Pyromanes de Jordan Nourry : le barbecue de famille le plus explosif de l’année

Pyromanes de Jordan Nourry

Top polars à lire absolument

Le Pendu de la Porte-Bergère de Bruno Malivert
La clinique du lendemain de Caroline Comte
Vigne rouge de Jean Michel Bourgeois et Dominique Viala

Bienvenue à Saint-Paulien, trois mille âmes et une canicule

Il faut d’abord accepter de rouler jusqu’en Haute-Loire, de quitter les grandes avenues du polar urbain pour un village de trois mille habitants coincé entre les cultures de céréales et de légumineuses. Saint-Paulien fut jadis Ruessium, capitale des Vellaves, peuple celte assez remuant pour inquiéter Jules César. Puis la capitale a déménagé quelques kilomètres plus loin, à Anicium devenu Le Puy-en-Velay, et la commune est retombée dans un anonymat qu’elle traîne depuis quinze siècles. Jordan Nourry exhume ce détail historique avec une gourmandise malicieuse, parce qu’il en fait le socle de tout son livre : voilà un endroit qui attendait depuis très longtemps de revenir dans l’Histoire, et qui va y revenir par la rubrique des faits divers.

Le décor n’est jamais un fond de scène décoratif. Il travaille le récit de l’intérieur. La canicule d’un 14 août écrase les corps, fait fondre les certitudes et transforme chaque geste en effort. Le lotissement, avec ses haies jaunies faute d’arrosage, ses places de parking défendues comme des frontières nationales et ses rideaux de dentelle qui frémissent au passage d’une voiture, condense une sociologie française immédiatement reconnaissable. L’Intermarché du village, l’Hôtel des Volcans face à l’église romane, la gendarmerie à la peinture écaillée et à la machine à café agonisante composent un territoire qui prend corps sous nos yeux, dessiné avec une précision de géomètre et une tendresse de vieux complice.

Cette géographie intime irrigue jusqu’aux images du roman. Quand une des voix du livre contemple, depuis Le Puy, l’église Saint-Michel d’Aiguilhe perchée au sommet de sa cheminée volcanique, la métaphore qu’elle en tire dit autant sur elle que sur le paysage. Nourry connaît son département, il en restitue les accents, les habitudes, les rancunes de village et les loteries de salle des fêtes annoncées à la radio locale. Le lecteur parisien y trouvera un dépaysement savoureux, le lecteur de province y reconnaîtra ses propres voisins. Rien ici ne sent la carte postale touristique, et c’est justement pour cela que l’Auvergne de Pyromanes respire.

Bertrand Valentin, ou l’art de renverser la table

Il y a des héros qu’on n’attendait pas. Bertrand Valentin approche de ses quarante-trois ans, met en rayon des palettes de papier toilette à l’Intermarché du coin, porte un gilet rouge floqué du prénom « Murielle » parce que personne n’a jamais pris la peine de lui en commander un au sien, et conduit la vieille Citroën BX grise de son père, plus âgée que lui et probablement plus solide. Il vit seul dans une maison de lotissement à la moquette fadasse. Il a aimé deux femmes dans sa vie, une camarade de lycée devenue avocate à Paris et une inconnue croisée un soir de réveillon. Aucune des deux ne le sait. Voilà pour le bilan.

Un verdict tombe, brutal, et déclenche chez cet homme d’ordinaire conciliant un basculement d’une jubilation rare. Bertrand décide qu’il n’a plus rien à perdre, donc plus rien à taire. Nourry orchestre cette libération par une série de scènes d’une drôlerie féroce, où le silence de trente ans se transforme en avalanche de vérités. La première victime de cette franchise nouvelle est un voisin trop pointilleux sur le marquage au sol. Les suivantes sont deux collègues fumeurs qui ne l’avaient jamais vraiment regardé. Chaque réplique fait mouche parce qu’elle est armée par des années d’observation muette : Bertrand ne devine pas, il sait, il a tout enregistré depuis son poste d’homme invisible.

De cette énergie neuve naît le projet qui donne son moteur au roman : un barbecue d’anniversaire. Un vrai, avec un modèle d’exposition à mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf euros baptisé Texas Gril, cheminée et fumoir compris, poussé à pied jusqu’à la maison faute de mieux. Des invitations rédigées au dos de vieilles cartes postales grivoises rapportées de La Grande-Motte. Une table dressée avec l’argenterie familiale dont personne d’autre n’a voulu. La beauté du procédé tient dans son ambiguïté : on ne sait jamais tout à fait si l’on assiste à une fête, à un règlement de comptes ou à une cérémonie d’adieu. Bertrand, lui, sourit. C’est précisément ce sourire qui inquiète.

