Un homme raisonnable d’Hélène Couturier : un polar parisien sur l’art et l’obsession

Un homme raisonnable de Hélène Couturier

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Le Pendu de la Porte-Bergère de Bruno Malivert
La clinique du lendemain de Caroline Comte
Vigne rouge de Jean Michel Bourgeois et Dominique Viala

Un rideau occultant tiré en plein après-midi

Tout commence par un contretemps banal. Orso Orsini sort de chez sa dentiste, une bavarde invétérée qui le retarde depuis plus de vingt ans, et ce simple décalage horaire le place rue Lemercier au moment exact où un inconnu d’une beauté sidérante compose, sans le vérifier, le code de l’immeuble abritant l’atelier de sa femme. Hélène Couturier place là une mécanique implacable : quelques minutes de retard, un code connu par cœur, un châle lancé et rattrapé au vol, puis un rideau que l’on tire en plein après-midi. Réfugié dans l’angle du local à vélos, tassé comme un animal traqué, Orso assiste à sa propre dépossession. Le détail le plus cruel, il le fournit lui-même : ce rideau, c’est lui qui l’avait posé, à l’époque où le bricolage l’angoissait tant qu’il vérifiait trois fois son niveau.

La construction du livre épouse cette secousse. Les chapitres sont courts, parfois réduits à une poignée de lignes, et cette respiration hachée reproduit le fonctionnement d’un cerveau qui tourne en boucle. La romancière travaille au montage plus qu’à la description, alternant les blocs narratifs comme on juxtapose des plans. Le mot que le texte emploie revient avec insistance, la sidération, et il désigne moins une émotion qu’un état physique : le sol se dérobe, le temps se dilate, les mains transpirent. Le lecteur reste collé à cet angle mort du local à vélos, dans la même position inconfortable que le mari.

Puis la marche prend le relais. Orso traverse la Concorde, franchit la Seine au Pont-Neuf, remonte vers Barbès, comme si l’usure du bitume pouvait décoller la boue qu’il sent lui coller à la peau. Le quartier des Batignolles, où se joue l’essentiel, s’impose comme une présence vivante, saturée d’ateliers d’artistes, de zinc mouillé et de brasseries familières. La beauté du roman tient déjà dans ce contraste : une catastrophe intime racontée avec une drôlerie qui ne se force jamais, parce que la voix d’Orso commente tout, y compris son propre effondrement, avec une lucidité qui désamorce le pathos.

Suivre le trophée, un remède contre le vide

L’inconnu magnifique a un nom, Ernesto Diaz, marchand d’art cubain, directeur d’une fondation consacrée à la peinture de son île. Orso lui en trouve rapidement un autre, plus juste selon lui : le trophée. Ce baptême dit tout de la façon dont il encaisse la trahison. Impossible d’en vouloir à un homme pareil, impossible de rivaliser avec une allure qui aimante les regards dans la rue. Alors, faute de pouvoir haïr, Orso suit. Il note les cafés, les rendez-vous, les horaires, les habitudes de marche rapide dans Paris. Le mari trompé se transforme en gardien des pas de l’amant.

C’est l’invention la plus audacieuse du livre, et Hélène Couturier la tient sans jamais la surexpliquer. Le fils unique d’Orso, Martí, est parti en Somalie pour l’humanitaire, laissant derrière lui une chambre d’adolescent, des photos collées à la Patafix et un père incapable de nommer ce qui lui arrive. La filature vient combler ce cratère. Chaque matin, Orso a de nouveau un but, un itinéraire, quelqu’un devant qui avancer. Vingt-deux années d’analyse ne l’empêchent pas de partir en vrille, elles lui permettent seulement de savoir qu’il part en vrille, nuance savoureuse que le texte exploite avec un humour très sec.

