Une morte rue Monsieur-le-Prince
C’est à deux heures du matin, au hasard d’un trajet nocturne boulevard Saint-Michel, qu’Adamsberg tombe sur une scène qui le fige. Une jeune femme est allongée sur le trottoir devant une porte cochère, les bras et jambes alignés avec une précision presque cérémoniale, le visage d’une sérénité troublante. Aux côtés du corps, un bouquet de hautes fleurs violettes déposé sans emballage. Le commissaire s’agenouille, promène le faisceau de son portable, soulève instinctivement le revers de la veste. Quelque chose, qu’il ne saurait nommer, l’a guidé vers ce geste.
Cette intuition souterraine, ce « quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose », Vargas en fait le moteur d’une ouverture remarquable. Adamsberg fonctionne comme une éponge sensorielle, absorbant des détails que son cerveau traite en silence avant que la conscience ne s’en empare. La scène est reconstituée par fragments, au fil des échanges avec le brigadier Jourdain, les techniciens de scène de crime, le légiste, le témoin ivre Purraint, qui s’avère être le seul à avoir vu l’ombre d’un homme portant un chapeau disparaître dans la nuit. Une enquête commence, mais sans prise, sans point d’appui évident. La victime s’appelle Florence Belleville. Elle est mannequin, elle est belle, et elle a été tuée d’un seul coup au coeur, sans violence apparente, presque avec égards.
Ce qui frappe dans cette mise en place, c’est la tension entre la brutalité du crime et la délicatesse avec laquelle il a été orchestré. Pas de sang visible, une veste boutonnée pour dissimuler la blessure, une alliance passée au doigt, et ces fleurs, dont le légiste identifie l’espèce avec une précision qui ouvre aussitôt un horizon symbolique. Vargas installe une atmosphère dense, portée par un personnage central dont la pensée oblique, jamais linéaire, séduit autant qu’elle déconcerte. La nuit parisienne devient un théâtre, et le lecteur, dès ce premier tableau, pressent que derrière la sophistication du crime se cache un esprit habité d’une logique qui lui est propre, étrangère à tout ce que la fiction policière ordinaire propose.
La Brigade criminelle du 13e à l’œuvre
Le lendemain matin, la Brigade criminelle du 13e arrondissement entre en scène dans toute sa singularité. Adamsberg convoque ses adjoints pour un concile, ainsi que l’appelle avec une ironie affectueuse le très érudit commandant Danglard, dont la mémoire encyclopédique constitue une ressource aussi précieuse qu’inépuisable. Autour de la grande table en bois ciré s’installent des personnages que Vargas a construits avec une précision caractérologique rare, chacun portant ses manies, ses compétences et ses failles comme autant de traits distinctifs. L’hypersomniaque Mercadet, l’impulsif Noël, la redoutable Retancourt, le jeune Estalère aux grands yeux verts qui voit tout sans le savoir, le nouveau brigadier Rivière fraîchement débarqué de Saint-Lô, encore raide dans son uniforme. Et Estalère qui officie autour de ses sept cafetières avec la ferveur d’un artisan.
Ce qui rend cette séquence d’enquête particulièrement vivante, c’est la manière dont Vargas orchestre les interactions au sein du groupe. Les réunions ne ressemblent pas aux habituelles séances de déduction policière. Elles bifurquent, déraillent, s’enrichissent de digressions sur l’étymologie d’un mot, la signification d’une fleur, les propriétés d’un tissu. Danglard y règne sur le savoir quand Adamsberg y règne sur l’intuition, et la friction entre ces deux modes de pensée génère une dynamique narrative qui tient le lecteur en haleine sans jamais lui livrer de réponses prématurées. Les éléments s’accumulent, relèves médico-légales comprises, et chaque détail nouveau, au lieu de simplifier l’énigme, semble l’épaissir d’une couche supplémentaire de mystère.
Car le profil du meurtrier qui se dessine progressivement défie toutes les catégories. Une anesthésie à l’éther, une blessure unique portée avec précision, des bijoux offerts, un maquillage appliqué après la mort. La Brigade se retrouve face à un tueur qui prend soin de ses victimes avec une révérence presque rituelle, et cette contradiction entre l’acte criminel et les soins qui l’entourent installe un malaise profond. Vargas excelle à faire ressentir ce vertige collectif, cette sensation d’un groupe d’enquêteurs compétents confrontés à quelque chose qui échappe aux grilles habituelles, un objet volant non identifié que la Brigade finira par nommer ainsi, sobrement, l’ovni.
