Au nom de l’enquête de Marcin Wronski : un commissaire polonais face à l’Histoire

Au nom de l'enquête de Marcin Wronski

Munich, 1964 : une bobine de magnétophone et un vieil homme qui veut parler

Une Coccinelle jaune au coffre laqué rouge se gare sur la Memminger Platz, une jeune journaliste du Spiegel jette la sangle de son magnétophone sur l’épaule, et vingt-six années de silence commencent à se dévider. Marcin Wroński ne place pas son lecteur devant un cadavre, il le place devant une machine à enregistrer. Annemarie Schlegger est venue chercher de la matière sur le procès d’un Hauptsturmführer nommé Mohler ; elle repartira avec tout autre chose. Face à elle, un homme aux cheveux blancs comme du lait, veste café clair boutonnée jusqu’en haut, lit fait au carré comme dans une caserne, qui commence par lui poser une question au lieu d’en recevoir une : qui était votre père ?

Ce dispositif d’encadrement irrigue tout le roman. Chacune des grandes parties s’ouvre sur un retour à cette chambre d’hôtel bavaroise où la bobine tourne, où l’on boit de l’eau, où l’on grille une Gitane, où l’on s’accroche. Wroński y installe un duel verbal d’une belle âpreté entre une jeune femme de gauche pressée de juger et un vieil homme qui refuse les catégories confortables. Elle voudrait des nazis et des héros ; il lui oppose des soldats ordinaires, des coupables non identifiés, un État clandestin qui n’a rien à voir avec l’idée qu’elle se fait de la résistance. Quand elle l’accuse de plaider une cause, il lui répond qu’elle parle moins comme une journaliste que comme un procureur.

L’intelligence du procédé tient à sa fonction romanesque. Ces intermèdes de 1964 ne sont pas un habillage décoratif : ils filtrent le récit, le commentent, le contredisent parfois, et rappellent qu’une histoire racontée vingt-cinq ans après reste une histoire racontée par quelqu’un. Le narrateur choisit son ordre, ses omissions, ses moments de fatigue. Il lui arrive de laisser échapper une phrase qu’il regrette aussitôt, puis de se raviser. Wroński joue de cette porosité entre témoignage et confession avec une main très sûre, et installe d’emblée le vrai sujet du livre, qui n’est pas seulement l’identité d’un assassin, mais ce qu’un homme accepte de dire de lui-même quand il n’a plus grand-chose à perdre.

Zygmunt « Zyga » Maciejewski, un policier d’avant-guerre dans le mauvais uniforme

Ancien boxeur en poids mi-lourds, chapeau démodé, cigarette au bec, cynisme en bandoulière : le commissaire Maciejewski appartient à cette lignée de flics rugueux qui ont plus d’ennemis dans leur propre administration que dans le milieu. Chef de la brigade d’investigation de Lublin, il connaît sa ville mieux que les prostituées et les proxénètes qui la peuplent, il a tissé un réseau d’indicateurs patiemment cultivé, et il déteste par-dessus tout la sensation d’impuissance. Wroński le pose en quelques pages avec une économie de moyens remarquable : un homme qui mesure la distance d’arrêt d’une aiguille de gramophone parce qu’un tribunal pourrait, qui sait, s’en servir un jour.

Ce qui rend le portrait passionnant, c’est la position impossible où l’Histoire le place. Officier de la police polonaise d’avant-guerre, Zyga se retrouve versé de force, avec ses collègues, dans l’appareil policier de l’occupant. Il travaille sous les ordres d’un conseiller en criminologie berlinois, philatéliste maniaque et cordialement méprisant, dans un bâtiment dont l’étage supérieur abrite la Gestapo. Wroński ne cherche ni à l’excuser ni à l’accabler. Il montre un professionnel qui continue de faire son métier, traquer un meurtrier, dans un monde où le meurtre est devenu politique d’État, et qui se dédouble : le Zyga qui bout d’impatience, et celui qui parle et pense en allemand, occupé à retenir le premier.

Le romancier tire de cette dualité une matière morale d’une densité rare pour un roman de genre. Se battre pour une victime quand les charniers s’ouvrent à quelques kilomètres, est-ce une obstination dérisoire ou le dernier geste civilisé disponible ? La question est posée frontalement dans le récit-cadre, sans réponse confortable. Autour d’elle gravitent des scènes qui disent tout du personnage : des dossiers d’archives jetés au feu pour protéger des informateurs pendant que les bombes tombent, une rancune tenace contre les mouchards en uniforme, un humour noir qui sert de pansement. Zyga n’est jamais lisse, jamais héroïque au sens illustré du terme, et c’est précisément ce qui le rend inoubliable.

