Fjällbacka, trente ans après une nuit d’août
Un soir d’août, dans les murs fraîchement rénovés de Gröna Lid, un chef fulmine derrière ses fourneaux tandis qu’Erica Falck et Patrik Hedström savourent leur première soirée en tête-à-tête depuis la naissance de Nora. Le restaurant Hav & Salt inaugure sa carte gastronomique, coquilles Saint-Jacques en nuage de homard et glace aux algues comprises, et la date ne doit rien au hasard. Trente ans jour pour jour se sont écoulés depuis que Sofie Rudberg, seize ans, s’est volatilisée sur le chemin du retour d’une fête. Au fond de la salle, une photo de famille encadrée veille sur les convives. Camilla Läckberg place ainsi son douzième rendez-vous avec Fjällbacka sous le signe d’une fête où l’absence aurait réservé sa table.
Tout le roman est porté par ce contraste entre la douceur d’une fin d’été et l’ombre d’un drame ancien. La petite cité de la côte ouest suédoise, avec ses cabanons de pêcheurs, l’île de Valön dressée sur la mer gris-bleu et le plongeoir de Badholmen découpé sur le ciel nocturne, s’impose comme une présence vivante, traversée de mémoires qui se croisent au supermarché ou sur les pontons. Tout le monde s’y connaît, tout le monde s’y souvient, et l’auteure fait de cette promiscuité un ressort dramatique d’une efficacité redoutable : à Fjällbacka, même les silences ont des voisins.
La construction épouse le fil des jours, d’un samedi au jeudi de la semaine suivante, comme un compte à rebours discret qui resserre peu à peu l’étau. Cette architecture en courtes séquences imprime au récit un tempo nerveux sans jamais sacrifier l’épaisseur des êtres. Jadis, la disparition de Sofie avait plongé la commune dans une peur tenace : rues désertes à la tombée du jour, enfants privés de liberté, soupçons glissés à voix basse entre voisins. Trois décennies plus tard, la plaie reste béante, et la romancière montre avec justesse comment un fait divers peut se muer en mémoire collective, presque en rituel médiatique que la presse ressasse à chaque anniversaire. Le premier service de Hav & Salt résonne alors comme un toast porté au-dessus d’une cicatrice qui n’a jamais vraiment refermé.
Ce que gardait la terre du cimetière
Un dimanche de garde paisible au commissariat de Tanumshede, Patrik savoure le silence et une tasse de café imbuvable quand une vieille dame appuyée sur sa canne pousse la porte. Edith Lomander, épouse malmenée pendant des décennies par un mari tyrannique, vient s’accuser d’un crime vieux de trente ans et réclame, avec une dignité désarmante, d’en assumer enfin les conséquences. Ce prologue inattendu, d’une humanité bouleversante, enclenche une procédure d’exhumation qui va remuer bien davantage que quelques pelletées de terre. Läckberg affectionne ces chemins de traverse : une histoire en apparence latérale ouvre une brèche par laquelle tout un pan du passé s’engouffre.
Commence alors un véritable cold case, avec ses contraintes et sa poésie de l’archive. Patrik et ses collègues héritent de cartons jaunis, de dépositions d’adolescents recueillies en 1994, d’indices qu’il faut relire avec les outils d’aujourd’hui. Gösta Flygare, qui avait participé aux premières recherches, porte ce dossier comme une dette personnelle, et sa gravité taciturne confère au récit un relief émouvant. La romancière restitue avec précision le travail médico-légal, ossements interrogés, fibres analysées, prélèvements réexaminés, sans jamais noyer le lecteur dans un jargon indigeste. Les échanges avec le légiste Pedersen ou avec Farideh, la cheffe de la police scientifique, distillent l’information avec une clarté pédagogique bienvenue.
Ce qui séduit surtout, c’est l’art de faire proliférer les pistes. Rôdeur nocturne, soirée d’adolescents partie en vrille, tensions familiales, souvenirs noyés dans l’alcool : les hypothèses s’empilent comme des strates géologiques, et chacune ébranle la précédente. L’auteure distille ses révélations au compte-gouttes, laisse le lecteur bâtir ses propres théories avant de les lézarder d’un simple détail. La tension naît moins de l’action spectaculaire que de cette lente remontée à la surface, où le présent se met à ressembler dangereusement à l’été 1994. On avance dans ces pages comme dans un brouillard marin qui se dissipe par lambeaux, révélant tantôt un récif, tantôt un mirage.
