Minuit moins le quart, place Masséna
Un dimanche 31 octobre, la plus bruyante esplanade de Nice s’offre une anomalie : le silence. Peggy Fratorre choisit ce creux rarissime, cette respiration entre deux marées humaines, pour installer sa scène inaugurale. Le vent d’est s’engouffre entre les façades rouge sarde, pousse devant lui des feuilles mortes et des bouts de papier, tandis qu’Angelo Guglielmi, serveur du Nice Paradis, s’accorde enfin la cigarette rêvée pendant deux cents couverts. Au-dessus de lui, perchés à douze mètres, les sept bouddhas de résine blanche veillent sur un dallage noir et blanc que l’auteure compare à un échiquier géant. Quand une silhouette en costume traverse ce damier d’un pas décidé, la métaphore se referme d’elle-même : quelqu’un vient de jouer un coup.
Le choix de la date n’a rien de décoratif. Halloween irrigue tout le chapitre liminaire, et Peggy Fratorre en tire une méditation courte mais dense sur le travestissement : les druides celtes, les feux allumés pour repousser les esprits, le masque qui annule l’identité de celui qui le porte et lui offre un visage de rechange. La formule qui clôt cette digression, celle d’un monde conçu comme un grand bal où chacun avance masqué, fonctionne comme une clé remise au lecteur avant même le premier interrogatoire. Tout le livre va s’employer à la faire tourner dans la serrure.
L’écriture, ici, va vite et voit juste. Les phrases brèves alternent avec des développements plus amples, la focalisation glisse du serveur épuisé à la place elle-même, puis à l’inconnu qui vacille. Les chapitres sont courts, souvent deux à quatre pages, ce qui imprime au récit une cadence de patrouille nocturne. Rien n’est appuyé, rien n’est retenu non plus : quand le fumeur écrase son mégot d’un coup de talon et se met à courir, le lecteur court avec lui. Et la phrase qui referme ce prologue, sur l’étrangeté de mourir là, ce soir-là, laisse derrière elle une odeur de soufre parfaitement dosée.
Lucie Ribaire, la façade et le neuf millimètres
Elle dort tout habillée sur son canapé, rate les appels, se réveille avec le maquillage de la veille barbouillé autour des yeux, et pourtant, quarante minutes plus tard, elle franchit les portes du commissariat en tailleur impeccable, brushing net, ongles faits. Le commandant Lucie Ribaire se construit sous nos yeux par cette tension permanente entre le chaos privé et la perfection publique. Douche glacée en guise de réanimation, café tenu pour une boisson d’utilité publique, holster d’épaule sanglé sous le manteau : Peggy Fratorre détaille ce rituel de préparation avec une précision presque chorégraphique, et l’on comprend vite que la mise en beauté n’est pas coquetterie mais armure.
Le portrait s’enrichit par touches successives, jamais par exposition massive. On apprend qu’elle a quitté le 36 et ses cent quarante-huit marches pour la Côte d’Azur, qu’elle est sortie major de promotion, qu’elle a perdu sa mère Odette à dix ans et conserve comme un reliquaire la platine vinyle héritée d’elle. On découvre aussi une divorcée que son ex-mari harcèle par téléphone à des heures indues et attaque devant le juge sur le terrain le plus douloureux, celui de la garde des enfants. Cette blessure irrigue discrètement son rapport à l’enquête en cours, sans que l’auteure ait jamais besoin de souligner le parallèle au marqueur rouge.
Reste la singularité la plus savoureuse : sa passion pour l’onomastique. Lucie signifie lumière, et son métier consiste à révéler ce que l’on veut cacher. Elle scrute les prénoms de ses collègues comme d’autres tirent les cartes, y cherche des présages, s’en amuse et s’y fie. Cette manie, cocasse en surface, redouble en profondeur le thème du masque : si le nom dit la nature, alors le visage ment. Ajoutez à cela un goût immodéré de l’opéra, des expressions anglaises glanées auprès d’Ava, la jeune fille au pair, et des soliloques d’une drôlerie franche, et vous obtenez une enquêtrice dont la voix se reconnaît entre mille.
