Birnam wood d’Eleanor Catton : le thriller néo-zélandais qui creuse là où ça fait mal

Birnam wood de Eleanor Catton

Top polars à lire absolument

Le Pendu de la Porte-Bergère de Bruno Malivert
La clinique du lendemain de Caroline Comte
Vigne rouge de Jean Michel Bourgeois et Dominique Viala

Le col de Korowai, une route coupée et une ville en impasse

Une route s’effondre, et c’est toute une géographie qui se réorganise. Eleanor Catton installe son roman dans un décor d’une précision presque cadastrale : le col de Korowai, fermé depuis la fin de l’été après une série de séismes superficiels qui ont déclenché un glissement de terrain. Cinq morts, un poids lourd précipité dans un ravin, une ligne à haute tension arrachée, un viaduc pulvérisé. La montagne néo-zélandaise ne fait pas de sentiment, et le récit s’ouvre sur ce constat d’ingénieur avant de laisser affleurer le vertige.

Thorndike, petite bourgade adossée au parc national et bordée par le lac, se retrouve du coup en cul-de-sac. Une seule direction reste praticable. L’économie locale, qui vivait des routiers et des touristes de passage, se rétracte à vue d’œil : les cafés ferment les uns après les autres, la station essence réduit ses horaires, un mot d’excuse fleurit dans la vitrine de l’office du tourisme. Catton excelle à saisir ces détails de dépeuplement ordinaire, ces symptômes minuscules qui disent l’agonie d’un lieu mieux que n’importe quel discours. Et parmi les conséquences discrètes de la catastrophe figure le retrait silencieux d’une annonce immobilière : une ancienne ferme ovine de cent cinquante-trois hectares, présentée comme le projet de lotissement du siècle, disparaît du marché.

Ce détail administratif, glissé entre deux paragraphes, constitue le véritable point d’allumage du roman. Une auteure moins ambitieuse aurait ouvert sur un cadavre ; Catton préfère ouvrir sur un formulaire annulé. Elle bâtit ainsi une tension d’un genre rare, où la menace ne surgit pas d’un couteau mais d’un titre de propriété. La vallée devient un espace à la fois fermé et convoité, un huis clos à ciel ouvert où plusieurs volontés vont converger sans le savoir. Le paysage de Korowai, avec ses glaciers, ses failles et ses grondements telluriques quotidiens, y respire comme un décor incarné, jamais réduit à une carte postale. La romancière néo-zélandaise sait que dans son pays, la terre bouge tout le temps, et que cette instabilité permanente fournit la métaphore parfaite d’un monde où plus rien ne repose sur du solide.

Birnam Wood, le jardinage clandestin comme acte politique

Cultiver sans posséder : voilà le programme, aussi simple qu’explosif, du collectif qui donne son nom au livre. Birnam Wood entretient officiellement huit potagers disséminés en ville, aménagés dans les jardins de maisons de retraite, d’écoles maternelles, à côté du parking d’un cabinet dentaire, le plus souvent dans les arrière-cours de logements étudiants. Le principe est limpide : en échange d’un accès à l’espace et à un point d’eau, les hôtes reçoivent la moitié de la production. Le reste part en cartons vers les plus démunis, ou se vend au bord des routes. Personne ne touche de salaire, tous les actifs appartiennent à la collectivité, et la charte règle jusqu’à l’achat des graines.

Ce visage officiel n’est pourtant que la partie visible. L’essentiel de ce que le groupe récolte a été semé sans autorisation, sur les bas-côtés, le long des clôtures, près des bretelles d’autoroute, dans les chantiers de démolition et les casses automobiles. Pour opérer en plein jour, les membres enfilent des gilets de sécurité afin de faire croire à une intervention municipale. Catton documente cette économie parallèle avec une gourmandise de reporter : les cheveux récupérés chez les coiffeurs pour éloigner les limaces, les vieux collants enfilés sur les choux, la laine emmêlée déposée en épouvantail, les bouteilles coupées en deux transformées en cloches. Rien n’y sonne théorique, tout y sent le terreau.

