définit l’homme pour tout le livre : un type si ordinaire que les garçons de café ne le remarquent pas, condamné à manifester son impatience pour qu’on daigne le servir. Le roman fera de cette invisibilité un motif, et il en tirera, bien plus tard, des effets que l’on n’attendait pas.

Hors service, Méchin est un bricoleur acharné qui vit encore chez sa mère, ne lit que des catalogues d’outillage et passe ses congés dans les magasins de bricolage. Grenier le charrie là-dessus, entre deux constats sarcastiques, avec l’affection bourrue des vieilles paires. Quand le commandant essaie de lui expliquer la soupe primitive et le Big Bang, l’adjoint répond soupe aux orties, et le gag suffit à situer la distance entre deux hommes qui s’estiment sans se ressembler. Le romancier ménage ainsi un duo dépourvu de toute rhétorique de la fraternité virile : ils travaillent ensemble depuis trop longtemps pour avoir besoin de le dire.

Mais Méchin porte un dossier, une enquête au long cours qu’on désigne par un nom de code, et cette affaire le mange. Ramifications internationales, infiltrations, milieux où l’on ne pénètre pas sans se compromettre, hiérarchie qui s’inquiète, direction générale qui commence à poser des questions sur son train de vie et ses fréquentations. Il a sa formule à lui pour dire son obstination : le crime, c’est un os, et lui il ronge. Le narrateur retourne la phrase d’un coup de scalpel en suggérant que c’est peut-être le crime qui le ronge, sans que personne, à ce degré d’implication, ne sache plus faire la différence. Aurousseau laisse cette ambiguïté ouverte longtemps, et c’est l’une des grandes réussites de tension du livre, parce que le lecteur, lui non plus, ne parvient pas à trancher.

De la grotte Chauvet aux trous noirs, une prose qui digresse sans prévenir

L’une des libertés les plus réjouissantes du roman tient à sa manière de sortir brusquement du commissariat pour partir très loin, très longtemps, avant de revenir comme si de rien n’était. Grenier, traîné en Ardèche par sa femme pour visiter la réplique de la grotte Chauvet, y reçoit un choc dont il ne se remettra pas : le combat de rhinocéros, unique dans l’art pariétal, le laisse presque à genoux. Suit une évocation nourrie du plateau aurignacien peuplé de bisons, d’aurochs, de lions des cavernes sans crinière, de mégacéros aux bois de trois mètres, et cette remarque qui le bouleverse, que l’homme s’y représente à peine, comme s’il comptait pour peu dans ce monde animal. Il apprend aussi que le loup marchait à l’avant-garde de la chasse à l’ours. Il en revient avec une vision transformée de ses ancêtres.

Le procédé se répète et devient un rythme. Nina lui met Hubert Reeves entre les mains, d’où sortent des tirades épatantes sur les naines blanches, les trous de ver et cette salope d’Andromède qui fonce sur nous pour tout faire voler en éclats, jusqu’à la question finale et désarmée : qu’est-ce qu’on est venu faire là-dedans. Ailleurs le roman s’arrête pour raconter Léonard de Vinci et son traité, un texte sur l’Inquisition et la tête de Torquemada découverte pendant un stage de commandant, les traitements psychiatriques du dix-septième siècle où l’on faisait macérer les fous dans l’eau tiède, ou encore la vie d’un ermite suisse du quinzième siècle canonisé en 1947, dont l’apparence fut à jamais transformée par une vision. Ces excursus occupent parfois un chapitre entier.

Le liant, c’est la langue. Aurousseau écrit une prose orale, drue, chargée d’argot et de trouvailles, qui passe sans transition du constat de police au registre soutenu, du gros mot à la référence savante. Les chapitres sont courts, souvent trois ou quatre pages, et cette scansion rapide autorise les écarts sans jamais rompre l’élan. On reconnaît là l’écriture d’un romancier qui a beaucoup vécu avant d’écrire, et qui fait confiance à son lecteur pour le suivre de la préhistoire au dépôt de scellés en une phrase.