Le calendrier des prénoms, une enquête ouverte en 1938 et jamais refermée

Un appartement de la rue Zielna, un gramophone qui s’entête sur la même chanson de Mieczysław Fogg, une feuille de calendrier maculée d’une empreinte sanglante que personne n’a arrachée la veille : le crime inaugural de septembre 1938 offre à Wroński un décor d’une précision presque clinique. Les enquêteurs relèvent des traces étranges laissées par des gants de laine, un légiste renifle un échantillon et corrige leur première hypothèse, un sergot venu de Lvov brandit une théorie que ses collègues raillent avant de comprendre qu’elle tient debout. Cette théorie repose sur un détail dérisoire, la fête du saint du jour, et sur le prénom de la victime.

De là naît le fil rouge du roman. L’assassin obéit à une logique de calendrier, et cette logique transforme l’enquête en attente. Le commissaire ne poursuit pas un fuyard, il guette une date. Wroński exploite ce mécanisme avec une patience qui déjoue les réflexes du polar contemporain : ici, une année entière peut passer entre deux mouvements du dossier, et l’attente devient une forme de torture professionnelle. Chaque anniversaire ramène la même tension, chaque échec sédimente. La chemise en carton portant un nom manuscrit traverse le livre comme un objet de superstition, sauvée des flammes, cachée, ressortie, transmise.

L’auteur mène cette construction avec un vrai sens du dosage. Les indices s’ajoutent lentement, les fausses pistes ont leur épaisseur propre, les obstacles ne viennent presque jamais du criminel mais de l’institution : autorisations refusées, jalousies internes, priorités absurdes, hiérarchies qui préfèrent un coupable commode à un coupable réel. On comprend vite que l’enquête sert de colonne vertébrale à un projet plus vaste, sans jamais être sacrifiée pour autant. La mécanique criminelle reste rigoureuse, les déductions tiennent, la tension monte par paliers. Wroński appartient à cette famille d’auteurs qui refusent de choisir entre le roman à énigme et le roman de mémoire, et qui prouvent que les deux se nourrissent mutuellement quand la main est assez ferme.

Lublin de 1939 à 1943, la chronologie d’une ville sous occupation

Le découpage du livre en années successives constitue son geste formel le plus audacieux. Après le prologue de 1938, chaque grande partie porte un millésime, et la ville change entre deux chapitres comme un visage entre deux photographies. Septembre 1939 : les Heinkel glissent dans un ciel turquoise, l’hôtel Wiktoria brûle au coin de la rue, les colonnes de fuyards descendent le Faubourg-de-Cracovie, un avion de chasse polonais achève de pourrir le nez dans l’herbe d’un terrain d’aviation. Puis viennent les années suivantes, et avec elles un vocabulaire nouveau : Passierschein, Arbeitskarte, Selbstschutz, Volksdeutsche, autant de mots qui s’installent dans le quotidien comme des meubles qu’on n’a pas choisis.

Lublin prend corps sous la plume de Wroński avec une matérialité saisissante. Le quartier de l’aqueduc jésuite où le commissaire habite et où une voisine bavarde vaut mieux que tous les indicateurs de la ville, la place Litewski et sa limousine à fanion, le cinéma Corso, l’Auberge Chrétienne aux heures creuses, le Château transformé en prison, les cabarets où les dents en or brillent au-dessus des nappes, les routes défoncées vers Kazimierz que parcourent les camions de contrebande. La cité respire, elle sent le saucisson à l’ail et la poussière d’enduit, elle bruisse de rumeurs et de prophéties colportées de bouche à oreille.

En arrière-plan monte ce que l’auteur nomme lui-même dans sa note finale la transformation de Lublin en capitale de l’Holocauste des Juifs polonais et européens. Le ghetto, les rafles, les noms des camps établis là où les voies ferrées se croisent commodément, tout cela affleure sans jamais devenir spectacle. Wroński procède par touches obliques, par détails administratifs, par silences. Un meuble revendu, un salaire suspect, une adresse ironiquement paisible pour un état-major. Cette retenue produit un effet bien plus puissant que n’importe quelle démonstration : le lecteur reconstitue, et ce travail de reconstitution le rend complice de la lucidité du commissaire.

Coupures de presse et avis officiels : le montage documentaire de Marcin Wroński

Presque chaque section s’ouvre sur un document. Un entrefilet du Courrier illustré quotidien annonçant la chute de Westerplatte, une note de la Caisse des dépôts menaçant un débiteur d’huissier, un avis de recherche décrivant minutieusement les vêtements d’une inconnue retrouvée au bord d’une route, un éditorial de La Nouvelle Voix de Lublin dont l’antisémitisme suinte à chaque ligne. Ces pièces rapportées, imprimées en tête de chapitre, forment un contrepoint permanent au récit et lui donnent une profondeur de champ documentaire que peu de romans de genre atteignent.

