Sang chaud d’Un-su Kim : la pègre de Busan comme vous ne l’avez jamais lue

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Sang chaud de Un-su Kim

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Guam, un royaume de brume et de béton

Il existe à Busan un quartier que les cartes touristiques préfèrent ignorer, et c’est précisément là que Un-su Kim plante son décor. Guam n’est pas une ville glamour, encore moins une carte postale. C’est un port de seconde catégorie, rongé par l’humidité salée, où les voyous ne portent pas le costard, contrairement à leurs confrères tirés à quatre épingles du reste de la métropole. Ici, on attend sur les quais les bateaux russes chargés de contrebande, on vole un peu de chaleur aux feux des dockers, on traîne ses guêtres entre la digue et le phare rouge.

Ce qui frappe d’emblée, c’est le brouillard. Un brouillard tenace, gorgé d’humidité, doté d’une odeur tellement particulière que les habitants en débattent depuis des décennies, les uns y voyant des algues en décomposition, les autres des eaux usées rejetées sans traitement. Cette brume devient une signature olfactive du lieu, un emblème plus authentique que le vieux funiculaire dont Guam tire pourtant sa fierté. L’auteur transforme un défaut géographique en élément poétique, et c’est là toute sa malice.

Guam fonctionne comme un microcosme clos, presque insulaire, où chacun connaît chacun et où les rivalités territoriales pèsent lourd. L’île de Châtaigne, l’entrepôt Coucou, la grande plage en demi-lune, autant de points cardinaux d’une géographie intime que le lecteur apprend à arpenter. Loin des néons de Haeundae ou de l’agitation de Seomyeon, ce coin oublié possède ses propres lois, sa propre temporalité, sa propre fatalité. Un-su Kim ne se contente pas de situer son intrigue dans un lieu : il construit un territoire mental, un huis clos à ciel ouvert dont les frontières semblent infranchissables pour qui y est né. On comprend vite que sortir de Guam relève moins de la distance géographique que d’un arrachement intérieur.

Huisu, l’homme de main au seuil de la quarantaine

Au cœur de ce paysage évolue Huisu, gérant de l’hôtel Mallijang et homme de main pour la pègre locale. À l’approche de la quarantaine, il traîne derrière lui un parcours fait de coups tordus, de séjours en prison et de nuits dilapidées au casino. Loin du tueur charismatique et flamboyant des polars classiques, c’est un personnage usé, lucide, presque résigné, qui boit son café l’estomac vide en râlant qu’on l’ait réveillé trop tôt. Sa fatigue n’est pas seulement physique : elle est existentielle.

Toute la finesse de Kim réside dans cette manière de saisir un homme à un moment de bascule. Huisu n’a jamais eu de vrai foyer depuis qu’il a quitté l’orphelinat de Mojawon dix-sept ans plus tôt. Auberges, salles de jeu, chambres mitoyennes de bars, prison : une existence flottante, sans attache, qu’il résume d’un sourire désabusé face à ceux qui croient naïvement enviable de vivre à l’hôtel. Cette précarité affective, l’auteur la creuse sans pathos, par petites touches, à travers les souvenirs d’une jeunesse passée à fuir un quartier qui l’étouffait et une mer infinie qui ne lui a apporté que de l’ennui.

Ce qui rend Huisu attachant, c’est précisément son ambivalence. Il appartient à un monde violent dont il maîtrise tous les codes, mais quelque chose en lui résiste à la brutalité ordinaire. Il observe, il doute, il s’attendrit parfois là où on ne l’attend pas. Kim refuse la caricature et préfère explorer les zones grises, là où un homme de la pègre peut éprouver de la lassitude, de la nostalgie, voire une forme de tendresse rentrée. Cette épaisseur psychologique transforme un simple second couteau en figure profondément humaine, dont on suit les hésitations avec une curiosité grandissante. Huisu porte en lui le tragique de ceux qui voudraient changer de vie sans savoir si la chose est encore possible.

