Hong Jun, docteur en droit fraîchement rentré de Chicago
Il y a des héros qui s’imposent par la force et d’autres par la patience. He Jiahong choisit la seconde voie et nous installe dans un bureau pékinois flambant neuf, où un homme très grand, aux membres démesurés, contemple les feuilles mortes derrière sa vitre en savourant une chose rare pour lui : le désœuvrement. Hong Jun a passé six années aux États-Unis, décroché un doctorat en droit, exercé deux ans dans un cabinet réputé de Chicago, et le voici propriétaire de ses propres murs, spécialisé en affaires criminelles alors que toute la profession se rue sur le droit des affaires. Ce décalage initial dit déjà l’essentiel du bonhomme. Il a un dada, le pénal, et une manie, celle de se passer la main droite dans les cheveux d’avant en arrière quand un problème lui résiste.
Autour de lui gravite Song Jia, secrétaire recrutée en un coup d’œil, ancienne élève d’une école de police reconvertie dans le secrétariat après un passage par un restaurant, un bar et un dancing. Elle apporte le café sans sucre, oublie systématiquement de frapper avant d’entrer, appelle son employeur « Patron » avec une insolence tendre et lui annonce que le cabinet va bientôt pouvoir se reconvertir en maison de repos. Le duo fonctionne à merveille, avec une drôlerie de comédie de bureau qui allège un sujet sombre. La romancier glisse là une observation sociale précieuse : la Chine du milieu des années quatre-vingt-dix invente ses professions libérales, et le mot « avocat privé » sonne encore comme une nouveauté exotique aux oreilles des justiciables.
Ce qui distingue immédiatement Hong Jun des enquêteurs de papier, c’est sa formation double. Juriste pénaliste, il a aussi écrit sur la psychologie criminelle, et il raisonne autant sur les comportements que sur les indices. Son passage par l’Occident lui a laissé quelques tics attachants, l’obsession de frapper aux portes, la nostalgie des déjeuners expédiés en dix minutes, un vieux blues de Chicago qu’il fredonne quand tout va bien. Cette identité de passeur, formé ailleurs et revenu chez lui, irrigue tout le récit. He Jiahong, universitaire lui-même, sait exactement de quoi il parle, et cela s’entend à chaque page.
Une requête en révision onze ans après le verdict
Le déclencheur arrive sous les traits d’un entrepreneur du bâtiment au visage rubicond, moustache et favoris, cravate de travers, estomac de buveur de bière. Zheng Jianzhong débarque sans se faire annoncer, tend une carte de visite dont il moque lui-même la vanité, écorche le nom du président américain de façon désopilante, puis pose deux liasses de billets sur la table basse. Son cadet, condamné onze ans plus tôt pour le viol et le meurtre d’une jeune voisine dans une ferme du Heilongjiang, purge une peine à perpétuité après une condamnation à mort assortie d’un sursis. Aucun avocat de la région n’a voulu du dossier. Tous ont répondu que la révision était impossible.
Le récit que fait cet homme fruste, tissé de remords et de silences, constitue l’un des grands morceaux du roman. He Jiahong y déploie une chronique paysanne d’une densité remarquable : deux orphelins de la Révolution culturelle, une ferme devenue régiment de production, les jeunes instruits envoyés à la campagne, un voisin avare surnommé selon ses œufs pourris, une jeune fille dont la beauté fait la queue devant le guichet du réfectoire. En quelques pages, tout un monde surgit, avec ses hiérarchies minuscules et ses cruautés ordinaires. Le lecteur comprend que l’affaire ne se résume pas à un dossier, mais à une communauté entière restée figée autour d’une nuit d’avril 1983.
La suite met en scène quelque chose de rarement raconté avec autant de précision : la mécanique juridique elle-même. Hong Jun explique posément qu’on ne « fait pas appel » après onze ans, qu’il faut déposer une requête en révision selon la procédure de contrôle des jugements, qu’une nouvelle décision de justice devra être rendue. Il prévient son client qu’une conviction ne vaut pas preuve et qu’il faudra du tangible. Cette rigueur, loin d’alourdir le récit, lui donne son sel. Le suspense naît autant de la question « qui a tué » que de la question « peut-on rouvrir ». La visite en prison qui suit, face à un homme de trente-cinq ans qui en paraît cinquante et qui demande à quoi bon, installe une tension morale que le livre ne lâchera plus.