Jouhandon, Baudelaire à la portière
Il faut une caisse de résonance à une héroïne pareille : ce sera le capitaine Jacques Jouhandon. Rondouillard, lent, crayon perpétuellement calé sur l’oreille, calepin en poche, il forme avec sa supérieure un attelage que Peggy Fratorre compare volontiers à Laurel et Hardy. Sur le trajet vers la scène de crime, il déclame sa ville comme on récite un bréviaire : la Promenade et ses palaces, les chaises bleues devant le Negresco, la lumière que les aristocrates du dix-huitième siècle venaient chercher ici, Romain Gary répondant qu’il était de Nice, cette chère ville presque natale. Ribaire le rabroue, le taquine, le surnomme Rimbaud ou poète, et le lecteur savoure ce duo de contrepoint où le lyrisme sert de pare-chocs à l’horreur.
Car le rire cache une fêlure. Le capitaine fut une vedette de la Crim’, quarante affaires résolues en un temps record, une promotion méritée, une passion de jeunesse pour Héloïse épousée avec un enthousiasme d’Abélard. Puis les horaires ont eu raison du couple, le divorce a fait le reste, et l’homme s’est noyé quelque temps dans les alcools d’Apollinaire, au comptoir du pub voisin. Ce que l’auteure décrit avec une belle justesse, c’est l’après : un flair émoussé, des théories qui ne démarrent plus, un collaborateur qui s’en remet trop volontiers à sa chef. Le personnage n’est jamais moqué, seulement observé avec une tendresse lucide.
Ses citations, elles, ne sont pas de l’ornement. Baudelaire surgit à la portière au moment précis où la voiture file vers un cadavre, et les vers sur les corbillards qui défilent lentement dans l’âme composent un contrechamp intérieur à la scène. Quand un vers de Racine s’invitera plus tard dans l’enquête, on mesurera combien ce compagnonnage avec les lettres était préparé de longue main. Le poète de la brigade a beau ramer, il apporte au récit sa profondeur de champ et, à chaque fois qu’il ouvre la bouche, une bouffée d’air marin.
Une brigade d’hommes, une commandante
Autour du distributeur de café, on rit fort, on raconte des histoires graveleuses, on commente les travaux du week-end et le téléfilm policier de France 3. Et l’on jase, surtout, sur la chef. Grangé, Montalban, Forge : Peggy Fratorre campe en quelques répliques une brigade où la camaraderie masculine tient lieu de sas de décompression, et où l’arrivée d’une femme à la tête de la section homicide, cinq ans plus tôt, a déclenché un festival de commentaires. Miss Monde, Coco, l’avion de chasse. Jusqu’aux questions très concrètes des vestiaires et des toilettes conçus pour des hommes, réglées d’une phrase par l’intéressée.
L’auteure ne transforme jamais ce matériau en tribune. Elle le laisse agir par accumulation, par le détail vrai, par la remarque lâchée en aparté. Ribaire encaisse, se blinde, refuse de montrer la moindre brèche, et cette carapace finit par expliquer autant sa réussite que sa solitude. Elle ne pose pas la photo de ses enfants sur son bureau, se méfie de toute transparence, se sait scrutée en permanence. Seul le divisionnaire André Gibbe l’a accueillie sans réserve, et le légiste Victor Campbell, surnommé Andros pour sa manie d’étaler sa science, découvre à ses dépens qu’elle a toujours un temps d’avance sur ses conclusions.
