Un entrefilet au bas d’une colonne
Il y a des romans qui s’allument comme une allumette : une étincelle minuscule, quelques lignes de rien du tout, et l’incendie prend. Fiona Barton choisit ici le plus modeste des détonateurs, un entrefilet coincé tout en bas de la colonne des brèves d’un Evening Standard ramassé dans le métro. Deux phrases, pas davantage. Le squelette d’un nourrisson exhumé sur un chantier de construction à Woolwich, et l’ouverture d’une enquête de police. Le genre de nouvelle qu’un lecteur pressé survole entre deux stations, le genre d’information que le tri éditorial relègue sous les préparatifs des Jeux olympiques de Londres.
Or ce même soir, à quelques kilomètres de distance, deux femmes butent sur ces trois lignes. La première les relit plusieurs fois sans parvenir à les comprendre, comme si elles étaient rédigées dans une langue étrangère, pendant que des côtelettes de porc carbonisent dans la cuisine. La seconde les déchire soigneusement et glisse le papier au fond d’un sac déjà bourré de bouts de papier froissés. L’une reconnaît quelque chose. L’autre flaire un sujet. Tout le roman tient dans cet écart de lecture, et Barton l’installe avec une économie de moyens qui force l’admiration.
Le talent tient moins à l’invention du dispositif qu’à la précision domestique dont il s’entoure. La pizza surgelée qui tourne derrière la vitre du micro-ondes, la remarque anodine du mari sur la nécessité d’installer un détecteur de fumée, le sourire réservé pour les photos que l’on ressort en urgence pour rassurer les proches. Le sinistre affleure sans jamais forcer la voix. Rien ne relève du fracas, tout passe par la porcelaine du quotidien, et c’est précisément cette absence d’emphase qui rend la suite si difficile à lâcher. La romancière britannique connaît la valeur d’un fait divers minuscule : elle en a écrit des centaines. Elle sait aussi que derrière l’entrefilet dorment des existences entières, patiemment recouvertes, et que remuer la terre ne fait jamais remonter qu’une seule chose à la fois.
Quatre voix et autant de manières de se taire
L’architecture du livre repose sur un quatuor, et le choix des registres y est loin d’être décoratif. Emma parle à la première personne, au présent, dans une immédiateté qui colle à la peau et n’autorise aucun recul : nous sommes enfermés avec elle, à l’intérieur de sa tête, sans issue de secours. Kate Waters relève de la troisième personne et du passé, l’écriture y devient plus large, plus mobile, ajustée au rythme d’une journaliste qui court. Angela s’exprime en monologue intérieur, ses pensées surgissant en italique au milieu du récit comme une seconde voix qui la contredit ou l’accable. Jude, enfin, avance en style indirect libre, ce qui autorise une distance ironique redoutable envers ses propres justifications.
Chacune de ces femmes tait quelque chose, mais aucune ne le tait de la même façon. Emma dissimule par terreur, avec la virtuosité de qui s’entraîne depuis des décennies. Angela se tait par pudeur, parce que pleurer devant les caméras lui paraît une indécence et qu’elle refuse de se donner en spectacle. Jude se tait par arrangement avec elle-même, ayant décrété une fois pour toutes que la vérité était multiple et variait selon les personnes. Quant à Kate, elle est celle dont le métier consiste à faire parler les autres, y compris lorsque ce métier la conduit sur le seuil de portes que rien ne l’obligeait à pousser. L’épigraphe empruntée à Evtouchenko donne la clé de voûte : lorsque le silence remplace la vérité, il devient mensonge.
Le découpage par dates, du 20 mars au 28 avril 2012, resserre encore l’étau. Les chapitres sont brefs, parfois deux pages à peine, et l’alternance des voix crée un effet de tressage où chaque brin éclaire les autres sans jamais les recouvrir. Barton pratique la relance avec une régularité de métronome : on quitte une conscience au moment exact où elle allait céder, on la retrouve trente pages plus loin, légèrement déplacée. Le lecteur reconstitue, compare, ajuste, et se surprend à jouer lui aussi les enquêteurs.
