Il était une fois sur la Côte d’Azur Tome 1 de Patrick Scilla : quatre destins face à l’absence

Il était une fois sur la Côte d'Azur Tome 1 : La mort n'emporte pas tout de Patrick Scilla

Une Riviera à double fond, du Rocher aux tours des Moulins

Vingt kilomètres de corniche, et deux planètes. Patrick Scilla trace sa frontière dans un parking souterrain de Monaco, où un rectangle de béton de deux mètres cinquante sur cinq se négocie au prix d’un appartement, alors qu’à Nice, dans les sous-sols de Saint-Roch, on se dispute la moindre place libre dans l’odeur d’huile froide. Ce simple écart dit tout de la méthode : ici, la Côte d’Azur n’a rien d’un dépliant touristique. La lumière qui tombe sur la Promenade des Anglais ne flatte personne, elle dresse un état des lieux, et la mer, magnifique et indifférente, continue de respirer pendant que les humains se débattent sur le rivage.

L’auteur promène son objectif avec une précision de géomètre social. Il y a les Moulins, cité niçoise que les brochures ont gommée de leurs cartes, ses cages d’escalier à la peinture morte, ses carcasses de voitures devenues des points de repère, ses rodéos de deux-temps qui tiennent lieu de bande-son nocturne. Il y a, à l’opposé, les bastides dissimulées entre La Colle-sur-Loup et Saint-Paul-de-Vence, dont les murs de pierre ont été montés par des maçons immigrés, souvent italiens, payés au rabais. Le roman rappelle avec une amertume tranquille que ces demeures valant des millions portent encore la sueur de ceux qui n’ont jamais pu y entrer autrement qu’en tenue de service.

Entre ces deux pôles, le récit dessine une géographie sensible d’une rare densité : la verticalité de verre du Grimaldi Forum, la Roseraie Princesse Grace de Fontvieille où les parfums s’alourdissent dans la nuit, le port Hercule et son défilé de coffres-forts flottants, une terrasse matinale de Beaulieu-sur-Mer, les ruelles d’Èze étranglées de bougainvilliers, et jusqu’à la gare de San Remo un soir de Nouvel An. Chaque lieu pèse sur ceux qui le traversent, façonne leurs gestes, leurs réflexes, leur manière d’habiter le monde. Le titre de la saga, avec sa formule de conte, sonne alors comme une ironie douce : il était une fois, oui, mais une fois sous un soleil qui brûle autant qu’il éclaire, sur un littoral où le décor ne console jamais tout à fait.

Quatre jeunes gens noués autour d’une absence

Une jeune femme de dix-huit ans a disparu, et c’est son vide qui organise tout. Marc, son jumeau, a partagé avec elle le même souffle depuis la première seconde avant que l’adolescence ne les éloigne doucement. Joueur de water-polo au club de Monaco, il vit désormais à la surface de sa propre existence, présent en apparence, rongé en profondeur par ce qu’il n’a pas su voir. Amélia, l’amie de toujours, pianiste au conservatoire Rainier III menant de front une prépa médecine grâce à son année d’avance, a perdu avec Clara un langage entier, fait de fous rires sans traduction possible.

Face à eux surgissent deux Niçois. Lorenzo, lycéen en filière scientifique, serveur le week-end dans un grand restaurant de Saint-Paul-de-Vence, motard et photographe à l’argentique, observe le monde avec une patience presque déroutante. Karim, son ami de lycée, grandit aux Moulins, code en Python la nuit et vise Stanford avec une obstination qui tient moins de l’ambition que de la survie. La rencontre se noue au bord d’un bassin, lors d’une finale de championnat PACA entre Nice et Monaco : un duel dans l’eau, puis une bouteille tendue dans un vestiaire humide, puis une invitation insolite à plonger de nuit depuis les rochers du cap de Nice. Ce saut dans le noir scelle une alliance qui ressemble à une trêve plus qu’à une guérison, et l’auteur a la sagesse de ne jamais confondre les deux.

La belle intuition du roman tient dans cette mécanique des liens. Marc, que l’on croyait muré dans sa douleur, glisse un billet pour le gala du conservatoire entre les mains de Lorenzo, comme on dépose une pièce sur un échiquier dont on devine déjà la partie. L’exergue emprunté à Boris Cyrulnik, qui distingue la culpabilité de la honte, fournit la clé de voûte de l’ensemble : chacun des quatre porte l’une ou l’autre, parfois les deux, et chacun apprend que l’on ne remonte pas seul d’une telle profondeur. Le roman choral trouve ici sa respiration propre, faite de silences partagés plus que de grandes déclarations.

