Mange tes morts de Jack Heath : le thriller qui transforme chaque chapitre en énigme

Mange tes morts de Jack Heath

Une devinette pour ouvrir chaque chapitre

Avant même que la première phrase du récit ne se déploie, Jack Heath pose une question. Une énigme, brève, insolente, du genre qu’on se lance dans une cour de récréation ou au fond d’un bar. « Ils peuvent être comptés, mais seul le premier coûte. S’il est faux, il vous fera chuter. De quoi s’agit-il ? » Le lecteur hésite, cherche, avance dans le chapitre sans avoir tranché. Vingt-six fois, ce rituel se répète, et vingt-six fois le procédé fonctionne. Ce ne sont pas de simples ornements typographiques : chaque devinette entretient une relation oblique avec ce qui va suivre, tantôt annonce voilée, tantôt commentaire ironique, tantôt clin d’œil que l’on ne comprendra qu’après coup. Le silence, l’ombre, un piano, l’air, un fleuve, une allumette, un secret. Autant d’objets ordinaires convoqués par une langue qui les rend soudain équivoques.

Le roman se referme d’ailleurs sur un appendice qui donne toutes les solutions, geste malicieux qui transforme le livre en objet à double détente. On peut le lire d’une traite, buter sur les questions et se précipiter à la fin pour vérifier. On peut aussi jouer le jeu, s’arrêter à chaque seuil, laisser l’énigme travailler pendant la lecture. Cette architecture n’est pas gratuite : elle installe d’emblée le registre du roman, celui d’un divertissement mental où la logique tient lieu de morale, où résoudre importe davantage que comprendre.

Il y a là une intuition structurelle qui mérite d’être saluée. En confiant à des devinettes le rôle habituellement dévolu aux titres de chapitres, Heath place le lecteur exactement dans la position de son narrateur : celle de quelqu’un qui doit déchiffrer plus vite que les autres, qui traite le monde comme une série de problèmes à démonter. La forme épouse le fond avec une élégance discrète. Et parce que ces énigmes sont pour la plupart classiques, empruntées au folklore des cours d’école et des veillées, elles introduisent une note enfantine, presque innocente, dans un livre qui ne l’est absolument pas. Ce décalage constant entre l’emballage ludique et le contenu constitue l’une des signatures les plus reconnaissables de l’ouvrage.

Timothy Blake, consultant civil et rognures d’ongles

Il se présente comme consultant civil auprès du FBI, exhibe un badge quand il ne l’a pas oublié chez lui, et porte des baskets achetées chez Walmart, un jean taché, un sweat-shirt en loques. Timothy Blake possède une intelligence anormale, du genre qui devine le numéro de sécurité sociale d’un directeur de bureau et le retient grâce à un système mnémotechnique de son invention, faisant correspondre chaque chiffre à une consonne pour fabriquer des images absurdes et donc inoubliables. Il déduit qu’une femme joue du violon en repérant un cal mal placé sur son cou. Il compte les voitures d’un parking, ventile la foule par âge, par sexe, par origine, et en tire des conclusions que les agents fédéraux mettront des heures à formuler. Cette virtuosité analytique, Heath la met en scène sans emphase, par petites touches insérées dans le flux du récit.

Mais l’écrivain australien complique aussitôt le portrait. Blake se ronge les ongles jusqu’au sang, avale les rognures, s’attaque aux cuticules quand il n’y a plus rien à arracher. Il conduit une voiture volée, ouverte avec un butoir de porte et un cintre, dont il a cabossé lui-même la carrosserie et échangé les plaques. Il se gare devant les locaux du FBI parce que personne n’y cherchera un véhicule dérobé. Il attrape des saucisses cocktail dans le frigo d’une famille en détresse et les glisse dans sa poche pour plus tard. Le détail domestique, trivial, minuscule, fait tout le travail de caractérisation.