Le journal de Sofie, au rythme de 1994
Entre deux journées d’enquête, une autre voix se fraie un passage : celle de Sofie, qui confie à son journal intime l’été précédant sa disparition. Chaque fragment s’ouvre sur le titre d’une chanson de l’époque, Ace of Base, The Offspring, The Cranberries, Green Day, Nirvana, comme autant de cassettes enregistrées à la volée sur la radio. Ce dispositif d’une simplicité redoutable fait du lecteur un confident privilégié et installe un dialogue poignant entre la jeune fille d’alors et les adultes qui, trente ans plus tard, s’échinent à reconstituer sa dernière nuit. La bande-son devient boussole émotionnelle, chaque refrain colorant l’humeur du jour.
La justesse du ton frappe immédiatement. Sofie peste contre une mère qui lui interdit un débardeur jaune fluo, économise pour s’offrir une télévision et regarder Melrose Place en paix, pleure la mort de Kurt Cobain en boucle sur All Apologies, tente désespérément de sauver ses Buffalo blanches maculées de goudron. Läckberg capte avec une tendresse amusée cette langue adolescente faite d’hyperboles, d’élans et de colères soudaines. Les années 1990 ressuscitent dans leurs moindres détails, permanente faite maison, magazines Frida et Veckorevyn, job d’été au kiosque du minigolf, parties de canasta chez Aino. Loin du simple décor nostalgique, cette reconstitution ancre l’émotion dans un réel tangible.
Sous la fraîcheur affleure pourtant une inquiétude croissante. Sofie évoque un amour qu’elle n’a pas le droit de nommer, l’impression tenace d’être épiée, un foyer où elle étouffe entre un demi-frère imprévisible et des adultes qui n’écoutent pas. Ces pages brèves agissent en contrepoint dramatique : chaque entrée éclaire d’un jour neuf les chapitres d’enquête qui l’encadrent, tout en épaississant le mystère. Le procédé fonctionne d’autant mieux que le lecteur en sait davantage que les policiers sans jamais détenir la clef. On quitte chaque extrait le cœur serré, conscient que cette voix vive, insolente et vulnérable chemine sans le savoir vers une nuit d’août dont elle ignore tout.
Aino et le chant des pleureuses de Carélie
Le titre du roman prend chair à travers Aino Lönnrot, la mère d’Ellen, arrivée de Carélie dans les bras de sa propre mère à l’âge de deux ans. Héritière d’une longue lignée de pleureuses, ces femmes qui chantent pour accompagner les morts et apaiser les vivants, elle a longtemps prêté sa voix aux enterrements de Fjällbacka. Désormais pensionnaire de la maison de retraite Åldersro, assise sur une vieille chaise à barreaux, elle contemple le cimetière depuis sa fenêtre, enveloppée dans le chandail tricoté par sa mère, dont chaque maille semble encore exhaler les parfums de la Carélie.
Läckberg fait de cette tradition ancestrale une source de poésie inattendue au cœur du polar. Pour Aino, le deuil n’est pas un ennemi à fuir mais une présence à embrasser ; les âmes parties trop tôt brûlent d’un feu plus tranchant que celles qui ont vécu leur temps, et ses mélodies sans paroles les dispersent dans le vent comme des graines. Elle consigne ces rencontres dans un petit carnet mauve, le Livre des deuils, objet qui se charge au fil des pages d’une aura de mystère. La romancière entretient une ambiguïté féconde : croyance populaire, intuition d’une femme hypersensible ou don véritable ? Le texte se garde bien de trancher, et cette retenue enrichit considérablement sa portée.
Cette figure gagne encore en profondeur grâce au traitement délicat de la démence. Les « bons jours » d’Aino, où le monde lui apparaît net comme à travers une lentille parfaitement polie, alternent avec des brumes qui la renvoient en 1994, persuadée qu’Ellen va bientôt rentrer de l’école. Ces glissements temporels, rendus avec une grande finesse, font d’elle un pont vivant entre les deux époques du récit. Ses échanges avec sa petite-fille Elsa, ponctués de jurons savoureux et de la devise « This too shall pass » tatouée sur un mollet, offrent des moments d’une tendresse lumineuse. À travers elle, le roman explore la mémoire comme un territoire friable, où certaines vérités attendent une éclaircie pour remonter vers la lumière.
Ellen, Magdalena et Sofie, une amitié pleine de silences
Soudées depuis l’école primaire, Sofie, Ellen et Magdalena formaient en 1994 un trio que les plus jeunes regardaient passer avec envie, persuadés de contempler des filles inaccessibles. Trente ans plus tard, les deux survivantes ont suivi des routes divergentes. Ellen, aide-soignante devenue codirectrice d’Åldersro, a épousé Gabriel, le demi-frère de Sofie, et vient de revenir au pays avec leurs deux enfants. Magdalena, médecin, a sillonné l’Angola, le Soudan et le Congo avec Médecins sans frontières avant de rentrer soigner une mère qu’elle n’a guère de raisons d’aimer. Leurs retrouvailles se font à pas comptés, chacune portant la disparue en elle comme un fardeau qu’on n’ose plus poser.
