Interview de Jérôme Loubry auteur

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Jérôme Loubry, l’architecte du trouble

Né en 1976 à Saint-Amand-Montrond, Jérôme Loubry n’est pas venu à l’écriture par la voie académique : il exerce dans la restauration jusqu’en 2016, année où il décide de tout arrêter pour se consacrer aux livres. Il publie dès l’année suivante son premier roman, Les Chiens de Détroit, chez Calmann-Lévy. Le succès est immédiat : en 2018, Le Parisien le range déjà parmi les auteurs de polars français les plus prometteurs. Installé aujourd’hui sur le plateau de Valensole, dans les Alpes-de-Haute-Provence, il s’est imposé en moins de dix ans comme une valeur sûre du thriller hexagonal.

La suite tient de la trajectoire sans faux pas. Le Douzième Chapitre (2018), Les Refuges (2019), De Soleil et de Sang (2020), Les Sœurs de Montmorts (2021), Le Chant du silence (2023) et L’Île (2024) composent une œuvre saluée par une trentaine de distinctions, du Prix Plume Libre d’Argent 2017 au Prix Cognac du meilleur roman francophone 2019 et au Grand Prix de l’Iris Noir de Bruxelles, sans oublier le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2021, toujours pour Les Refuges. Ce dernier titre, devenu son roman-phare, fait par ailleurs l’objet d’une adaptation en bande dessinée en deux tomes, scénarisée par Philippe Pelaez et dessinée par Aurélien Rosset, dans la collection Grand Angle chez Bamboo.

Ce qui frappe chez Loubry, c’est la précision de l’architecture. Chapitres courts, alternance de voix et de temporalités, révélations qui reconfigurent progressivement le sens de tout ce qu’on vient de lire : le lecteur avance en terrain miné, persuadé de comprendre là où il est en réalité conduit. Ses décors, une île coupée du continent, un village replié sur ses silences, une forêt nocturne, ne servent jamais de simple toile de fond : ils portent la menace, la mémoire et le secret. Le suspense y naît moins du coup de théâtre que de la lente remontée d’une vérité enfouie, et l’émotion affleure toujours sous la mécanique.

Son neuvième roman, Le Garçon éternel, a paru en janvier 2026 chez Calmann-Lévy Noir. Deux adolescents y découvrent en forêt le cadavre mutilé d’une femme, mise en scène comme un rituel, tandis qu’une légende locale ressurgit sur les réseaux sociaux et qu’un journaliste, Cédric, se voit confier la retranscription des mémoires d’un vieil homme qui le ramènent à la fin des années 1950. Le livre a reçu le Prix Polar+ 2026, décerné par un jury d’abonnés Canal+ et de collaborateurs du groupe, qui a distingué la puissance de l’intrigue et la maîtrise de l’écriture. C’est à l’occasion de cette parution que nous l’avons rencontré.

L’interview questionnaire de Camilla Grebe

Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Au clavier ! Beaucoup plus pratique !

Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Couche-tard ! Rarement avant 1h du matin.

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Un besoin inexplicable !

À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
Presque un par an.

Votre plus belle émotion d’auteur ?
Quand une lectrice des Refuges m’a écrit pour m’expliquer que ce livre avait aidé sa fille à poser un mot sur sa dépression.

Le livre qui vous a le plus marqué ?
Ghost Story de Peter Straub.

Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Il y en a plusieurs ! Parfois je me dis que je vais recevoir la visite de la police parce qu’un algorithme aura analyser mes recherches…

Votre lieu de crime idéal ?
Une forêt.


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Votre arme du crime préférée ?
Le couteau.

Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
C’est vrai que parfois je n’aimerais pas être un de mes personnages…

Votre pire cauchemar d’auteur ?
Terminer l’écriture d’un livre et ne pas croire en son potentiel.

Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Écrivain.

Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Rayon bricolage.

Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
Le fantastique.

Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Celui que je n’ai pas encore écrit.

Où vous sentez-vous chez vous ?
Dans les histoires qui se dessinent dans mon esprit.

Le dernier polar dont vous avez parlé à quelqu’un ?
Oups ! Je ne lis pas de polars !


En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?

En février 2027 sortira les BD des Refuges et en septembre 2027 mon prochain roman !

Plus d’infos sur Instagram : @jeromeloubry

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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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