Binbei sous la neige, aux confins du Heilongjiang
Quand Hong Jun descend du train à Binbei, la température fait le reste du travail. Il avait neigé la veille, les pneus ont tassé la chaussée en patinoire, le vacarme des klaxons se mêle au flot des cyclistes, et l’avocat pékinois avance sur une piste étroite creusée par des milliers de pieds, remerciant intérieurement sa secrétaire d’avoir glissé de force un bonnet de laine dans sa valise. Ce sens du détail physique traverse le roman entier. On sent le froid mordre les oreilles, on voit le givre pendre en glaçons de la barbe des chasseurs, on entend le crissement régulier des semelles dans la poudreuse. Rarement une enquête aura été à ce point tributaire de la météo.
He Jiahong écrit ce Grand Nord en connaissance de cause, lui qui y passa huit années de jeunesse à cultiver la terre. La province du Heilongjiang prend corps sous sa plume avec ses sculptures de glace en préparation pour le Nouvel An, ses restaurants où l’on commande des « Immortelles exilées sur terre » pour désigner de simples pommes de terre, son gibier omniprésent, chevreuil, faisan, lièvre, et ce fameux « dragon volant » servi aux invités de marque. La ferme visitée par l’avocat, avec sa cantine embuée, ses petits pains sortis du cuiseur, ses cochons errant autour de l’aire de battage, appartient à la saison que les gens d’ici nomment celle du chat dormant.
L’appareil de notes fourni par les traductrices Marie-Claude Cantournet-Jacquet et Xiaomin Giafferri-Huang ajoute une couche d’intelligence au dispositif. Chaque expression idiomatique, chaque jeu d’homophonie, chaque référence à la campagne antidroitière ou aux minorités Orochong et Evenk se trouve éclairée sans jamais interrompre le plaisir de lecture. L’avertissement liminaire pose d’emblée le contraste qui structure le livre : d’un côté les gratte-ciel de Shanghai et de Hong Kong, de l’autre ces immenses territoires de confins où l’on vit encore au rythme des saisons et des esprits. Le polar devient alors, presque accessoirement, un formidable document sur une Chine que la vitrine des années quatre-vingt-dix laissait dans l’ombre.
Banquets, cartes de visite et rouages de l’administration
L’un des plaisirs les plus vifs du roman tient à sa peinture de l’administration provinciale. Hong Jun se présente au tribunal à huit heures précises et se heurte d’abord à une camarade qui fait bouillir l’eau, examine longuement sa carte professionnelle et l’expédie visiter le jardin public. Il revient l’après-midi, tombe sur une cheffe de bureau charmante et inflexible, apprend que les présidents de tribunaux sont en session au comité du Parti et qu’on ne saurait les déranger pour une histoire de minutes de procès vieilles de dix ans. La scène est un petit bijou de comédie administrative, où chaque réplique polie repousse l’échéance d’un cran, et où l’avocat se demande s’il vient d’être invité à se promener ou envoyé promener.
Tout bascule grâce à une rencontre fortuite avec un ancien étudiant devenu juge, rondouillard et jovial, qui plaisante sur son embonpoint et rappelle à son professeur ce que le lien maître-élève conserve de force en Chine. Ce détour par le réseau personnel dit tout : les portes ne s’ouvrent pas par la procédure, elles s’ouvrent par la relation. He Jiahong ne dénonce rien, il montre, et cette retenue rend la démonstration bien plus efficace qu’un réquisitoire.
Vient alors le grand morceau de bravoure, ce dîner en salon particulier où le vice-président du tribunal, le secrétaire adjoint du comité du Parti, le chef du Bureau de la sécurité publique et le taciturne responsable de la police criminelle accueillent l’invité pékinois. On y trinque cul sec en récitant des formules sur la profondeur des sentiments, on y apprend l’art de verser la bière contre la paroi du verre, on y échange des dictons sur Pékin, Shenzhen et Hainan, et Hong Jun, qui n’avait jamais bu une goutte d’alcool, vide son verre sous cinq paires d’yeux avant de tousser à s’en arracher les poumons. Derrière la convivialité chaleureuse du Nord-Est, le lecteur perçoit un ballet de pouvoirs entrelacés où juges, policiers et cadres du Parti ont tous, à un titre ou à un autre, croisé l’affaire jadis. Le romancier laisse cette ambiguïté travailler seule, et elle travaille magnifiquement.