Le roman brille particulièrement dans l’exploration des liens entre mères et filles, véritable colonne vertébrale du livre. D’un côté, la complicité rayonnante d’Aino et d’Ellen, nourrie de tartines chaudes au jambon et à l’ananas ; de l’autre, la cruauté froide de Monica, alcoolique et narcissique, face à une Magdalena qui a bâti des remparts autour de son enfance. Entre les deux, Yvonne Rudberg, obsédée par les apparences, astique frénétiquement des plans de travail immaculés pour ne pas entendre ce qui se lézarde. Chaque foyer renvoie aux autres un reflet déformé, et la romancière dessine ces portraits avec une acuité psychologique qui refuse le manichéisme.
Autour d’elles gravitent les garçons d’hier, devenus hommes. Jocke, ancienne gloire du hockey revenue du Canada, n’a jamais oublié son amour de jeunesse ; Gabriel, chef perfectionniste aux colères volcaniques, demeure une énigme jusque pour son épouse ; Dan, le beau-frère d’Erica, découvre que sa propre adolescence s’est jouée à la lisière du drame. La fameuse fête chez Jocke, ce soir d’août, devient un nœud que chacun a recouvert de sa version personnelle. L’auteure montre avec subtilité comment les non-dits d’adolescents, gardés par honte ou par loyauté, finissent par sculpter une existence entière, et combien trente années de mutisme peuvent peser plus lourd qu’un aveu.
Entre biberons, tableaux blancs et belle-mère envahissante
Fidèle à la recette qui a fait la renommée du cycle, Läckberg tresse l’enquête avec le quotidien de ses héros, et ce volume n’échappe pas à la règle. Erica, mère de quatre enfants dont la petite Nora, née porteuse de trisomie 21, jongle entre angoisses de jeune maman, salons du livre repoussés et un futur ouvrage qui la démange. Incapable de rester sur la touche, elle subtilise un carton d’archives qu’elle cache derrière le rideau du salon, multiplie les visites prétendument fortuites et transforme une consultation pour une toux bénigne en interrogatoire déguisé. Son duo avec Patrik, fait de connivence, de reproches tendres et de petits arrangements avec la vérité, reste l’un des charmes durables de la série.
Le livre doit beaucoup à sa galerie de seconds rôles savoureux. Kristina, la belle-mère, entre sans frapper, jette les nuggets à la poubelle, impose des muffins protéinés au goût de contreplaqué acide et s’enthousiasme pour son arbre généalogique. Bertil Mellberg revient des Canaries avec le teint d’une gambas trop cuite, fredonne Volare dans les couloirs et rêve d’un balcon ensoleillé en Espagne. Patrik, lui, s’offre une teinture brun foncé qui lui vaut d’être comparé à Julio Iglesias. Écrites avec un sens réel du timing comique, ces scènes domestiques offrent des respirations bienvenues entre deux plongées dans l’ombre.
Loin d’émousser la tension, cet humour en aiguise au contraire les contours. Le contraste entre la chaleur d’une maison bruyante et la noirceur des secrets exhumés rend chaque retour à l’enquête plus saisissant. L’équipe de Tanumshede gagne elle aussi en épaisseur humaine : Martin dissimule une bague de fiançailles dans la poche de sa veste de marin, Paula traverse une séparation avec pudeur, Gösta se demande ce que deviendrait le commissariat sans ses repères. Ces fils intimes tissent une toile familière pour les lecteurs fidèles, tout en restant parfaitement accessibles à ceux qui découvriraient Fjällbacka avec ce titre. On referme ces chapitres avec l’impression d’avoir partagé un café trop fort dans la petite cuisine jaune du poste de police.
Recoller les éclats à la feuille d’or
Au détour d’une conversation, Jocke évoque le kintsugi, cet art japonais qui répare les objets brisés avec de la poudre d’or pour les rendre plus précieux qu’avant leur cassure. L’image condense à merveille le propos de La Pleureuse. Au-delà de l’énigme, le roman interroge ce que chacun fait de ses fêlures : les dissimuler, les nier, les colmater à la hâte ou consentir enfin à les regarder en face. D’Yvonne à Magdalena, d’Allan à Ellen, tous portent une brisure soigneusement vernie, et l’enquête agit comme un révélateur photographique qui fait réapparaître les lignes de fracture sous la surface lisse des existences.