Le procédé fonctionne à plusieurs niveaux. Il installe d’abord une chronologie objective, un tic-tac de calendrier qui rappelle l’urgence extérieure pendant que le commissaire s’acharne sur son dossier. Il révèle ensuite la fabrique du discours : la presse d’avant-guerre déjà chargée de haine, puis la presse de l’occupation qui reprend les mêmes obsessions en les mettant au service d’une administration meurtrière. Le lecteur voit littéralement les mots changer de propriétaire. Il produit enfin un vertige d’ironie, car le roman glisse souvent d’un communiqué triomphal à une scène qui le dément, ou d’un avis de recherche bureaucratique à la douleur concrète qu’il recouvre.

Ce montage s’accompagne d’une langue remarquablement tenue, portée en français par la traduction de Kamil Barbarski. Wroński écrit avec un humour noir qui claque, des dialogues où l’insulte est un art, une gouaille de commissariat qui n’exclut jamais la mélancolie. Les registres cohabitent sans se gêner : la vulgarité des limiers, la sécheresse administrative, la poésie brutale d’une comparaison inattendue, la tendresse retenue d’une scène d’hôpital. On sent un auteur qui, ainsi qu’il le confesse plaisamment dans sa note, se décrit comme un parasite habile transformant le savoir des historiens en intrigues, et qui maîtrise l’art de faire tenir la grande Histoire dans le détail d’un timbre-poste ou d’une feuille de calendrier.

Valentino, Éléphant, Kraft, Róża : le cercle rapproché du commissaire

Autour de Maciejewski gravite une galerie d’humains admirablement dessinés, dont chacun suit sa propre trajectoire à travers les années. Tadeusz Zielny, surnommé Valentino pour sa coiffure gominée d’une décennie en retard sur la mode, séducteur invétéré et joueur malheureux, endetté auprès de la Caisse des dépôts, appelé à des métamorphoses que la guerre impose plus qu’elle ne les propose. Witold Fałniewicz, dit Éléphant, massif, fidèle, doté d’un sens pratique qui sauve la mise plus souvent qu’on ne le lui reconnaît. Wroński les fait vivre par le dialogue, par les vexations minuscules, par les surnoms qu’ils se lancent au comptoir d’une auberge à moitié vide.

Róża Marczyńska occupe une place à part. Infirmière à l’hôpital de l’Enfant-Jésus, compagne du commissaire depuis des années sans que le mariage ait jamais franchi le stade du calcul budgétaire, elle porte ses propres fragilités et ses propres cauchemars de couloirs souterrains. Wroński ne la cantonne pas au rôle d’attache sentimentale : elle a une profession, une lucidité, des tentations, et le roman lui accorde des pages où le point de vue bascule entièrement de son côté. Les scènes qu’ils partagent comptent parmi les plus émouvantes du livre, précisément parce qu’elles disent l’attachement par des chemins détournés.

Le sous-commissaire Eugen Kraft, adjoint méthodique au nom germanique et à la famille enracinée à Lublin, complète ce quatuor. Il faut y ajouter une constellation de silhouettes que Wroński croque en trois traits sans jamais les caricaturer : un mouchard à lunettes qui ressemble à un professeur de latin, un supérieur berlinois qui décide du sort des hommes entre deux classeurs de timbres, un tenancier de cabaret aux dents en or qui voit tout et sait tout, une voyante dont les prédictions circulent en ville et intéressent des gens hauts placés. Chacun porte un secret, et le roman avance en les effeuillant un à un.

Sept centimètres et demi du centre du disque

L’image revient hanter le lecteur bien après la dernière page. Une aiguille immobilisée sur un sillon, mesurée au demi-centimètre près par un policier qui espère qu’un tribunal saura un jour quoi en faire, résume à elle seule la méthode et la mélancolie de ce roman. Wroński s’intéresse à ces gestes de précision accomplis dans un monde qui a cessé de récompenser la précision. Il filme un homme relevant des traces pendant que l’Europe s’effondre, et il fait de cet entêtement dérisoire une position morale, peut-être la seule qui reste disponible quand toutes les autres ont été confisquées.

Au nom de l’enquête réussit ce que peu de romans policiers historiques parviennent à tenir sur la longueur : maintenir une intrigue criminelle rigoureuse tout en construisant un tableau d’une justesse documentaire impressionnante, sans que l’une sacrifie l’autre. Le lecteur qui vient chercher un thriller y trouvera une traque tendue, des fausses pistes bien posées, un dénouement travaillé. Celui qui vient chercher un roman sur la Pologne occupée y découvrira une ville, une police, des compromissions ordinaires et des courages sans témoins. Les deux lectures se renforcent, et l’ambition du projet n’écrase jamais le plaisir de la narration.