La pomme à demi épluchée et la fabrique de la preuve
Le dossier que l’avocat consulte enfin tient en une heure de lecture : procédure d’accusation, rapport d’enquête sur les lieux, photographies, comptes rendus d’interrogatoire, conclusions du médecin légiste, verdict. Trois éléments avaient emporté la conviction du tribunal en 1983. He Jiahong prend le temps de les exposer un à un, avec la clarté d’un professeur qui tient à ce que son auditoire suive, et le lecteur se retrouve promu juré d’un procès rejugé sous ses yeux. Cette transparence est un choix courageux : le romancier renonce à l’effet de surprise facile pour offrir à la place le plaisir, plus rare, de raisonner en même temps que son héros.
La démonstration centrale mérite qu’on s’y arrête sans en dévoiler l’issue. Sur les lieux avait été retrouvée une pomme à demi épluchée, sa longue spirale de peau encore attachée, et un couteau taché de sang. Hong Jun descend acheter un kilo de pommes, en tend une à son ancien étudiant, l’observe travailler, puis pose côte à côte le fruit fraîchement pelé et le cliché d’archives. Le sens dans lequel tombe l’épluchure devient soudain une donnée capitale. Cette scène, d’une simplicité désarmante, vaut toutes les analyses de laboratoire, et elle installe la manière du personnage : partir du geste concret, du corps, de l’habitude, plutôt que de la théorie.
Le reste du chapitre creuse la question de la preuve scientifique dans un pays qui se modernise à vitesse inégale. On y apprend qu’un groupe sanguin identifie un ensemble et non un individu, que la technique d’analyse d’ADN existe désormais mais reste hors de portée d’une unité de base, qu’un médecin légiste chevronné a conservé des pièces à conviction dans une armoire sans serrure pendant onze ans. He Jiahong y ajoute une réflexion sur les aveux et sur ce silence obstiné que l’accusé opposa jadis à ses juges. L’explication psychologique qu’en propose Hong Jun, articulée autour de la notion de victime indirecte et d’un amour poussé jusqu’à la vénération, compte parmi les plus belles pages du livre.
Collets, chasseurs et dieu de la montagne
Un colosse traverse le roman de part en part, manteau court en peau de mouton blanche, balles de cuivre pendues à la ceinture, bottes de feutre protégées de cuir, fusil à double canon coiffé d’un bonnet de fourrure, et une énorme cicatrice sur le front. On l’appelle Gigantesque Vieux Bao. Sa première apparition, dans une salle de restaurant où quatre voyous tourmentent une malheureuse en agitant un os sous son nez, suffit à imposer sa stature morale. Le poing s’abat, l’ordre revient, et Hong Jun se découvre l’allié le plus improbable qui soit. La figure du chasseur solitaire, taillée à la serpe mais jamais caricaturale, apporte au récit une bouffée d’air froid et de liberté.
Les pages consacrées à son savoir constituent un régal ethnographique. Vieux Bao explique comment poser les collets sur le passage des « sauteurs des montagnes », comment les placer plus haut quand la lune éclaire, car les lièvres détalent alors et sautent, plus bas quand la nuit est noire et qu’ils rasent le sol. Il enseigne que les champignons tête de singe vivent en couple et qu’il faut toujours regarder l’arbre d’en face. Il interdit qu’on s’asseye sur certaine bûche, siège du dieu de la montagne, et raconte l’histoire de celui qui n’y crut pas et fut écrasé par un cadavre suspendu, ces grosses branches sèches restées accrochées dans les arbres après un abattage.