Le tissu pied-de-poule et ses secrets
Tout part d’une veste. Cintrée, à épaules carrées, en lainage pied-de-poule noir et blanc, un tissu que Danglard qualifie de « vintage », revenu au goût du jour mais peu courant dans la rue. Adamsberg tourne autour de ce détail comme on tourne autour d’une braise, incapable d’identifier ce qui le dérange précisément. C’est cette mémoire sensorielle si particulière au commissaire, cette éponge mentale qui absorbe et restitue en décalé, qui finit par lui souffler une piste. Il fouille les archives du Bastion, tape quelques mots-clefs improbables, et tombe sur un ancien dossier. Une autre jeune femme, six ans plus tôt, allongée sur un trottoir parisien dans une tenue quasi identique.
La jonction entre les deux affaires constitue un pivot narratif d’une belle efficacité. Vargas y démontre que la vérité ne surgit pas d’un raisonnement linéaire mais d’une contamination entre souvenirs enfouis et perception du présent. Ce que ni Danglard ni Mordent, pourtant destinataires des mêmes fichiers, n’ont su relier, Adamsberg le débusque par l’image, par une réminiscence visuelle que son cerveau avait stockée sans l’étiqueter. Le tissu pied-de-poule devient ainsi bien plus qu’un élément vestimentaire : il est le fil conducteur silencieux d’un tueur qui opère sur le long terme, avec une cohérence obsessionnelle que l’enquête commence seulement à mesurer.
L’irruption du lieutenant Marcus Leroy, du Bastion, chargé autrefois de l’affaire non résolue, apporte une nouvelle dimension humaine au récit. Cet homme que le passé ronge encore, qui n’a jamais digéré son échec sur ce premier meurtre, incarne la mémoire douloureuse de l’enquête, son versant émotionnel que les rapports officiels ne consignent pas. Vargas s’attarde sur ce rapprochement entre deux brigades, deux temporalités, deux façons d’aborder le crime, avec cette saveur particulière qu’Adamsberg résumerait d’un seul mot de sa fabrication : jonctionner. Et dans cet entrelacement institutionnel et humain, le portrait du tueur gagne en densité : un homme qui a frappé une fois, attendu six ans, et recommencé avec la même précision froide, la même mise en scène raffinée, comme si le temps n’avait eu aucune prise sur son obsession.
L’ombre de Nerval sur les rues de Paris
C’est par le détour d’un dessin de lycéen qu’Adamsberg remonte à la surface un souvenir enseveli depuis des décennies. Il griffonnait jadis au fond des salles de classe, immortalisant sur papier les mots des professeurs qu’il ne comprenait pas. Un chevalier en armure sur son destrier, une sirène aux seins menus, une guitare semée d’étoiles, une tour en ruine, une vigne au loin, des larmes sur une fleur, un disque noir dans le ciel. Ce fatras d’images hétéroclites était l’illustration involontaire d’un poème que son professeur de français leur lisait à voix haute. El Desdichado, de Gérard de Nerval. Le Prince d’Aquitaine à la tour abolie. Et soudain, les noms des rues où le tueur a déposé ses victimes cessent d’être des coïncidences géographiques pour devenir les jalons d’un itinéraire poétique.
Vargas construit ici l’une des séquences les plus inventives du roman, celle où l’enquête policière bascule dans la lecture littéraire. Danglard récite la première strophe du sonnet devant une Brigade médusée, et la lumière se fait par éclats successifs. Les ancolies, ces fleurs violettes déposées près des victimes, trouvent enfin leur sens : Nerval lui-même avait noté le mot en marge d’un manuscrit du poème. Le soleil noir de la mélancolie, l’étoile morte, le luth constellé, tout ce bazar hiéroglyphique comme dirait Adamsberg, converge vers un portrait de tueur d’une nature inédite. Un homme qui ne suit pas un plan criminel ordinaire mais un texte, une obsession romantique poussée jusqu’à ses dernières conséquences.