L’hôtel Mallijang et l’empire de Père Sohn

Le Mallijang n’est pas qu’un décor : c’est le centre névralgique de toute l’intrigue. Bâti en 1913 par des Japonais charmés par la côte, ce vieil édifice en demi-lume épouse la courbe de la plage et porte le nom pompeux de Manoir aux dix mille lieux. Depuis trente ans, il appartient à Père Sohn, vieux parrain dont un procureur ambitieux affirmait jadis devant le tribunal que tous les crimes de Guam s’y fomentaient, sans jamais parvenir à le prouver. L’hôtel devient ainsi le symbole d’un pouvoir occulte, enraciné dans le temps et protégé par le silence.

Père Sohn est une figure fascinante de patriarche criminel. Affable, paternaliste, soucieux de vanter les bienfaits du thé au ginseng à son gérant maussade, il dissimule derrière ses manières bienveillantes une autorité absolue et une intelligence redoutable. Kim excelle à dessiner cette relation ambiguë entre le vieux maître et son homme de confiance, faite de respect, de dépendance et de tensions souterraines. Les dialogues entre les deux hommes, savoureux, révèlent autant qu’ils dissimulent, et l’on devine sous l’apparente cordialité des rapports de force prêts à se renverser.

Autour de cet empire vieillissant gravitent contrebande, fausse huile de sésame, haricots maquillés, proxénétisme et marchandises russes entreposées dans le fameux entrepôt Coucou. Mais ce monde est menacé : la guerre déclarée contre les criminels rebat les cartes, les bandes rivales lorgnent sur le territoire, et les équilibres anciens vacillent. L’auteur installe patiemment un climat d’instabilité où l’on sent qu’une époque touche à sa fin. Le Mallijang, avec ses murs vieillissants et son histoire chargée, incarne à lui seul cette pègre du passé que la modernité et la cupidité des plus jeunes s’apprêtent à balayer. C’est tout un ordre ancien qui craque sous nos yeux, et Kim en orchestre le délitement avec une remarquable maîtrise du tempo.

Une pègre de la marge, loin du clinquant des films

Quiconque s’attend à un ballet de fusillades stylisées et de règlements de comptes spectaculaires sera surpris. Un-su Kim prend résolument le contre-pied de l’imagerie hollywoodienne ou des films de gangsters coréens à grand spectacle. Sa pègre est minable, fauchée, profondément humaine dans sa médiocrité. Les voyous de Guam économisent leurs sous, traînent au bord de la rivière à regarder barboter les canards, se chamaillent pour des broutilles. La violence existe, bien réelle, mais elle est sale, pathétique, dénuée de toute esthétisation héroïque.

Cette approche désenchantée constitue l’une des grandes réussites du roman. En refusant la mythologie du gangster, l’auteur rend ses personnages d’autant plus crédibles et touchants. Les seconds couteaux comme Oupas, les frères gardiens de l’île de Châtaigne, les sous-fifres aux surnoms cocasses : tout ce petit peuple de la marge existe avec une densité saisissante. Kim leur accorde une attention quasi documentaire, observant leurs rituels, leurs hiérarchies dérisoires, leurs loyautés fragiles avec un mélange d’ironie et de tendresse.

Il y a chez Kim une veine sociale indéniable. Derrière les trafics et les coups tordus se devine le portrait d’une frange oubliée de la société coréenne du début des années 1990, ces hommes que le miracle économique a laissés sur le bord du chemin. La pègre devient ici le refuge de ceux qui n’ont nulle part où aller, un dernier filet pour les déclassés, les orphelins, les inadaptés. Cette dimension confère au récit une profondeur inattendue, le hissant bien au-dessus du simple roman de genre. On pense parfois à certains polars sociaux où la criminalité n’est que le symptôme d’un mal plus vaste, et Kim s’inscrit avec naturel dans cette lignée exigeante, sans jamais alourdir son propos par la démonstration.