Et puis il y a le problème, celui que le narrateur nomme pudiquement comportemental. Heath choisit de l’installer très tôt, sans le dramatiser, en laissant le lecteur assembler les pièces. Une main qui se referme sur un couteau à découper posé sur un plan de travail. Une lame que l’on presse contre son propre doigt jusqu’à faire perler le sang. Un frisson le long de la colonne. La narration à la première personne et au présent produit ici son plein effet : nous sommes dans cette tête, nous partageons cette perception aiguisée du monde, et nous découvrons peu à peu ce qui la structure. L’inconfort est réel, assumé, revendiqué même. Il constitue la proposition centrale du roman.

Houston, ses coyloups et ses parkings de Walmart

Le Texas de Jack Heath n’a rien de carte postale. Des taches vertes sur les murs d’une maison, là où les tags ne sont pas partis. Une boîte aux lettres défoncée à coups de batte. Des adolescents en sweat à capuche sirotant de la bière bon marché au coin d’une rue où prononcer le mot « flic » peut coûter cher. Et surtout ces coyloups, croisements boiteux de loups et de coyotes qui rôdent autour des poubelles renversées, une patte encore abîmée par un piège à ours, et dont les hurlements ponctuent certaines nuits du récit. Cet animal hybride, ni tout à fait sauvage ni tout à fait domestique, affamé et méprisé, s’impose comme une présence obsédante dont la valeur métaphorique se passe de commentaire.

L’auteur, qui a effectué un voyage de recherches à Houston, restitue une géographie américaine d’une précision saisissante. Un Walmart couleur moutarde, assez vaste pour abriter un avion de ligne, flanqué d’un logo McDonald’s et d’un panneau annonçant un drive-in pharmacie, avec un second McDonald’s juste à côté parce que c’est ainsi que fonctionne le Texas. Six cent quatre places de stationnement, un drapeau américain qui pend mollement, des pigeons qui observent les clients. Ailleurs, un bar enfumé malgré le panneau d’interdiction, un adolescent au catogan gras qui tend un pot de glace pour la participation au groupe, des parents fortunés venus applaudir leurs enfants musiciens. La morgue elle-même, avec son carrelage marron et ses tiroirs métalliques couleur crème, évoque au narrateur les vestiaires d’une piscine municipale.

Cette Amérique-là possède aussi ses institutions, et Heath ne les épargne pas. La prison de Huntsville, ses murs de briques rouges, la section surnommée Maison de la mort, première chambre d’exécution du pays. La pénurie de produits pour les injections létales depuis que les industriels européens refusent de fournir. Le Tennessee revenu à la chaise électrique, et la rumeur qu’on pourrait en faire autant ici. Le serment d’Hippocrate qui interdit aux médecins de procéder aux injections, laissant la tâche à des gardiens peu doués pour trouver les veines. En quelques paragraphes documentaires glissés dans la fiction, l’écrivain compose un tableau qui donne à ce thriller une épaisseur documentaire inattendue.

Le marché conclu dans le bureau de Peter Luzhin

Peter Luzhin dirige le bureau du FBI de Houston. Quarante-huit ans, un mètre quatre-vingt-dix, des rouflaquettes qui lui ont valu le surnom de La Barbe, un ventre un peu flasque comme en développent parfois les anciens toxicomanes. Chaque fois que Blake entre dans son bureau, la photo de famille encadrée se retrouve posée à plat sur la table, geste minuscule et terriblement éloquent. Luzhin n’est pas un homme irréprochable : il a cogné des suspects dans sa jeunesse, ferme les yeux quand ses agents le font, falsifie des documents, fait pression sur des témoins, arrose ou fait chanter un gardien de prison. Et pourtant, chaque fois qu’il pose les yeux sur son consultant, c’est du dégoût que ce dernier y lit.

