Laurent Le Baube, la voix montante du roman d’espionnage français
Depuis sept ans, Laurent Le Baube s’affirme comme l’une des voix montantes du roman d’espionnage français contemporain. Avec la saga G.S.R., il déploie un univers cohérent, réaliste et ambitieux, désormais incarné par Gabrielle Saint-Régent. Cette officier française travaille à la direction des opérations clandestines du Bureau Secret d’Intervention (BSI), une entité confidentielle qui navigue dans les zones grises de la diplomatie, du renseignement et de la guerre économique. Son organisation minutieuse lui confère une crédibilité saisissante.
Ancrée dans les remous du monde actuel, la série interroge les formes inédites de conflictualité, celles où l’influence, l’information et les enjeux industriels supplantent les affrontements ouverts. Loin des figures convenues, Gabrielle Saint-Régent affronte moins des individus que des systèmes. Les intrigues puisent dans le réel et les problématiques du moment : espionnage économique, manipulations financières, stratégies d’influence, rivalités entre nations. Attachée à une certaine idée du service de l’État, l’héroïne n’a rien d’invulnérable, bien au contraire. Entourée de ces « femmes de l’ombre » que l’auteur met particulièrement en valeur, elle traverse des épreuves où la tension psychologique et les dilemmes humains l’emportent sur le spectaculaire.
La saga a d’abord vu le jour en autoédition chez CARA Éditions, structure fondée par Laurent Le Baube. Cette première étape lui a permis de rencontrer ses premiers lecteurs et de confirmer son potentiel auprès d’un public plus vaste que celui du seul roman d’espionnage, tout en constituant une phase décisive de maturation. Persuadé que le métier d’éditeur reste le mieux à même de donner à une œuvre toute son ampleur, l’auteur cherche aujourd’hui un partenaire capable d’accompagner le développement de la série sur la durée et de lui offrir son plein rayonnement, en France comme à l’étranger.
Riche de onze opus et de deux premières trilogies achevées, la saga G.S.R. continue de s’enrichir au fil de l’actualité. La singularité de ses thèmes, rares dans le paysage francophone, a éveillé l’intérêt de plusieurs sociétés de production qui envisagent des pistes d’adaptation. Cette dynamique confirme la capacité de Gabrielle Saint-Régent à incarner une vision contemporaine du thriller d’espionnage, fondée sur le réalisme, la complexité morale et l’observation attentive d’un monde en pleine mutation.
L’interview questionnaire de Laurent Le Baube
Vous écrivez à la main ou au clavier ?
Sans aucun complexe au clavier ! Cela est tellement confortable de pouvoir modifier à l’infini… J’estime que cela est un gain de temps, d’une praticité déconcertante. En revanche, j’ai à côté de mon clavier un notebook dans lequel j’écris mes idées quand elles me viennent pour ne pas les oublier. Donc le travail de la main existe encore !
Plutôt lève-tôt ou couche-tard ?
Lève tôt ! Aux alentours de 7h00 du matin en période d’écriture, après écouter les infos mondiales matinales, je me pose devant mes écrans. Là, je reprends ce que j’ai écrit la veille, je supprime, j’ajoute, je corrige etc. Une fois satisfait, je reprends la mission en cours. Ce premier exercice me permet de me plonger dès le matin dans la vie des personnages pour être actif.
Qu’est-ce qui vous pousse à écrire ?
Vaste question… Pouvoir vivre avec mon héroïne, Gabrielle Saint-Régent et avec les autres personnages. Quel bonheur de vivre une vie par substitution ! Au travers l’écriture être l’acteur de la destinée des missions confiées à Gabrielle et de quelle manière je l’aide avec ma vision à garder son caractère de lionne !
À quelle fréquence écrivez-vous vos livres ?
Jusqu’à il y a quelques longues semaines en arrière, deux opus par an. J’apprécie cette dynamique m’offrant le fait de faire corps avec Gabrielle, sa hiérarchie, ses partenaires, l’amour de sa vie, ses ennemies et être confronté à l’actualité internationale.