Les Valentin passés au gril

La famille Valentin mériterait une étude de cas. Chantal, la mère, veuve d’un mari volage, rate sa mayonnaise pour la quatrième fois et compte les points face à sa belle-fille comme on suit un championnat. Elle a aimé ses deux garçons de manière inégale et le sait, sans jamais parvenir à le formuler autrement que par le déni, qu’elle pratique en professionnelle. Sa passion inentamée pour Pépette, caniche disparu dans des circonstances qu’elle continue d’instruire seule, fournit quelques-uns des passages les plus cocasses du livre. Nourry excelle à rendre cette femme antipathique et touchante dans la même phrase.

Paul et Adèle, eux, incarnent la réussite lyonnaise avec un appartement à rooftop, des investissements locatifs vertueux, une thérapie de couple facturée cent vingt euros la séance et un vocabulaire truffé d’anglicismes de séminaire. Adèle, fille d’agriculteurs devenue entrepreneuse par pure rage sociale, est une création magnifique de dureté assumée : elle glisse un prospectus d’agent immobilier dans la boîte aux lettres de voisins déclassés par simple plaisir de cruauté, et sa Lamborghini Urus crisse sur le parking du gymnase comme une déclaration de guerre. Son plan pour organiser des vacances en Grèce sans son beau-frère est conçu, dit le texte, comme un braquage de banque. Le lecteur rit et frissonne à parts égales.

Reste Théo, l’adolescent, qui traverse ce théâtre d’adultes avec une lucidité désarmante. Il joue aux jeux vidéo, fait du judo, observe ses parents ricaner et comprend avant eux ce qu’ils sont devenus. Le lien qui l’unit à son oncle, construit sur une semaine de camp scout mémorable, offre au roman sa réserve d’oxygène et son point d’ancrage émotionnel. Nourry a l’intelligence de ne jamais transformer ce garçon en petit sage de service : Théo s’ennuie, râle, fouille dans les tiroirs, mange ses saucisses trop cuites en vitesse pour quitter la table. C’est un ado, pas un symbole. Autour de lui, une famille entière s’apprête à découvrir que les non-dits, comme la viande, finissent toujours par cuire.

Le major, le brigadier et le perroquet

Le second fil du livre se déroule à la gendarmerie, et il vaut à lui seul le détour. Un major sans nom pendant l’essentiel du roman, vingt-cinq ans de maison, trois aspirines d’avance et une philosophie professionnelle limpide qu’il résume ainsi : maintenir l’ordre dans une bourgade de trois mille âmes, c’est être maître-nageur à côté du bassin, on se mouille rarement. Face à lui, Pierrick Reynaud, brigadier tout juste sorti d’école, biberonné aux séries policières américaines, qui débarque avec du fil de coton rouge pour relier les photos sur un tableau en liège parce que c’est comme ça qu’on fait dans Les Experts. Le duo est irrésistible, et jamais méprisant envers ceux qu’il met en scène.

Nourry tire de cette gendarmerie de campagne un comique de situation d’une efficacité redoutable. La machine à café rendue à l’état de quête annexe. La rubalise achetée chez Gifi, floquée en anglais, qui n’a évidemment rien de réglementaire. Le légiste en vacances à l’étranger qui accepte d’expertiser en visio, ce que le brigadier traduit avec un flegme parfait par une question sur le télétravail. Et surtout le perroquet récupéré sur les lieux, troisième enquêteur non consentant, qui reprend les jurons de Pierrick avec un roulement de « r » assez convaincant pour faire changer de trottoir les passants du village. L’animal, promis à une belle carrière dans le roman, fournit le contrepoint burlesque idéal aux zones les plus sombres du récit.

Ce dispositif remplit aussi une fonction narrative essentielle. Puisque l’enquête a lieu après, le lecteur sait très tôt qu’un désastre a eu lieu, sans en connaître ni la forme ni les responsables. Le suspense ne fonctionne donc pas par surprise mais par compte à rebours, et cette tension inversée maintient une pression constante sur les scènes du barbecue, les plus anodines comprises. On lit chaque plaisanterie de table en cherchant la mèche.

Un roman choral où chaque voix rebat les cartes

Vingt-sept chapitres, chacun placé sous le nom de celui ou celle dont il épouse le point de vue. Le procédé pourrait n’être qu’une coquetterie de construction ; il devient ici le cœur battant du livre. Chaque prise de parole redistribue les responsabilités, éclaire d’un jour différent une scène déjà lue, révèle qu’un geste que l’on croyait innocent avait un mobile, et qu’un mobile que l’on croyait clair reposait sur un malentendu. Le lecteur avance donc en permanence avec un léger temps d’avance sur certains protagonistes et un net retard sur d’autres, position inconfortable et délicieuse.