Ce que le chantier de Howard Street a mis au jour
Howard Street n’a rien d’un décor. Cette petite artère de Woolwich, dans l’est londonien, porte en elle une mémoire sociale que le roman exhume avec autant de patience que les archéologues appelés sur le chantier. Barton y superpose plusieurs strates temporelles : les maisons victoriennes découpées en meublés, les propriétaires qui encaissaient les loyers sans jamais réparer les fuites, les squats des années quatre-vingt, les étudiants, les marginaux, les familles de passage. Une rue où l’on n’habitait pas, où l’on échouait, et dont les occupants successifs ne laissaient derrière eux qu’un nom mal orthographié sur une sonnette.
La démolition et le programme immobilier qui la remplace fonctionnent comme une métaphore transparente, mais la romancière a le bon goût de ne jamais la souligner. Elle préfère la donner à voir : les bouteilles de lait vides devant les portes, les poubelles éventrées, la rumeur d’une bande de toxicomanes au bout de la rue, la façon dont les anciens résidents parlent de cette adresse en baissant instinctivement la voix. Londres se réinvente à grands coups de pelleteuse pendant que la capitale prépare ses Jeux et le jubilé de la reine, et l’ironie veut que ce soit ce chantier de renaissance qui restitue le plus vieux des secrets.
Ce travail sur le lieu s’accompagne d’une attention aiguë aux mécanismes de classe. Barton observe qui possédait, qui louait, qui payait comptant, qui disparaissait sans laisser d’adresse. Elle note que certaines vies n’ont jamais intéressé personne, faute de dossier, faute d’état civil complet, faute d’un journaliste pour s’y arrêter. Le quartier prend corps sous nos yeux, non par accumulation pittoresque, mais par le relevé méticuleux de ce que la ville consent à oublier. Quand Kate remonte la rue en interrogeant les riveraines, on comprend que l’enquête ne portera pas seulement sur un nom, mais sur un morceau entier de l’Angleterre ouvrière, celle qui a vu ses maisons se vider et sa mémoire se dissoudre dans le béton neuf.
Kate Waters dans une rédaction qui rétrécit
C’est peut-être la plus belle réussite du livre, et la moins attendue dans un roman policier. Fiona Barton a passé une trentaine d’années dans la presse britannique, et cette expérience irrigue chaque scène de rédaction sans jamais verser dans la nostalgie complaisante. Le Daily Post de Kate Waters est un journal qui se contracte à vue d’œil : les fenêtres à double vitrage ne s’ouvrent plus, l’alcool a disparu des tiroirs, le café a remplacé le whisky, et les reporters chevronnés se retrouvent repoussés vers la porte de sortie par des bataillons de rédacteurs en ligne qui alimentent l’appétit du flux continu.
La séquence du licenciement de Gordon Willis, le vétéran des affaires criminelles, restera dans la mémoire du lecteur longtemps après que l’intrigue aura livré ses secrets. Il repart avec un sac-poubelle noir contenant les vestiges de sa carrière, et toute la salle se met à marteler les bureaux avec des calepins, des poings, tout ce qui tombe sous la main. Un grondement d’adieu qui cesse net dès que la porte se referme. En trois paragraphes, Barton dit la disparition d’une profession, la brutalité des logiques comptables et la solidarité résiduelle de ceux qui restent en sachant qu’ils sont les prochains.