Camilla Läckberg signe ici un polar construit avec rigueur, qui marie la mécanique méthodique du cold case à une veine plus intime, teintée de mélancolie. L’alternance entre les journées d’investigation et le journal de Sofie crée une respiration à deux temps, tandis que la figure d’Aino insuffle au récit une dimension sensible que le genre explore rarement. Deuil, mémoire, violence conjugale, blessures d’enfance, fidélités adolescentes : les thèmes se répondent sans jamais alourdir la progression. La traduction de Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet restitue avec naturel la diversité des registres, de la gouaille d’une lycéenne des années 1990 aux silences pesants des adultes.
Ce douzième tome témoigne de la vitalité d’une série qui sait se renouveler sans trahir son identité. Les habitués y retrouveront une famille de cœur, les nouveaux venus une communauté attachante où le rire côtoie l’effroi avec un naturel désarmant. Surtout, le livre rejoint cette phrase prononcée par Edith Lomander au commissariat : la vérité finit toujours par éclater, il lui faut parfois juste un coup de pouce. La Pleureuse chante pour ses morts autant qu’elle enquête sur eux, et son écho persiste longtemps, à la manière d’une mélodie sans paroles que le vent du large emporte au-dessus des toits de Fjällbacka.
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Mots-clés : Camilla Läckberg, La Pleureuse, Fjällbacka, cold case, polar suédois, Erica Falck, secrets de famille
Extrait Première Page du livre
« C’était incroyable, tout ce à quoi elle avait le temps de penser. Elle n’osait pas ouvrir les yeux, ne voulait rien voir. Des petits points sombres s’étaient mis à danser devant elle, comme des étoiles surexcitées.
Elle ne voulait pas mourir. Elle voulait hurler, griffer, se libérer, mais c’était comme si son corps refusait d’obéir. Des pensées étranges la traversaient comme des éclairs. Des pensées irrationnelles. Comme le fait qu’elle n’aurait pas l’occasion de s’acheter une nouvelle paire de Buffalo. Qu’elle ne naviguerait plus. Qu’elle ne verrait pas le prochain épisode de Beverly Hills. Il y avait aussi des pensées moins dérisoires. Elle ne se marierait jamais. N’aurait jamais d’enfants. Ne connaîtrait jamais la sensation de liberté qu’on éprouve en emménageant dans son propre appartement.
L’obscurité se faisait de plus en plus dense autour d’elle. Les pensées se raréfiaient. Ses larmes semblaient brûler sous ses paupières fermées, sans pouvoir s’en échapper. Elle tentait désespérément de comprendre ce qui lui arrivait, mais son cerveau était incapable de cerner la situation. Elle n’arrivait pas à respirer. Elle retrouva momentanément le contrôle de ses mains et essaya de lutter contre la force qui l’enfonçait dans l’ombre. Mais c’était impossible. Le contrôle de son corps lui échappa à nouveau.
Des éclats de lumière jaillirent dans le noir. Comme le bout d’un tunnel qui apparaît soudainement. Elle n’en voulait pas, elle voulait rester dans le noir. Le noir, c’était l’espoir, et elle savait que si elle suivait la lumière, cet espoir disparaîtrait. Elle pouvait se défaire de l’obscurité, mais pas de la lumière. La lumière serait éternelle.
Son corps la lâchait. L’éclat s’intensifiait derrière ses paupières et elle avait de plus en plus de mal à rester accrochée à la réalité. Quand elle renonça enfin et se laissa enlacer par les galaxies qui dansaient autour d’elle, elle sentit son cœur éclater en mille morceaux. »
- Titre : La pleureuse
- Titre original : Gråterskan
- Auteure : Camilla Läckberg
- Éditeur : Actes Sud
- ISBN : 9782330226251
- Format : Broché
- Nationalité : Suède
- Langue : Français
- Traduction : Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet
- Date de publication : 07/10/2026
- Nombre de pages : 480 pages
- Genre : Polar, roman policier scandinave
- Sujets traités : disparition, cold case, deuil, secrets de famille, amitié adolescente, relations mère-fille, mémoire, Fjällbacka
Page officielle : camillalackberg.se
Résumé
Trente ans après la disparition de Sofie Rudberg, seize ans, volatilisée un soir d’août 1994 au retour d’une fête, Fjällbacka n’a jamais refermé sa plaie. Alors que le demi-frère de Sofie inaugure son restaurant gastronomique le jour de l’anniversaire du drame, une vieille dame vient avouer au commissariat un crime commis des décennies plus tôt, et l’exhumation qui s’ensuit ravive brutalement l’affaire.
Patrik Hedström et son équipe rouvrent un dossier aux pistes gelées, pendant qu’Erica Falck, incapable de rester à l’écart, interroge les anciennes amies de Sofie. Entre la mémoire vacillante d’Aino, héritière des pleureuses de Carélie, et les silences d’une famille obsédée par les apparences, quelqu’un semble prêt à tout pour que la vérité reste enfouie.
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















