Généalogie du mal de Jeong You-Jeong : un vertigineux huis clos familial

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Généalogie du mal de Jeong You-Jeong

Gundo, une ville nouvelle prise dans le brouillard de la mer

Certaines villes semblent bâties pour qu’on s’y égare. Gundo, cité champignon posée au bord de la mer près d’Incheon, appartient à cette famille inquiétante. Jeong You-jeong la décrit à demi habitée : des tours de vingt-cinq étages dont la moitié des logements attendent encore leurs occupants, des chantiers bâchés qui claquent dans le vent, un unique poste de police pour deux quartiers. Les commerces, les transports et les services publics n’ont pas rattrapé l’ambition des promoteurs. À la nuit tombée, la route à six voies ressemble à une piste d’atterrissage abandonnée, et la digue s’étire dans un silence de fin du monde.

Sur ce décor, le brouillard venu du large pose une matière presque tactile. Il avale les lampadaires, efface l’horizon et réduit la lampe d’une pergola à un halo jaunâtre derrière une vitre. L’auteure en fait bien plus qu’un simple effet d’atmosphère. Cette brume, qui interdit de voir à plus de quelques mètres, épouse exactement l’état mental de celui qui raconte. Le paysage et la conscience partagent la même opacité et la même peine à dessiner des contours nets. On pense à ces lavis asiatiques où le vide occupe la moitié du papier, et où l’œil cherche en vain un point d’appui.

Au cœur de cette géographie flottante, quelques repères tiennent bon : le parc maritime et son belvédère de la Voie lactée, l’embarcadère plongé dans le noir, la petite échoppe Pains fourrés de chez Yong, fermée pour la nuit, et le dernier bus pour Ansan. Ces lieux minuscules, cités et recités, finissent par former une carte mentale que le lecteur apprend malgré lui, comme on mémorise l’itinéraire d’un cauchemar qui revient. Tout en haut, sur le toit d’un duplex, il y a un jardin aménagé avec soin, une vieille balancelle qui grince et une table en bois massif construite sur plans. Gundo prend corps à travers ces détails concrets, et c’est cette précision du quotidien qui rend la menace si palpable. Ici, le mal ne hante pas un manoir gothique : il loge au dernier étage d’une résidence neuve, avec digicode et vue sur la mer.

Yujin, un narrateur qui se réveille sans mémoire de sa nuit

D’abord, il y a une odeur de sang. Han Yujin, vingt-six ans, la prend pour l’annonce d’une crise, ce « symptôme prodromique » dont il connaît tout le rituel depuis qu’il a interrompu de lui-même le traitement censé l’en protéger. Puis le téléphone sonne, la lumière s’allume, et la chambre révèle des empreintes rouges sur le marbre argenté. Entre minuit et l’aube, il n’y a qu’un trou noir. La découverte du corps de sa mère au pied de l’escalier met le lecteur à la place exacte du narrateur : il doit reconstituer une nuit dont il ne reste que des traces.

Jeong You-jeong confie tout le récit à cette voix, à la première personne et au présent, et ce choix n’a rien d’anodin. Ancien espoir de la natation, médaille d’or sur 1 500 mètres, fier de ses poumons hors norme, Yujin parle de lui avec une ironie mordante, un humour noir étonnant dans de telles circonstances. Il compare ses convulsions à un calamar qui se tord sur le gril et appelle ses courses nocturnes sa « maladie de chien ». Il reconnaît aussi, sans détour, une « légère défaillance de sincérité » et assure mentir bien plus que la moyenne. Cet aveu désarmant installe un pacte de lecture trouble : peut-on se fier à celui qui avoue retoucher le tableau par nature ?

Toute la force du procédé tient dans cette tension. Le lecteur avance aux côtés de Yujin, adopte ses hypothèses et bâtit avec lui des scénarios d’intrus ou de cambrioleur, que les indices matériels viennent ensuite fragiliser : des chaussures détrempées, une veste abandonnée dans l’entrée, une porte vitrée entrouverte d’un demi-empan. Chaque objet devient une pièce à conviction que le narrateur examine avec la minutie d’un enquêteur et la fébrilité d’un suspect. La mémoire revient par éclats, comme une pellicule abîmée qu’on remonterait dans le désordre. Cette amnésie n’a rien d’un artifice commode. Elle fait du roman une fouille archéologique de soi, où chaque couche dégagée rapproche d’une vérité que Yujin redoute autant qu’il la désire.

Le soldat blanc et le soldat bleu, une conscience qui dialogue avec elle-même

Deux voix se partagent la tête de Yujin. Le soldat bleu, « éternel optimiste », lui souffle que tout cela n’est qu’un rêve et qu’il suffit de regagner son lit pour que le matin redevienne ordinaire. Le soldat blanc, pragmatique jusqu’à la dureté, exige au contraire qu’il vérifie, qu’il regarde et qu’il affronte. Sur le papier, l’idée pourrait paraître naïve, presque enfantine. Elle donne pourtant certains des passages les plus saisissants du livre, car ces deux sentinelles intérieures mettent en scène, avec une grande économie de moyens, la lutte entre le déni et la lucidité.