Ce que Vargas réussit avec une habileté certaine, c’est de rendre ce glissement vers la poésie tout à fait crédible dans le cadre d’un polar. El Desdichado n’est pas plaqué sur l’intrigue comme un ornement culturel, il en est la colonne vertébrale. Nerval, « l’amoureux désespérément désespéré » selon la formule maladroite mais juste du lieutenant Trégard, devient le double littéraire du tueur, son modèle et son miroir. L’enquête prend alors une dimension supplémentaire : il ne s’agit plus seulement d’identifier un criminel, mais de comprendre la logique d’une passion déréglée qui a trouvé dans un poème du XIXe siècle sa cartographie intime.
Un prédécesseur dans l’obscurité
C’est une conversation de vestiaire vieille de vingt-huit ans, remontée des profondeurs de la mémoire de Marcus par le truchement d’une expérience de logarithme nocturne, qui ouvre une brèche inattendue. Un brigadier vulgaire et fanfaron, un verdict de cour d’assises annoncé avec satisfaction, trois mots lâchés en passant : « la Tour-des-Dames ». Adamsberg, qui avait demandé à son jonctionneur de gratter ce détail sans en expliquer vraiment la raison, voit soudain s’afficher dans les archives du Quai des Orfèvres un dossier qui le cloue sur place. Vingt-huit ans plus tôt, un certain Paul Merlin avait lui aussi semé ses crimes dans des rues aux consonances nervaliennes, square d’Aquitaine, rue de la Tour-des-Dames, rue de l’Étoile. Le poème avait déjà servi de carte.
Mais la comparaison entre les deux affaires tourne rapidement au tableau des contrastes. Paul Merlin, boucher sanguinaire et violeur, avait découvert El Desdichado sur une affichette de métro et s’en était emparé comme d’un simple jeu de piste pour égarer les enquêteurs, sans jamais en comprendre la substance. L’ovni, lui, en est imprégné jusqu’à la moelle. Là où l’ancêtre frappait avec rage et au hasard, le descendant opère avec une révérence presque liturgique. Vargas joue brillamment sur cet écart abyssal entre deux criminels qui ont pourtant emprunté le même poème, démontrant que la forme d’un acte peut être identique quand le fond en est radicalement opposé. Ce n’est pas une coïncidence, c’est une transmission, une graine semée dans un esprit réceptif par quelque voie que l’enquête peine à retracer.
Ce qui complique encore davantage la donne, c’est la trajectoire judiciaire de Paul Merlin. Condamné à la réclusion à perpétuité, il ne purge pas l’intégralité de sa peine. Une évasion spectaculaire, un vieillard supposément agonisant qui bondit soudain avec la vivacité d’un lièvre, et le voilà dans la nature depuis plusieurs années au moment où commencent les nouveaux meurtres. Vargas introduit cette pièce avec le sens du timing qui caractérise sa construction romanesque : au moment précis où l’enquête semblait trouver ses rails, le sol se dérobe à nouveau. Trois hypothèses s’ouvrent, toutes inconfortables, et la Brigade se retrouve face à une équation dont les inconnues viennent de se multiplier.
Lauren Bacall, femme première
C’est en gavant son ordinateur d’assemblages de mots improbables, dans l’arrière-salle d’une brasserie parisienne, qu’Adamsberg finit par arracher à la machine ce qu’elle refusait de livrer. Tissu pied-de-poule, sifflet, vintage, femme célèbre, étoile. Un nom surgit enfin sur l’écran, deux mots qui éclairent d’un seul coup la totalité de la mise en scène criminelle. Lauren Bacall. L’actrice mythique de l’Âge d’or hollywoodien, celle que la presse de l’époque surnomma « The Look », le Regard, et dont la beauté irradiante creva les écrans dès son premier film en 1944. Adamsberg l’avait vue une seule fois, adolescent, emmené de force au cinéma par son père cordonnier, et ne l’avait jamais oubliée sans le savoir.
Vargas déploie ici une idée romanesque d’une audace certaine : ancrer la psychologie du tueur non dans un traumatisme clinique abstrait, mais dans la fascination concrète pour une femme réelle, une star dont le mythe a traversé huit décennies intact. Le parallèle avec Nerval se referme avec une précision remarquable. Comme le poète avait cristallisé son obsession sur l’actrice Jenny Colon, l’ovni a élu Lauren Bacall comme incarnation de son éternel féminin, une femme suprême et inaccessible qu’il cherche désespérément à retrouver dans d’autres visages. Les vestes pied-de-poule cintrées, le rouge à lèvres vermillon, les cheveux blond foncé ondulés, les yeux bleus, tout ce protocole vestimentaire et esthétique que le tueur impose à ses victimes constitue un rituel de ressemblance, une tentative obsessionnelle de convoquer la déesse absente.