Ce matériau n’est jamais décoratif. Il fournit au roman sa tension la plus profonde, celle qui oppose un docteur en droit convaincu des capacités illimitées de la connaissance humaine à un monde où tout, absolument tout, possède une âme. Le prologue avait posé la question sans détour : comment la logique déductive d’un Sherlock Holmes chinois va-t-elle s’accommoder de l’irrationalité des croyances locales ? He Jiahong ne tranche pas en faveur du mépris. Son héros lui-même se souvient d’un musée de San Francisco et de la photographie d’un homme aux quatre pupilles, et reconnaît que l’inexplicable lui donne froid dans le dos. La chasse, la neige, le silence des crêtes deviennent alors le théâtre où cette question se joue vraiment.
Quatre vers gravés à l’entrée de la grotte
Un rocher, à l’entrée de la grotte de l’Ours noir, porte une inscription en gros caractères dont nul ne sait à quelle époque elle remonte. Quatre lignes qui parlent d’un immortel caché dans la montagne, d’un ciel bleu tapi dans la caverne, d’une œuvre du diable où le bien et le mal s’enchevêtrent, et d’un cadavre qui tient compagnie à la pierre. He Jiahong a placé ces vers en ouverture de son livre, avant même que son avocat n’ait ouvert son premier dossier, et ils fonctionnent comme une clé remise au lecteur dès le seuil. Tout le roman consistera à défaire patiemment cet enchevêtrement.
Ce qui frappe, au terme de la lecture, c’est l’ampleur du programme tenu. Voici un polar de facture classique, avec sa révision de procès, ses fausses pistes et son enquêteur méthodique, qui parvient simultanément à documenter une province, à raconter une génération sacrifiée aux campagnes politiques, à décrire la naissance d’une profession libérale et à ménager, en contrepoint, une histoire d’amour étudiante suspendue depuis onze ans. Le montage alterné entre l’enquête présente et les souvenirs pékinois de Hong Jun, entre la ville et la forêt, entre la déduction et le mythe, donne au livre un tempo ample qu’on ne trouve guère dans le thriller occidental. La postface de l’auteur, datée de février 1995, rappelle que ce juriste rêvait d’écrire depuis toujours et qu’il a dégagé un coin de son bureau encombré pour s’y risquer. Le rêve tenait la route.
Reste la portée civique de l’ensemble, jamais assénée mais constamment présente. Un juge y admet qu’un détail lui avait échappé et déclare qu’il vaut mieux corriger ses erreurs que les camoufler. Un avocat rappelle qu’une conviction n’est pas une preuve. Un homme attend depuis onze ans dans une cellule qu’on veuille bien réexaminer son cas. Écrit par un professeur de droit pénal engagé dans la réforme de la justice de son pays, « Crime de sang » transforme cette conviction en récit, et le récit en plaisir. C’est peut-être là son plus bel accomplissement : faire tenir une leçon de procédure dans un roman qu’on lit une lampe allumée, la neige tombant sur les montagnes du Daxing’an.
À lire aussi
Mots-clés : polar chinois, erreur judiciaire, révision de procès, Heilongjiang, Jiahong He, enquête criminelle, Crime de sang
Extrait Première Page du livre
« Prologue
La montagne de l’Ours noir s’élève au milieu de la chaîne située au sud-est de Binbei, dans la province du Heilongjiang. C’est là que se trouve la grotte de l’Ours noir. Elle est large de plus de dix mètres, haute d’environ dix mètres et profonde de vingt à trente mètres. À l’intérieur, s’ouvrent deux autres grottes plus petites. Celle de droite n’a qu’une dizaine de mètres de profondeur, mais jamais personne n’est allé voir jusqu’où s’enfonce celle de gauche. À l’entrée de la grotte principale, un rocher porte une inscription de quatre lignes en grands caractères dont on ne sait à quelle époque elle remonte :
Dans la montagne de l’Ours noir se cache un immortel,
Dans la grotte de l’Ours noir se tapit le ciel bleu ;
Soupirant que cesse l’œuvre du diable : bien et mal enchevêtrés,
On plaint le cadavre qui tient compagnie au rocher.