La scène du banc, aux Tuileries, condense cette étrangeté. Orso s’installe à côté de sa cible, pose un roman cubain entre eux comme un appât, et engage la conversation en espérant être démasqué, sommé d’arrêter. Ce qu’il obtient, c’est tout le contraire : un échange chaleureux sur Wifredo Lam, une voix douce et grave, une érudition contagieuse. L’homme qu’il devrait détester se révèle affreusement sympathique. Couturier tire de cette situation une comédie de mœurs vertigineuse, où la jalousie se dissout dans l’admiration et où la dépendance remplace la rancune. Le lecteur avance en terrain instable, jamais sûr de savoir s’il doit rire, s’inquiéter ou s’attendrir, et cette incertitude constitue précisément le moteur du livre.

The Swimmer en salle obscure, un miroir tendu à Orso

Réfugié au Champo un soir de déroute, Orso tombe sur Burt Lancaster en maillot de bain, décidé à rentrer chez lui en traversant à la nage toutes les piscines d’une banlieue chic du Connecticut. Le film de Frank Perry devient la matrice secrète du roman. Le nageur avance de bassin en bassin, accueilli d’abord avec joie, puis avec agacement, puis avec fureur, jusqu’à découvrir son court de tennis recouvert de feuilles mortes. Orso ressort de la salle avec une question qui ne le lâchera plus : qu’a bien pu faire ce demi-dieu pour n’avoir plus de chez-lui ?

La question ricoche évidemment sur lui. Qu’a-t-il fait à son fils pour qu’il parte dormir sous une tente à des milliers de kilomètres ? Qu’a-t-il fait à sa compagne pour qu’elle entame une double vie ? Hélène Couturier place ainsi le cinéma au cœur de son dispositif, non comme ornement culturel mais comme outil d’introspection. Orso ne se comprend qu’à travers des images empruntées, et le texte multiplie ces reflets, de Burt Lancaster à Kirk Douglas, d’Ava Gardner à Sidney Poitier, jusqu’aux affiches originales encadrées dans les couloirs. La cinéphilie fonctionne ici comme un langage commun aux protagonistes, une manière de dire l’indicible sans avoir à le formuler.

Ce jeu de superpositions offre au livre une profondeur inattendue. Quand Martí, depuis la Somalie, découvre le film à son tour et y voit une satire féroce de la société de consommation, quand la capitaine chargée de l’enquête reconnaît dans le nageur la frayeur d’un homme dont l’existence se disloque, chacun projette sur la même œuvre sa propre grille de lecture. Couturier saisit là quelque chose de très juste sur la façon dont nous consommons les fictions : nous y cherchons moins une histoire qu’une confirmation de ce que nous soupçonnons déjà de nous-mêmes. Le procédé aurait pu tourner à la citation appuyée, il reste léger, drôle, souvent bouleversant, et il donne au roman sa texture particulière, celle d’un film mental que le narrateur se repasse en boucle.

La capitaine Blandine Blanco et son champ lexical

Elle entre en scène avec un carré impeccablement lissé, un twin set beige à col montant, un pantalon noir forme cigarette et des phrases si soignées qu’Orso la soupçonne d’un déguisement destiné à tromper l’adversaire. La capitaine Blandine Blanco, brigade criminelle, cultive une politesse extrême et une syntaxe un brin biscornue qui déstabilisent les interrogatoires. Elle dit la résultante quand tout le monde dirait le résultat, elle évoque le champ lexical du foyer conjugal quand Orso attendait une question de flic. Ancienne étudiante en lettres modernes, brièvement enseignante, elle a changé de métier par appétit d’autres univers, et cette bifurcation irrigue toute sa manière d’enquêter.

Hélène Couturier lui construit une intériorité aussi fournie que celle de son suspect. Petite-fille d’exilés espagnols, née à Sète, baptisée par des grands-parents épris de Blancanieves au point de la condamner à un pléonasme, Blandine a grandi dans les salles obscures d’un grand-père mécanicien au port, amateur de films de gangsters. Elle collectionne les affiches originales, court le samedi matin en jogging blanc, et laisse les protagonistes de ses enquêtes habiter en elle comme les figures d’un film. Face à elle, le capitaine Richard Meunier rétablit l’équilibre avec un réalisme fatigué, un peu gris, un peu en surpoids, et leur complicité de vieux couple professionnel fournit quelques-unes des pages les plus chaleureuses du livre.