Votre plus belle émotion d’auteur ?
Avoir donné naissance à Gabrielle Saint-Régent et l’ensemble de son environnement. Je vous affirme que c’est une sacrée émotion de vivre à 100% l’enfantement de son univers. L’autre émotion c’est de la faire agir dans l’ombre pour la faire jaillir dans la lumière.
Le livre qui vous a le plus marqué ?
Je ne peux les distinguer réellement. Cependant, le 1er opus, « Mission 8 – Témoignage Invisible » est par définition celui par lequel j’en ai écrit dix de plus. J’ai un attachement particulier certes du fait de sa création tout en étant marqué par les suivants car j’ai participé aux démons, aux angoisses, aux joies, aux réussites de Gabrielle.
Votre recherche la plus bizarre sur Google pour un livre ?
Difficile de répondre à cette question !!! Avec franchise, quand j’ai écrit le 1er opus, je voulais m’imprégner de la capacité d’écriture à créer son héros, le célèbre James Bond, je veux évoquer Monsieur Ian Fleming. Oui, je regardais son bureau sur lequel il écrivait dans sa maison en Jamaïque, Golden Eye. J’avais besoin d’un repère donc je posais toutes les questions possibles et imaginables à Google sur cet auteur iconique ! J’étais prêt à aller vivre en Jamaïque alors que mon île préférée est la Corse !!! C’étaient mes débuts de romancier…
Votre lieu de crime idéal ?
Tous les pays traversés par Gabrielle au cours de ses missions sont des lieux de crime idéaux. Un en particulier ? Vraiment difficile… Peut-être New-York, Londres, Tokyo… Toutes ces villes ont une énergie folle offrant tous les fantasmes du romancier espionnage que je suis.
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Votre arme du crime préférée ?
Le poignard des commandos marins (Commando Hubert) offert à Gabrielle au cours de sa formation… Transportable discrètement, il peut, utiliser professionnellement, être une arme redoutable. Certains opus décrivent de quelle manière Gabrielle en fait usage…
Vos propres intrigues vous font-elles peur ?
Absolument ! Car elles sont toutes tirées d’un fait réel ! Lorsque je plonge dans un sujet pour l’offrir au B.S.I (le Bureau Secret d’Intervention), l’agence fantôme de rattachement de Gabrielle Saint-Régent, j’éprouve un forme de peur car le sujet est bien palpable.
Votre pire cauchemar d’auteur ?
Le pire du pire, ne pas séduire les lectrices et les lecteurs avec la saga « Gabrielle Saint-Régent » ! Le but ultime de l’auteur, à mon sens, c’est d’obtenir la satisfaction de son lectorat. Qu’il vous dise : « Laurent, vite, je veux lire l’opus suivant » ! Ne pas obtenir ce compliment suprême me fait cauchemarder…
Si vous étiez le méchant, quel serait votre métier ?
11 opus écrits, 11 ennemis donc 11 « méchants » dans cette saga. Aucun ne me fait fantasmer !!! Si un choix dépendait de ma vie, j’évoquerai peut-être… Non en fait je n’y arrive pas. Tous sont aux antipodes de mes valeurs !!! Désolé… Allez je fournis un effort, pour vous, je nomme Adam Beck, dirigeant de la société écran « SIGA » dans le 10ème opus, « Mission Baiser de Judas – The One ».
Crime parfait au supermarché : dans quel rayon ?
Le rayon Vins & Spiritueux !!! Car la lumière est tamisé et surtout la température y est tempérée ! Bordelais, mais grand amateur de grands vins et d’excellents spiritueux, l’arme du crime pourrait être une bouteille de Château Saint-Pierre ou une bouteille de rhum ambré « Dos Maderas Luxus »…
Sans le polar, quel genre littéraire choisiriez-vous ?