Les carnets de Clara, un compte à rebours en contrepoint

Une cave sans fenêtre, des lits superposés, une respiration étrangère qui ne s’arrête jamais. Puis un hangar au plafond invisible, des enfants alignés derrière des vitres, une infirmière qui passe sans entendre. Le lecteur met un moment à comprendre où se trouve cette voix, et c’est précisément ce trouble que Patrick Scilla cultive avec audace. Les chapitres consacrés à Clara, horodatés au jour et à l’heure près, épousent la perception d’une conscience flottant entre sédation et réveil, où le souffle d’un respirateur devient le système de réfrigération d’une patinoire déserte et où le froid d’une fièvre se confond avec la glace d’une chute ancienne.

Ce dispositif dessine une architecture singulière. Puisque l’issue du parcours de Clara est connue presque d’emblée, ces fragments disséminés au fil du livre ne fonctionnent pas comme un suspense mais comme une ironie tragique au sens le plus classique : nous savons ce qu’elle ignore, et chaque retour dans cette chambre d’hôpital résonne comme un battement de métronome sous la partition principale. Le récit des vivants avance, les carnets de Clara reculent vers ses derniers jours, et les deux lignes temporelles se répondent, s’éclairent, se contredisent parfois.

L’auteur y ménage des moments d’une justesse désarmante. Une ardoise et un feutre deviennent l’unique canal de parole d’une gorge abîmée par l’intubation, et les phrases tracées en lettres tremblantes pèsent plus lourd que bien des monologues. Une boîte de fraises partagée sur un coin de matelas ressuscite, le temps d’une conversation, les complicités de deux adolescentes qui évoquent un gâteau raté transformé en recette prétendument vegan. Un chapitre entier, enfin, rend Clara à la glace, dans l’élan d’un triple lutz, et offre au lecteur ce que la maladie lui avait confisqué : sa joie de patineuse, sa puissance, sa liberté de trois minutes. Ce contrepoint donne au roman une profondeur émotionnelle qui dépasse largement le cadre du drame familial.

Glace, piano, bassin : le corps entre exigence et refuge

Chaque protagoniste possède son élément, et chaque élément impose sa loi au corps. La glace de Clara est la plus impitoyable. Le roman décrit avec une lucidité glaçante cette règle que personne n’écrit et que tout le monde connaît dans le patinage artistique : une silhouette idéale, valorisée en silence par les entraîneurs et les juges. Le souvenir de Surya Bonaly affleure, puissante et technique, pénalisée pour ne pas correspondre à l’image attendue. Des remarques techniques qui glissent sur la chair comme des réglages mécaniques, deux kilos de moins pour que les triples passent, et une adolescente qui se met à optimiser son corps comme elle optimisait ses sauts. L’auteur dénonce un système qui récompense la légèreté jusque dans la maladie, sans jamais sombrer dans la complaisance ni le voyeurisme.

L’eau de Marc joue le rôle inverse, celui d’un anesthésiant. Longueurs interminables, matchs où le corps s’épuise pour que l’esprit se taise, apnées qui offrent quelques secondes d’oubli : la piscine devient un sas, et le tunnel Louis II, traversé à pleine vitesse, une autre façon de couper le courant intérieur. Le piano d’Amélia, lui, reçoit sans interroger. Les touches acceptent ce qu’on leur confie, et une phrase musicale travaillée autrefois avec Clara remonte parfois sous les doigts sans avoir été convoquée. La scène du gala, où une jeune fille en robe noire joue Schubert sur un Steinway devant une salle suspendue à ses mains, compte parmi les plus lumineuses du livre.

Le roman ose aussi explorer la chair comme territoire de fuite. Les étreintes y prennent parfois une fonction qui dépasse le désir, devenant une manière de se sentir vivant ou de faire taire ce qui hurle en dedans. Une conversation surprise dans le hall du Grimaldi Forum, où des adolescentes s’échangent des astuces de jeûne comme des recettes, cristallise toute cette réflexion en quelques répliques. Le corps n’est jamais neutre chez Patrick Scilla : il est outil, prison, abri ou champ de bataille, selon l’heure et la blessure.

Héritages lourds et ambitions à contre-courant

Un Canon AE-1 déniché dans un vide-grenier, offert par un grand-père tailleur de pierre qui avait été bouleversé, dans une villa où il travaillait, par des tirages de Doisneau, Cartier-Bresson et Boubat dont il ignorait les signatures. Ce cadeau résume la filiation de Lorenzo : des mains d’artisan, un regard transmis, et derrière, une mémoire calabraise plus trouble. L’auteur remonte jusqu’aux collines de Calabre des années soixante, où déplacer de cinquante centimètres les bornes d’un champ et abattre un olivier centenaire relevait de la déclaration de guerre. Il distille par fragments un secret familial dont il vaut mieux découvrir seul la teneur, mais qui éclaire rétrospectivement la retenue du jeune homme, sa manière de servir sans jamais appartenir, d’observer sans juger.