L’intelligence du livre tient à ce qu’il prend cette utopie potagère absolument au sérieux. Les réunions du collectif, avec leur animation tournante, leurs cinq phases réglementaires et leurs doigts levés vers le haut, vers le bas ou sur le côté pour signaler l’accord, l’opposition ou l’abstention, sont rendues avec une exactitude ethnographique irrésistible. La romancière observe la fracture interne entre les idéologues, combatifs et scrupuleux, et les bonnes âmes, plus fiables mais obsédées par le respect du protocole. Elle sourit, souvent, sans jamais ricaner. Ce que Birnam Wood met en scène, ce n’est pas une bande de rêveurs à moquer, mais une génération qui cherche sincèrement comment agir, et qui découvre que la vertu collective se heurte très vite à la comptabilité.

Mira, Shelley et Tony, trois façons de servir la même cause

Mira Bunting a vingt-neuf ans, une formation d’horticultrice et un talent redoutable pour la fabrication d’identités. June Crowther, retraitée de soixante-huit ans, profondément sourde et donc joignable uniquement par e-mail, n’est que l’une des créatures qu’elle promène de site en site pour approcher les agents immobiliers. Fondatrice du collectif, Mira porte une ambition qui dépasse largement l’équilibre budgétaire : rien de moins que la transformation radicale et durable de la société, pourvu qu’on ouvre enfin les yeux des gens sur toute cette terre fertile qui les entoure. Généreuse jusqu’à l’imprudence, réfractaire à l’auto-analyse, elle préfère les ennemis aux rivaux et transforme volontiers les seconds en premiers.

Shelley Noakes tient les comptes, les plannings et l’appartement. Elle est entrée dans l’aventure il y a plus de quatre ans et demi, en abandonnant à quinze crédits de la fin une licence de lettres et un mémoire sur la fantasy pour adolescents. Sa mère, consultante en recrutement, divise l’humanité entre les personnes douées pour la vente et celles douées pour le service, maxime que Mira a jadis pulvérisée en public. Catton construit ce duo avec une acuité psychologique remarquable : Shelley, à force d’incarner la normalité qui rend Mira crédible, s’est vue reléguée au rôle de faire-valoir raisonnable, et elle en éprouve désormais une lassitude qu’elle n’ose nommer.

Arrive Tony Gallo, revenu du Mexique après des années d’enseignement et de vagabondage latino-américain. Cadet d’une famille catholique rigoriste gouvernée par un père médecin qui affichait sur le frigo le calendrier des punitions infligées à ses enfants, il s’est construit en contradicteur professionnel. Philosophie politique, mémoire contre l’anti-humanisme post-structuraliste, goût féroce du débat et de la traque à l’hypocrisie, à commencer, jure-t-il, par la sienne. Sa réapparition rouvre des comptes anciens. Le trio que forment ces trois-là ne repose pas sur un triangle amoureux facile mais sur quelque chose de plus retors : trois conceptions incompatibles de la pureté militante, chacune persuadée de servir la cause commune. Catton les laisse s’expliquer longuement, et ces joutes comptent parmi les pages les plus vivantes du livre.

Robert Lemoine, ses drones et le bunker enfoui dans la colline

Il pilote lui-même son avion, cumule plus de mille trois cents heures de vol en deux ans, et considère le décollage comme une forme de sacrement. Robert Lemoine, cofondateur et ancien PDG d’Autonomo, fabricant américain de drones coté au S&P 500, débarque dans la vallée avec la souveraineté tranquille de ceux qui n’ont plus besoin de se justifier. Milliardaire, serial entrepreneur, veuf d’une épouse morte dans un accident d’hélicoptère qui a beaucoup fait parler, il réserve toujours deux suites de luxe simultanément, possède ses bagages en double et laisse dans chaque chambre un ordinateur portable piégé à l’intention des curieux. Ses gardes du corps, anciens du Mossad, s’ennuient prodigieusement.