Le duel qui l’oppose à Orso constitue le grand plaisir du roman. Elle l’attaque sur ses origines corses, l’essentialise avec méthode, guette la faille, s’excuse ensuite avec une courtoisie irréprochable, puis recommence. Lui riposte à coups de sarcasmes sur les continentaux incultes. Ces joutes verbales, drôles et tendues, avancent par petites touches vers une reconnaissance mutuelle que ni l’un ni l’autre n’aurait osé prévoir. Couturier réussit ce que peu de romans policiers tentent : faire de l’enquêtrice et du suspect deux esprits également curieux, aussi attentifs aux gens qu’aux images, et laisser leur estime naître au fil des affrontements plutôt que d’un revirement commode.

L’atelier de Montse Prat, du pigment au soupçon

Catalane, formée au lycée français de Barcelone, Montse Prat enseigne à des élèves venus du monde entier la lumière de Joaquín Sorolla et le blanc que le peintre valencien a libéré comme Manet avait libéré le noir. Copiste reconnue, elle range ses monographies non par mouvement mais par année de naissance des peintres, afin que ses étudiants comprennent d’emblée que les contemporains ne partagent pas forcément le même isme. Son atelier sent l’humidité qui monte du sol, aligne des châssis à la verticale, garde un canapé, un rideau, des carnets d’esquisses au format A3. Hélène Couturier y installe un savoir précis, jamais pédant, sur un métier rarement raconté.

Ce savoir devient matière romanesque. Une copie exigeante suppose de vieux châssis, des pigments d’époque, des liants d’autrefois, la reconstitution d’une palette et surtout la répétition du geste jusqu’à ce que le sien devienne celui de l’autre. Montse le formule superbement : le copiste fabrique un objet, l’artiste crée une œuvre. Elle revendique la technique, la sensibilité, l’humilité, et refuse le mot don. Mais la frontière se révèle poreuse, et le lecteur comprend vite qu’entre la copie assumée et le faux, il n’y a parfois qu’une intention, celle du vendeur, et un format de toile réduit de dix pour cent par prudence.

Autour de cet atelier gravite tout un monde, celui de l’art cubain moderne, de ses cotes qui s’envolent, de ses contrefaçons qui pullulent, de ses œuvres coincées entre autorisations de sortie et réseaux parallèles. Une collectionneuse franco-cubaine, une fondation, un marchand, des noms de peintres que la romancière fait entrer par la grande porte : Wifredo Lam bien sûr, mais aussi Mario Carreño, Antonia Eiriz, Servando Cabrera Moreno, Amelia Peláez. Couturier documente cet arrière-plan avec une gourmandise communicative, entre exil, patrimoine et rapports de force sur la question de savoir où doivent vivre les œuvres. Le polar se double alors d’une réflexion sur l’authenticité, sur ce qui fonde la valeur d’un tableau, et sur ce qu’un regard décide d’appeler vrai.

Babbò, les enveloppes et le poids de la corsitude

Derrière le comptable parisien se tient une enfance insulaire faite de détonations nocturnes et de coups frappés à la porte. Le père perçait des coffres-forts et connaissait toutes les maisons d’arrêt du Sud-Est, jamais celles de l’île puisqu’il ne s’y faisait jamais prendre. Le grand-père maternel, Babbò, autonomiste convaincu, échappait à la prison grâce à la clandestinité et à la complicité des villages. C’est lui la voix intérieure d’Orso, ce Jiminy Cricket à casquette qui surgit dans les interrogatoires pour lui souffler de se taire, et qui l’appelle Petit avec une tendresse dont le narrateur mesure encore l’anomalie : être tant aimé par un être aussi peu recommandable.

Hélène Couturier explore ce legs sans complaisance ni folklore. Orso et son cousin Antoine ont fui l’île par les études, un bon dossier scolaire tenant lieu de visa pour le continent. Devenu parisien, Orso continue pourtant d’apporter ses enveloppes à chaque retour, versements destinés aux détenus, aux familles, à la Cause, et il lui arrive de regarder ses mains en y voyant du sang. La corsitude apparaît ainsi comme un vêtement qu’on ne peut ni porter tout à fait ni retirer, une appartenance faite d’amour pour les criques, la langue, le fromage et la mère, assortie du refus catégorique d’y vivre en permanence.