Sans hésitation le roman historique ! Étudier notre histoire est d’une inspiration sans limite. De l’époque romaine à de nos jours, l’histoire de notre monde offre des sujets parfois si douloureux, parfois réjouissants, le tout façonné par l’homme. Et c’est bien l’homme qui crée notre monde. Alors, le genre littéraire vers lequel je me dirigerai certainement après la saga Gabrielle Saint-Régent, si une fin existe, cela sera sans discussion possible, le roman historique.
Le livre dont vous êtes le plus fier ?
Vous êtes terrible avec cette question !!! Les 11 missions écrites !!! Je suis fier de chaque opus car aucun ne ressemble au précédent, tant sur le montage de la mission confiée, que sur les méthodes employées, que sur les difficultés croisées par l’héroïne, que par les antagonistes rencontrés. Tous ont une âme particulière et étrange.
Où vous sentez-vous chez vous ?
En Corse !!! J’aime l’île et ses différents paysages, les habitants, leur rudesse mais quand on les connaît et que l’on s’adapte à eux, des personnes extraordinaires ! Un défi à relever, écrire le prochain sur l’île de beauté avec une préférence vers Porto-Vecchio. Une exigence, écrire avec vue mer… Quel fantasme ! Ian Flemming avait son nid d’écriture en Jamaïque, Laurent le Baube pourrait avoir son nid d’écriture en Corse…
En guise de conclusion, y a-t-il quelque chose que vous aimeriez partager avec nos lecteurs ? Une actualité, un nouveau projet qui vous passionne, une œuvre à paraître ou un événement spécial que vous souhaiteriez mettre en lumière, un prix reçu, une dédicace ou un salon ?
Oui, il y a un projet qui me passionne énormément en ce moment. Au fil de l’écriture, je me suis rendu compte que Gabrielle Saint-Régent n’était plus uniquement une saga littéraire. Elle est en train de devenir un véritable univers. Ces dernières semaines, je travaille donc sur son identité visuelle, comme le ferait un studio qui développe une grande licence internationale !
J’ai d’abord créé l’emblème officiel du B.S.I, le Bureau Secret d’Intervention, avec sa devise « Nec Temere Nec Timide ». Puis est née une seconde identité, beaucoup plus symbolique : la lionne ! Cette lionne n’est pas un simple dessin. C’est la signature de Gabrielle. Elle incarne son tempérament, sa détermination, sa force et cette agressivité parfaitement maîtrisée qui la caractérise lorsqu’elle entre en mission.


Mon ambition est qu’un jour, cette silhouette soit reconnaissable instantanément, sans qu’il soit nécessaire d’écrire « Gabrielle Saint-Régent » dessous. Un peu comme certains emblèmes que l’on identifie en une fraction de seconde, partout dans le monde. Des exemples existent, Batman et la chauve-souris, signature déclinée à l’infini, et plus porche de mon univers, James Bond et son canon de pistolet.
Et ce n’est qu’un début. Beaucoup d’autres surprises viendront enrichir l’univers de Gabrielle Saint-Régent dans les prochains mois…
Plus d’infos sur Instagram : @le_baube_laurent_romancier
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Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.





















Merci infiniment « Le Monde du Polar » de m’avoir permis de répondre à vos questions en toute transparence…
Vous donnez la parole aux auteurs que vous défendez, cela est vraiment appréciable et rare.
Quelle superbe interview ! Tant par les questions judicieusement posées que par la sincérité attachante de l’auteur dont on ressent la passion du créateur et l’amour extraordinaire pour l’univers qu’il a su créer autour de son héroïne dotée d’une forte personnalité et de missions basées sur des faits d’actualité bien réels.
Un renouveau du genre qui ne manque pas d’intérêts multiples porté par une écriture dynamique.
Réussite assurée.
Un grand Merci à « Le monde du polar » 🙏