Sa façade officielle est celle du survivaliste fortuné : un homme qui traite chaque catastrophe comme une opportunité et vient enterrer un bunker en Nouvelle-Zélande, livré en kit dans une dizaine de containers stationnés au port de Lyttelton. Le cliché est si conforme qu’il en devient un déguisement parfait. Catton s’amuse de cette panoplie tout en la prenant au sérieux, car sous la caricature du cleptocrate clairvoyant se cache une intelligence stratégique redoutable, adepte de la théorie du fou, capable de cultiver son propre personnage d’excentrique paranoïaque pour que nul n’ose l’interroger.

La séquence où il neutralise techniquement une intruse compte parmi les grands moments de tension du roman, et elle ne comporte pas un coup de feu. Antenne-relais mobile sur remorque, appareil IMSI-catcher, drone en vol stationnaire, interception des communications, capacité d’envoyer et de modifier des messages au nom d’autrui : la démonstration est glaçante précisément parce qu’elle est banale. Personne ne lève jamais les yeux vers le ciel, note l’auteure, et personne ne s’étonne qu’un téléphone chauffe. Lemoine fascine parce qu’il propose, plutôt qu’une menace frontale, un marché. Il repère chez d’autres l’instinct du braconnier, s’en amuse, et laisse traîner devant eux un appât d’une taille déraisonnable. La grande réussite du portrait tient à ce qu’il ne caricature jamais l’homme d’argent en monstre théorique. Il le rend charmant, drôle, disponible, et infiniment plus dangereux pour cela.

Sir Owen et Lady Darvish, la ferme, le titre et les nuisibles

Un dollar par lapin : c’est ainsi qu’à dix-sept ans, Owen Darvish a commencé, en débarrassant les champs voisins de leurs nuisibles avec une carabine à air comprimé de calibre 22 et un couteau à dépecer au manche en buis, deux cadeaux paternels qui trônent aujourd’hui dans un écrin de présentation au salon. Fils d’employé d’abattoir, il a écorché ses premières carcasses, écoulé les peaux auprès d’une usine de feutre, puis, faute de pouvoir fournir des factures, s’est constitué en société à dix-neuf ans avec un comptable, un service de boîte vocale et un pot de peinture jaune pour pochoir sur les portières de sa camionnette. Quarante ans plus tard, Darvish Éradication Nuisibles travaille avec les grandes filières agricoles, les iwi, les conseils municipaux et les ministères.

Son anoblissement, annoncé peu après le glissement de terrain, ressemble à un lot de consolation offert à toute la région. Catton en tire une comédie sociale savoureuse, entre les subtilités protocolaires de l’étoile de poitrine et du badge, les dîners entre vieux amis où l’on rivalise de frugalité en début de soirée et d’obscénité une fois le champagne descendu, et la découverte que les menus déroulants des compagnies aériennes ignorent superbement le titre de Lady. Le couple est croqué avec une affection réelle. Jill Darvish, animatrice d’ateliers santé mentale, possède l’art discret de panser les ego autour d’une table, et c’est elle, non son mari, qui est la véritable enfant de Thorndike : la ferme est sa maison d’enfance, héritée à la mort de son père.

Ce que Catton réussit ici tient de l’équilibrisme. Darvish aurait pu n’être qu’un boomer prospère à charger de tous les péchés. Il est au contraire un homme sincèrement attaché à son coin de vallée, ému par la perruche de Malherbe à front orange qu’il rêve de sauver de l’extinction, et suffisamment lucide sur les compromis qui ont fait sa fortune pour ne jamais les regarder en face trop longtemps. Son partenariat avec une firme technologique américaine devait couronner sa carrière. Il ouvre surtout, sans qu’il s’en doute, une porte que personne ne referme.

La phrase longue et le regard mobile d’Eleanor Catton

Ce qui saisit d’emblée, c’est l’ampleur respiratoire de la phrase. Catton écrit de longues périodes à subordonnées enchâssées, capables d’accueillir une biographie complète, un raisonnement économique et une pointe d’ironie sans jamais perdre le fil. Elle pratique avec maestria le discours indirect libre, cette technique héritée du grand roman du dix-neuvième siècle qui permet d’épouser la pensée d’un être tout en gardant sur lui un léger surplomb. Le lecteur se retrouve ainsi installé successivement dans plusieurs consciences, adoptant leurs justifications, leurs angles morts et leurs orgueils, avant de basculer sans transition dans la tête de leur adversaire immédiat. Personne n’a entièrement tort, et c’est précisément ce qui rend la lecture inconfortable au meilleur sens du terme.