Ce fil se prolonge bien au-delà du commissariat, et c’est là que le livre gagne en épaisseur. Les femmes que croise l’enquête composent un éventail réfléchi : une aristocrate élevée dans le silence des repas familiaux, où l’on apprenait aux filles à être belles et démunies ; une ancienne candidate de télé-réalité mariée à un millionnaire de vingt ans son aîné, sommée d’abandonner toute idée de travailler. Devant les statues du jardin exotique d’Èze, Ribaire les met mentalement en regard de sa propre trajectoire. Le passage est bref, sans emphase, et pourtant il donne au polar sa colonne vertébrale sociale.
Iris, myrte et aconit : l’herbier du roman
Sur une scène de crime avare en indices, une fleur retrouvée dans une poche suffit à faire basculer le récit dans un autre régime. Ribaire connaît les plantes, et c’est un héritage : enfant, elle arpentait les parcs avec sa mère pour jouer à ce qu’elles appelaient la reconnaissance des végétaux, et les noms, répétés inlassablement, ont fini par entrer. L’auteure exploite ce savoir avec gourmandise. L’iris blanc que les Grecs plantaient sur les tombes de leurs épouses pour que la déesse les conduise au paradis, l’obole du passage, la pureté. Le myrte, arbre sacré, attribut d’une divinité amoureuse et redoutable. La botanique cesse d’être un décor pour devenir une grammaire.
Le clou de cet herbier, on le connaît par son nom même : l’aconit tue-loup. Peggy Fratorre en tire un motif d’une belle ironie, celle d’une plante montagnarde aux fleurs bleues en forme de casque, si jolie qu’on serait tenté d’en faire des bouquets, et pourtant réputée la plus toxique du continent. Médée en usait, le Moyen Âge en enduisait ses flèches, et le voici transplanté sur la Côte d’Azur, là où il n’a rien à faire. L’anomalie géographique devient un fil à tirer, et la beauté vénéneuse rejoint sans effort le thème du visage trompeur qui court dans tout le livre.
Un troisième registre vient couronner l’ensemble : celui des lettres anonymes découpées dans le journal, dont l’humour noir sur le mariage et le divorce cède la place à une citation de Phèdre. Ce vers de Racine, une fois identifié, ouvre une porte sur Vénus, sur la jalousie divine, sur l’étoile du matin qui porte aussi le nom du diable. L’auteure noue là ses fils avec une élégance manifeste, et transforme un dossier d’enquête en petit traité de symbolique florale et mythologique. On referme ces chapitres avec l’envie de vérifier ce qui pousse dans son propre jardin.
Nice Paradis, Nice One, Nice Exchange
Le titre est un piège à double détente, et il faut saluer l’astuce. Le restaurant devant lequel tout commence s’appelle Nice Paradis. Le pub où la brigade décompresse le vendredi soir, Nice One. La banque privée d’un homme d’affaires, Nice Exchange, avec sa jumelle londonienne. Peggy Fratorre décline le mot jusqu’à l’épuisement joyeux, le fait résonner en français et en anglais, jusqu’à cette réplique désabusée lâchée sur une scène de crime dominicale par une enquêtrice qui trouve la manière lamentable de passer son dimanche. La ville et l’adjectif deviennent interchangeables, et l’ironie ne cesse de gagner du terrain.
Cette virtuosité bilingue trouve sa justification narrative dans un détail domestique : Ava, la jeune fille au pair venue d’Angleterre, a contaminé toute la maisonnée, si bien que Ribaire pense en anglais et ponctue ses phrases d’expressions traduites en note de bas de page. Le procédé, qui aurait pu sonner artificiel, s’intègre au caractère de la commandante, qui aime brouiller les pistes et surprendre là où on ne l’attend pas. Il donne aussi au dialogue un mordant particulier, notamment lorsqu’elle malmène un légiste trop bavard.