Le contrat qui lie les deux hommes constitue le moteur moral du livre, et Heath le formule avec une brutalité désarmante : une vie sauvée, une récompense. Un corps pour chaque enfant retrouvé vivant. Le Bureau y gagne un résolveur d’énigmes hors norme, capable de reconstituer une chronologie à partir d’une trompette oubliée ou de photos décrochées d’un mur. Blake y gagne autre chose. L’arrangement est explicite, assumé par les deux parties, et ne fait l’objet d’aucune justification lénifiante. C’est un pacte, avec ce que le mot suppose de vertigineux.

L’écriture tire de cette situation une tension d’un genre rare. Lors d’un dépôt de rançon surveillé par quatre tireurs d’élite, le narrateur avoue préférer que l’opération échoue, puisqu’un sauvetage obtenu sans lui ne lui rapporterait rien. « Un kilo de culpabilité vaut moins qu’un gramme de désir », lâche-t-il, et la formule résume tout le roman. Le lecteur se retrouve dans une position inconfortable, embarqué dans une enquête dont il souhaite la réussite alors que le narrateur, dont il épouse le regard, la souhaite à demi. Cette dissonance permanente entre le point de vue et l’adhésion morale, Jack Heath la maintient avec une constance remarquable, sans jamais céder à la tentation de racheter son protagoniste par un repentir de circonstance.

Reese Thistle, la partenaire qui n’a rien demandé

Leur rencontre a lieu sur le seuil d’une maison où elle refuse de le laisser entrer, faute de papiers. Agent R. Thistle, bureau de Houston, un mètre soixante-quinze, ni maquillage ni alliance, des mèches échappées de sa casquette qu’elle ignore résolument. Quand Luzhin lui assigne Blake comme partenaire, aucun des deux n’y voit une bonne nouvelle, et le roman ne cherche pas à masquer cette réticence initiale. Elle récite les formules officielles sans conviction, il comprend immédiatement que le verbe assister signifie surveiller. Ainsi commence l’un des duos les plus intéressants du polar américain récent.

Thistle n’est pas un faire-valoir. Médaillée du FBI pour bravoure, elle a été poignardée, elle a pris une balle, et elle relativise ces épisodes avec un fatalisme qui sonne juste. Elle joue du violon en gauchère autodidacte, écoute du blues rock des années quatre-vingt qu’elle coupe dès qu’un passager monte, conduit une Crown Victoria dont la banquette arrière sent le vomi. Surtout, elle possède une intelligence de terrain distincte de celle de son partenaire : là où il déduit, elle négocie, ment par omission avec une habileté que le narrateur observe et admire, calibre ses phrases pour éviter la panique dans le bureau d’une principale de lycée. Elle sait aussi confier, assise sur une chaise en plastique près d’une fausse fougère, que ce qui la ronge n’est pas la mort mais l’incertitude.

L’intelligence de Jack Heath consiste à faire de cette relation un ressort narratif plutôt qu’un supplément sentimental. Chaque échange entre eux ajoute une couche d’ironie dramatique, puisque nous savons ce qu’elle ignore. Chaque marque de confiance qu’elle accorde résonne différemment pour le lecteur. Le narrateur lui-même s’étonne de ses propres réactions, de cette pointe de jalousie inattendue quand il l’aperçoit riant avec un inconnu dans un bar, de cette question sur son état de santé qu’il se surprend à poser alors qu’il n’a pas coutume de s’embarrasser des autres. Ces frémissements minuscules, l’écrivain les distille avec parcimonie, et c’est précisément cette retenue qui les rend efficaces.

Le foyer, le pain de viande, la Salle de prières

À intervalles réguliers, le présent de l’enquête cède la place à des séquences d’enfance qui viennent éclairer le narrateur sans jamais l’excuser. Il y a ce vendredi soir au foyer, quand on servait du pain de viande, du rôti haché fumant avec des oignons Vidalia et une sauce au vinaigre de cidre. Les enfants mangeaient dans le garage, seul espace assez vaste pour deux tables à tréteaux sous les néons, et devaient balayer le sol en béton verni avant que Mme Radfield ne le passe au jet. Une petite fille nommée Arty, qui fredonnait joliment mais sans rythme, comme un carillon à vent, et savait dénicher les meilleures fringues parmi les donations, échange les plateaux et déclenche une bagarre dont les conséquences seront distribuées de façon très inégale.