Le titre annonce la couleur. Emprunté à Macbeth, il place le récit sous le signe de la prophétie que l’on croit impossible et qui finit par marcher sur la colline. L’exergue reproduit la réplique de la troisième apparition, et le clin d’œil circule jusque dans les dialogues, où un père moqueur demande rituellement à son fils militant qui joue le rôle de Macbeth. Cette armature shakespearienne n’est pas un ornement de bibliothèque : elle irrigue la structure en trois parties, distribue les ambitions, et confère au moindre calcul immobilier une résonance tragique.

Catton manie par ailleurs une satire d’une rare finesse, qui n’épargne aucun camp et ne condamne personne. La rhétorique militante, le jargon de la disruption, la mythologie néo-zélandaise du bricoleur ingénieux, la déférence contemporaine envers tout ce qui paraît radicalement imprévisible : tout y passe, avec une justesse d’oreille qui doit beaucoup, dans la version française, à la traduction souple et nerveuse de Marguerite Capelle. L’ensemble avance à la vitesse d’un thriller tout en pensant à celle d’un essai, et cette double allure constitue sans doute la signature la plus reconnaissable du livre. Rares sont les romans capables de faire tenir dans le même paragraphe une plaisanterie potache, une notation botanique et une réflexion sur la propriété foncière.

Un potager et un bunker sur la même colline

Deux chantiers, un seul versant. D’un côté, des semis, des bidons d’eau traînés depuis le lac, des tunnels en plastique et une table de rempotage. De l’autre, des pelleteuses, des containers, des mobil-homes préfabriqués et une excavation dont personne ne discute la finalité. Cette cohabitation improbable résume la mécanique entière du livre : deux visions du futur creusent le même sol, l’une pour y faire pousser quelque chose, l’autre pour y descendre. Elles se croisent, se rendent mutuellement service, s’observent avec une curiosité teintée d’admiration. Catton refuse la facilité qui consisterait à opposer les purs aux corrompus, et préfère montrer combien il est aisé, pour chacun, de se raconter une histoire flatteuse sur ses propres compromis.

L’expérience de lecture s’apparente à celle d’une lente montée en pression atmosphérique. On croit d’abord tenir une chronique sociale néo-zélandaise, ironique et documentée. On s’aperçoit progressivement que le sol est miné, que les micro-séismes de la région ne sont peut-être pas tous fortuits, et que le suspense s’est installé sans crier gare, par accumulation de détails plutôt que par coups de théâtre. Le dernier tiers accélère avec une brutalité maîtrisée, et l’on comprend rétrospectivement que chaque conversation de comité, chaque virement bancaire, chaque phrase apparemment anodine était un rouage.

Reste, une fois le livre refermé, une question qui ne se laisse pas ranger. À quel moment exact accepte-t-on ce qu’on avait juré de combattre, et sous quel prétexte ? Eleanor Catton pose la question sans y répondre, en romancière plutôt qu’en moraliste, et confie le verdict à ceux qui la lisent. Le lecteur de polar y trouvera une tension patiemment tressée, l’amateur de littérature une prose ample et une architecture impeccable, et tous deux la sensation, assez rare, d’avoir lu un livre qui parle du monde tel qu’il tourne en ce moment précis. Cent cinquante-trois hectares suffisaient, apparemment, à contenir tout cela.

À lire aussi

Mots-clés : Birnam wood, Eleanor Catton, thriller politique, Nouvelle-Zélande, militantisme écologiste, milliardaire survivaliste, Buchet Chastel


Extrait Première Page du livre

« I

Le col de Korowai était fermé depuis la fin de l’été, lorsqu’une série de tremblements de terre superficiels avait déclenché un glissement de terrain. Ce dernier avait enseveli toute une portion de la route, tué cinq personnes et précipité un poids lourd dans un ravin, où il était allé rebondir sur une ligne à haute tension avant de labourer profondément le flanc de la montagne, puis de terminer sa course en explosant sur un viaduc, en contrebas. Il avait fallu des semaines pour pouvoir récupérer les corps sans risques et évaluer convenablement l’étendue des dégâts. À ce stade, les températures avaient commencé à chuter, et les jours raccourcissaient à vue d’œil. On ne pourrait rien faire avant le printemps. La route avait été barrée de chaque côté des montagnes, et la circulation déviée – vers l’ouest, en contournant le lac Korowai par la rive opposée, et vers l’est, à travers une mosaïque de terres agricoles et le lacis des rivières qui s’écoulaient à travers les plaines, jusqu’à la mer.