La langue de Un-su Kim, entre crudité et lyrisme

L’une des saveurs les plus marquantes de ce roman tient à son écriture. Un-su Kim manie une langue qui n’a peur de rien : crue, gouailleuse, capable de comparer le nombre de chefs d’inculpation d’un parrain aux poils sur le dos d’une vache, ou de décrire l’odeur du brouillard de Guam dans des termes d’une trivialité assumée. Cette truculence donne au texte une vitalité immédiate, un sens du concret qui ancre chaque scène dans une réalité tangible, presque palpable.

Mais réduire cette prose à sa seule crudité serait injuste. Car sous la rugosité affleure régulièrement une vraie veine poétique. Les contemplations de Huisu face à la mer, les descriptions du soleil doux d’avril inondant la cour d’un crématorium, les méditations sur la fumée qui s’échappe d’une cheminée : autant de moments suspendus où l’écriture s’élève et révèle une sensibilité profonde. Kim alterne avec une aisance remarquable les registres, passant du dialogue trivial à la fulgurance lyrique sans jamais paraître forcé.

Il faut également saluer la qualité de la traduction française, qui restitue avec bonheur cette oralité savoureuse tout en préservant les passages plus contemplatifs. L’humour, omniprésent, fonctionne comme une respiration salutaire au milieu de la noirceur ambiante. Les répliques fusent, les surnoms font sourire, et l’ironie discrète de l’auteur imprègne chaque page sans jamais virer à la dérision facile. Cette maîtrise des contrastes, cette capacité à faire cohabiter le rire et la mélancolie, le grotesque et la gravité, signe une plume singulière qui ne ressemble à aucune autre dans le paysage du polar contemporain. On referme certains chapitres avec le sentiment d’avoir lu une page de littérature, tout simplement.

Le temps qui passe et l’envie d’autre chose

Au-delà de l’intrigue criminelle, c’est une méditation sur le temps qui traverse tout le récit. Huisu atteint cet âge charnière où l’on dresse des bilans, où l’on mesure l’écart entre ce qu’on est devenu et ce qu’on aurait pu être. Le printemps puis l’été qui rythment les deux parties du livre ne sont pas de simples repères saisonniers : ils accompagnent une maturation intérieure, une lente prise de conscience que rien ne pourra rester éternellement en l’état.

Cette dimension existentielle irrigue chaque page. Les personnages vieillissent, les corps fatiguent, les anciens parrains s’essoufflent tandis que les ambitions des plus jeunes s’aiguisent. Un-su Kim capte admirablement ce sentiment de fin d’époque, cette mélancolie diffuse de ceux qui sentent le sol se dérober sous leurs pieds. Huisu, en particulier, incarne ce désir contradictoire de tout quitter et cette incapacité à imaginer une autre existence que celle, étriquée, qu’il connaît depuis toujours.

Le roman pose ainsi, sans jamais s’appesantir, des questions universelles sur la possibilité de la rédemption, sur le poids du passé, sur la liberté de choisir son destin quand on n’a jamais rien choisi. Peut-on échapper à ce qu’on est ? À quel prix ? Kim n’assène aucune réponse toute faite et préfère laisser ses personnages se débattre avec leurs propres contradictions. Cette retenue, cette confiance accordée au lecteur pour combler les silences, témoigne d’une véritable ambition littéraire. Sous le vernis du roman noir se cache une réflexion délicate sur le passage du temps et sur ces moments de bascule où une vie peut, peut-être, encore prendre un autre cours. C’est sans doute cette gravité sous-jacente qui hante le lecteur longtemps après la dernière page.