La galerie s’élargit bien au-delà du cercle familial. Maurice Derbonnière, voisin vigilant autoproclamé, fondateur et unique membre de son propre comité de surveillance, maçon retraité doté de jumelles camouflage et de convictions solidement branlantes, s’impose comme l’une des créations les plus réjouissantes du roman. Un médecin généraliste au bord de l’épuisement, une avocate pénaliste parisienne au tranchant de scalpel, quelques collègues d’Intermarché complètent le tableau. Chacun arrive avec sa logique interne, ses angles morts, sa manière très personnelle d’avoir raison. Nourry ne juge personne et laisse le lecteur trancher, ce qui est la marque des romanciers qui font confiance à leur public.

L’alternance entre les deux temporalités est menée avec une maîtrise remarquable pour un premier roman. Les chapitres d’enquête posent des questions que les chapitres du barbecue viennent éclairer par la bande, jamais frontalement, souvent avec un décalage ironique. Un détail lâché page cinquante ressurgit deux cents pages plus loin avec une charge nouvelle. Le mécanisme est huilé, les rouages restent invisibles, et l’ensemble se referme avec une propreté qui donne envie de reprendre le livre par le début pour vérifier comment le tour a été joué.

Humour noir, chanson française et grands crus

Le roman s’ouvre sur deux épigraphes accolées : une réplique de Sartre tirée du Diable et le Bon Dieu sur notre façon d’imaginer que la mort tombera toujours sur le voisin, et un extrait de la notice du barbecue Texas Gril détaillant les températures de cuisson. Tout Nourry tient dans cet accouplement improbable : la gravité et la trivialité servies dans la même assiette, le métaphysique et le mode d’emploi, l’angoisse existentielle et les merguez. Cette tonalité double ne faiblit pas sur la longueur, ce qui est peut-être la plus belle réussite technique du livre.

La bande-son y contribue puissamment. Plusieurs chapitres s’ouvrent sur des paroles de chansons, de Gold à Joe Dassin, de Robert Johnson à quelques tubes de fin de soirée, et ces citations ne sont jamais gratuites. Elles fonctionnent comme des indications de mise en scène, parfois comme des ironies cruelles, souvent comme des déclencheurs pour les protagonistes eux-mêmes. La culture populaire irrigue d’ailleurs tout le texte, des enchères sur conteneurs américains aux jeux vidéo, de Chuck Norris période Walker aux séries policières, avec un plaisir communicatif et sans le moindre mépris pour ces références.

Le style, lui, avance à grande vitesse, porté par des énumérations qui s’emballent volontairement, des digressions parfaitement calibrées et un art consommé de la chute de paragraphe. Nourry aime les listes, il le sait, il s’en amuse jusque dans ses remerciements. Sa cruauté comique repose sur des détails d’une justesse épinglante : un gilet floqué au mauvais prénom, une nappe en papier cartonné carmin, une bouteille de Petrus posée à côté d’une salade de pâtes. Sous la mécanique du rire, la mélancolie affleure sans crier gare, et c’est ce déséquilibre permanent, cette manière de faire rire une phrase avant de serrer la gorge à la suivante, qui donne au livre sa signature.

Ce que Pyromanes réussit, et à qui il s’adresse

Pyromanes est un premier roman, publié chez Hugo Publishing dans la collection Impact, et cela s’entend moins à ses maladresses qu’à son appétit. Jordan Nourry veut tout : la comédie sociale, le roman familial, l’enquête de gendarmerie, la satire de lotissement, l’émotion pure. Il obtient l’essentiel de ce qu’il vise. La construction chorale tient debout de bout en bout, le rythme ne s’affaisse jamais, les vingt-sept chapitres s’enchaînent avec une fluidité qui rend le livre difficile à reposer. Ceux qui apprécient le noir français à l’humour caustique, du côté d’un Jacky Schwartzmann dont on retrouve ici l’ironie sociale mordante, se sentiront immédiatement en terrain ami.

Le roman s’adresse d’abord à ceux qui aiment voir une comédie glisser lentement vers la catastrophe, et qui acceptent de rire de choses parfaitement inconvenantes. Il conviendra aussi aux lecteurs de polar moins portés sur la procédure que sur les mécaniques familiales, puisque l’enquête sert autant de dispositif comique que d’ossature. Ceux qui aiment reconstituer un puzzle en confrontant les versions y trouveront un vrai plaisir d’ingénierie. Enfin, quiconque a déjà encaissé une réflexion de trop lors d’un repas de famille reconnaîtra dans Bertrand Valentin un vengeur inattendu, mal habillé, terriblement humain.