Reste la géographie, arpentée avec une exactitude de guide amoureux. Le tunnel du Paillon qui s’illumine de bleu au passage du gyrophare, l’avenue Thiers, le boulevard Gambetta, l’Institut médico-légal en briques rouges, le Mont Boron et l’avenue des Hespérides, Cimiez, le village perché d’Èze et son jardin de cactus aménagé dans les ruines d’un château, l’Allianz Riviera, le Martinez à Cannes. Nice prend corps sous la plume de l’auteure, avec sa double face de carte postale et de morgue, ce paradis où l’on découvre beaucoup de cadavres, cette Baie des Anges dont le nom vient de requins inoffensifs. La lumière méditerranéenne n’a jamais si bien servi le crime.
Le brouillard de la Turbie
À vingt kilomètres de la mer, un village s’accroche à cinq cents mètres d’altitude, la tête dans la brume, et Jouhandon en profite pour raconter sa légende : une fée guérisseuse tirant son pouvoir de gouttelettes d’argent, un mage jaloux, un dieu celte invoqué pour noyer la commune sous une nappe grise, une tour à demi démolie qui explique que le brouillard s’en aille et revienne. Le récit se contemple lui-même dans cette fable, puisque la nappe se dissipe et se reforme sous les yeux des deux policiers exactement comme l’enquête s’éclaircit et se rebouche. Peggy Fratorre place là son plus beau miroir, et se garde bien d’en expliquer le fonctionnement.
C’est cette manière qui distingue le livre. Un polar régional court, mené tambour battant, où la mécanique de l’enquête avance par convocations, perquisitions, analyses et tableau de preuves, mais où chaque étape technique se double d’une résonance culturelle. Une valse de Chostakovitch ramène une petite fille auprès de sa mère disparue. Une nuit d’insomnie convoque Turandot et son interdiction de dormir avant que l’énigme ne soit résolue. Un opéra de Wagner accompagne le retour à la maison. L’auteure a construit une bande-son savante sans jamais tomber dans l’exhibition, et l’on ressort de ces pages avec une playlist en tête autant qu’avec une intrigue.
Ce qui frappe, au fond, c’est l’équilibre tenu de bout en bout entre le rire et le noir, entre la vanne de commissariat et le vers de Baudelaire, entre la mère qui doit être devant l’école à seize heures trente et la commandante qui traque un empoisonneur. Le dernier chapitre, très court, referme le livre sur une danse improvisée au milieu d’un salon, et cette image domestique dit mieux que tout ce que Peggy Fratorre a voulu défendre : sous l’armure, une femme qui tient debout. Le brouillard s’écarte, on distingue enfin les contours, et l’on sait déjà qu’il reviendra pour une prochaine affaire.
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Mots-clés : polar niçois, Peggy Fratorre, Nice day, commandant Lucie Ribaire, empoisonnement aconit, roman policier régional, Côte d’Azur
Extrait Première Page du livre
« 1
Dimanche 31 octobre. C’est le noir complet, un ciel sans lune, une nuit froide d’automne. La place Masséna est maintenant déserte. Chose rarissime.
Car, de jour comme de nuit, cette esplanade, cœur battant de la ville, est toujours peuplée et bruyante. Un flot serré d’individus s’y pressent, aimantés par les magasins et les restaurants, tels des insectes attirés par la lampe de jardin. Hommes d’affaires et fêtards ne cessent de s’y croiser.
C’est aussi là que se joue chaque année le carnaval. Chars et marionnettes en papier mâché y défilent et la Bataille de fleurs se poursuit sur la Promenade des Anglais. Les immeubles sur arcades aux façades rouge sarde, les encadrements de fenêtres jaunes, les volets vert anis et les toits de tuiles orangés donnent à l’endroit des airs d’Italie.
Là, perchés à douze mètres de hauteur, dominant la place, sept bouddhas en résine blanche symbolisent le dialogue et l’harmonie entre les sept continents.
Masséna est un endroit coloré, joyeux, où il fait bon vivre. La Dolce Vita…
Mais ce n’est pas l’avis des gens qui y travaillent, dans le brouhaha et l’agitation constants ! La foule qui s’écoule perpétuellement et le spectacle de ces artères animées ne leur sont pas de tout repos. Ici, les fêtards affluent par centaines. Ils dînent 7
sur la place, avant de se rendre en discothèque, au Nuits blanches ou au Mad Club.