La petite ville de Thorndike, située juste au nord du col, sur les contreforts du massif de Korowai, était bordée d’un côté par le lac et de l’autre par le Parc national de Korowai. La fermeture du col créa donc un cul-de-sac : coupée du Sud, la ville était désormais enclavée de toute part, à l’exception d’une seule direction. Comme dans la majeure partie de la Nouvelle-Zélande rurale, l’économie locale dépendait essentiellement du commerce des routiers et des touristes qui traversaient la bourgade, et quand les équipes de secours et de télévision finirent par plier bagage et s’en aller, de nombreux habitants de Thorndike partirent avec eux, à regret. Les cafés et les magasins de souvenirs qui bordaient la grand-route se mirent à fermer, les uns après les autres ; la station essence réduisit ses horaires ; un mot d’excuse fut affiché dans la vitrine de l’office du tourisme ; et l’ancienne ferme ovine qui occupait le fond de la vallée, et que l’annonce immobilière qualifiait de « projet de lotissement du siècle » à Thorndike, fut discrètement retirée de la vente.

C’est ce dernier incident qui attira l’attention de Mira Bunting, vingt-neuf ans, horticultrice de formation et fondatrice d’un collectif militant que ses membres avaient baptisé Birnam Wood. Mira n’était jamais allée à Thorndike, et n’avait ni l’intention ni les moyens d’y acquérir un lopin de terre, même minuscule, mais elle avait repéré cette annonce au moment où celle-ci avait fait son apparition sur Internet, cinq ou six mois plus tôt. Sous un pseudonyme, elle avait écrit à l’agent immobilier afin de manifester son intérêt pour le projet de lotissement, et demander si des terrains étaient déjà vendus. »


  • Titre : Birnam wood
  • Titre original : Birnam wood
  • Auteure : Eleanor Catton
  • Éditeur : Buchet Castel
  • ISBN : 9782283037485
  • Format : Broché
  • Nationalité : Nouvelle-Zélande
  • Langue : Français
  • Traduction : Marguerite Capelle
  • Date de publication : 11/01/2024
  • Nombre de pages : 560 pages
  • Genre : Thriller psychologique et politique
  • Sujets traités : Militantisme écologiste, capitalisme prédateur, surveillance et drones, terres rares, survivalisme des milliardaires, compromis moral, propriété foncière, Nouvelle-Zélande rurale

Résumé

Une série de séismes superficiels a provoqué un glissement de terrain qui coupe le col de Korowai, en Nouvelle-Zélande. La petite ville de Thorndike se retrouve enclavée, son économie s’effondre, et une ancienne ferme ovine de cent cinquante-trois hectares est discrètement retirée du marché immobilier. Mira Bunting, vingt-neuf ans, horticultrice de formation et fondatrice du collectif de jardinage clandestin Birnam Wood, repère l’information et flaire l’occasion rêvée pour son groupe, qui cultive depuis cinq ans des potagers autorisés en ville et bien d’autres qui ne le sont pas.
Sur place, elle croise Robert Lemoine, cofondateur d’un géant américain du drone, milliardaire venu enterrer un bunker survivaliste dans la colline. Loin de la dénoncer, il lui propose un financement d’une ampleur inespérée. Au même moment, le propriétaire des lieux, Owen Darvish, chasseur de nuisibles devenu chef d’entreprise et fraîchement anobli, savoure sa reconnaissance nationale sans mesurer ce qui se joue sur ses terres. Trois ambitions convergent vers la même vallée, et le sol, dans cette partie du monde, n’a jamais été très stable.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


Laisser un commentaire