L’auteure se sert de ce duo pour donner son rythme au récit. Dès que Yujin vacille, l’un des soldats intervient pour le relancer, le sermonner ou le railler. « Eh bien, tu trembles, là ? » ricane le blanc à un moment où tout bascule. Ce dialogue intérieur ouvre au lecteur un accès direct à une pensée qui se débat, hésite et calcule. Il donne aussi au texte une respiration singulière, à mi-chemin entre le monologue de théâtre et la conversation, qui évite le piège d’une introspection trop pesante. On croirait suivre une partie d’échecs où le joueur affronterait ses propres réflexes, coup après coup.

Au fil des pages, la frontière entre les deux voix se brouille. Yujin ne sait bientôt plus laquelle lui parle, et cette confusion en dit long sur un esprit poussé à bout. D’autres présences, plus troublantes, viennent s’y ajouter, en particulier la voix de sa mère, qui surgit d’un souvenir obscur, l’appelle par son prénom et lui adresse des reproches qu’il ne comprend pas. Le crâne du narrateur se change en salle d’audience bruyante, où témoins, procureurs et avocats se disputent la parole. Jeong You-jeong trouve là une manière habile de faire de la conscience elle-même un lieu de suspense, où l’issue du débat intérieur pèse autant que l’énigme matérielle. Le thriller glisse ainsi du salon vers les replis d’une psyché, et c’est dans ce territoire mental que se noue une large part de l’intrigue.

Une mère, une tante psychiatre, un frère adoptif : la famille comme surveillance

Autour de Yujin gravite une constellation familiale aussi resserrée qu’étouffante. Sa mère, ancienne éditrice, veuve depuis seize ans, vit selon un règlement immuable : somnifère à 21 heures, salutations à la Vierge à l’aube, couvre-feu imposé à son fils pourtant adulte, comprimés à avaler sous ses yeux à chaque repas. Sa tante Hyewon, psychiatre réputée qui dirige une clinique pour enfants, est aussi son médecin traitant. Le narrateur résume cette double tutelle par une image à la fois cocasse et amère : sa vie ressemble à un coussin écrasé sous deux croupes.

La romancière se garde pourtant de caricaturer ces deux femmes. Derrière la rigidité des règles, elle laisse affleurer une angoisse qui semble venir de très loin, une vigilance de chaque instant dont les raisons restent longtemps dans l’ombre. Le père et le fils aîné sont morts noyés quand Yujin était enfant, et ce deuil originel plane sur la maison comme une marée qui ne se retire jamais tout à fait. La mère observe, note et interroge, la tante analyse et prescrit. Entre elles circule un savoir dont le principal intéressé semble tenu à l’écart. Le lecteur sent très vite que cette surveillance obéit à une logique qu’il lui faudra percer.

Et puis il y a Haejin. Camarade de collège devenu fils adoptif, orphelin élevé par un grand-père alcoolique, habité depuis l’adolescence par sa passion du cinéma, il incarne tout ce que Yujin n’est pas : la chaleur, l’aisance, une droiture tranquille. Une scène remarquable, un soir de réveillon dans les rues illuminées de Séoul, montre la mère et Haejin complices devant un film brésilien, pendant que Yujin marche derrière eux, relégué au second plan. Cette géométrie du « deux plus un », selon ses propres mots, traduit avec finesse la jalousie sourde, le besoin d’être aimé et la place incertaine de chacun. C’est pourtant vers Haejin que Yujin se tourne lorsqu’il cherche quelqu’un qui accepte de le croire. À travers ce trio, l’auteure explore la famille comme un jeu de regards, où aimer et surveiller finissent par se confondre.

Le journal d’une mère, lu à rebours

Dans un tiroir du vieux secrétaire maternel, Yujin trouve un classeur garni d’intercalaires bleus, dont les étiquettes vont de 2016 à 2000, avec des entrées rangées mois par mois en ordre décroissant. C’est un journal intime tenu pendant seize ans, et sa première phrase a la douceur d’une berceuse : « Yujin dort. Insouciant, il dort paisiblement. » Avant même d’en lire une ligne, le narrateur éprouve pour ce document une aversion instinctive et le rebaptise, avec une ironie grinçante, « Les chroniques de Yujin ».