Karim, de son côté, porte l’héritage des corps usés. Une mère aide-soignante enchaînant les nuits de douze heures dans une clinique de Saint-Isidore, un père dont le dos a été broyé par des années de manutention sur les chantiers azuréens, des antidouleurs alignés au bord de l’évier. De cette image naît un projet d’une netteté remarquable : démocratiser l’exosquelette, soulager ceux qui portent et rendre la station debout à ceux qui l’ont perdue. Son essai pour Stanford, bâti autour des écluses du canal de Panama et de la gravité qui soulève des navires sans la moindre pompe, se transforme en métaphore de sa propre trajectoire, celle d’un système fermé que l’énergie appliquée finit par faire bouger.

Le roman refuse cependant les parcours linéaires. Dès sa Journée Défense et Citoyenneté, Karim remarque qu’un sous-officier parle de « profils comme le tien » avec une insistance singulière, et l’intérêt que certaines institutions portent aux esprits brillants des quartiers oubliés ouvre un fil narratif riche en dilemmes moraux. L’auteur y questionne la loyauté familiale, le prix de l’excellence et la façon dont un pays regarde ses enfants selon l’adresse inscrite sur leur dossier. Les ambitions, ici, ne sont jamais des caprices : elles sont des réponses à des dettes que personne n’a choisi de contracter.

Une écriture du souffle court, entre pudeur et crudité

Pas une guérison. Juste une trêve. La prose de Patrick Scilla procède volontiers par ces phrases brèves, parfois nominales, qui tombent comme des galets dans l’eau et laissent le silence faire le reste. Ce rythme haché épouse remarquablement l’état de ses protagonistes, incapables de longues tirades, économes de leurs mots parce que chaque parole coûte. Les titres de chapitres empruntent au vocabulaire scientifique, « L’Équation du vide », « La mécanique des fluides », « Le point de rosée », « La variable manquante », comme si l’auteur cherchait à mettre en formule ce qui résiste à toute mise en équation.

Le livre alterne deux registres avec une liberté assumée. La pudeur d’abord, incarnée par Lorenzo, qui sait qu’on ne tire pas quelqu’un qui se noie en lui demandant pourquoi il a sauté, mais qu’on s’assoit au bord et qu’on attend. Les dialogues les plus forts sont souvent ceux qui se taisent : une terrasse au petit matin, un « moi non plus » posé sans emphase, une main tendue paume ouverte. La crudité ensuite, qui ne détourne jamais le regard. Les scènes d’amour sont écrites sans voile, la réalité hospitalière décrite jusque dans ses odeurs, et cette franchise sert le propos plutôt qu’elle ne cherche l’effet. L’auteur fait le pari que la vérité des corps éclaire celle des âmes.

Entre ces deux pôles, l’humour trouve sa place avec une fraîcheur bienvenue. Une randonnée improvisée vers le refuge du lac de Vens, dans un mètre de neige fraîche et à la nuit tombée, se termine devant quarante chasseurs alpins en tenue blanche fixant les arrivants, et deux adolescentes imaginent James Bond franchissant la porte à son tour. Un Nouvel An à San Remo se conclut sur le carrelage d’une gare après une litanie de « Tutto completo ». Le regard photographique irrigue enfin l’ensemble, jusqu’à cet agrandisseur trônant dans un studio du Vieux-Nice et ces tirages barytés où une jeune pianiste reconnaît la tendresse d’un Claude Nori. Le style se fait alors révélateur au sens chimique du terme : il fait apparaître l’image latente des êtres.

Ce que l’amitié oppose au deuil, en attendant Le prix du silence

La mort n’emporte pas tout. Le sous-titre de ce premier tome sonne comme une conviction patiemment conquise plutôt que comme une consolation facile. Tout au long du récit, Patrick Scilla montre des jeunes gens qui tombent, se relèvent à moitié, retombent, et découvrent que la seule rambarde disponible est celle qu’ils se tendent mutuellement. Aucun d’eux ne sauve l’autre au sens héroïque du terme. Ils se contentent d’être là, au bord d’une falaise, sur un banc de roseraie, dans une voiture garée à l’aube, et cette présence obstinée finit par dessiner une fraternité née de l’absence même.

Le roman séduit par l’ampleur de ce qu’il embrasse sans jamais perdre ses protagonistes de vue : le deuil et la culpabilité, les dérives du sport de haut niveau, les fractures sociales d’un littoral opulent, le poids des lignées, les tentations de l’État, les limites de la justice humaine. Chaque thème s’incarne dans un visage, une scène, un geste précis, et c’est cette incarnation qui évite au livre de se transformer en tract. Le lecteur amateur de romans choraux à forte charge psychologique, de récits où la noirceur côtoie la lumière méditerranéenne, y trouvera matière à émotion comme à réflexion.