Reste la phrase que l’auteur glisse au terme de sa note, presque en aparté : la vérité est unique, mais compliquée comme un labyrinthe, parce que chacun a quelque chose à cacher. Elle éclaire rétrospectivement tout l’édifice, du magnétophone de Munich aux coupures de presse, du silence d’un vieil homme aux tiroirs forcés d’un bureau de commissariat. Marcin Wroński a construit un roman dont chaque strate en dissimule une autre, et Zygmunt Maciejewski entre sans peine dans le club restreint des enquêteurs européens qu’on a envie de retrouver. La bonne nouvelle, c’est qu’il appartient à un cycle. La suite s’impose d’elle-même.

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Mots-clés : polar historique, Marcin Wronski, Lublin, occupation allemande, commissaire Maciejewski, roman noir polonais, tueur en série


Extrait Première Page du livre

« Prologue

C’est le dernier dimanche… C’est le dernier dimanche… C’est le dernier dim… La chanson de Mieczysław Fogg revenait en boucle, bien que la feuille du calendrier, qu’on avait omis d’arracher la veille, indiquât un autre jour de la semaine : “En ce jeudi 8 septembre 1938, nous fêtons les Adam, Maria, Adrian et Adriana, Serafina et Teofil.”

Le sergot Prokopczuk avait très envie de jeter un œil au nom de l’éditeur, mais il n’osait pas toucher le morceau de papier sur lequel il avait trouvé une trace de doigt ensanglantée et étalée. Les prénoms l’avaient toujours fasciné mais, malheureusement, la majorité des calendriers, à l’instar de celui acheté par sa femme, n’indiquait que trois saints par jour. Celui-ci allait jusqu’à six.

Et dire qu’un quart d’heure plus tôt, tout portait à croire qu’il s’agirait d’une intervention de routine !

— C’est tout bonnement insupportable, monsieur, insupportable ! avait hurlé un vieil homme replet en veste d’appartement effilée, celui-là même qui avait convié les policiers du commissariat no 4 dans cet immeuble de la rue Zielna. Mon cœur est fragile, monsieur, mon épouse a les nerfs en compote, et cette traînée fait tourner son gramophone toute la nuit ! On a beau frapper sur le mur, monsieur, on a beau taper avec un balai, elle s’en fiche. Donnez-lui une bonne leçon, parce qu’on n’a pas le droit de faire ça, oh non !

Une quinte de toux rauque s’était emparée du vieillard qui avait fini par cracher dans un mouchoir. Du bout de son doigt potelé, il avait tapoté le chambranle d’une porte dont la peinture beige s’écaillait.

Prokopczuk s’était retourné et avait posé un regard menaçant sur le visage indifférent du concierge et sur celui du jeune brigadier Orski qui fermait sans cesse ses yeux encore rougis par le sommeil. Puis il avait frappé deux fois à la porte avant d’appuyer sur la poignée. Le battant avait cédé avec un crissement discret, Fogg s’était mis à chanter plus fort, et Prokopczuk avait immédiatement remarqué ce calendrier maculé de sang sur la porte de la cuisine.

— N’entrez pas ! avait-il ordonné aux deux hommes qui se pressaient à l’intérieur. Orski, surveillez-les ! »


  • Titre : Au nom de l’enquête
  • Titre original : A na imię jej będzie Aniela
  • Auteur : Marcin Wronski
  • Éditeur : Actes sud
  • ISBN : 9782330128395
  • Format : Broché
  • Nationalité : Pologne
  • Langue : Français
  • Traduction : Kamil Barbarski
  • Date de publication : 08/01/2020
  • Nombre de pages : 432 pages
  • Genre : Polar historique, roman noir, thriller, enquête criminelle
  • Sujets traités : Seconde Guerre mondiale, occupation allemande en Pologne, Lublin, tueur en série, police sous l’Occupation, collaboration et compromission, Shoah, mémoire et témoignage

Page officielle : marcinwronski.art.pl

Résumé

Lublin, septembre 1938. Le commissaire Zygmunt Maciejewski, dit Zyga, ancien boxeur devenu chef de la brigade d’investigation, est appelé dans un appartement de la rue Zielna où une jeune domestique a été assassinée. Un gramophone tourne encore, une empreinte sanglante marque un calendrier mural, et un détail troublant oriente les soupçons vers un criminel obéissant à une logique de dates et de prénoms. L’affaire s’annonce difficile ; elle deviendra vite dangereuse, car elle touche à la politique.
Un an plus tard, la guerre éclate et l’enquête reste ouverte. Maintenu de force dans l’appareil policier de l’occupant, Zyga poursuit sa traque à travers cinq années au cours desquelles Lublin devient méconnaissable. En 1964, dans une chambre d’hôtel de Munich, un vieil homme aux cheveux blancs raconte cette histoire à une jeune journaliste allemande venue l’interroger sur tout autre chose.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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