Ce dispositif compte parmi les choix de construction les plus judicieux du roman. Lire un journal à l’envers, en remontant le temps, c’est accepter de découvrir les conséquences avant les causes, et de voir l’explication reculer à mesure qu’on s’en approche. Jeong You-jeong fait alterner la voix fiévreuse du fils et l’écriture plus posée de la mère, tantôt réduite à une seule ligne, tantôt étendue sur plusieurs pages. Deux régimes de vérité se répondent, se heurtent et se complètent. Le lecteur occupe alors une position délicate : il lit par-dessus l’épaule d’un autre lecteur, attentif à ce que disent les mots autant qu’à ce que Yujin choisit d’en garder.

La lecture de ces pages se transforme en véritable épreuve. Yujin l’interrompt, la reprend, la redoute. Il tourne les feuillets comme on désamorce une bombe, conscient que chaque année remontée peut faire voler en éclats l’image qu’il a de lui-même et de son enfance. Les phrases maternelles reviennent ensuite le hanter, se mêlent à ses pensées et résonnent à des moments inattendus. Par ce procédé, l’auteure rend la parole à une femme que le récit aurait pu laisser muette, et lui donne une profondeur et une détresse qui modifient le regard qu’on portait sur elle. Ce journal ne se contente pas de livrer des informations : il fait entendre une conscience tourmentée, qui tourne autour d’une question qu’elle n’ose formuler qu’à demi-mot. Cette archive familiale finit par peser aussi lourd que n’importe quelle pièce à conviction.

L’horloge du salon, un huis clos au compte-gouttes

Au bout d’un couloir, une horloge est posée sur une petite armoire décorative. Elle sonne les heures et les demi-heures avec une régularité imperturbable, « quoi qu’il arrive dans la maison ». Cet objet banal devient le métronome du roman. Un coup à 5 h 30, six coups à 6 heures, huit coups un peu plus tard : chaque sonnerie rappelle à Yujin que le temps lui échappe, et chacune l’aide à fixer la chronologie d’une nuit qu’il tente de reconstituer minute par minute.

L’action se resserre sur quelques jours de décembre et dans l’espace clos d’un duplex. Jeong You-jeong exploite cette unité de lieu avec une rigueur presque théâtrale. L’escalier, le palier, la cuisine, la chambre de la mère, la porte en fer qui mène au toit, la terrasse et sa pergola : chaque recoin devient une scène où reviennent les mêmes questions. Les allées et venues sont minutées, les appels téléphoniques horodatés, les distances estimées au pas de course. Le narrateur additionne, soustrait, compare, et ses calculs prennent l’allure d’un compte à rebours. Car un retour se profile, annoncé comme celui d’un train qui « entrera dans l’appartement aux alentours de 11 heures », et cette échéance pèse sur chaque geste comme un ultimatum.

Ce traitement du temps produit un suspense d’une nature particulière. L’enjeu ne tient pas seulement à ce qui va arriver, mais aussi à ce qui a déjà eu lieu et que la mémoire ne restitue qu’au compte-gouttes. Les retours vers le passé, la voie ferrée de Sinchon, les bassins de compétition, l’île d’Amjado baignée d’un crépuscule écarlate, s’insèrent dans ce présent oppressant comme des bouffées d’air qui, paradoxalement, rendent l’étouffement plus aigu. La romancière dose ce va-et-vient avec une précision d’horloger, de sorte que chaque révélation déplace légèrement le regard sans jamais tout dévoiler. Enfermé avec Yujin, le lecteur finit par entendre lui aussi le tic-tac. Une sonnerie de téléphone qui insiste, des pas dans l’escalier, la voix synthétique d’un ascenseur qui annonce l’ouverture de la porte : le moindre bruit suffit à faire monter la pression d’un cran.

De quoi le mal hérite-t-il ?

Le titre français pose une question que le livre creuse avec une gravité constante. D’où vient le mal ? Se transmet-il comme un rasoir légué par un père, comme un nom de baptême, comme une chambre recomposée à l’identique d’un déménagement à l’autre ? Naît-on avec lui, ou se fabrique-t-il dans le regard des autres, dans la surveillance, la méfiance et les règles qui enferment ? Jeong You-jeong refuse les réponses simples. Elle préfère placer le lecteur au cœur de ce vertige, à l’endroit précis où l’inné et l’acquis s’emmêlent jusqu’à devenir indissociables.

Cette interrogation donne au roman une épaisseur qui déborde le cadre du thriller psychologique. Les objets portent eux-mêmes cette mémoire : un coupe-chou gravé des initiales H.M.S., une statue de la Vierge qui écrase un serpent sous son pied nu, une balancelle rapportée de l’ancien logement, un « Bonne nuit » répété depuis l’enfance comme une formule de conjuration. Chacun relie le présent à une histoire familiale enfouie, tels les maillons d’une chaîne dont on n’aperçoit jamais le premier anneau. L’écriture, nerveuse et imagée, traversée d’un humour noir inattendu, accompagne cette exploration sans l’alourdir, et la traduction française en restitue l’âpreté comme la vivacité.