Ce qui frappe au bout du compte, c’est la générosité du regard. Nourry aurait pu se contenter d’exécuter ses créatures, elles s’y prêtaient volontiers. Il choisit plutôt de leur accorder à toutes un moment de vérité, une faille, une raison d’avoir été ce qu’elles sont devenues. Le résultat tient de la comédie noire irriguée de tendresse, une réussite d’équilibriste que beaucoup tentent et que peu obtiennent au premier essai. On ferme Pyromanes avec l’envie immédiate de savoir ce que son auteur écrira ensuite, et avec une méfiance nouvelle envers les invitations à barbecue rédigées au dos d’une carte postale.

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Mots-clés : Pyromanes, Jordan Nourry, roman noir français, comédie noire, polar choral, secrets de famille, humour noir


Extrait Première Page du livre

« I.

Le major

Il avala un nouveau comprimé d’aspirine, son troisième déjà.

Une goutte de sueur perla sur son front et vint mourir sur la chemise cartonnée posée sur son bureau. Un peu plus tôt, le major y avait écrit « AFFAIRE BERTRAND VALENTIN » en lettres capitales rouges. Il avait baptisé l’enquête du nom de son suspect principal comme le voulait l’usage. Du moins, c’était ce qu’il avait lu sur Internet, ou vu à la télévision, ou entendu à la radio, il ne se souvenait plus. Comme il n’avait pas anticipé grand-chose dans toute cette histoire, à commencer par la longueur du titre, il avait été contraint d’écrire « Valentin » avec un léger arc de cercle pour que l’inscription manuscrite ne déborde pas sur son bureau. Un début bancal dont il devrait se contenter, il n’y avait pas d’autres chemises cartonnées à disposition dans la réserve de la gendarmerie.

Un cadavre, un brûlé grave désormais en soins intensifs et un perroquet avaient été retrouvés sur la scène du crime. Il fallait ajouter à ce lourd bilan des individus en cavale et des témoins en état de choc qui ne pourraient être interrogés que le lendemain. Pire, le légiste était en vacances à l’étranger et, vu le peu d’enthousiasme qu’il avait manifesté par e-mail pour écourter son séjour, nul doute que les analyses du macchabée risquaient de mettre un certain temps avant de livrer leur verdict.

Le major se laissa fondre dans son fauteuil et ferma les yeux pour se concentrer. Il dut très vite se rendre à l’évidence : il ne savait ni par où, ni par quoi commencer. Cette affaire était la plus complexe qu’il ait eu à gérer en bientôt vingt-cinq ans de carrière à la gendarmerie de Saint-Paulien. La plus importante surtout. Il faut dire que dans ce village de Haute-Loire niché au milieu des cultures de céréales et de légumineuses, on avait l’habitude d’être en marge de l’Histoire depuis longtemps. Comme tout enfant du pays, le major connaissait néanmoins le passé glorieux de Saint-Paulien, jadis cité gallo-romaine appelée Ruessium. Elle était la capitale des Vellaves, un peuple celte puissant et orgueilleux craint par le grand Jules César ! Dès lors, l’argumentaire « nos ancêtres les Gaulois » avait tendance à séduire lors des élections… Certains devaient s’imaginer en cousin d’Astérix.

Quelques siècles plus tard, la capitale avait été transférée à Anicium (Le Puy-en-Velay), un déménagement qui avait sonné la fin des heures de gloire du village. Depuis, on était resté orgueilleux mais impuissant, le village ne faisant plus vraiment peur à personne. Enfin, jusqu’à aujourd’hui, car mille cinq cents ans plus tard, Saint-Paulien semblait prêt à écrire une nouvelle page. Dans la rubrique criminalité, cette fois. Et, manque de bol, c’était le major qui allait devoir s’y coller. »


  • Titre : Pyromanes
  • Auteur : Jordan Nourry
  • Éditeur : Impact, département de Hugo Publishing
  • ISBN : 9791042905422
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 01/07/2026
  • Nombre de pages : 272 pages
  • Genre : Roman noir, comédie noire, polar choral
  • Sujets traités : Famille, secrets et non-dits, mensonge, vengeance, solitude, satire sociale, ruralité, humour noir

Résumé

Bertrand Valentin approche de ses quarante-trois ans. Employé d’un supermarché de Saint-Paulien, en Haute-Loire, il vit seul dans une maison de lotissement, conduit la vieille voiture de son père et n’a jamais vraiment compté pour personne, à commencer par sa propre famille. Le jour où sa vie bascule, il prend une décision inattendue : cesser de se taire.
Il achète alors un barbecue hors de prix et convie sa mère, son frère, sa belle-sœur et son neveu à fêter son anniversaire chez lui, le 14 août, en pleine canicule. Le lendemain, la gendarmerie du village ouvre l’enquête la plus complexe de son histoire. Entre les invités, les voisins et les témoins, chacun donnera sa version de cette journée, et aucune ne racontera tout à fait la même histoire.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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