Kate elle-même échappe à la caricature de la journaliste flamboyante. Elle vieillit, elle coûte cher, elle se sait sur la liste, et elle a désespérément besoin d’un gros sujet. Ses méthodes ne sont pas toujours flatteuses : la flatterie qui ouvre les portes, la présence insistante sur le pas d’une porte, l’art de retarder la question qui fâche. Mais elle demande aussi à son rédacteur d’y aller mollo sur le titre, par égard pour des parents. Cette ambivalence, tenue de bout en bout sans plaidoyer ni réquisitoire, donne au roman une profondeur morale que le genre visite rarement. Ajoutons la bibliothèque d’archives, ses odeurs de papier et de sardine, ses gardiens érudits qui exhument une enveloppe kraft là où aucun moteur de recherche ne trouve rien : un hommage discret à un savoir en voie d’extinction.
Le 20 mars d’Angela Irving
Chaque année, une date revient et emporte tout. Angela le sait depuis si longtemps qu’elle organise sa journée autour de ce rendez-vous avec elle-même : préparer le petit déjeuner comme si de rien n’était, discuter du programme avec Nick, attendre que la porte se referme derrière lui, puis s’asseoir sur le canapé et céder enfin. Infirmière de formation, épouse de militaire, endurcie par des années de service, elle a pourtant renoncé à combattre ces larmes annuelles. Elle n’a jamais pleuré devant les caméras, ce spectacle lui répugne, mais le 20 mars fait exception depuis des décennies.
Le portrait qu’en dresse Barton compte parmi les plus justes qu’il m’ait été donné de lire sur le deuil qui ne se referme pas. Angela ne possède qu’une photographie, floue, prise trop vite avec un Instamatic. Elle sait que sa fille avait des cheveux sombres et bouclés, qu’elle pesait à peine deux kilos trois, et elle a passé des années à scruter les clichés de ses autres enfants en cherchant en vain un air de famille. Les groupes de soutien l’ont épuisée, la douleur partagée n’ayant fait qu’alourdir la sienne. Son mari a cessé de se rappeler la date, et elle a cessé de la lui rappeler, par bonté, pour lui épargner l’éclair de panique dans le regard.
À cette peine s’ajoute une blessure d’une autre nature, que le roman explore avec un tact remarquable : le soupçon. Quand la police piétine, elle se retourne vers les proches, et l’on entend une policière murmurer sur le seuil d’une chambre d’hôpital que cette mère-là ne pleure pas assez. Angela n’a pas su jouer le rôle attendu d’elle, tout entière occupée à respirer, et cette défaillance de comédie lui a coûté des années de suspicion. Barton pointe ainsi, sans jamais hausser le ton, la manière dont une société évalue les mères et sanctionne celles qui souffrent de travers.
Jude et Emma, l’héritage des non-dits
La relation qui unit Emma à sa mère constitue le foyer secret du roman, celui qui chauffe tout le reste. Jude a voulu être une grande sœur plutôt qu’une mère, traiter sa fille en adulte, prendre le contre-pied exact du lien étouffant qu’elle avait connu avec sa propre mère. Ses belles intentions lui ont explosé à la figure, selon sa propre formule. Reste une femme seule dans un appartement rangé en piles bien droites, qui fait tourner un disque de Leonard Cohen en attendant la visite de son unique enfant, et qui aboie dès que celle-ci franchit le seuil.
Barton excelle à saisir ces retrouvailles ratées où chaque phrase manque sa cible. Le ragoût de lentilles préparé trop tôt et repoussé sur le bord de l’assiette, la biographie de David Bowie offerte en cadeau, le poster d’adolescente recollé au ruban adhésif, les silences que la radio vient combler pendant la vaisselle. Deux femmes qui s’aiment sans parvenir à se rejoindre, séparées par un fossé qu’aucune ne sait plus franchir. Il faut lire la scène où Emma, enfant, invente à son père absent des vies héroïques et se voit répondre par sa mère que cet homme n’était rien : tout un rapport à la vérité s’y noue, et bien des conséquences en découleront.