Un jour du début de l’hiver 1994, notre héros, l’avocat Hong Jun1, était venu chasser dans la montagne de l’Ours noir en compagnie de Gu Chunshan, le secrétaire adjoint du comité du Parti de Binbei, et de ses amis. Une panne de voiture les avait contraints à passer la nuit dans la grotte de l’Ours noir. Ce soir-là, Hong Jun et Gu Chunshan vécurent, à l’intérieur de cette grotte, un phénomène étrange qui, dans la bouche des habitants du district, se transforma peu à peu en un conte fantastique.
Une fois la nuit tombée, les étranges rochers déchiquetés de la grotte de l’Ours noir se teintaient encore davantage de mystère. Gu Chunshan, enveloppé dans son sac de couchage, se mit à émettre un ronflement régulier. Hong Jun, assis auprès du feu qu’ils avaient allumé au centre de la grotte, le ranimait de temps en temps en y jetant quelques brindilles. Celui qu’ils avaient fait à l’entrée n’était déjà plus que cendres et la forêt du versant d’en face s’était métamorphosée en un gigantesque monstre noir qui les épiait avec les plus mauvaises intentions du monde. Hong Jun, qui n’avait aucune envie de quitter la douce chaleur et la clarté de son abri, l’avait laissé s’éteindre et reprendre sa couleur sombre qui lui permettait de se fondre dans la masse de la forêt. Soudain, une rafale d’un vent violent descendit des sommets et dispersa le tas de cendres en faisant jaillir des étincelles rougeoyantes qui dansaient comme autant de feux follets. Une sourde appréhension s’empara de Hong Jun à son corps défendant.
Devant les mystères insondables de la nature, songea-t-il, l’homme ne peut que ressentir son impuissance. Il avait toujours eu un point de vue matérialiste sur les choses et une absolue confiance dans les capacités illimitées de la connaissance humaine ; il lui avait aussi fallu traverser d’innombrables épreuves avant de pénétrer dans le temple de la science et de ceindre la couronne de laurier du docteur en droit et, malgré tout, la seule pensée de ce qui pouvait exister, en réalité, dans notre galaxie et au-delà lui donnait toujours froid dans le dos, à l’instar de ses ancêtres qui s’inclinaient et se prosternaient, tremblants de tous leurs membres, devant l’éclair ou le tonnerre. Ce que l’homme n’explique pas – y compris l’homme lui-même – engendrait toujours chez lui une crainte dont il ne saurait dire le pourquoi. »
- Titre : Crime de sang
- Titre original : Shenmi de guhua
- Auteur : Jiahong He
- Éditeur : Editions de l’Aube
- ISBN : 9782815961110
- Format : Poche
- Nationalité : Chine
- Langue : Français
- Traduction : Marie-Claude Cantournet-Jacquet et Xiaomin Giafferri-Huang
- Date de publication : 14/06/2024
- Nombre de pages : 541 pages
- Genre : Roman policier, polar judiciaire
- Sujets traités : Erreur judiciaire, révision de procès, enquête criminelle, justice chinoise, Heilongjiang, Révolution culturelle, chasse et croyances populaires, corruption administrative
Résumé
Hong Jun vient d’ouvrir son cabinet à Pékin après six années passées aux États-Unis, un doctorat en droit et deux ans d’exercice dans un cabinet de Chicago. Les affaires tardent à venir, jusqu’au jour où un entrepreneur du bâtiment originaire du Heilongjiang pousse sa porte. Son frère cadet a été condamné onze ans plus tôt pour le viol et le meurtre d’une jeune voisine dans une ferme de la province. Peine capitale avec sursis, commuée en perpétuité. L’homme jure que son cadet est innocent et qu’aucun avocat de la région n’a jamais accepté de rouvrir le dossier.
Direction le Grand Nord, ses routes verglacées, ses tribunaux endormis et ses banquets arrosés d’alcool blanc. Entre les archives d’un procès de 1983, les souvenirs d’un amour étudiant resté en suspens et les récits d’un chasseur solitaire qui vit dans une grotte au flanc de la montagne de l’Ours noir, Hong Jun va devoir démêler ce que les quatre vers gravés à l’entrée de la caverne annonçaient déjà : une œuvre où le bien et le mal sont inextricablement enchevêtrés.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