Angelo vient de terminer son service. Rincé. Il regarde sa montre.
— Minuit moins le quart. Ouf, je suis vidé ! Le travail a été exténuant ce soir ! J’en peux plus de fatigue.
C’est vrai que les clients braillards sont venus en masse pour fêter Halloween. Ils se sont bousculés aux portes des restaurants qui jalonnent Masséna. Grimés, costumés ou masqués.
Tous les dimanches, deux violoncellistes s’installent au milieu de l’esplanade et laissent la musique envahir les lieux. En ce jour d’Halloween, ils ont enchaîné avec brio des titres de circonstance : Paint it black des Rolling Stones, Highway to Hell d’AC/DC, Ghostbusters, Scary Monsters de David Bowie, Smooth criminal ou l’incontournable Thriller de Michael Jackson. »
- Titre : Nice day
- Auteure : Peggy Fratorre
- Éditeur : Cairn Éditions
- ISBN : 9791070065990
- Format : Broché
- Nationalité : France
- Langue : Français
- Date de publication : 30/04/2026
- Nombre de pages : 178 pages
- Genre : Roman policier, polar régional
- Sujets traités : Enquête criminelle, empoisonnement, Nice et la Côte d’Azur, divorce et droit de la famille, place des femmes dans la police, apparences et faux-semblants, botanique et poisons, musique classique et opéra
Résumé
Nuit du 31 octobre, place Masséna. Après des heures de service épuisantes, un serveur du Nice Paradis savoure enfin sa cigarette sur une esplanade exceptionnellement déserte. Un homme en costume élégant, attaché-case à la main, traverse le dallage noir et blanc d’un pas pressé, vacille, porte la main à son cou et s’effondre. Quand la Brigade criminelle arrive sur place, le constat déroute : aucune blessure, aucune arme, aucune trace de lutte, et pas le moindre papier d’identité sur la victime. Seuls indices exploitables, deux cents euros en liquide, une montre de luxe restée au poignet et, tout au fond d’une poche, une fleur blanche dont la présence n’a rien d’anodin.
Le commandant Lucie Ribaire hérite de l’affaire. Divorcée, mère de deux enfants, seule femme à diriger une brigade exclusivement masculine, elle avance en s’appuyant sur son intuition, sa mémoire des plantes héritée de sa mère et une curiosité insatiable, secondée par un capitaine plus doué pour citer Baudelaire que pour formuler des théories. L’identification de la victime ouvre bientôt une piste inattendue vers un divorce ultra-médiatisé, des lettres anonymes découpées dans les journaux et un poison si rare qu’il ne pousse pas dans la région. Entre Nice, Èze et La Turbie, l’enquête va se heurter à une évidence scientifique que tout accuse et qu’une intuition tenace refuse de valider.

Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.















C’est particulier pour moi que de lire une analyse si riche de mon roman ! Habituellement, quand je me livre à ce travail en cours de français, une question taraude mes élèves : « Comment pouvez-vous être sûre que l’auteur a voulu dire tout ça ? »
Merci à Manuel, lui qui a su si justement et finement analyser mon polar : la construction des personnages, l’importance accordée aux lieux, à la botanique, à la musique, au titre même qui est « un piège à double entente ». Il souligne que rien n’est artificiel, anodin, fioritures ; tout est à dessein !
Ici, rien n’est ce qu’il paraît. Le visage, trompeur, cache la vraie nature et la ville elle-même est double : « Nice prend corps sous la plume de l’auteure, avec sa double face de carte postale et de morgue, ce paradis où l’on découvre beaucoup de cadavres, cette Baie des Anges dont le nom vient de requins inoffensifs. La lumière méditerranéenne n’a jamais si bien servi le crime ».