Car Jude a érigé le mensonge en principe d’hygiène domestique. Elle estime qu’on accorde beaucoup trop d’importance à la vérité, laquelle varie selon les personnes. Sa fille, elle, a grandi dans les interstices, apprenant à mentir avec une précocité qui lui vaudrait les félicitations du jury. L’ombre de Will, ancien compagnon de Jude et sujet devenu tabou entre les deux femmes, plane sur leurs conversations comme une pièce fermée à clé dont personne ne veut chercher la serrure. Le roman avance ainsi, de non-dit en non-dit, chacun engendrant le suivant sur plusieurs générations, jusqu’à ce que le poids accumulé devienne intenable.
Des coupures de presse au fond d’un sac
Le titre français joue sur une polysémie que le texte anglais n’offrait pas, et il faut saluer cette trouvaille. La coupure, c’est d’abord le bout de papier arraché à un quotidien et enfoui dans un sac de journaliste, cette matière première du métier que Kate accumule comme d’autres accumulent des cailloux. C’est ensuite le geste chirurgical, le lien tranché entre deux corps. C’est enfin la fracture entre les êtres, ces ruptures de transmission qui traversent le livre de part en part et laissent chaque génération démunie devant la suivante.
Ce qui frappe, à la fin du parcours, c’est la maîtrise du dosage. Fiona Barton ne cherche jamais l’effet de manche, ne recourt ni au tueur en série ni au retournement clinquant. Elle construit patiemment, chapitre après chapitre, un édifice où le suspense naît de la lenteur avec laquelle les informations se déposent, jamais de leur brutalité. Certains lecteurs habitués aux thrillers à haute vitesse trouveront peut-être le tempo posé : ils auraient tort de s’en priver, car ce rythme est précisément ce qui donne aux révélations leur pouvoir d’ébranlement. Rien n’y arrive par hasard, et l’on referme le livre en ayant envie de revenir en arrière pour vérifier les indices semés bien avant qu’on ne sache quoi en faire.
La Coupure est donc à la fois une enquête policière, un roman de la maternité sous toutes ses formes et une chronique documentée sur la fin d’un certain journalisme. Trois livres en un, tenus ensemble par la sobriété d’une écriture qui préfère l’exactitude à l’ornement. Les amateurs de Kate Atkinson, de Tana French ou de Belinda Bauer y retrouveront ce goût anglais pour les vies ordinaires observées de près, jusqu’à ce que l’ordinaire se fissure. Quant à Kate Waters, elle continuera longtemps de fouiller son sac, persuadée qu’un bout de papier froissé finira par livrer une histoire entière.
À lire aussi
Mots-clés : thriller psychologique, Fiona Barton, La Coupure, secrets de famille, disparition d’enfant, Londres, journalisme d’investigation
Extrait Première Page du livre
« Chapitre I
Mardi 20 mars 2012
Emma
Mon ordinateur m’accueille avec un clignotement complice lorsque je m’installe à mon bureau. Je le salue d’une pression sur le clavier et une photo de Paul apparaît à l’écran. Celle que j’ai prise à Rome, lors de notre lune de miel. Avec des yeux débordants d’amour, il me sourit, attablé en face de moi au Campo dei Fiori. Je veux lui rendre son sourire mais, en me penchant vers l’écran, j’y surprends mon reflet et cette vision me stoppe net. Je déteste me voir sans y être préparée. Je ne me reconnais pas, parfois. On croit savoir à quoi on ressemble et c’est une inconnue qui nous dévisage. Ça me fait peur.
Aujourd’hui pourtant, j’examine le visage de cette inconnue. La chevelure brune remontée tant bien que mal en chignon sur le sommet du crâne, la peau au naturel, sans maquillage, les cernes sous les yeux et les rides autour comme des fissures.
Bon sang, tu as une sale tête ! dis-je à la femme à l’écran. Les mouvements de sa bouche me fascinent et je la fais parler davantage.
Allez, Emma, au boulot ! articule-t-elle. J’esquisse un faible sourire qu’elle me renvoie.
Tu es complètement folle ! me lance-t-elle de ma propre voix. Je m’arrête.