Un autre souvenir met en scène un garçon plus âgé qui jouait au basket pieds nus, laissant ses chaussures au bord du terrain comme des spectatrices, et qui décida un jour de corriger le gamin bizarre du foyer pour sa manière de regarder les gens, de travers, avec un air affamé. Trois semaines de surdité, un nez resté tordu, une dent définitivement perdue près de la canine droite parce que la racine était morte et qu’il n’a jamais eu les moyens de s’en payer une fausse. Le personnel scolaire répondit par une demi-heure dans une salle de réconciliation où deux enfants furent parqués aux extrémités d’une classe vide pendant que l’adulte de garde feuilletait un magazine.

Ces flashbacks accomplissent un travail d’une grande efficacité narrative. Ils fournissent des clés sans jamais prétendre tout expliquer, et Heath se garde bien du raccourci psychologisant qui ferait de la maltraitance institutionnelle la cause mécanique de ce qu’est devenu son narrateur. La leçon que l’enfant retire de la Salle de prières n’est d’ailleurs pas celle qu’on attendait : il n’y réfléchit pas à sa faute, il se jure simplement que personne ne sera plus jamais plus rusé que lui. Cette phrase, glissée sans insistance, en dit plus long sur la construction du protagoniste que n’importe quelle analyse rétrospective.

Un casse-tête en bois entre les mains

La grande réussite de Jack Heath tient à un équilibre difficile à tenir sur la durée. Le roman court, très court, avec un compte à rebours de quelques heures et une structure qui refuse le temps mort, mais il ménage sans cesse des respirations où l’écriture s’attarde sur un détail sensoriel. La fumée d’un bar si épaisse qu’elle ressemble à de la ouate. Les gouttelettes de bouillon accrochées au duvet du menton d’un agent en train d’expédier des nouilles chinoises sur une scène de crime. Un tireur d’élite immobile comme une statue de Ronald sur le toit d’un fast-food. L’humour affleure constamment, noir, sec, parfois franchement inconvenant, et il fonctionne parce qu’il n’est jamais surligné.

Le traducteur Charles Bonnot mérite ici une mention particulière. Restituer en français cette voix au présent, ce mélange d’argot texan, de précision clinique et de vacherie permanente, tenait de la gageure. Le résultat coule sans accroc, et les devinettes elles-mêmes, dont la traduction supposait de reconstruire l’énigme plutôt que de la transposer mot à mot, conservent leur mécanique. Publié par Super 8, le livre porte en couverture une promesse qui ne ment pas : ce thriller ne laisse pas beaucoup de répit, et il est effectivement susceptible de modifier durablement votre rapport à certains rayons de supermarché.

Reste cette image, tenue par le narrateur pendant des heures alors que les coyloups hurlent dehors, plainte longue et profonde de créatures seules, affamées, peut-être les deux à la fois. Un casse-tête en bois complexe, dont il commence à se dire que ce sont peut-être les énigmes insolubles qu’il préfère, celles qui font tourner les pensées en boucle et tiennent à distance les souvenirs et les désirs. Voilà exactement ce que Jack Heath dépose entre les mains de son lecteur : un objet parfaitement agencé, dont chaque pièce s’emboîte avec les autres, et qu’on continue de manipuler longtemps après avoir cru en avoir fini avec lui.

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Mots-clés : Jack Heath, Mange tes morts, Timothy Blake, thriller australien, FBI Houston, Super 8 éditions, polar noir


Extrait Première Page du livre

« 1

Ils peuvent être comptés, mais seul le premier coûte. S’il est faux, il vous fera chuter. De quoi s’agit-il ?