Premier volet d’une saga annoncée, ce tome referme certaines portes avec délicatesse et en entrouvre d’autres avec une habileté qui aiguise la curiosité. Certaines ombres ont été apprivoisées, d’autres attendent encore dans le rétroviseur d’une Suzuki roulant de nuit sur la route côtière. Le second volet, Le prix du silence, promet de creuser ces zones restées en suspens, et l’on devine déjà que le silence y aura un coût aussi lourd que le deuil en a eu dans celui-ci. En attendant, reste le souvenir de quatre silhouettes trempées face à l’immensité, un soir de mimosas en fleur, et la certitude tranquille qu’un chemin existe encore devant eux.

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Mots-clés : Patrick Scilla, Il était une fois sur la Côte d’Azur, roman choral, deuil, Monaco, Nice, patinage artistique


Extrait Première Page du livre

« I – Clara / Jour 1

J1 — H18

C’est une cave.

Pourquoi je suis dans une cave. Ce n’est pas grave, c’est sûrement la cave d’un immeuble… un hôpital peut-être, oui c’est ça, un hôpital a une cave c’est normal.

Il n’y a pas de fenêtre. Il y a des lits superposés, comme dans un dortoir, pourquoi des lits superposés ? Les hôpi-taux n’ont pas des lits simples normalement, peut-être que c’est plein et il y a beaucoup de malades en ce moment.

À côté de moi quelqu’un est allongé. Je le regarde. Il ne bouge pas.

— Excusez-moi.

Rien.

— Excusez-moi, vous savez où on est ?

Il ne répond pas. Peut-être qu’il dort. J’entends une personne qui respire dans la chambre.

Je ne la vois pas.

J2 — H16

Ce n’est plus la cave. C’est grand, très grand, comme un hangar, avec un plafond qu’on ne voit presque pas tellement il est haut et sombre. Je ne sais pas comment je suis arrivée là. Je ne me souviens pas qu’on m’ait déplacée.

Je veux me lever.

Je pousse sur mes bras, rien. Je réessaie. Mon corps est là, je le sens, mais je n’y arrive pas, pourquoi je suis reliée à tous ces câbles ? Une femme passe. Elle a une blouse.

— Madame, s’il vous plaît. Madame, je voudrais me lever, est-ce que vous pouvez m’aider.

Elle ne s’arrête pas. Elle ne me regarde pas.

— Madame ?

Elle est déjà loin.

Bon. Je dois me souvenir. Je patinais, je me souviens de ça, la glace, le froid sur les joues. Je me souviens, j’étais si fatiguée, je voulais rentrer. Mais je ne suis pas arrivée à la maison, c’est ça, il s’est passé quelque chose, j’ai dû avoir un accident. Voilà. Un accident. Ce ne doit pas être grave.

Je ne ressens rien.

Et cette personne qui respire si fort, toujours, elle doit être épuisée la pauvre. »

Je veux me lever.

Je pousse sur mes bras, rien. Je réessaie. Mon corps est là, je le sens, mais je n’y arrive pas, pourquoi je suis reliée à tous ces câbles ? Une femme passe. Elle a une blouse.

— Madame, s’il vous plaît. Madame, je voudrais me lever, est-ce que vous pouvez m’aider.

Elle ne s’arrête pas. Elle ne me regarde pas.

— Madame ?

Elle est déjà loin.


  • Titre : Il était une fois sur la Côte d’Azur Tome 1 : La mort n’emporte pas tout
  • Auteur : Patrick Scilla
  • Éditeur : Auto-édition
  • ISBN : 9798182362047
  • Format : Broché
  • Nationalité : France
  • Langue : Français
  • Date de publication : 23/06/2026
  • Nombre de pages : 217 pages
  • Genre : Roman noir, drame psychologique, roman choral
  • Sujets traités : Deuil, culpabilité, amitié, anorexie, sport de haut niveau, fractures sociales, héritage familial, Côte d’Azur

Résumé

Sur la Côte d’Azur, Clara, jeune patineuse prometteuse de Monaco, disparaît à dix-huit ans. Son frère jumeau Marc, joueur de water-polo, s’enfonce dans la culpabilité, tandis qu’Amélia, sa meilleure amie pianiste, tente de survivre au vide laissé par celle qui partageait tout avec elle. Leur route croise celle de deux Niçois : Lorenzo, lycéen, serveur et photographe au passé familial lourd, et Karim, élève brillant des Moulins qui prépare son entrée à Stanford.
Entre plongeons nocturnes au cap de Nice, gala au Grimaldi Forum et échappées sur la Riviera, ces quatre jeunes gens apprennent à s’épauler, pendant que les carnets de Clara, écrits depuis sa chambre d’hôpital, remontent le fil de ses derniers jours. Un premier tome sur le deuil, l’amitié et les fractures d’un littoral aux deux visages.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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