Busan, une ville qui respire à chaque page

Impossible d’évoquer ce roman sans s’arrêter sur la présence obsédante de Busan. La grande métropole portuaire coréenne irrigue le récit de bout en bout, de Haeundae à Gwangalli, de Nampo à Seomyeon, du marché Jagalchi aux quais de Gamcheong. Un-su Kim connaît sa ville natale dans ses moindres recoins et la restitue avec une précision géographique qui transforme la lecture en véritable déambulation urbaine. Chaque quartier possède sa physionomie, ses habitants, ses trafics propres.

Cette topographie minutieuse ne relève jamais du simple exercice de style. Busan vit, respire, palpite à travers ses containers entassés, ses bateaux russes, ses ruelles sombres et ses plages battues par les vents. La ville devient le miroir des personnages qui l’habitent : âpre, contrastée, partagée entre la respectabilité de façade et la noirceur des bas-fonds. L’auteur saisit cette dualité avec un sens aigu du détail signifiant, faisant de chaque lieu un fragment d’âme collective.

On songe à ces grands romanciers qui ont su faire d’une ville le véritable héros de leur œuvre. Comme un James Ellroy a immortalisé Los Angeles ou un Jean-Claude Izzo sa Marseille, Un-su Kim érige Busan en territoire romanesque incontournable. Mais il y ajoute une coloration profondément coréenne, mêlant traditions et modernité, miracle économique et laissés-pour-compte, mer nourricière et béton oppressant. Cette inscription géographique forte confère au récit une saveur dépaysante pour le lecteur francophone, une plongée authentique dans une Corée loin des clichés touristiques. Le port de Busan, avec sa brume tenace et ses promesses de départ jamais tenues, devient la métaphore parfaite de ces existences en suspens, ancrées malgré elles dans un lieu qu’elles rêvent de fuir.

Un noir coréen qui mérite le détour

Au fil de ces pages, Un-su Kim confirme la réputation qui l’accompagne désormais bien au-delà des frontières de son pays. Chef de file d’un polar coréen en pleine effervescence, l’auteur du Placard et des Planificateurs signe ici un roman noir d’une belle maturité, où l’intrigue criminelle n’est jamais qu’un prétexte à explorer la condition humaine. Le voyage parmi les voyous de Guam laisse une empreinte durable, faite d’images fortes, de personnages inoubliables et d’une atmosphère qu’on n’oublie pas facilement.

La grande force de Sang chaud réside dans cet équilibre subtil entre les codes du genre et les ambitions littéraires. Les amateurs de polar y trouveront tension, rivalités et noirceur, tandis que les lecteurs en quête de littérature savoureront la finesse psychologique, la richesse de l’écriture et la profondeur des thèmes abordés. Cette capacité à satisfaire des attentes différentes sans jamais se renier témoigne du talent d’un romancier qui sait exactement où il va. Le rythme, parfaitement maîtrisé, ménage habilement ses effets et son climat.

On comprend aisément pourquoi ce roman a séduit le cinéma, ses droits ayant été acquis pour une adaptation portée par les fils de John le Carré. Il y a dans ce récit une matière visuelle évidente, une galerie de figures hautes en couleur et un sens du décor qui appellent l’image. Mais c’est avant tout sur la page que Sang chaud déploie ses qualités, dans cette alchimie singulière de truculence et de mélancolie qui fait sa marque. Voilà un noir coréen dépaysant et profondément humain, porté par une plume aussi crue que sensible, qui mérite amplement qu’on s’y attarde. Un-su Kim s’impose comme une voix qui compte, et l’on referme son livre avec l’envie immédiate de poursuivre la découverte de son univers. Une réussite à offrir sans hésiter aux curieux du polar venu d’ailleurs.

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Mots-clés : Sang chaud, Un-su Kim, polar coréen, Busan, roman noir, pègre, Matin calme


Extrait Première Page du livre

Première partie
PRINTEMPS

GUAM
À Guam, les voyous ne portent pas le costard.