Ce que Léonard de Vinci et ses miroirs viennent faire dans un roman noir

La première apparition de Nina la montre de dos, en grande blouse blanche tachée, examinant sa toile dans un miroir. Le narrateur explique aussitôt l’usage : une technique de peintre attestée depuis l’Antiquité, réactivée par Léonard de Vinci dans son traité, où il pose la question de savoir pourquoi l’on voit mieux la peinture dans un miroir que sans lui, et y répond longuement par l’illusion du relief. Cette page pourrait passer pour un simple ornement culturel. Elle est en réalité la clef de voûte discrète de tout le livre, et Aurousseau va la faire travailler avec une patience remarquable.

Car les miroirs se multiplient ensuite, et jamais deux fois de la même façon. Il y a ceux des cabines d’essayage d’un centre commercial, que Grenier soupçonne d’appartenir à un complot destiné à pousser les vieux au suicide. Il y a un grand miroir baroque dont on ne dira rien ici, sinon qu’il occupe le centre d’une scène nocturne parmi les plus stupéfiantes du roman, et qu’elle laissera les experts et le commandant sans explication satisfaisante. Il y a enfin le regard de Nina elle-même sur son mari, ce miroir domestique où l’homme se voit tel qu’il ne veut pas se savoir. Le motif circule ainsi du traité de peinture au procès-verbal, du savoir à l’hallucination, sans que le romancier ait besoin d’en pointer le fonctionnement.

L’atelier du premier étage installe par ailleurs une temporalité parallèle qui donne au livre une bonne part de sa respiration. Nina travaille à une exposition dont elle refuse absolument de dévoiler le thème, interdit à son mari de monter voir, lui fait jurer de ne pas tricher. Elle peint des figures humaines vues de près, dans un réalisme un peu magique où l’on croit reconnaître Magritte, où d’autres croient voir du Hopper, avec des couleurs franches et des toiles léchées qui se vendent dans toute l’Europe. Le compte à rebours du vernissage court sous les enquêtes comme une seconde intrigue, silencieuse, et l’on comprend assez vite que ces deux lignes finiront par se rejoindre.

Pourquoi le titre ne parle pas seulement d’une fin de carrière

Trois mots, un article défini, et déjà un programme. Le dernier flic désigne évidemment un homme qui compte ses trimestres, redoute son pot de départ et la cravate qu’on lui offrira, et sait qu’il rendra son arme comme on rend son dernier souffle. Aurousseau souligne l’ampleur symbolique du geste sans jamais l’appesantir. Mais l’adjectif porte plus loin. Grenier appartient à une espèce en voie d’extinction, celle qui a connu les petits braqueurs de banque, les fourgons, ce que le milieu appelait la mentale et les bandits d’honneur, et qui se retrouve à instruire des chantages au défibrillateur et des trafics dématérialisés dont les circuits d’argent filent du Delaware à Malte. C’est un homme du monde d’avant qui termine sa course dans le monde d’après.

Le roman travaille cette bascule sans nostalgie facile. Il montre une police en sous-effectif et sous-équipée, une hiérarchie prise entre la protection de ses agents et la nécessité de les livrer, des enquêtes que l’on retire, des dossiers qui s’empilent dans les sous-sols du palais de justice depuis la Révolution et dont Grenier se demande s’ils ne diffusent pas des miasmes criminogènes dans toute la ville. L’épigraphe, empruntée au rapport d’autopsie de Pier Paolo Pasolini, annonce d’ailleurs la couleur : ce livre regarde ce que l’on fait aux corps, et ce que cela fait à ceux dont le métier consiste à regarder.

Reste ce que le titre ne dit pas et que le lecteur découvrira lui-même, à savoir qu’il existe peut-être une manière de finir qui ne ressemble ni à la retraite administrative ni à l’effondrement. Nan Aurousseau conduit son commandant vers un dénouement où la peinture, le crime et quarante années d’images accumulées se rencontrent enfin, et où un mot savant que Grenier écorche avec superbe donne son sens à tout le reste. On referme le livre en se disant que le roman noir français dispose là d’une voix singulière, capable d’écrire la brutalité sans complaisance et la tendresse conjugale sans mièvrerie, et de tenir les deux dans la même phrase.