Ce qui rend cette révélation particulièrement efficace sur le plan narratif, c’est qu’elle transforme rétrospectivement chaque détail accumulé depuis le début du roman en élément signifiant. Les initiales HB notées dans l’agenda de Florence Belleville, la nature précise du tissu, l’insistance sur la beauté des victimes, tout s’emboîte avec la cohérence d’un mécanisme d’horlogerie. Danglard, lui-même admirateur de l’actrice, mesure instantanément l’ampleur de la fixation en jeu. Et le concile qui suit cette révélation prend une tonalité nouvelle, quelque part entre l’analyse criminelle et le cours magistral sur la fabrique des mythes modernes, un équilibre que Vargas tient avec une aisance qui force le respect.
Le sifflet d’or et la légende Bogart-Bacall
Quinze secondes de pellicule, quatre phrases prononcées par Lauren Bacall à Humphrey Bogart dans leur premier film commun, et une légende était née. « Vous savez comment siffler, Steve, n’est-ce pas ? » Cette réplique culte, que le monde entier a réduite à « si tu as besoin de moi, tu n’as qu’à siffler », Bogart l’a matérialisée en offrant à Lauren, le jour de leur mariage, un sifflet en or massif suspendu à une gourmette. Adamsberg, en remontant patiemment cette chaîne de mémoire depuis le joaillier de Beverly Hills ami de Bogart jusqu’aux archives de la vente aux enchères récente de l’objet authentique, comprend enfin pourquoi l’ovni tient tant à ce modèle précis, et à aucun autre. Ce n’est pas un bijou, c’est un serment.
Vargas consacre à ce chapitre du mythe un développement qui dépasse largement le cadre de l’anecdote culturelle pour devenir un éclairage décisif sur la mécanique intime du tueur. Le commandant Mordent, spécialiste des récits fabuleux, s’embrase littéralement à mesure que se précisent les contours de la légende : le sifflet prétendument déposé dans le cercueil de Bogart par une Lauren éplorée, la phrase gravée qui n’a jamais existé, le mythe de l’amour vainqueur de la mort que les journaux ont entretenu jusqu’à titrer, à la disparition de l’actrice onze ans plus tôt, « Bogart l’a sifflée. Et elle l’a rejoint. » La Brigade assiste, médusée, à la reconstitution d’un conte moderne que l’ovni a pris pour une vérité absolue, et sur lequel il a bâti toute sa folie.
Car c’est là que réside le nœud psychologique le plus vertigineux du roman. En offrant à chacune de ses victimes une réplique exacte du sifflet de Bacall, le tueur ne commet pas un simple geste symbolique : il se substitue à Bogart, il s’en fait le successeur et le rival vainqueur. Il épouse ces femmes à sa manière, convaincu que le sifflet maintient entre eux un lien indissoluble par-delà la mort. Vargas parvient à rendre cette logique démente parfaitement lisible sans jamais la banaliser, ce qui est peut-être le tour de force le plus remarquable du livre. L’enquête a désormais son centre de gravité, et la Brigade sait qu’une unique lueur guide encore ses pas vers l’avant.
Une unique lueur dans la brume
À ce stade du roman, la Brigade criminelle du 13e se retrouve dans une position paradoxale : elle sait tout de la psychologie du tueur, de ses obsessions, de sa cartographie intérieure, et pourtant il lui échappe toujours. L’ovni a une longueur d’avance considérable, il pipe les dés, dépose ses victimes là où on ne l’attend pas, efface ses traces avec un soin maniaque. Les nuits de surveillance s’enchaînent, épuisantes et infructueuses. Un troisième meurtre survient, confirmant l’emballement redouté par Adamsberg, cette accélération du cycle que rien ne semble pouvoir enrayer. Retancourt elle-même, d’ordinaire imperméable au découragement, admet qu’ils sont en rade. Le mot tombe dans la salle du concile comme une pierre dans l’eau stagnante.
