Gérard Coquet, du Connemara à Madrid
Lyonnais de naissance et de cœur, Gérard Coquet est né à Bron le 21 janvier 1956. Son chemin vers le roman noir n’a rien d’une ligne droite. Après un passage comme expert-comptable stagiaire dans un cabinet de la région lyonnaise, il reprend l’entreprise familiale de location de linge, la fait grandir puis la cède au bout de vingt ans, tout en siégeant onze années comme juge au tribunal de commerce de Lyon. En parallèle, il joue de la basse et écrit les textes d’un groupe de folk nourri de ballades irlandaises et de country, et c’est là que naît son besoin d’écrire.
Ses débuts en librairie sont immédiatement salués. Son premier roman, Malfront, les fantômes de la combe, paraît en 2011 aux éditions Inoctavo, et il décroche en 2012 le Prix Plume de Glace de Serre-Chevalier, puis le Prix Centaure Noir. Vient ensuite l’Irlande, qu’il considère comme sa seconde patrie, et qu’il arpente aussi en pêcheur à la mouche. Après les deux volets de Malfront, il signe chez Jigal une série de trois polars largement ancrés sur l’île, Connemara Black, L’Aigle des tourbières et May Fly, portés par Ciara McMurphy, une enfant du pays qui sait pourquoi elle en est partie. Connemara Black lui vaut le Prix du Livre insulaire 2017.
À la fermeture de Jigal, Gérard Coquet récupère ses droits et remet ces trois romans sur l’établi. Retravaillés par ses soins, ils renaissent chez M+ éditions sous la bannière de la Triade irlandaise, avec Aughrus Point, Moorland et Inishbofin. Il mène aussi une œuvre à quatre mains : il est le second « clavier » de Page Comann aux côtés d’Ian Manook, pseudonyme sous lequel ont paru Souviens-toi de Sarah, couronné par plusieurs prix, puis Outaouais et Le Bomian.
Avec Les larmes d’Isabella, publié chez M+ éditions en mars 2026, il quitte la tourbe du Connemara pour la chaleur écrasante de l’Espagne franquiste. Dans le Madrid de 1946, le commissaire Ramón Gutiérrez mène une enquête bientôt contaminée par les ambitions politiques, tandis qu’une cavale entraîne un jeune fugitif vers le Portugal puis de l’autre côté de l’Atlantique. Lecteur fervent, il cite volontiers Elizabeth George et Michael Connelly du côté des auteurs étrangers, Fred Vargas, Simenon et San-Antonio du côté français, et l’on retrouve dans ses livres ce mélange de noirceur, de gouaille et de tendresse pour les êtres cabossés.
L’interview questionnaire de Gérard Coquet
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Au clavier !
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Les deux. Et j’écris tôt le matin et tard le soir.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Mon parcours d’écrivain a commencé il y a déjà longtemps, à travers l’écriture de paroles pour un groupe de musique. Souhaitant m’affranchir des contraintes propres à cet exercice — textes courts et codes spécifiques de la chanson — je me suis tourné vers le roman noir. Ce qui me pousse aujourd’hui à écrire est le plaisir d’inventer des intrigues et que ces intrigues soient cohérentes.
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
J’écris tout le temps, je fais en sorte d’avoir un nouveau livre chaque année et il y en a toujours un autre en préparation.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Ma plus belle émotion d’auteur est d’avoir reçu le prix Plume de glace en 2012 pour mon premier roman noir « Malfront les fantômes de la combe ». Mais, écrire à quatre mains avec Ian Manook, et avoir reçu 4 prix avec notre premier roman « Souviens-toi de Sarah » sous notre pseudonyme Page Comann qui était à ce moment-là un auteur inconnu est également une très belle émotion.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Il n’y a pas un livre en particulier. Pour avoir envie d’écrire, il faut avant tout avoir envie de lire. Pendant toute mon adolescence, j’ai lu Frédéric Dard. Puis, je me suis nourri avec les grands classiques du polar, de Simenon à Connelly et son célèbre personnage Hieronymus Bosch, sans oublier James Ellroy.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Les recherches que j’ai dû faire pour Outaouais, notamment des recherches sur le Québec en 1847.
Votre lieu de crime idéal ?
Les tourbières…
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Votre arme du crime préférée ?
Un revolver ou un pistolet, je ne suis pas trop arme blanche.
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Non.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Arriver sur un salon auquel je participe et ne pas avoir de livre.
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
Je serai comptable. C’est un antagoniste parfait et redoutable. Je vous laisse imaginer pourquoi…Le maître des secrets, la couverture parfaite, l’arme des chiffres, l’expert en blanchiment, il peut avoir tellement de rôles.
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Le crime parfait dans un supermarché n’est pas possible ! Mais le rayon grand frais (à l’arrière des magasins) peut s’avérer utile.
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
Le genre que j’écris avec Ian Manook sous le pseudonyme de Page Comann : le roman noir historique.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Souviens-toi de Sarah avec Ian Manook, nous voulions écrire un roman à l’anglaise. Ian mène l’enquête, tandis que j’ai pris en charge le journal intime, en suivant le déroulement de l’enquête.
Où vous sentez-vous chez vous ?
Partout !
Le dernier polar dont vous avez parlé à quelqu’un ?
Bleus, blancs, rouges de Benjamin Dierstein. Un excellent polar.
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
J’ai actuellement un manuscrit achevé : une enquête journalistique teintée de noir, qui se déroule en 1976, entre la Louisiane et le Texas, qui devrait paraître en 2027.
Je travaille également sur le projet d’une trilogie qui se déroulera des années 1970 aux années 1990, sur plusieurs îles. Et, avec Ian Manook, nous préparons un nouveau projet à quatre mains, cette fois autour d’un roman historique.
Plus d’infos sur Instagram : @gerard_coquet
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
