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Mots-clés : roman noir français, Nan Aurousseau, Le dernier flic, police judiciaire, usure psychique, canicule urbaine, Héraclès Éditions


Extrait Première Page du livre

« 1

Le flic en civil était grand, vieux, lourd, et lent. Cent sept kilos pour un mètre quatre-vingt-treize, une sorte de baraque abandonnée, une maison de maître en train de s’écrouler. On devinait la charpente sous la graisse, les murs porteurs, anciens, encore solides, les muscles aussi en y regardant de plus près. Tout ça était en voie d’effondrement, il fallait agir vite pour sauver les meubles, c’est aux cheveux surtout que ça se voyait, des cheveux filasse presque blancs qui chevau-chaient le col de sa chemise. Ça, dans un bâtiment, c’est ce qui ne pardonne pas, la toiture. Une gueule de baroudeur marquée par la petite vérole sur le côté gauche. Des mains assez fines avec alliance et une belle montre. Un costume en lin dont il avait ôté la veste portée à l’épaule, laissait voir un .357 six pouces dans son holster en cuir collé à la che-mise blanche que fermait une cravate très serrée autour des deux artères carotides palpitantes de son cou puissant. Un ours. Il ne marchait pas, il se mouvait si l’on peut dire. Il y avait du boa aussi dans le commandant Norbert Grenier. Dans la brigade, on l’appelait Grenier tout court.

C’était la nuit et la canicule frappait depuis plus d’un mois. Éclairé par les enseignes au néon des boîtes et bars de nuit, le corps d’une jeune femme noire à la coupe afro gisait sur le trottoir de la ruelle encombrée par une camionnette de pom-piers, un attroupement de curieux repoussé par des bleus en train d’installer un ruban, et des voitures de police munici-pale aux gyrophares qui zébraient la nuit.

Leur plaque à la main, le gros flic en civil et Méchin, son adjoint à la brigade, venaient de rejoindre le pompier age-nouillé près du corps de la jeune femme. Le gros flic émit un « oh merde ! » de surprise en découvrant le tournevis au manche en plastique rouge planté profondément entre les yeux grands ouverts de la victime qui semblait regarder le néant. Le pompier pleurait.

– Police judiciaire, commandant Grenier. Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Elle est morte dans mes bras. Elle m’a demandé si la cicatrice se verrait. J’ai répondu non, qu’il n’y aurait pas de trace et elle est morte.

– Donnez-moi son sac à main. Elle a un portable ?

– Oui, il était dans la poche arrière de son jeans.

Méchin, moins imposant que Grenier, plus mince, sans particularité physique remarquable, de taille moyenne était vêtu lui aussi d’un costume d’été dont la poche droite se trouvait déformée par une grosse bouteille d’eau. Méchin souffrait beaucoup de la canicule et buvait sans arrêt. Un type très ordinaire que les garçons de café ne remarquaient pas et qui devait toujours manifester son impatience afin qu’on le serve. Il interrogeait un bleu.

– Il y a des témoins ? »


  • Titre : Le dernier flic
  • Auteur : Nan Aurousseau
  • Éditeur : Héraclès Éditions
  • ISBN : 9782386612664
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 27/11/2025
  • Nombre de pages : 208 pages
  • Genre : Roman noir
  • Sujets traités : Police judiciaire, usure psychique des enquêteurs, criminalité urbaine, violences faites aux femmes, canicule, peinture et création artistique, fin de carrière, couple

Résumé

Le commandant Norbert Grenier, cinquante-huit ans et cent sept kilos, achève sa carrière à la 5e brigade criminelle d’une ville que tout le monde surnomme Babylone. Depuis plus d’un mois, une canicule écrasante fait fondre le goudron et met les nerfs à vif. Les affaires s’enchaînent sans répit dans un service à bout de moyens, tandis que Grenier, épaulé par son adjoint Méchin, un homme si ordinaire qu’on l’oublie, compte les mois qui le séparent d’une retraite dont il ne sait rien faire.
Chez lui, sa femme Nina, peintre d’origine argentine, prépare une exposition dont elle refuse absolument de dévoiler le thème. C’est avec elle que Grenier décharge chaque soir ce qu’il a vu dans la journée, faute d’autre exutoire. Mais le blindage mental qui lui a permis de tenir quarante ans commence à se fissurer, et une marée intérieure remonte, que ni les matchs de rugby ni les techniques d’apaisement ne parviennent plus tout à fait à contenir.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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