Le sang aigre et visqueux me colle aux dents.

« Vous ne pouvez pas rester là, monsieur, me lance l’agente du FBI chargée de bloquer la porte. Circulez. »

Je mâchonne le bout de mon doigt et arrache un nouveau morceau d’ongle. « Je travaille pour vous, dis-je. Je suis consultant civil. »

Elle observe mes baskets de chez Walmart, mon jean taché et mon sweat-shirt en loques.

« Vous avez vos papiers ? »

J’ai laissé mes autorisations chez moi. Pas la peine de traîner avec ça dans les poches dans un quartier où on peut se faire abattre juste pour avoir prononcé le mot « flic ». Il y a des taches vertes sur les murs de la maison, là où les tags ne sont pas partis. La boîte aux lettres a été mutilée à coups de batte. En haut de la rue, le croisement boiteux d’un loup et d’un coyote – un coyloup, comme on les appelle – traînasse autour d’une poubelle renversée. Le bout de sa patte a dû rester coincé dans un piège à ours.

Un peu plus loin, des ados blancs – sweats à capuche – sirotent de la bière bon marché. L’un des garçons, qui arbore un drôle de sourire édenté, écrase une canette vide et la balance sur le coyloup, lequel bondit en arrière. Les gamins ricanent mais restent à distance. La bête se faufile en traînant la patte entre deux planches d’une palissade délabrée.

De la maison, des bruits de pas me parviennent. Le ton monte. Il faut que j’entre. À tout prix.

« S’il vous plaît, dis-je, l’officier…

— Si vous n’avez pas vos papiers, il va falloir partir.

— C’est l’officier supérieur qui m’envoie. »

Quelques mèches de cheveux, qui s’échappent de sa casquette, lui tombent sur les yeux. Elle les ignore résolument. Elle est noire, elle doit mesurer un mètre soixante-quinze, comme moi, et elle ne porte ni maquillage ni alliance. Plutôt séduisante, dans le genre dure et renfrognée. « Agent R. Thistle, bureau de Houston » : c’est ce qui est marqué sur son badge.

« Comment s’appelle le directeur ? me demande-t-elle.

— Peter Luzhin. »

Elle me détaille de haut en bas et semble réviser son jugement.

« Vous voulez son numéro de sécu, aussi ?

— Vous n’êtes pas supposé connaître le numéro de sécurité sociale du directeur. » »


  • Titre : Mange tes morts
  • Titre original : Hangman
  • Série : Timothy Blake
  • Auteur : Jack Heath
  • Éditeur : Super 8 éditions
  • ISBN : 9782370561053
  • Format : Broché
  • Nationalité : Australie
  • Langue : Français
  • Traduction : Charles Bonnot
  • Date de publication : 22/03/2018
  • Nombre de pages : 400 pages
  • Genre : Thriller
  • Sujets traités : Enlèvement d’adolescent, FBI, cannibalisme, peine de mort, Houston (Texas), enquête criminelle, traumatisme de l’enfance, énigmes

Page officielle : jackheathwriter.com

Résumé

Cameron Hall, quatorze ans, a disparu en rentrant du lycée. Une demande de rançon parvient à sa mère quelques heures plus tard, avec un délai serré et les consignes habituelles. La police piétine, le FBI n’a aucune piste, et le directeur du bureau de Houston se résout à faire appel à son consultant le plus efficace.
Timothy Blake possède un don rare : il lit les gens, mémorise l’invraisemblable, résout ce que personne ne parvient à démêler. Il a aussi un problème que le Bureau préfère ne pas nommer, et un arrangement très particulier avec sa hiérarchie. Flanqué de l’agent spécial Reese Thistle, qui ignore tout de la nature exacte de son nouveau partenaire, il dispose de quelques heures pour retrouver l’adolescent.


Je m’appelle Manuel et je suis passionné par les polars depuis une soixantaine d’années, une passion qui ne montre aucun signe d’essoufflement.


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