Généalogie du mal s’adresse aux lecteurs qui aiment que la tension s’accompagne d’une réflexion. Plus qu’une enquête au sens classique, ils y trouveront une plongée dans une conscience, une méditation sur la filiation, la culpabilité et ce que la mémoire choisit d’enfouir. La romancière coréenne y tient une ligne exigeante : regarder de près ce que l’on préfère d’ordinaire tenir à distance, sans jamais réduire ses protagonistes à des étiquettes. Le brouillard de Gundo ne se lève jamais complètement, et c’est peut-être dans cette brume tenace, entre la mer et les tours inachevées, que le livre trouve sa vérité la plus troublante.

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Mots-clés : Généalogie du mal, Jeong You-Jeong, thriller psychologique coréen, Éditions Picquier, relation mère-fils, mémoire et amnésie, nature du mal


Extrait Première Page du livre

« Prologue

Le soleil brûlait dans le ciel de mai où s’étiraient quelques rares nuages. Des passereaux chantaient dans les buissons qui bordaient la cour intérieure de l’église. Mon frère et moi sommes entrés par l’arche de rosiers en tenant à la main une bougie qui portait notre nom de baptême. Marchant au rythme de la chorale, nous nous sommes avancés vers l’autel installé sous le crucifix, au fond de la cour.

Jésus est amour
Qui rend ma vie si belle
De ses mains d’amour
Il rend ma vie si belle

Des garçons en aube blanche et coiffés d’une calotte rouge, des filles en robe blanche et coiffées d’une couronne de fleurs, suivaient par deux derrière nous. Le curé et le vicaire se tenaient derrière l’autel pour accueillir la procession. C’était un jour béni. Le dernier dimanche du mois saint. C’était le matin de la messe en plein air, le rituel des premières communions. Mon frère âgé de dix ans, moi plus jeune d’un an, et les vingt-deux autres enfants, nous étions les héros de cette journée.

Ceux qui assistaient à la messe se sont retournés pour voir notre entrée. Mon grand-père maternel, qui était notre parrain à tous deux, était assis au premier rang, rayonnant, affichant un large sourire. Ma mère et mon père se tenaient aux places réservées aux familles. Ils suivaient du regard mon frère qui était le premier des héros. Ma mère me jetait des coups d’œil de temps à autre mais n’avait pas l’air d’avoir remarqué que je tremblais si fort que la flamme de ma bougie vacillait. Son regard ne m’effleurait que distraitement avant de revenir vers mon frère.

Depuis la veille, je ne me sentais pas bien. Sans raison particulière. J’avais froid, j’avais mal à la tête et ma nuit avait été peuplée de mauvais rêves. Au réveil, ma gorge était tout enflée et avaler une simple gorgée d’eau était très douloureux. Sur le chemin de l’église, dans la voiture, la fièvre s’était déclarée. Je pressentais une inflammation des amygdales mais je n’avais rien osé dire à ma mère. Au contraire, je m’étais efforcé de feindre une mine normale. Si ma mère se rendait compte de mon état, sûr que je n’y gagnerais rien. Ce serait un demi-tour direct vers l’hôpital. Et la suite, je la voyais d’ici pour l’avoir expérimentée déjà à diverses reprises : radios des bronches, piqûres et prises de sang à n’en plus finir. Je risquais même de me retrouver au lit quelques heures avec une perfusion. Pendant ce temps, la cérémonie des premières communions n’allait pas m’attendre. »


  • Titre : Généalogie du mal
  • Titre original : The Good Son
  • Auteure : Jeong You-Jeong
  • Éditeur : Editions Picquier
  • ISBN : 9782809713442
  • Format : Broché
  • Nationalité : Corée
  • Langue : Français
  • Traduction : Choi Kyungran et Pierre Bisiou
  • Date de publication : 19/04/2018
  • Nombre de pages : 512 pages
  • Genre : Thriller psychologique
  • Sujets traités : Relation mère-fils, Mémoire et amnésie, Culpabilité, Filiation, Fratrie adoptive, Emprise familiale, Deuil, Nature du mal

Résumé

À Gundo, ville nouvelle posée au bord de la mer près d’Incheon, Han Yujin, vingt-six ans, ancien espoir de la natation, se réveille un matin de décembre couvert de sang. Il a interrompu en cachette le traitement qui devait prévenir ses crises, et de sa nuit il ne lui reste qu’un trou noir. En descendant l’escalier du duplex familial, il découvre le corps de sa mère.
Pendant que son frère adoptif Haejin est sur le chemin du retour et que sa tante psychiatre multiplie les appels, Yujin tente de reconstituer les heures manquantes. Indices matériels, souvenirs qui reviennent par éclats, journal intime de sa mère lu à rebours : chaque découverte l’oblige à se demander qui il est vraiment.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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