Le roman tire de cette matière une réflexion vive sur l’assignation. La capitaine réduit Orso à son patronyme et à sa géographie, il s’en agace, riposte, ironise sur les statistiques comparées de la violence corse et catalane, sur les Michel Martin qu’on ne soupçonne jamais. Ce que le texte met en cause n’est pas seulement le préjugé policier, c’est l’idée même qu’une origine puisse contenir un destin. La question travaille le livre en profondeur, jusque dans un souvenir de jeunesse que la romancière distille avec une pudeur remarquable, et qui éclaire d’un coup pourquoi cet homme sait, mieux que quiconque, ce dont il est ou non capable.

« Un Corse raisonnable », l’oxymore qui donne le ton

En cours de français, un adolescent nommé Antoine avait proposé cette figure de style à la professeure venue du continent : un Corse raisonnable. Les élèves de l’île avaient ri, pas elle. Des décennies plus tard, l’expression revient dans la bouche de Montse face aux enquêteurs, mon mari est un homme raisonnable, et la capitaine s’en amuse aussitôt. Hélène Couturier a bâti tout son roman sur cette tension, et le titre s’y révèle une machine à double détente. Orso Orsini coche en apparence toutes les cases de la modération : expert-comptable méthodique, arbitrant, dépréciant, justifiant, validant, incapable de percer un mur sans vérifier trois fois son niveau. Sous cette surface bien tenue circule une déraison patiente, méthodique elle aussi.

La réussite tient à la voix. Ce monologue intérieur épouse les digressions d’un homme qui pense en associations libres, saute du prix d’une copie à une piscine du Connecticut, d’un sandwich sans goût à un portrait du Greco croisé au Louvre, d’un pantalon de velours aux jugements de son fils. L’humour y fonctionne comme un pansement autant que comme une arme, et l’émotion surgit toujours par la bande, dans une remarque anodine sur une soucoupe inutile ou sur des photographies collées avec de la Patafix. La langue reste souple, orale, découpée, capable de basculer en une phrase du burlesque à la mélancolie sans jamais forcer le trait.

Ce que Couturier compose au bout du compte, c’est un roman noir qui prend l’infidélité par un angle inhabituel, non celui de la vengeance mais celui de la fascination. On y croise des faux tableaux et des vraies solitudes, une capitaine cinéphile au vocabulaire désuet, une copiste qui refuse le mot artiste, un fils parti sauver le monde et un père qui ne sait plus quoi faire de son amour. La dernière réplique du livre reformule d’ailleurs le titre avec malice, en substituant à raisonnable un adjectif bien plus juste : déroutant. Le lecteur referme ces pages en se disant qu’il aurait volontiers marché quelques kilomètres de plus derrière Orso Orsini, dans un Paris de zinc mouillé et d’ateliers de peintres.

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Mots-clés : roman noir français, Hélène Couturier, Un homme raisonnable, marché de l’art, faussaire, brigade criminelle, polar parisien


Extrait Première Page du livre

« 1
Il y avait une chose qui échappait encore plus que les autres à la capitaine Blandine Blanco, pourquoi un homme était plus attristé que sa femme, de la mort de l’amant de sa femme ?