Heureusement que Paul n’est pas là pour voir ça, me dis-je à part moi.
Plus tard, Paul rentre à la maison fatigué et de mauvaise humeur après une journée face à des étudiants « débiles » et une énième dispute avec le directeur du département à propos du calendrier.
Peut-être qu’il se fait vieux, mais ces derniers temps, la moindre anicroche professionnelle semble l’ébranler. Je crois qu’il commence à douter de ses capacités, à sombrer dans la paranoïa, à voir partout des menaces planer sur son poste. À l’université, les différents départements sont comme autant de troupes de lions. Des mâles qui se pavanent et folâtrent, et surtout s’accrochent de toutes leurs griffes à leur supériorité. Je le réconforte de paroles appropriées et lui prépare un gin tonic.
En ôtant sa mallette du canapé, je remarque qu’il a rapporté un exemplaire de l’Evening Standard. Il a dû récupérer le journal dans le la peau au naturel, sans maquillage, les cernes sous les yeux et les rides autour comme des fissures.
Bon sang, tu as une sale tête ! dis-je à la femme à l’écran. Les mouvements de sa bouche me fascinent et je la fais parler davantage.
Allez, Emma, au boulot ! articule-t-elle. J’esquisse un faible sourire qu’elle me renvoie.
Tu es complètement folle ! me lance-t-elle de ma propre voix. Je m’arrête.
Heureusement que Paul n’est pas là pour voir ça, me dis-je à part moi.
Plus tard, Paul rentre à la maison fatigué et de mauvaise humeur après une journée face à des étudiants « débiles » et une énième dispute avec le directeur du département à propos du calendrier.
Peut-être qu’il se fait vieux, mais ces derniers temps, la moindre anicroche professionnelle semble l’ébranler. Je crois qu’il commence à douter de ses capacités, à sombrer dans la paranoïa, à voir partout des menaces planer sur son poste. À l’université, les différents départements sont comme autant de troupes de lions. Des mâles qui se pavanent et folâtrent, et surtout s’accrochent de toutes leurs griffes à leur supériorité. Je le réconforte de paroles appropriées et lui prépare un gin tonic.
En ôtant sa mallette du canapé, je remarque qu’il a rapporté un exemplaire de l’Evening Standard. Il a dû récupérer le journal dans le métro. »
- Titre : La Coupure
- Titre original : The child
- Auteure : Fiona Barton
- Éditeur : Fleuve Éditions
- ISBN : 9782265114579
- Format : Broché
- Nationalité : Royaume-Uni
- Langue : Français
- Traduction : Séverine Quelet
- Date de publication : 13/09/2018
- Nombre de pages : 476 pages
- Genre : Thriller psychologique
- Sujets traités : Secrets de famille, Maternité, Deuil, Disparition d’enfant, Non-dits, Journalisme d’investigation, Culpabilité, Londres
Page officielle : www.fionabartonauthor.com
Résumé
Mars 2012. Sur un chantier de démolition de Woolwich, dans l’est de Londres, des ouvriers exhument le squelette d’un nourrisson. L’information tient en deux phrases au bas de la colonne des brèves d’un quotidien gratuit, coincée sous les préparatifs des Jeux olympiques. Kate Waters, journaliste chevronnée d’un tabloïd national menacé par les coupes budgétaires, y flaire le sujet qui pourrait la sauver. Elle déchire l’article et le glisse au fond de son sac.
Le même soir, à quelques kilomètres de là, d’autres femmes lisent le même entrefilet et cessent de respirer. Howard Street n’est pour elles ni une adresse ni un fait divers : c’est une rue où elles ont vécu, aimé, menti. À mesure que Kate remonte la rue et interroge les anciens résidents, plusieurs existences soigneusement recouvertes se mettent à remonter à la surface, et le silence gardé pendant des décennies commence à peser plus lourd que la vérité.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


