Ailleurs dans Busan, port tentaculaire de Corée, mondialement connu, les voyous tirés à quatre épingles sont aussi nombreux que les containers entassés sur les quais. Ces types-là ne se soucient guère des besoins de leur épouse et de leur progéniture, mais ils mettent un point d’honneur à arborer une tenue repassée, impeccable. Ils peuvent se trimbaler la journée entière l’estomac vide pour économiser le petit sou avec lequel ils se feront cirer les pompes. Tandis que les voyous de Guam, eux, ne sauteraient jamais un repas pour un coup de cirage. Ni costume, ni rien à cirer.

Dans tous les quartiers, de Haeundae à Gwangalli, de la station thermale à Yeongdo, de Nampo à Seomyeon, les crapules de Busan traînent de-ci de-là dans leurs complets de croque-mort. Alors que ceux de Gamcheong attendent en grande tenue sur le quai les bateaux russes chargés de contrebande, volant en douce un peu de chaleur aux feux allumés par les dockers dans des tonneaux rouillés, que ceux de la gare centrale, du genre à racketter des prostituées indigentes dans les ruelles sombres, friment dans leur frac, et ceux des lointaines banlieues, après avoir glandé toute la journée à regarder barboter les canards sur la rivière Nakdong, le fil de leur canne à pêche plongeant négligemment par-dessus la digue, ressortent de chez eux au coucher du soleil, le pas traînant et l’allure chic, sillonnant la campagne avec pour seuls compagnons quelques lampadaires solitaires, les voyous de Guam, eux, ne portent pas de costard.

Aucune raison objective ne saurait justifier une quelconque obligation pour les voyous à porter le costume ; stricto sensu, ils ne mériteraient même pas un survêtement. Alors comment expliquer que toutes ces canailles se pavanent en tenue de soirée, sauf ceux de Guam ? D’aucuns prétendent que ces derniers partagent une vision responsable de la vie, du genre : « Qu’est-ce que c’est que cette connerie de costard, alors que ta femme et tes mioches sont en train de crever la dalle ? Si t’as de quoi te payer le pressing, occupe-toi plutôt de nourrir ton foyer. » D’autres avancent la possibilité d’une conscience philosophique apparue tôt chez eux de Guam : leur tâche principale consistant à ne rien faire, quel intérêt de ne rien faire en habillé ? Un jour ou deux, passe encore, mais tous les jours, serait-ce digne d’un être humain ? »


  • Titre : Sang chaud
  • Titre original : 뜨거운 피 (Hot Blood)
  • Auteur : Un-su Kim
  • Éditeur : Matin calme
  • ISBN : 9782491290009
  • Format : Broché
  • Nationalité : Corée
  • Langue : Français
  • Traduction : Kyungran Choi et Lise Charrin
  • Date de publication : 09/01/2020
  • Nombre de pages : 469 pages
  • Genre : Polar / Roman noir / Thriller / Crime organisé / Littérature coréenne
  • Sujets traités : pègre coréenne, Busan, homme de main, crime organisé, quête de rédemption, passage du temps, milieu portuaire, marginalité sociale

Résumé

À Busan, dans le quartier portuaire de Guam, la pègre n’a rien du clinquant des films de gangsters. Ici, les voyous économisent leurs sous, traînent au bord de l’eau et survivent dans un microcosme rongé par un brouillard tenace. Huisu, gérant de l’hôtel Mallijang et homme de main pour le vieux parrain Père Sohn, atteint la quarantaine avec son lot de questions. Après une vie faite de coups tordus, de prison et de nuits dilapidées au casino, il commence à éprouver l’envie d’autre chose.
Mais le monde auquel il appartient vacille. La guerre déclarée contre les criminels rebat les cartes, les bandes rivales lorgnent sur le territoire et les équilibres anciens menacent de se rompre. Au fil des saisons, Un-su Kim tisse un roman noir où l’intrigue criminelle se double d’une réflexion sur le passage du temps, la marginalité et la possibilité, peut-être, de changer de vie. Un récit âpre et humain, porté par une plume singulière.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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