C’est dans cette phase de quasi-impasse que le roman révèle peut-être sa nature la plus profonde. Vargas ne résout pas ses énigmes par un coup d’éclat final, elle les fait mûrir dans la lenteur patiente d’une pensée qui refuse de capituler. Adamsberg répare le vieux banc pourri de son jardin, bavarde avec son voisin Lucio sous le hêtre, reçoit du couscous de la voisine de Florence, appelle sa sœur à propos d’une autobiographie d’actrice. Ce sont ces détours apparemment insignifiants qui nourrissent l’intuition, ces petites miettes de pain semées dans la forêt qui finissent par tracer un chemin. Le sifflet d’or reste l’unique fanal visible dans la brume, une piste ténue mais réelle, et c’est vers elle qu’Adamsberg décide de faire mouvement, en levant littéralement l’ancre.
Avec ce roman, Vargas confirme ce qui fait la singularité durable de son univers : une manière de traiter le genre policier comme un espace de pensée autant que d’action, où la résolution d’un crime passe par la compréhension d’une âme humaine dans ses retranchements les plus obscurs. En convoquant Nerval, Lauren Bacall, Bogart et les mythes de l’amour éternel au service d’une intrigue criminelle contemporaine, elle construit un roman d’une richesse peu commune, habité par des personnages qu’on n’oublie pas facilement. Le titre lui-même, emprunté au poème d’El Desdichado, résonne comme une promesse tenue : dans l’obscurité la plus dense, une unique lueur suffit parfois pour continuer d’avancer.
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Mots-clés : Polar français, Fred Vargas, Adamsberg, Nerval, Lauren Bacall, roman policier littéraire, crime obsessionnel
Extrait Première Page du livre
« I
Non, ce n’était pas un moustique tigre. De cela, il était certain.
À défaut de pouvoir enregistrer les règles extravagantes de la langue française, le commissaire Adamsberg savait pouvoir compter sur sa mémoire sensorielle et, en ce qui concernait cette bestiole, sur ses souvenirs visuels et auditifs. Il les passait en revue, agacé, tout en remontant à pas lents le boulevard Saint-Michel à la nuit. En même temps qu’il évaluait le dilemme amoureux auquel son ami et collègue Louis Veyrenc, qu’il venait de quitter après un long dîner, ne manquerait pas d’être bientôt confronté. À savoir être largué ou bien anticiper et lever le camp, loin de cette femme – Diane – qu’il affectionnait depuis cinq mois. Cette Diane qui, aux yeux du commissaire, semblait nettement plus éprise d’elle-même que de quiconque à cent lieues à la ronde. D’une manière générale, Adamsberg n’appréciait pas les personnes nettement éprises d’elles-mêmes et convaincues de leur efficience. Portée par on ne sait quel vent magique, la conversation avait, ce soir encore, invariablement reflué vers elle, et c’est soudain d’un geste impérial que sa main s’était abattue sur l’insecte. »
- Titre : Une unique lueur
- Auteur : Fred Vargas
- Éditeur : Éditions Flammarion
- ISBN : 9782080160713
- Langue : Français
- Date de publication : 08/04/2026
- Nombre de pages : 528 pages
- Format : Broché
- Genre : Policier, thriller
Résumé
Par une nuit de juin, le commissaire Adamsberg découvre par hasard le corps d’une jeune femme allongée sur un trottoir du Quartier latin, vêtue d’une élégante veste pied-de-poule et entourée d’un bouquet d’ancolies. La mise en scène est d’une sophistication troublante : aucune violence apparente, une alliance passée au doigt, un sifflet en or au poignet. Très vite, l’enquête révèle qu’un meurtre identique avait eu lieu six ans plus tôt, et que le tueur semble se guider sur les vers d’El Desdichado, le célèbre sonnet de Gérard de Nerval.
Au fil d’une investigation qui mêle poésie romantique, mythologie hollywoodienne et obsession amoureuse, Adamsberg et la Brigade criminelle du 13e comprennent que leur tueur, surnommé l’ovni, a élu Lauren Bacall comme figure de son éternel féminin inaccessible. Chaque victime est une réincarnation manquée de la star disparue, chaque crime un rituel de possession et de vénération. Pour coincer cet homme d’une intelligence redoutable qui ne laisse aucune trace, la Brigade n’a qu’un seul fil conducteur : ce mystérieux sifflet d’or, réplique exacte de celui qu’offrit Humphrey Bogart à Lauren Bacall le jour de leurs noces.
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.

