2
Orso Orsini entendait dire qu’il ne répondait pas aux stimuli habituels, qu’il était dans le coma. Il savait peu de choses en médecine mais il savait que le coma, c’était ne plus avoir de conscience. Or, il entendait et il sentait les mains qui se posaient sur lui. Il avait toute sa mémoire, aussi. Il n’aurait pas dû suivre Ernesto mais il l’avait suivi. Il n’aurait pas dû suivre Blandine mais il l’avait suivie. La péniche. Les miroirs. Le tueur. Les coups de feu. Le sang. Le trou noir rouge-brun. Son sang à elle sur son corps à lui. Les urgentistes n’arrêtaient pas de lui parler, de décrire tous leurs gestes comme si dans un film la voix off expliquait ce qu’on voyait à l’image. Ils faisaient comme s’il les entendait alors qu’ils le pensaient dans le coma. Entre eux aussi ils se parlaient, une femme disait qu’il n’y avait pas de lésion encéphalique à l’image. Il sentait les odeurs, aussi. La capitaine était où ? Morte ? On pouvait mourir d’une balle dans la cuisse sur une péniche, pont d’Asnières, à quelques minutes d’un hôpital, avec toute une armée de flics casqués pour vous escorter ? La même femme lui a dit presque avec gaieté qu’il leur posait une colle. Comment allaient-ils le soigner s’ils étaient incapables de le diagnostiquer ? Ils lui demandaient de leur faire un signe, de bouger n’importe quoi s’il les entendait. Avec toutes leurs machines qui bipaient dans tous les sens, ils ne pouvaient pas comprendre qu’il entendait mais qu’il ne pouvait rien faire. Il devait lutter. Rester en vigilance, tout se raconter depuis qu’il était sorti de chez sa dentiste qui adorait lui parler parce qu’il venait du même village que sa grand-mère maternelle. Elle adorait parler tout court. Peut-être même qu’elle avait choisi cette profession pour cette raison, parler quand les autres avaient la bouche pleine de ses doigts gantés et de ses pics et ne pouvaient pas l’interrompre !

Plus de vingt ans qu’Orso Orsini sortait en retard de chez elle à cause de son bavardage excessif, sans lui, jamais rien n’aurait surgi le 3 février dernier. Rue Lemercier. Paris 17. Oui, il devait refuser le sommeil. Ne pas se réveiller au son du zip du sac mortuaire qui se refermerait sur lui. Déclaré mort alors qu’il était Ils lui demandaient de leur faire un signe, de bouger n’importe quoi s’il les entendait. Avec toutes leurs machines qui bipaient dans tous les sens, ils ne pouvaient pas comprendre qu’il entendait mais qu’il ne pouvait rien faire. Il devait lutter. Rester en vigilance, tout se raconter depuis qu’il était sorti de chez sa dentiste qui adorait lui parler parce qu’il venait du même village que sa grand-mère maternelle. Elle adorait parler tout court. Peut-être même qu’elle avait choisi cette profession pour cette raison, parler quand les autres avaient la bouche pleine de ses doigts gantés et de ses pics et ne pouvaient pas l’interrompre ! »


  • Titre : Un homme raisonnable
  • Auteure : Hélène Couturier
  • Éditeur : Éditions Payot & Rivages
  • ISBN : 9782743669188
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 14/01/2026
  • Nombre de pages : 224 pages
  • Genre : Roman noir
  • Sujets traités : Infidélité conjugale, obsession amoureuse, marché de l’art, faux et copies, art cubain moderne, identité corse, dépression masculine, enquête criminelle

Résumé

Orso Orsini mène une existence rangée d’expert-comptable dans le quartier des Batignolles, à Paris. Corse exilé depuis quarante ans, il encaisse mal le départ de son fils unique pour une mission humanitaire lointaine. Un après-midi, un contretemps banal le place devant l’atelier de sa compagne, Montse Prat, copiste catalane spécialiste du peintre Joaquín Sorolla, au moment exact où un inconnu d’une beauté saisissante en compose le code d’entrée. Le rideau se tire, et la vie d’Orso avec lui.
Plutôt que de demander des explications, Orso se met à suivre cet homme dans Paris, et cette filature quotidienne devient son antidote au vide. Lorsque l’amant est retrouvé mort dans des conditions suspectes, la capitaine Blandine Blanco, de la brigade criminelle, prend l’affaire en main. Cinéphile invétérée, dotée d’un langage désuet et d’une curiosité insatiable, elle conduit son enquête vers le milieu de l’art, ses copies, ses faux et ses œuvres cubaines convoitées, où chaque certitude finit par vaciller.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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